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Cours Foncier Rural ENA Module I (Legislation)

Le document présente la gestion foncière rurale en Côte d'Ivoire, en détaillant le cadre juridique avant et après la loi n°750 du 23 décembre 1998. Cette loi vise à clarifier et sécuriser les droits fonciers ruraux, tout en transformant les droits coutumiers en droits de propriété. Elle établit également des règles et définitions essentielles pour la gestion du domaine foncier rural.

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Le document présente la gestion foncière rurale en Côte d'Ivoire, en détaillant le cadre juridique avant et après la loi n°750 du 23 décembre 1998. Cette loi vise à clarifier et sécuriser les droits fonciers ruraux, tout en transformant les droits coutumiers en droits de propriété. Elle établit également des règles et définitions essentielles pour la gestion du domaine foncier rural.

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GESTION FONCIERE RURALE

NINTHIA GERVAIS OUATTARA

CORPS PREFECTORAL
Grade II- 3ème échelon
Diplômé de l’ENA de Côte d’Ivoire

Diplômé de l’Institut National du


Service Public ( Ex ENA France)

Diplômé de Sciences Po
Strasbourg

1
MODULE I
LEGISLATION RELATIVE AU
DOMAINE FONCIER RURAL
I. CADRE JURIDIQUE DU FONCIER RURAL ANTERIEUR A LA
LOI N°750 du 23 DEC 1998

Avant l’indépendance
PLAN
DU Après l’indépendance

MODUL II. LA LOI N°750 DU 23 DEC 1998 ET LES TEXTES CORRELES

E Les objectifs de la loi relative au domaine foncier rural

Definitions et règles établies par la loi relative au domaine


foncier rural
I- CADRE DU FONCIER RURAL ANTERIEUR A LA LOI N°98-750 du 23
DEC 1998

Jusqu’à la promulgation de la loi relative au domaine foncier rural (DFR) , la gestion


de ce domaine était régie essentiellement par des décrets pris pendant la période
coloniale et après l’indépendance, ainsi que par les principes généraux du droit de
propriété, tel que décrit par le code civil.

4
A- AVANT L’INDEPENDANCE

5
A- AVANT l’INDEPENDANCE

Décret du 8 octobre 1925 instituant un mode de constatation des droits fonciers des indigènes en Afrique
occidentale française

Art.1. « En Afrique Occidentale Française, lorsque la teneur du sol ne présente pas tous les caractères de la
propriété privée, telle qu'elle existe en France et lorsque les terres qui en font l'objet sont détenues suivant les
règles du droit coutumier local, les détenteurs ont la faculté de faire constater et affirmer leurs droits au regard
de tous tiers moyennant l'observation des dispositions suivantes ».

C’était donc un régime déclaratif en matière de droit foncier coutumier encadré par une procédure
devant l’autorité administrative sous réserve des droits des tiers qui pouvaient s’opposer à la demande de
l’intéressé

6
AVANT l’INDEPENDANCE

 le décret du 26 juillet 1932 portant réorganisation du régime de la propriété foncière en Afrique Occidentale
Française.
Art. 83. « Dans les parties de l'Afrique-Occidentale française où la tenue du sol par les habitants ne présente pas tous
les caractères de la propriété privée, telle qu'elle existe en France, le fait, par un ou plusieurs détenteurs de terres,
d'avoir établi, par la procédure de l'immatriculation, l'absence de droits opposables à ceux qu'ils invoquent a pour
effet, quels que soient les incidents de ladite procédure, de consolider leurs droits d'usage et de leur conférer les
droits de disposition reconnus aux propriétaires par la loi française » .

 Le Décret du 15 novembre 1935 portant réglementation des terres domaniales en Afrique-occidentale française

Art. 1. « En Afrique-Occidentale française, les terres vacantes et sans maître appartiennent à l'État. Il en est de même
des terres qui, ne faisant pas l'objet d'un titre régulier de propriété ou de jouissance par application, soit des
dispositions du Code civil, soit des décrets du 8 octobre 1925 et du 26 juillet 1932, sont inexploitées ou inoccupées
depuis plus de 10 ans.
Les terres sur lesquelles les collectivités indigènes ou les chefs qui les représentent exercent un droit de jouissance
collective ne peuvent être cédées ou louées qu'après approbation par arrêté du Lieutenant-gouverneur en Conseil».

