Module :
DROIT DES SOCIETES
COMMERCIALES
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INTRODUCTION
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Entreprise et Droit de
l’Entreprise :
En droit, l'entreprise ne fait pas l'objet d'une définition juridique
unique. C'est une notion avant tout économique et sociale.
C'est une notion mouvante dont la nature varie en fonction de la
branche du droit dans laquelle elle est considérée.
Au regard du droit commercial » L’entreprise peut se définir comme
une unité économique reposant sur une organisation préétablie et
fonctionnant autour de moyens de production ou de distribution. »
Au regard Du Droit du travail : » Elle est considérée comme un
ensemble de personnes rémunérées exerçant une activité en
commun tout en étant sous l'autorité d'un même employeur. »
Une entreprise n'adopte pas nécessairement la forme d'une société,
ces deux notions étant distinctes.
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LA LOI RELATIVE AU RNE
Entreprise: Désigne toute personne qui exerce une activité industrielle,
artisanale ou commerciale ou autre activité professionnelle,
libre ou indépendante avec rémunération ou offrant des activités et
services à but lucratif ou non lucratif. L’entreprise comprend
les personnes physiques et morales, les constructions juridiques
les associations.
ART 2 DE LA LOI RNE
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Différence entre
entreprise et société :
Une société se définit comme un acte juridique
par lequel deux ou plusieurs personnes
conviennent par un contrat d'affecter à une
entreprise commune des biens (sommes d'argent,
voitures, immeubles) ou leur industrie
(compétences...) en vue de partager le bénéfice ou
de profiter de l'économie qui pourra en résulter.
Toute société est une entreprise et pas inversement
Toute société commerciale :
Doit être à but lucratif
Doit adopter une forme juridique spécifique
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Le droit des sociétés se caractérise par la diversité
des formes de sociétés mais la notion de société est
toujours la même indépendamment de la forme
sociale spécifique choisie par les intéressés.
I. LA NATURE JURIDIQUE DE LA SOCIETE
La définition légale est prévue par le législateur dans
le code des sociétés commerciales promulgué par la
loi N°2000-93 du 3 Novembre 2000
Avant l’an 2000 ,le droit des sociétés était régi par
deux
codes distincts : le Code des Obligations et des
Contrats
(1906) et le Code du Commerce (1959).
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Le COC a défini la société dans son article 1249 comme
étant un contrat comme le contrat de vente .
A travers l’emplacement de cet article dans le livre II du
COC qui s’intitule « les contrats spéciaux », on peut
déduire que le législateur a considéré la société comme un
contrat particulier.
Promulgué par la loi N°2000-93 du 3 Novembre 2000, le
Code des sociétés commerciales apporte d’importantes
innovations dans le droit des sociétés.
Un passage rapide du Code des sociétés commerciales
permet de constater une présence considérable d’un esprit
contractuel.
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L’article 2 affirme que la société est « un contrat par
lequel deux ou plusieurs personnes conviennent d'affecter
en commun leurs apports, en vue de partager le bénéfice
ou de profiter de l'économie qui pourrait résulter de
l'activité de la société. »
En comparant cet article à l’article 1249 du COC ,le
législateur de 2000 n’a rien modifié à la définition de la
société, celle-ci est toujours un contrat.
Définir la société comme étant un contrat présuppose la
définition du contrat.
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A la différence du législateur français, notre législateur n’en
donne aucune définition c’est la doctrine qui l’a fait. Par
contrat on entend le lien de droit voulu par deux ou plusieurs
personnes par lequel elles s’obligent à faire ,à ne pas faire ou
à donner quelque chose.
Si on s’en tient au COC cette définition concorde bien avec le
contrat de société. Une telle définition s’appliquerait aussi
bien aux sociétés de personnes qu’aux sociétés de capitaux.
La société se présente comme une manifestation de volonté
émanant le plus souvent de deux personnes ou
exceptionnellement
d’une seule personne .Cette manifestation exprime le
consentement
de son auteur de créer une société.
Par conséquent, la société ne peut exister qu’à la suite d’un acte
juridique. 2025-09 9
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Est-ce que la société est un acte unilatéral ou
synallagmatique ?
On note une évolution depuis 1906 (date de la
promulgation du Code des obligations et des contrats
jusqu’à la promulgation du CSC.
L’article 1249 du COC considère la société comme
étant « un contrat par lequel deux ou plusieurs
personnes mettent en commun leurs
biens ou leur travail ou tous les deux à la fois en vue
de partager le bénéfice qui pourra en résulter ».
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Le présent article exige au moins deux personnes pour la
conclusion du contrat .
Dans le cadre de cet article, il n’y a pas de place dans le COC
pour une société crée par une seule personne. Ce code vise
uniquement la société pluripersonnelle.
Dans ce même contexte, si l’un des associés mort, la société
sera dissoute.
