SYSTÈME D’ELEVAGE(L2 S4/AG/AF/SA/UDDM))
Dr DIALLO IDRISSA
issoufad@yahoo,fr
Tél (00227) 96 67 81 53
Axes de recherche:
CONSERVATION ET GESTION DE LA PHYTODIVERSITÉ
PASTORALISME : EVALUATION DES RESSOURCES FOURRAGÈRES NATURELLES
ANALYSE DES COMMUNAUTÉS VÉGÉTALES : PHYTOSOCIOLOGIE
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE ET SOCIALE
GESTION DES CONFLITS LIÉS À L’EXPLOITATION DES RESSOURCES NATURELLES
I. INTRODUCTION
o Au Niger, l’économie est avant tout rurale et repose essentiellement sur
les potentialités qu’offre le secteur primaire. L’élevage est le deuxième
pilier de cette économie et représente une source de revenu essentiel,
souvent unique pour les populations et un élément clé du commerce
extérieur.
o Il vient juste après les ressources minières (uranium et pétrole) en
termes de recettes d’exportation (21% des produits d’exportation).
L’élevage contribue à hauteur de plus 15% au PIB national, 40%
au PIB agricole et 25% du budget des ménages et à la satisfaction
des besoins alimentaires des populations .
Cette forte contribution fait de ce secteur une arme efficace dans
l’inlassable lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire.
o L’élevage est la première forme de capitalisation pour la majorité des
ménages ruraux qui n’ont pas accès à un système bancaire fiable et
d’épargne-assurance.
o Le Niger, est un pays sahélien à vocation essentiellement agropastorale en
raison de ses immenses ressources animales ;
o le cheptel national est estimé à plus de 52 millions de têtes, pour une
valeur monétaire de plus de 5000 milliards de FCFA , soit deux fois le
budget national ;
o Près de 87% de la population nigérienne pratiquent l’élevage soit
directement ou indirectement ;
o L’élevage, de type extensif, exploite principalement les pâturages
naturels composés des graminées annuelles et de quelques épineux
pérennes et estimés à 62 millions d’hectares, répartis dans les trois
zones agroécologiques (zones pastorale, agro-pastorale et agricole) du
pays.
o L’ Agriculture compétitive consiste à mettre sur le marché des
produits Agricoles répondant mieux aux besoins des
consommateurs en termes de qualité et de prix tout en
garantissant au producteur un revenu substantiel
o Ceci fait alors appel au professionnalisme Agricole. Ce qui
suppose un grand savoir faire technique et commercial
o Dès lors les cadres du développement rural ont
besoins de connaissances dans les différents
systèmes modernes de productions Agricoles dont
les systèmes de productions animales.
LES OBJECTIFS :
o Objectif global: ce cours vise à donner aux apprenants des
outils et méthode d’un diagnostic d’un système d’élevage.
o Définir les systèmes d’élevage ;
o Faire la typologie de systèmes d’élevage ;
o Caractériser les systèmes d’élevage pratiqués au Niger.
1. DÉFINITION DE QUELQUES CONCEPTS DE BASE :
Limite Nord des cultures : La limite Nord des cultures a été
fixée au Niger par la loi n°61-05 du 26 Mai 1961. Elle fixe la
limite, à l'isohyète 350 mm, entre la zone agricole, au Sud, sur
laquelle s'applique le régime de la propriété privée, et la zone
pastorale, au Nord, constituée de terres domaniales sur
lesquelles les pasteurs jouissent d'un droit d'usage collectif.
Le Fourrage : tout ou partie des végétaux servant à alimenter les
animaux. Il provient des herbacées ou des ligneux et constitue la
ration de base des ruminants. leurs parois sont essentiellement
composées de cellulose, d’hémicellulose et de lignine. leur valeur
alimentaire est donc moyenne à médiocre, alors que leur
production en matière sèche (MS) à l’hectare peut être élevée ;
Couloir de passage : On appelle couloir de passage, une piste ou
chemin affecté au déplacement des animaux entre deux ou
plusieurs localités déterminées, pays, espaces pastoraux ou
ressources pastorales. Il est dit international s’il est emprunté par
les pasteurs afin de relier deux ou plusieurs pays ;
Espace pastoral : espace destiné à l’élevage supportant une ou plusieurs ressources
pastorales pouvant être librement utilisées par des pasteurs et leurs troupeaux au cours de
leur parcours.