7
AVANT l’INDEPENDANCE

 Ce texte réaffirme le droit de propriété de l’Etat sur les terres en restreignant la possibilité d’accomplir certains actes
de gestion des collectivités indigènes et de leurs représentants à l’autorisation préalable du Lieutenant-Gouverneur.
 Il prévoit la possibilité pour l’Etat de faire des concessions onéreuses aux personnes ou sociétés pouvant justifier de
ressources afin de la mise en valeur des terres.
 toutefois, pour les parcelles n’excédant pas 200 hectares, la concession peut être gratuite et la justification de
l’importance des ressources peut ne pas être requise.
 les concessions sont provisoires mais peuvent devenir définitives après leur mise en valeur en conformité avec le
cahier de charge de la mise en valeur
 Des arrêtés du 09 juillet 1936 et du 31 janvier 1938 sont venus fixer les modalités d’exécution du décret de 1935 en
apportant quelques précisions:
• l’accès à la propriété définitive, outre la mise en valeur nécessite l’immatriculation préalable du terrain (arrêté du 09
juillet 1936)
• après la mise en valeur, le détenteur provisoire sous peine de déchéance est obligé de demander une attribution
définitive. L’administration dans l’acte d’octroi peut opter pour une attribution définitive ou un bail emphytéotique
( arrêté du 31 janvier 1938)

8
B- APRES L’INDEPENDANCE

dument identifié et cadastré par un géomètre.

9
B- APRES L’INDEPENDANCE

• Décret n° 64-164 du 16 avril 1964, portant interdiction des actes sous seing privé en
matière immobilière
Ce décret abroge et remplace l’article 40 du décret de 1932 qui autorisait l’hypothèque par
acte sous seing privé et ce dans le but d’avoir un meilleur contrôle des terres par l’exigence
de l’acte authentique.
• Décret n° 71-74 du 16 février 1971 relatif aux procédures domaniales et foncières.
Ce décret réprime les actes sous-seing privés en matière immobilière et organise les
concessions provisoires, définitives et les baux emphytéotiques...
dument identifié et cadastré par un géomètre.
Aux termes de l’article 1er de ce décret, toute occupation d’un terrain rural pour être légal
devrait être justifiée soit par la possession d’un titre de concession provisoire ou définitive
délivré par le Ministre de l’Agriculture soit par une autorisation d’occupation à titre précaire
et révocable délivrée par le Ministre chargé de l’Intérieur ou son représentant.

10
B- APRES L’INDEPENDANCE

Le même texte dispose en son article 2 que les « droits portant sur l’usage du sol dit droits
coutumiers sont personnels à ceux qui les exercent et ne peuvent être cédés à quelque
titre que ce soit. »
La volonté de l’Etat d’accélérer l’occupation et l’exploitation des terres avait déjà été
exprimé dans la circulaire du 17 décembre 1968 relative au permis d’occuper, lequel texte
permet au Sous-préfet d’accorder des permis d’occuper qui peuvent servir de bas à une
demande de concession provisoire.

dument identifié et cadastré par un géomètre.

11
En définitive, tous ces textes réglementaires mis à la disposition de l’administration ont eu
pour objet de contrôler les terres, voire de restreindre les prétentions aux droits
coutumiers.
Pratiquement la procédure se déroulait en trois (3) étapes.
- La première étape consistait à se faire accorder une concession provisoire sous réserve
des droits des tiers (sur des terres non immatriculées).
- Après une purge des droits coutumiers et immatriculation, la concession est dite
« provisoire pure et simple ».
- la concession définitive (sur 12 hectares et le reste en bail emphytéotique) qui est la
troisième étape et obtenue après un constat de mise en valeur

12
II- LA LOI N°98-750 du 23 décembre
1998 relative au domaine foncier
rural

13
LA LOI N°98-750 du 23 décembre 1998

• La loi relative au Domaine Foncier Rural a été votée le 18 décembre 1998 par
l’Assemblée nationale, à l’unanimité des membres du Parlement, tous Partis
Politiques confondus. Elle a été promulguée le 23 décembre 1998 par le Président
de la République et elle a été publiée au Journal Officiel de la République de Côte
d’Ivoire le 14 janvier 1999.
Le vote de cette loi a été précédé de plusieurs missions parlementaires dans
toutes les régions du pays afin de recueillir les avis et recommandations de toutes

les couches de la population.

