MENOPAUSE
Prof FOUMSOU Lhagadang
FACULTE DES SCIENCES DE LA
SANTE HUMAINE
UNIVERSITE DE N’DJAMENA
OBJECTIFS
1. Définir la ménopause
2. Citer 6 facteurs de risque de la ménopause
3. Décrire les caractéristiques des bouffées de chaleur de la ménopause
4. Citer 4 diagnostics différentiels
5. Enoncer les principes du traitement de la ménopause
PLAN
INTRODUCTION
1. GENERALITES
2. ETIOPAHOGENIE
3. PHYSIOPATHOLOGIE
4. SIGNES
5. TRAITEMENT
INTRODUCTION
Arrêt définitif des menstruations, lié à la senescence ovarienne;
La ménopause est un état physiologique et non une maladie ;
Raison des troubles qu’elle peut générer avec des manifestations capricieuses;
Diagnostic est indispensable;
Prise en charge est nécessaire.
1 - GENERALITES
1.1 Définitions
Définition : la ménopause est selon l’OMS, l’arrêt des règles depuis plus d’un an
sans cause physiologique ou pathologique à un âge habituel de la ménopause.
L'âge de survenue est compris entre 45 et 55 ans en France, en moyenne
52 ans.
Périménopause est la période qui précède la ménopause.
1 - GENERALITES
1.2 Intérêt
Epidémiologique : âge de la ménopause : 48 à 52 ans; avant 48 : Ménopause
précoce, après 55 ans : Ménopause tardive;
Diagnostique : confirmation biologique par le dosage radio immunologique des
hormones.
Thérapeutique : apport important du traitement hormonal substitutif;
En Afrique : Retard consultation, insuffisance moyens diagnostic et de prise en
charge.
1 - GENERALITES
1.3 Rappels
La vie génitale de la femme, la régulation hormonale du cycle menstruel étroitement
intriqués sont sous la dépendance de 3 régions anatomiques.
• l’hypothalamus
• l’hypophyse
• et les ovaires
L’épuisement des follicules est peut être lié à un certain nombre de facteurs.
1 - GENERALITES
1.3 Rappels
Physiopathologie
2 - ETIOPATHOGENIE
2.1 Facteurs de risque
Facteurs précipitants l’âge de la ménopause:
Mauvaises conditions nutritionnelles;
Obésité;
Tabac;
stress.
2 - ETIOPATHOGENIE
2.1 Facteurs de risque
Facteurs retardant l’âge de la ménopause:
Multiparité;
Fibrome (hyperoestrogénie);
Conditions conjugales favorables.
2 - ETIOPATHOGENIE
2.2 Pathogénie
vieillissement du capital ovarien qui se caractérise :
Raréfaction du capital folliculaire;
Insensibilité progressivement croissante de l’ovaire aux gonadotrophines
hypophysaires.
3 - PHYSIOPATHOLOGIE
Vers la fin de la période d’activité génitale, les follicules diminuent en nombre et en
qualité : beaucoup deviennent atrophiques et répondent moins bien aux sollicitations
hypophysaires.
Ainsi, la maturation folliculaire se fait mal ; il s’en suit une cessation progressive de
l’activité ovarienne qui fait disparaitre les mécanismes de feed-back et entraine une
élévation importante du taux des gonadotrophines (FSH, LH).
3 - PHYSIOPATHOLOGIE
Au niveau hypothalamique, la levée du feed-beack gonadique sur la genèse de LH-RH
s’accompagne d’un bouleversement d’un certain nombre de fonctions végétatives
(contrôle de l’appétit, de la vigilance, de la thermogénèse).
Diverses hypothèses ont tenté d’expliquer les bouffées de chaleur(BC) :
• Augmentation du taux de FSH et LH
• Chute brutale du taux des œstrogènes
3 - PHYSIOPATHOLOGIE
En fait, les bouffées de chaleur résulteraient d’une rupture de l’équilibre des systèmes
de neurotransmetteurs qui contrôlent la fonction gonadique, rupture induite par l’effet des
fonctions hormonales de l’ovaire.
Les principaux neurotransmetteurs qui contrôlent la fonction gonadique sont des
monoamines telles que la dopamine, la sérotonine, la noradrénaline, les opioïdes.
4 - SIGNES
4.1 Type de description (TDD) : Ménopause symptomatique non compliquée chez une femme de 50
ans.
Circonstances de découverte
Arrêt des règles
Arrêt des règles +autres manifestations
Les bouffées de chaleur : sensation de chaleur survenant de façon inopinée le jour ou la nuit ; elle
est d’abord localisée à la face et au cou, puis s’étend vers le thorax et les épaules peut parfois se
généraliser. Elle s’associe à une hypersudation et à des palpitations, s’accompagne de rougeur
apparente avec augmentation de la température cutanée. Sa résolution se caractérise par des
tremblements et des frissons.