L’espace pastoral comprend des terres occupées par la végétation naturelle ou modifiée par
l’homme et uniquement consacrées à l’élevage, des terres périodiquement cultivées où le
bétail a accès entre deux cultures ou entre deux cycles culturaux, des terres réservées
temporairement ou définitivement à la culture fourragère, enfin des terres de production
mixte, ligneuse ou autre, parcours forestiers, plantations. Ainsi, l’espace pastoral réunit
toutes les formations végétales, en partie ou en totalité, consommables par le bétail.
Pastoralisme : mode d’élevage fondé sur la mobilité permanente ou
saisonnière du cheptel. Il est un mode d’élevage destiné à assurer
l’alimentation des animaux par une exploitation itinérante des ressources
(Rép. Niger, 2010) et pour Guitton et al. (2008) le pastoralisme est un
élevage extensif de ruminants, caractérisé par une certaine forme de
mobilité, des migrations périodiques pour exploiter les pâturages.
Ressources pastorales : ensemble des ressources naturelles et artificielles
nécessaires à l’alimentation du bétail. Elles sont constituées notamment de
l’eau, du pâturage, des sous produits agro-industriels et des terres salées ;
Puits à usage pastoral : puits réalisés à l’intérieur ou à l’extérieur de l’espace
pastoral servant à l’abreuvement du bétail;
Pasteur : personne dont l’élevage constitue l’activité principale et dont le
système de production se caractérise par sa mobilité spatiale et
saisonnière ;
Eleveur : personne qui pratique l’élevage des animaux ;
Zone pastorale : partie du territoire national située au nord de la limite des
cultures telle que définie par la loi n°61-05 du 26 mai 1961 et complétée par
l’article 7 de l’ordonnance de 2010.
Mise en valeur pastorale : pratiques pastorales et investissements
traditionnels ou modernes par lesquels les pasteurs exploitent les pâturages
et l’eau pour la production animale tout en respectant le cycle de
renouvellement de ces ressources. Le fonçage des puits, les mesures de mise
en défens, de préservation, de restauration ou de régénération des
pâturages, la pâture régulière d’espace de pâturage par les troupeaux
constitue des formes de mise en valeur ;
Système de production : Le système de production est l’ensemble
structuré des productions végétales et animales mises en œuvre par
l’agriculteur dans son exploitation pour réaliser ses objectifs ;
Système de production animale : le système de production animale est
l’assemblage et la combinaison des divers facteurs de production (terre,
travail et capital) mis en œuvre par l’éleveur en vue d’atteindre ses objectifs
précis.
Le système de production pastorale : Le système de production pastorale
est un système dans lequel plus de 50% du revenu brut (valeur de la
production de subsistance et de la production commercialisée) ou plus de
20% de la consommation énergétique du ménage provient directement de
l’élevage (Rhissa, 2010). Ce système, caractéristique des zones arides et
semi-arides ;
Le système production agropastorale : Le système de production
agropastorale est un système dans lequel 10 à 50% du revenu brut est tiré de
l’élevage, en d’autres termes 50% ou plus du revenu provient de l’agriculture
ou d’autres activités (Rhyssa, 2010). C’est un système mixte qui intègre
l’agriculture et l’élevage.
2. DIVERSITÉ DES SYSTÈMES D’ÉLEVAGE
o Les dynamiques d’évolution de l’élevage en régions sèches amènent à
observer une grande diversité de systèmes d’élevage
o Les prospectives économiques prévoient un fort accroissement de la
demande en produits animaux dans les pays en développement, avec une
forte tendance à produire de plus en plus dans les pays (ou les régions)
consommateurs
o Ces changements induisent souvent une intensification de
l’élevage et l’agriculture et parfois une meilleure intégration de
ces activités.
o Dans d’autres cas, c’est la spécialisation des élevages qui
apporte des réponses à ces enjeux
o Intensification et spécialisation marquent donc fortement le
paysage des productions animales à travers :
o Les espèces à cycles courts (aviculture, aquaculture, élevage de
porcs...),
o Les systèmes de production péri-urbains (lait, embouche...)
o Des formes d’intégration de l’agriculture et de l’élevage.
o Les systèmes pastoraux plus extensifs fondés sur la
valorisation des parcours par des herbivores
3. LES DÉFINITIONS DES SYSTÈMES D’ÉLEVAGE
o Un système est un ensemble d’éléments en relation entre eux,
agencés pour concourir à une action commune.