14
LA LOI N°98-750 du 23 décembre 1998

• La loi relative au domaine foncier rural a fait l’objet de plusieurs modifications :


 loi n° 2004-412 du 14 août 2004 : modification de l’article 26 de la loi n° 98-750
du 23 décembre 1998 relative au Domaine Foncier Rural. La modification porte
sur la transmissibilité aux héritiers des droits fonciers ruraux des personnes dont
les héritiers ne sont plus admis à être propriétaires des terres rurales (pour une
meilleure protection des héritiers) ;

15
LA LOI N°98-750 du 23 décembre 1998

loi n° 2013-655 du 13 septembre 2013 : modification de l’article 6 de la loi. Cette


modification visait la prorogation des délais de délivrance des certificats fonciers
et de consolidation des droits fonciers ruraux concédés après l’expiration des
délais fixés par la loi de 1998 ;

loi n° 2019-868 du 14 octobre 2019 : modification des articles 2, 4, 6, 9, 12, 17,


23, et 26 et abrogation des articles 20, 24 et 25 de la loi de 1998.

16
Les décrets d’application de la Loi de 1998 et de création de l’Agence Foncière
Rurale (AFOR) :
Décret N° 2016-590 du 03 août 2016 portant création, attributions, organisation
et fonctionnement de l’Agence Foncière Rurale, dénommée AFOR ;
Décret N° 2019-263 du 27 mars 2019 portant définition de la procédure de
délimitation des territoires des villages ;
Décret N° 2019-264 du 27 mars 2019 portant organisation et attributions des
Comités Sous-Préfectoraux de Gestion Foncière Rurale et des Comités Villageois
de Gestion Foncière Rurale ;
Décret N° 2019-265 du 27 mars 2019 fixant la procédure de consolidation des
droits des concessionnaires provisoires de terres du domaine foncier rural ;
Décret N° 2019-266 du 27 mars 2019 fixant les modalités d’application au
domaine foncier rural coutumier de la Loi N° 98-750 du 23 décembre 1998 ;

17
A- LES OBJECTIFS DE LA LOI RELATIVE AU
DOMAINE FONCIER RURAL

18
LES OBJECTIFS DE LA LOI RELATIVE AU DOMAINE FONCIER RURAL
Les objectifs sont les suivants :
 Clarifier les droits fonciers ruraux ;
 Sécuriser les investissements dans le domaine foncier rural ;
 Instaurer la sécurité de la propriété foncière rurale ;
 Stabiliser et moderniser les exploitations ;
 Encourager l’accès aux droits modernes plus sécurisants ;
 Donner une valeur marchande au bien foncier rural ;
Cette loi constitue l’instrument juridique au moyen duquel les droits
coutumiers peuvent être transformés de droit d’usage au sol en droit de
propriété
C’est là l’objet essentiel du texte mais non unique car la loi n°98-750 du 23
décembre 1998 se devait également de donner quelques définitions et de
fixer les règles qui régissent la gestion du domaine foncier rural.
19
B- DEFINITIONS ET REGLES ETABLIES PAR LA LOI
N°98-750 du 23 décembre 1998 RELATIVE AU
DOMAINE FONCIER RURAL

20
B1- DÉFINITIONS
1ère définition :

Le domaine foncier rural est constitué de l’ensemble des terres mises en valeur ou non,
quelques soit la nature de la mise en valeur. Il est situé hors du domaine public, hors du
périmètre urbain, hors des zones d’aménagement différées dument constituées, hors du
domaine forestier classé et des aires protégées et hors des zones touristiques dument
constituées.
 Les Zones d’Aménagement Différées (ZAD) officiellement constituées sont les districts
d’Abidjan et Yamoussoukro
 Les domaines forestiers classés et les aires protégées : il est constitué des forêts
classées, des parcs nationaux des réserves et des aires protégées

21
B1- DÉFINITIONS

2ème définition :

le domaine foncier rural coutumier est constitué des terres sur lesquelles s’exercent des
droits coutumiers conformes aux traditions ou des droits coutumiers cédés à des tiers,

 Par droit coutumier conforme aux traditions, il faut entendre des droits exercés par des
personnes que la coutume reconnait comme étant effectivement détentrice de ces
droits
 Par droits cédés à des tiers, il faut entendre des terres qui ont été objets d’une
transaction ou d’un don entre détenteurs originels des droits fonciers coutumiers et les
détenteurs actuels desdits droits