4 - SIGNES
4.1 Type de description (TDD) : Ménopause symptomatique non compliquée chez une
femme de 50 ans.
Circonstances de découverte
Les manifestations neuropsychiques (céphalées, vertiges, insomnie, fatigabilité,
nervosité, perte de confiance en soi, anxiété, troubles de la mémoire voir état dépressif).
Des troubles sexuels : baisse de la libido en rapport avec les difficultés relationnelles
avec le conjoint dues la sècheresse vaginale et donc la dyspareunie favorisée par la
carence ostrogénique.
4 - SIGNES
4.1 Type de description (TDD) : Ménopause symptomatique non compliquée chez une
femme de 50 ans.
Examen clinique
Interrogatoire : précise l’état civil, les facteurs de risque, le mode d’installation
Examen physique
Examen général : paramètres vitaux, poids , taille
Examen gynécologique : vulve, vagin, spéculum, Toucher vaginal
4 - SIGNES
4.1 Type de description (TDD) : Ménopause symptomatique non compliquée chez une
femme de 50 ans.
Examen clinique
Examens complémentaires
A visée diagnostique : Dosages hormonaux : FSH, LH, Œstrogènes, Progestérone.
A visée de retentissement : Calcémie.
4 - SIGNES
4.2 Formes cliniques
Formes compliquées
Bouffées de chaleur
Ostéoporose (Fracture du poignet : Prouteau col ; Col du fémur)
Complications cardiovasculaires ( HTA, Infarctus, Complications thromboemboliques.
4 - SIGNES
4.2 Formes cliniques
Formes selon l’âge :
Ménopause précoce : avant 40 ans
Ménopause tardive : après 55 ans
Formes muettes ou pauci symptomatiques
4 - SIGNES
4.2 Formes cliniques
Formes associées
Diabète
Cancer du Col
VIH
Formes Iatrogéniques (castration)
Médicale (traitement par analogues du GnRH)
Chirurgicale (Ovariectomie)
5 - DIAGNOSTIC
5.1 positif : il repose sur les signes cliniques et Paracliniques
Clinique :
Arrêt des règles (1an)
Les bouffées de chaleur
Les manifestations neuropsychiques
Les troubles sexuels
Les signes cutanés d’hyperoestrogénie (acné, dermite séborrhéique de la face ou du
cuir chevelu.
Autres troubles : prise de poids, douleurs ostéoarticulaires.
5 - DIAGNOSTIC
5.1 positif : il repose sur les signes cliniques et Paracliniques
Paraclinique
La périménopause se caractérise par :
Une courbe thermique variable avec un plateau soit inexistant, soit court (figure 27.4);
Une FSH plasmatique élevée, une LH plasmatique normale;
L'œstradiol est élevé, la progestérone inférieure à 10 ng/ml et l'inhibine B détectable mais
basse.
5 - DIAGNOSTIC
5.1 positif : il repose sur les signes cliniques et Paracliniques
Paraclinique
À la ménopause confirmée :
La courbe thermique est plate (cf. figure 27.4);
Une élévation considérable de FSH plasmatique (> 50 UI/l),
Une élévation modérée de LH, et
L'effondrement d'E2 inférieur à 40 ng/l avec un taux d'inhibine B et d'AMH indosable
5 - DIAGNOSTIC
5.2 Diagnostic différentiel
Devant les bouffées de chaleur :
Hyperthyroïdie
Devant l’aménorrhée :
Grossesse tardive
Hyperprolactinémie
Dysgénésie gonadique
Castration
5 - DIAGNOSTIC
5.2 Diagnostic différentiel
Devant les troubles du cycle
Irrégularités cycliques
6 – TRAITEMENT
6.1. Curatif
6.1.1 But
Améliorer la qualité de la vie par la correction du déficit fonctionnel
Atténuer et faire disparaître les signes fonctionnels de la ménopause
Traiter et prévenir les complications
6 – TRAITEMENT
6.1.2 MOYENS OU METHODES
Règles hygiéno-diététiques
Alimentation équilibrée,
Arrêt du tabac et de l’alcool
Port des vêtements en coton et de fibres naturelles .