o Le système d’élevage peut être défini comme « l’ensemble des
pratiques et techniques mises en œuvre par un éleveur, un
paysan ou une communauté pour faire exploiter les ressources
naturelles par des animaux et obtenir ainsi une production
animale »
o ou encore comme «un ensemble d’éléments en interaction
dynamique organisés par l’Homme en vue de valoriser des
ressources par l’intermédiaire d’animaux domestiques ».
o L’étude et l’analyse d’un système d’élevage consistent, pour chaque
espèce animale, à se poser des questions sur la façon dont les éleveurs et
les différents acteurs concernés (hommes, femmes, enfants) effectuent ou
participent à la conduite des troupeaux.
Il s’agit de savoir :
o A qui appartiennent les animaux ?
o Qui s’en occupe ?
o Qui prend les décisions ?
o Qui gère la reproduction ?
o Qui commercialise les animaux et leurs produits?
o Qui les achète?
o A quel endroit?
o Quels sont les investissements effectués?
o Il faut enfin aborder le mode d’alimentation qui fait aussi partie du
système de l’élevage, du poulailler familial au parcours des grands
transhumants.
o Si l’éleveur reste le pôle décisionnel des systèmes d’élevage, le pôle
territoire et le pôle troupeau constituent la base et la matière de son action.
Ils doivent être considérés en eux-mêmes mais aussi dans leurs différentes
interfaces.
o L’éleveur : Le rôle de l’éleveur se ramène à mieux conduire le
bétail; à exploiter les ressources fourragères naturelles et les
points d’eau de façon rationnelle ;
o L’animal : Il est frappant à relever l’extrême variabilité des
ressources fourragères au cours de l’année.
o Le territoire(Les pâturages): Abondants en hivernage, ils
permettent d’obtenir des gains de poids importants (25 à 30kg
par mois.) Médiocres en saison sèche et ravagés par les feux de
brousse, le bétail perd le poids pendant cette période.
o Les animaux trop âgés (vieilles vaches, bœufs hors d’âge)
meurent souvent de misère physiologique.
o Les jeunes affaiblis par les infestations parasitaires payent aussi
un lourd tribut à cette insuffisance de nourriture par une forte
mortalité.
4. LES CRITÈRES DE DIFFÉRENCIATION DES SYSTÈMES D’ÉLEVAGE
Pour différencier les systèmes d’élevage, divers critères sont utilisés seuls ou
combinés.
o La mobilité des animaux dans l’espace, qui permet de distinguer des
systèmes d’élevage suivant:
- La transhumance ;
- Le nomadisme ;
- Le sédentarisme ;
- La migration.
o Des critères techniques, parmi lesquels l’intégration à
l’agriculture a souvent été privilégiée ce qui a conduit à
distinguer :
- Des systèmes pastoraux ;
- Des systèmes agro-pastoraux ;
- Des systèmes agricoles.
o Des critères d’intensification, séparant des systèmes:
- Intensifs
- Semi-intensifs
- Semi-extensifs
- Extensifs
II. LES SYSTÈMES D’ÉLEVAGE
o Le choix de décrire brièvement quelques systèmes d’élevage
caractéristiques des régions chaudes avec leurs avantages et
contraintes
o Cette sélection permet de donner une idée de la gamme des
différents systèmes que l’on peut rencontrer en Afrique
notamment, depuis l’extensif pastoral à l’élevage hors-sol
2.1. LES SYSTÈMES PASTORAUX
Les systèmes pastoraux se caractérisent par un recours important (sinon
exclusif) aux parcours naturels comme source d’alimentation des animaux.