22
B1- DEFINITIONS
• 3ème définition :
• les terres sans maitres : comme indiquées dans l’article 6 de la loi relative au
domaine foncier rural, outre les terres objets de succession ouverte depuis
plus de trois (3) ans et non réclamées sont considérées comme sans maitre :
• Les terres du domaine foncier rural sur lesquelles des droits exercés de
façon paisible et continue n’ont pas été constatés dans un délai fixé par
décret pris en conseil de ministre ;
• Les terres concédées sur lesquelles les droits du concessionnaire n’ont pas pu
être consolidés dans un délai fixé par décret pris en conseil des ministres
• Les terres sans maitre appartiennent à l’Etat. Elles sont immatriculées aux
frais du locataire ou de l’acheteur au nom de l’Etat,
• Le défaut de maitre est constaté par décret pris en conseil des ministres.
23
B2- LES REGLES

1ère règle: la propriété d’une terre du domaine foncier


rural est établie à partir de l’immatriculation de cette terre
au registre foncier (article 4 de la loi)

2ème règle: dans le domaine foncier rural coutumier, les


droits coutumiers sont constatés par le certificat foncier
(article 4 de la loi)

3ème règle: les droits coutumiers, pour développer tous


leurs effets, doivent être constatés au terme d’une
enquête officielle

24
B2- LES REGLES
4ème règle : est autorisé, la prise en compte des cessions de droits
coutumiers (article 3 de la loi). Il appartient aux enquêtes officielles
d’identifier de telles cessions et d’apprécier l’esprit dans lesquelles elles
ont été faites, à titre provisoire ou définitif.

5ème règle : au terme d’une enquête officielle, il est établi un


certificat foncier (CF) individuel ou collectif

6ème règle : les terres objets de certificat foncier individuel ou collectif


doivent être immatriculées dans un délai fixé par décret pris en conseil
de ministres (article 4 de la loi) la procédure d’immatriculation des
terres objets de foncier rural est définie par décret pris en conseil des
ministres
25
B2- REGLES

7ème règle : il est annexé au CF un cahier de charge précisant l’obligation


de la mise en valeur de la liste des occupants de bonne foi et l’existence de
servitude

8ème règle : le certificat foncier collectif indique le gestionnaire des terres


qui agit au nom du groupement. Au certificat foncier collectif est jointe la
liste de détenteurs de droits coutumiers

9ème règle : les certificats fonciers collectifs sont établis au nom d’entités
publiques ou privés dotés de la personnalité morale. Toutes fois les
certificats fonciers peuvent être établis au nom de groupement de
personnes physiques dument identifiées et non dotées de la personnalité
morale.

26
B2- REGLES

10ème règle: est autorisée la cession en tout ou partie du bien foncier, objet d’un
certificat foncier. Cette cession donne lieu à l’établissement d’un ou plusieurs
certificats fonciers, Après annulation du certificat originel
11ème règle: la transformation des droits fonciers ruraux coutumiers en droits
modernes devrait être achevé dans un délai de 10 ans a compté du 14 janvier
1999, date de la publication de la loi. Ce délai a été prorogé de 10 ans a compté
de la date de publication de la loi n° 2013-655 du 13 septembre 2013 relative au
délai accordé pour la constatation des droits coutumiers sur les terres du
domaine coutumier et portant modification de l’article 6 de la loi n°98-750 du 23
décembre 1998, tel que modifié en 2004.
Les nouveaux délais seront fixés par décret conformément à la modification de
2019

27
B2- REGLES

• 12ème règle : les droits rattachés aux concessionnaires définitifs et au bail


emphytéotique sont maintenus. Pour les non ivoiriens ces droits étaient
maintenus à titre personnel. On notait qu’« en cas de décès ou de cession, dans
un souci d’équité, l’héritier ou le cessionnaire qui ne peux prétendre à la
propriété bénéficie d’un bail emphytéotique ».
• Mais l’amendement de l’article 26 de la loi indique que les propriétaires
concernés par la présente dérogation figurent sur une liste établie par décret
pris en conseil des ministres.
• Les droits de propriété acquis par des personnes physiques antérieures à la
présente loi sont transmissibles à leurs héritiers.

28
B2- REGLES

• 13ème règle: les terres sans maitre appartiennent à l’Etat qui les gère librement

• 14ème règle: l’admission à la propriété dans le domaine foncier rural est limitée
à l’Etat, aux collectivités publiques et aux personnes physiques ivoiriennes.

Les personnes morales (autres que l’Etat, les collectivités publiques) et les
personnes physiques non-ivoiriennes restent admises au bénéfice d’une
location à condition d’un bail emphytéotique.
• 15ème règle: les terres coutumières dépourvues de certificat foncier ne
peuvent faire objet de cession a compté du 14 Octobre 2019

29
MERCI !

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