Activité physique modérée et régulière, en évitant les efforts intenses (3 heures de
marche à pied par semaine)
6 – TRAITEMENT
6.1.2 MOYENS OU METHODES
Les œstrogènes: 3 types souvent utilisés:
L’estrone et l’oestriol
Oestrogènes de synthèse
Oestrogènes naturels type 17 ß œstradiol par voie per ou transcutanée
(oestrogel ou estréva pommade etc…)
6 – TRAITEMENT
Oestrogènes à tropisme vaginale
SPECIALITES COMPOSITON POSOLOGIE
Colpotrophine promestriène 1 cps ou 1appl /j ×20j
Florgynal Estriol+progestérone+Doderlën 1 gél (vagin) mat. et sr.
Gydrelle Estriol 1 [Link]. / j
Physiogyne Estriol 1 cps ou 1appl /j ×20j
Trophicrème Estriol 1 appl/ j ×20j
Trophigil Estriol 0,2+progestérone 2mg 1 appl/ j ×20j
6 – TRAITEMENT
Progestatifs utilisables à la
ménopause
ORIGINE Médicaments Poso (cp/j)
Dérivés 19 norgonanes Orgamétril, Primolut-nor 2cp
Dérivés 19 norprégnanes Surgestone, lutényl 1cp
Progestérone micronisée Duphaston, colprone 1cp
Dérivés de la 17 Lutéran, Gestoral 2 ou1cp
hydroxyprogestérone
Progestérone naturelle micronisée Utrogestan 2 ou 1 cp
6 – TRAITEMENT
6.1.2 MOYENS OU METHODES
Traitements non hormonaux
Véralipride (Agréal*), 1cp/j pendant 20 jrs/mois
Bêta-alanine (Abufène*), 1 à 3cp/j en continu .
Clonidine (Catapressan*), 1/2cp/j en continu.
Corticoïdes locaux (Dermoval*).
Hypnotique ou anxiolytique
Calcuim : 1 à 1,5g de calcium par voie orale .
6 – TRAITEMENT
6.1.3 INDICATIONS
Indications du traitement hormonal substitutif (THS)
Commencer le THS dans les trois 1ères années qui suivent l’arrêt des règles.
Le THS associe toujours estrogène (E) et progestatif (P), sauf cas particulier.
Le Progestatif a pour but de diminuer l'hyperplasie et donc le cancer de
l'endomètre .
Le Progestatif est prescrit au moins 10j /cycle, le plus souvent 12 j.
6 – TRAITEMENT
6.1.3 INDICATIONS
Indications du traitement hormonal substitutif (THS)
Œstrogène naturel par voie parentérale (per ou transcutanée) chaque fois qu’il existe un
risque vasculaire ou métabolique.
Protocoles variables sur les modalités de prise du Progestatif.
Répartition entre schéma séquentiel (E puis E + P) et le schéma continu (E + P).
6 – TRAITEMENT
6.1.3 INDICATIONS
Indications du traitement hormonal substitutif (THS)
Contre-indications du THS:
Absolues :
• Cancer du sein;
• Lupus, tumeur hypophysaire;
• Atteinte hépatique sévère;
6 – TRAITEMENT
Contre-indications du THS:
Relatives :
• Fibrome
• Endométriose clinique
• Mastopathies bénignes
• Atcds familiaux de cancer du sein
• Atcds thrombo-emboliques
• Hypertriglycéridémie
• Atteinte hépatique
6 – TRAITEMENT
Indication du traitement non hormonal:
Troubles vasomoteurs
Véralipride (Agréal*), 1cp/j pdt 20j par mois.
Bêta-alanine (Abufène*), 1-3cp/j en continu.
Clonidine (Catapressan*), ½ cp/j en continu
Atrophie vulvo-vaginale: Colpotrophine, 1caps/j.
Insomnie : Hypnotique ou anxiolytique.
6 – TRAITEMENT
Indication du traitement non hormonal:
Traitement préventif de l'ostéoporose, associer :
Activité physique la plus précoce et entretenue, bon moyen de ralentir la
perte osseuse.
Calcithérapie ( Calcium): 1 à 1,5g/j per os.
Association de Vit D à petites doses (1000 U/j, soit 3 gttes) .
6 – TRAITEMENT
6.4 SURVEILLANCE
Examen gynécologiques et mammaire tous les ans,
Mammographie tous les 2 à 3 ans,
Frottis cervico - utérin de dépistage tous les 3 ans.
CONCLUSION
Ménopause: étape physiologique de la vie de la femme (bouffées de chaleur, ↑pds,
sécheresse vaginale, vieillissement de l’organisme);
Quand elle survient, elle se manifeste plus fréquemment par des bouffées des bouffées
de chaleur;
Bonne hygiène de vie: une activité physique régulière,
Alimentation équilibrée et l’arrêt du tabac.
Le traitement hormonal substitutif (THS) constitue le traitement de référence.