Depuis la promulgation du Code des sociétés commerciales en
2000, le législateur tunisien a donné la possibilité de créer une
société unipersonnelle et c’est la raison par laquelle l’article 2
du CSC présente la société comme un acte juridique : le cas de
la SURL (la société unipersonnelle à responsabilité limitée
constituée par un associé unique).
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Classification des sociétés
II.CLASSIFICATION DES SOCIETES
Le législateur tunisien a définit d’une manière large la commercialité d’une
société.
La société est commerciale lorsque l’activité qu’elle exerce est une activité
commerciale. Le terme « commerce » désigne les opérations effectuées par
des commerçants et des industriels.
Les activités commerciales sont réparties en quatre catégories prévues par
l’article 2 du Code de commerce (C.C.) : la circulation, la production ,la
spéculation et l’entremise, exception faite de l’activité agricole, des
professions libérales et des activités artisanales (Loi n° 15 du 16/2/2005
relative à l’organisation du secteur des métiers).
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II-Classification des
sociétés
Distinction sociétés civiles et sociétés commerciales
Selon la nature de leur activité, les sociétés peuvent être civiles ou
commerciales.
Le législateur tunisien a définit d’une manière large la commercialité
d’une société.
La société est commerciale lorsque l’activité qu’elle exerce est une
activité commerciale. Le terme « commerce » désigne les opérations
effectuées par des commerçants et des industriels. Les activités
commerciales sont réparties en
quatre catégories prévues par
l’article 2 du Code de commerce (C.C.) : la circulation, la
production ,la
spéculation et l’entremise, exception faite de l’activité agricole, des
professions libérales et des activités artisanales (Loi n° 15 du
16/2/2005
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relative à l’organisation du secteur des métiers).
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Le caractère commercial d'une société est déterminé par la
forme ou l'objet de celle-ci (article 7 du CSC).
La société commerciale est soumise aux mêmes
obligations et bénéficie des mêmes droits que les
commerçants personnes physiques. Elle peut être mise en
redressement ou en liquidation judiciaires et soumise aux
règles de publicité au registre du commerce, etc.
La société est civile lorsqu’elle n’est pas commerciale. En
effet, toute société qui n’est pas commerciale est civile.
Les sociétés civiles sont régies par les articles 1249 et
suivants du COC.
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Ces articles s’appliquent également aux sociétés
commerciales.
Ils constituent le droit commun des sociétés. Parmi les
sociétés civiles le COC cite les sociétés agricoles (article
1365)
Le droit des sociétés commerciales est composé de
plusieurs sociétés. Le législateur a prévu pour chaque
société un régime spécifique.
Cette diversité a poussé le législateur à regrouper
certaines sociétés dans une même catégorie.
La classification de la société commerciale est divisée en
deux types :une classification classique et une
classification nouvelle (émergente)
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Les distinctions traditionnelles
On est en présence de deux types de distinction :
sociétés de personnes //sociétés de capitaux
société à risque limité//société à risque illimité
Sociétés de personnes //sociétés de capitaux
La réussite d’une société dépend de deux facteurs :un facteur humain
(les associés eux même) et un facteur financier (l’argent que l’associé
apporté à la société pour lui permettre de réaliser son objectif).
Sociétés des personnes
Des personnes vont se regrouper pour former une société.ces
personnes sont choisies en fonction de leur qualités.
La société est appelée une société de personne (intuitu personae)
parce qu’il ya une considération de la personne de l’associé.
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Dans ce groupe de société, il y a :
la société en nom collectif
Toutes les règles juridiques qui règlementent ces sociétés se justifient par
l’importance
accordée à la personne de l’associé.
1ère caractéristique de ce groupement : la manière de représenter les
droits de l’associé
Dans ce type de groupement, les personnes qui se sont réunis pour créer
la société ont été choisis en fonction de la qualité de chaque associé.
L’associé propriétaire d’une part sociale ne peut pas la céder à un tiers
sans obtenir l’accord des autres associés c’est un groupement fermé.
2ème caractéristique :les événements qui peuvent atteindre
individuellement les associés n’ont aucune influence sur l’existence de la
société.
3ème caractéristique : les dettes de la société : les associés sont
personnellement et solidairement responsables des dettes de la société.
Le créancier social peut exiger à un associé le paiement des dettes de la
société.
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Sociétés des capitaux
Son régime juridique est tout à fait l’opposé du régime de société de
personnes.
Dans ce type de société ,la sortie d’un actionnaire (vendre ces
droits à un tiers ou à un actionnaire) se fait facilement.
Les actions sont librement négociables par la suite l’actionnaire
n’a pas besoin d’obtenir l’accord préalable des autres
actionnaires.
Les actionnaires ne se connaissent pas forcement et n’acceptent
pas l’idée de supporter les dettes sociales personnellement. La
responsabilité est limitée à leurs apports.