Ils concernent essentiellement :
o Les herbivores domestiques (bovins, ovins, caprins)
o Des animaux utilisés le plus souvent comme monture ou pour le transport
de marchandises : ânes, chevaux et dromadaires
o Ces trois dernières espèces sont aussi parfois utilisées pour la
culture ou le transport attelé
o Ces systèmes sont pratiqués dans des sociétés où les valeurs
sociales et culturelles traditionnelles restent très présentes
2.1.1. LA TRANSHUMANCE
o La transhumance est une stratégie d’adaptation qui vise à
optimiser l’accès du bétail à l’eau et aux pâturages de qualité
pour assurer une production annuelle
o Cette pratique concerne 70% à 90% du cheptel bovins sahéliens
(Diop et al., 2009)
La transhumance est une des caractéristiques principales de
l’élevage sahélien. Les facteurs qui déterminent ces mouvements
sont :
o La recherche de l’eau ;
o La recherche de pâturages ;
o La fuite de foyer épizootique
o La recherche de terres salées, pour la cure salée.
o Ainsi les pâturages sahéliens exploités pendant la saison
pluvieuse sont abandonnés en saison sèche au profit des
bourgoutières de la vallée du Niger.
o Grâce à cette organisation certains éleveurs arrivent à
maintenir leurs animaux en bon état d’embonpoint.
o Les animaux qui ont séjourné dans les pâturages de décrue
constituent un beau spécimen de boucherie.
o La transhumance est le plus souvent réglementée par les lois
coutumières renforcées par la loi de l’état.
2.1.2. LE NOMADISME
Le nomadisme : Désigne d’après O. Bremand des déplacements
anarchiques entrepris par des groupes pastoraux, d’effectifs très
variables dans le cadre d’une zone climatique à des dates et des
directions imprévisibles.
Le nomadisme est favorisé surtout par l’existence des
mares, des puits assurant l’abreuvement et leurs
permettant de mieux exploiter les pâturages sahéliens.
Il est un mode de vie de résidence et d’occupation de l’espace
fondé sur la mobilité et la flexibilité. Il peut être interprété à la fois
comme un système de vie, un système de production et une
stratégie d’adaptation à un milieu à équilibre instable où la
disponibilité des ressources naturelles est aléatoire.
2.1.3. LA MIGRATION
o C’est un glissement définitif sans idée de retour de la
totalité d’une fraction d’ethnie hors de la zone de
parcours traditionnelle.
o Ce phénomène a été particulièrement accentué pendant
2.1.4. LE SÉDENTARISME
o Ces divers mouvements ne sont pas observés
o Cependant les troupeaux qui sont gardés en hivernage,
sont le plus souvent abandonnés à eux-mêmes en saison
sèche
o On assiste à de petits mouvements de très faible
amplitude autour des villages
o Au sahel comme en zone soudanienne la pratique de
l’élevage fait appel à des locaux très simples construits
avec du bois ou tout simplement avec des épineux
o Les animaux sont exposés aux intempéries : Vent,
pluies, soleil.
o La production tirée de tel système d’élevage est faible.
2.2. LES ATOUTS DES SYSTÈMES PASTORAUX
Ce sont essentiellement :
o Un coût minime lié à l’alimentation sur parcours ;
o Une opportunité de valoriser les ressources
renouvelables de zones défavorables pour la culture,
enclavées ou marginales : zones arides et subarides, sols
pauvres, terrains accidentés...
o Une aptitude des animaux à se déplacer et donc à se
rapprocher, à faible coût, des marchés ou des zones de
consommation
o Pour les cultures, l’importance du troupeau permet en regard
des surfaces cultivées (souvent limitées) un transfert significatif
de fertilité, notamment par le parcage des animaux
2.3. LES CONTRAINTES ET LIMITES DES SYSTÈMES PASTORAUX
o L’augmentation des effectifs et donc des charges animales dans
un contexte climatique aléatoire.
o La pression sur la ressource pâturée due à la charge animale est
souvent aggravée par la compétition pour l’espace avec les
agriculteurs.
o La négociation pour une meilleure gestion collective
s’impose alors.
o Ces systèmes sont aussi confrontés à des difficultés
politiques, liées à leur enclavement et à l’irrédentisme
traditionnel de ces sociétés pastorales
o Il est donc difficile de faire évoluer ces systèmes pastoraux, non
seulement en raison de leur fort ancrage social, culturel et
historique, mais aussi en raison de leur enclavement dans des
zones souvent peu équipées et difficiles d’accès
o Les innovations techniques appropriées à ce type de système
sont également peu nombreuses et la promotion des
organisations d’éleveurs pour améliorer la gestion des ressources
naturelles (eau, pâturage) et le fonctionnement des filières ne
rencontre pas toujours le succès escompté
III. LES SYSTÈMES MIXTES AGRO-PASTORAUX
o L’augmentation de la population se traduit par une pression
accrue sur les ressources, en premier lieu sur la terre, et induit de
nouvelles pratiques agricoles et d’élevage
o De la spécialisation relative des activités d’élevage et
de culture, permise par une faible densité humaine, on
passe progressivement à une association voire une
intégration de l’agriculture et de l’élevage
[Link] ATOUTS DES SYSTÈMES MIXTES AGRO-PASTORAUX
Dans de telles situations, l’élevage offre globalement plus
d’avantages environnementaux que d’inconvénients par :
o Le maintien de la fertilité du sol, en liaison avec l’apport de
matière organique par les déjections et le fumier ;
o L’apport ou la restitution d’éléments fertilisants : dans le
monde, 22 % des engrais azoté et 38 % des engrais phosphatés
o Les pertes en éléments fertilisants sont inférieures dans les
exploitations avec élevage que dans celles sans élevage
o L’aide à l’agriculture grâce à la traction animale, pour le labour
et le transport surtout, ce qui représente une alternative peu
onéreuse à la motorisation, sans consommation d’énergie fossile
o L’intégration de l’élevage dans les schémas d’utilisation des
terres et la construction des paysages : arbres fourragers
intégrés dans les systèmes agroforestiers et les haies, cultures
fourragères cultivées pures ou en association comme plante de
couverture du sol ;
o Le maintien de la microflore et de la faune du sol (insectes,
vers…) qui transforment la matière organique dans le sol et
participent au recyclage des éléments fertilisants.
3.2. LES INCONVÉNIENTS SYSTÈMES AGRO-PASTORAUX
o À partir d’un certain niveau d’intensification de l’élevage,
l’apport au sol d’éléments fertilisants est excédentaire par
rapport aux besoins de l’agriculture
o On se trouve en situation de surplus de nutriments
o Cela provient de l’importation excessive d’aliments dans
l’exploitation
o Cette situation aboutit à terme à la pollution des terres et des
eaux par les déjections et déchets de l’élevage
o Cette situation se développe surtout pour les systèmes
industriels
IV. LES SYSTÈMES PÉRI-URBAINS
Les systèmes d’élevage «péri-urbains» se sont développés
récemment pour répondre partiellement à l’augmentation
rapide de la demande des villes en produits animaux
Ils concernent souvent :
- Des espèces à cycle court (volailles),
- Des formes intensifiées d’élevages de ruminants (lait et
embouche en particulier).
V. LES ÉLEVAGES HORS-SOL (artificialisés)
Les principales caractéristiques des élevages hors-sol sont :
- Le niveau élevé d’intensification ;
- L’alimentation en majorité non produite dans l’unité de
production ;
- La forte charge animale (nombre d’animaux par unité de
surface).
« Ces élevages sont très différents des élevages pastoraux
abordés ci-dessus »
o Ces élevages hors-sol représentent une forme d’intensification et de
spécialisation qui s’est beaucoup développée dans les pays industrialisés et
qui pose de gros problèmes de pollution, de bien-être animal, etc
o Ces élevages peuvent parfois concerner des ruminants mais les plus
caractéristiques sont les ateliers avicoles (poulets de chair ou poules
pondeuses par exemple), porcins ou aquacoles
o Il faut signaler que ces systèmes exigeants en aliments
concentrés (céréales par exemple) peuvent entrer en
compétition avec l’alimentation humaine en termes d’allocation
des ressources alimentaires
o Ils sont aussi parfois en concurrence sur les marchés de
consommation avec les systèmes d’élevage traditionnels du
pays
La nécessaire mobilité des troupeaux
La mobilité est une stratégie d’adaptation pour éviter les nombreux
risques que rencontrent les éleveurs. En effet, les écarts importants de la
disponibilité fourragère en un lieu donné et au cours du temps dans les
régions sèches imposent au bétail l’aptitude permanente à la mobilité, de
façon à aller chercher les ressources là où elles se trouvent. Dans une
journée, les distances parcourues autour du campement (petite mobilité)
varient selon la saison et la disponibilité
des ressources en eau et en fourrages.
La mobilité saisonnière (ou transhumance) est un changement de
région de pâture et répond aux variations saisonnières des
ressources. Elle conduit des éleveurs à se déplacer chaque année
à pied avec leurs troupeaux sur des distances considérables
(parfois plusieurs centaines de kilomètres). Le degré de mobilité
d’un groupe n’est jamais définitif : il est flexible et fluctue selon
des variables conjoncturelles.