Cette distinction entre les sociétés des personnes et les sociétés
des capitaux est légale .Elle a été adoptée par le législateur
tunisien dans le CSC qui a consacré son livre 2 aux sociétés des
personnes et livre 4 aux sociétés des capitaux.
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Toutefois, il ne faut pas retenir cette classification à l’absolu pour deux
raisons :
1. cette classification n’englobe pas toutes les sociétés puisque la SARL
ne figure ni parmi les sociétés des personnes ni parmi les sociétés des
capitaux.
La SARL se situe dans le livre 3 du CSC. Il s’agit d’une société hybride
(intermédiaire).Elle peut être considérée comme une société des
personnes puisque son capital social est divisé en parts sociales
cessibles qu’avec l’accord d’un certain nombre des associés.
L’associé dans une société SARL n’est tenu qu’à concurrence de son
apport.
2.Cette classification n’est pas étanche:
Si on examine le régime légal de certaine société comme la société en
nom collectif .
Malgré l’importance de la considération de la personne de l’associé, le
législateur a prévu que les associés puissent insérer une clause selon
laquelle ils retiennent la continuation de la société malgré les
événements qui peuvent frapper les associés (article 65 alinéa 2 du
CSC).
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Société à risque limitée //société à risque illimité
Cette distinction repose sur l’étendu de la responsabilité de
l’associé
pour la dette sociale.
Société à risque limité
En cas de non paiement de la dette sociale, les créanciers
sociaux ne peuvent poursuivre que la société puisque l’associé
ne peut répondre qu’à la concurrence de son apport.
Dans cette catégorie on trouve deux formes sociales :la SARL et
la SA.
Société à risque illimité
Un associé doit répondre à la dette de la société. Le créancier
social peut saisir les biens qui se trouve dans le patrimoine
personnel de l’associé.(l’associé expose touts ses biens
personnels à la saisie des créanciers sociaux)
Dans cette catégorie on trouve :la société en nom collectif
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Cette distinction est l’œuvre de la doctrine mais il reste à
vérifier si elle englobe toutes les sociétés. La réponse est
négative puisqu’il y’a une forme de société qui ne peut
être classé ni dans la société à risque limitée ni dans la
société à risque illimité : le cas de la société en
commandite simple et la société en commandite par
actions.
La société en commandite est composé de deux types
d’associé : le commandité (un associé qui est tenu de la
dette social comme l’associé dans la société en nom
collectif) et un commanditaire (l’associé a une
responsabilité limitée à son apport comme dans la SARL)
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Les nouvelles distinctions
L’intention dans ces dernières années est de savoir
l’origine du financement de la société, le premier
financement est apporté par les associés eux-mêmes.
Toutefois, certaines sociétés font appel à l’épargne. Pour
cela, les auteurs proposent une classification moderne :
société qui fait appel public à l’épargne et société qui ne
fait pas appel public à l’épargne
Société faisant ou ne faisant pas appel public à l’épargne
lorsque la société s’adresse au public (personnes morales
ou physiques)et leur propose en contre partie soit de
devenir des associés dans la société(la société ouvre son
capital aux épargnants) soit obtenir auprès des épargnants
un crédit.
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Ces sociétés doivent émettre des actions (des dividendes ou
bénéfices)et des obligations (l’obligation de rembourser le montant
du prêt et les intérêts).
Quelles sont les sociétés qui sont autorisées à faire appel public à
l’épargne ?
Le CSC prévoit que seule la SA a la possibilité de faire appel à
l’épargne si elle remplie certaines conditions.
Sociétés qui sont côtés en bourse et sociétés qui ne sont pas côtés
en bourse
Cette distinction n’intéresse que les sociétés qui font appel public à
l’épargne.
Sociétés côtés en bourse et sociétés non côtés en bourse
Il s’agit d’une société qui va émettre des valeurs mobilières qui
peuvent être négociées (vendre/achat) sur le marché financier (la
bourse).
L’associé peut vendre ses actions pour avoir de l’argent liquide.les
pouvoirs publiques organisent eux même un marché réglementé
(bourse) pour la vente et l’achat des valeurs mobilières.
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Toutefois ,le marché n’est pas ouvert à n’importe quelle
valeur.
La société doit remplir des conditions précises pour
pouvoir vendre ses titres sur le marché financier.
L’idée de cotation d’une société consiste à ce que la
société demande que les valeurs mobilières soient
négociées à la bourse. Cette demande doit être acceptée
par le conseil du marché financier ( Organisme national de
régulation et de contrôle des marchés financiers du pays).
Pourquoi certaine société demande d’être côté en bourse ?
Les droits des actionnaires sont mieux garantis dans les
sociétés côtés puisqu’ils sont assurés de trouver des
acheteurs le jour où ils décident de vendre leurs actions.
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