0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
9 vues34 pages

L'Approche Sociologique de L'Entreprise Et Les Théories Utilisées en Comptabilité

Transféré par

ikpadon.loukman
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PPTX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
9 vues34 pages

L'Approche Sociologique de L'Entreprise Et Les Théories Utilisées en Comptabilité

Transféré par

ikpadon.loukman
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PPTX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

UE : THEORIES COMPTABLES ET FINANCIERES

CHARGE : Prof KOUEVI et Dr ADELA


EXPOSE SUR LE CHAPITRE 3 DU COURS

TITRE :

L’APPROCHE SOCIOLOGIQUE DE
L’ENTREPRISE ET LES THÉORIES
UTILISÉES EN COMPTABILITÉ

Présenté par :
AGBEGNIDO Kokou
AMEGNITOU Abévi
DOTO Kossi Justin
IKPADON Medjidon
POUWELY Koboya Béatrice
VOUMADI Komi Yayra
INTRODUCTION

 Selon l’approche sociologique, toute action économique est fondamentalement une action
sociale. L’entreprise (ou firme) est une institution sociale, issue et encastrée dans des
interactions sociales. Elle est soumise à un contrat social avec la société, ce qui lui permet
d’utiliser des ressources collectives dans le but de créer et partager ces ressources. Cette
vision est notamment illustrée par la théorie de l’encastrement (embeddedness)
développée par le sociologue Mark Granovetter.
1-LA THÉORIE DU CAPITAL SOCIAL

 le capital social désigne l’ensemble des ressources accessibles à un individu ou à un


groupe grâce à ses relations sociales.
 Ce point de vue renvoie à la conception du contrat social ou pacte social développé par
certains sociologues au rang desquels l’Américain Mark Granovetter. Mark Granovetter
spécule sur la théorie de l’encastrement ou de l’embeddedness. La théorie de
l'encastrement (embeddedness en anglais) est un concept en sociologie économique qui
souligne que les actions économiques sont toujours liées à des relations sociales, des
réseaux et des institutions. Elle s'oppose à l'idée d'une économie autonome, détachée du
contexte social
 Cette théorie du capital social, fut également discutée par de nombreux autres penseurs
1-LA THÉORIE DU CAPITAL SOCIAL

 Suite à une série d’enquêtes menées sur la population étudiante française concernant divers
sujets, Bourdieu parvient à des résultats dont le plus frappant reste l’inégale représentation
des différentes classes sociales dans l’enseignement supérieur
 À travers ses enquêtes (notamment avec Passeron), Bourdieu met en évidence que les
chances d’accéder à l’enseignement supérieur varient considérablement selon l’origine
sociale. Par exemple, les enfants issus des classes populaires (comme les fils de salariés
agricoles) sont massivement sous-représentés dans l’université, tandis que les enfants issus
des classes aisées (professions libérales ou industrielles) y sont surreprésentés.
 Selon lui, le capital social joue un rôle clé dans l’accès à des ressources stratégiques :
informations sur les filières, recommandations, soutien moral, etc. Ce sont souvent des
liens sociaux privilégiés (réseaux familiaux, cercles professionnels, milieux culturels) qui
permettent de franchir certains obstacles, bien plus efficacement que les compétences
scolaires seules.
1-LA THÉORIE DU CAPITAL SOCIAL

 Dans les carcans politiques togolais, « celui que l’on connaît vaut mieux que ce que l’on
connaît ».
 De surcroit, les origines sociales auraient du poids sur les préférences, les goûts au fur et
mesure qu’on quitte les basses classes vers les classes les plus favorisées. Selon Pierre
Bourdieu les individus issus de la classe favorisée se distinguent par leur goût à
l’esthétique. A la suite de Bourdieu, nombreux sont ces auteurs qui ont passionnément
discuté la théorie du capital social.
 James Coleman (1988), voit le capital social comme une forme de capital collectif, basé
sur la confiance, les obligations réciproques et les normes partagées qui facilitent la
coopération. C’est « la somme des ressources actuelles ou potentielles encastrées dans des
réseaux de relations que possèdent un individu ou un groupe social » (Nahapiet et Ghoshal,
1998, p. 243).
1-LA THÉORIE DU CAPITAL SOCIAL

 Putnam (1993) considère le capital social comme les réseaux de relations civiques, la confiance
et les valeurs communes qui permettent la coordination et la coopération au sein d’une société.
Il lui attribue trois caractéristiques :

- Il est relationnel : Il ne réside pas dans l’individu, mais dans les relations entre les individus.

- Il est mobilisable : Il ne suffit pas d’avoir un réseau, encore faut-il pouvoir l’activer pour
obtenir un avantage.

- Il a une valeur économique et sociale : Il facilite l’accès à des ressources autrement


inaccessibles.
1-LA THÉORIE DU CAPITAL SOCIAL

 En sciences comptables et de gestion le capital social représente la valeur totale des


contributions financières apportées par les actionnaires ou les associés pour former une
société. Il s’agit de la somme d’argent ou de biens que les propriétaires de l’entreprise ont
investie dans l’entreprise. On parle de numéraire pour exprimer les sommes d’argent et de
nature lorsqu’il s’agit de biens apportés. Mais tel que développé ici, il ne s’agit pas de
l’application de la théorie du capital en sciences comptables, mais plutôt mobilisée par des
chercheurs issus de ce champ pour analyser les réseaux de relations sociales, économiques
et politiques des dirigeants et administrateurs d’entreprise.
 En définitive, la théorie du capital social, par sa richesse conceptuelle et ses multiples
déclinaisons, offre un champ fécond pour appréhender les dynamiques sociales, les
comportements économiques et organisationnels. Née dans une tradition sociologique avec
des figures majeures telles que Bourdieu, Coleman, Putnam ou Granovetter, elle éclaire la
genèse des inégalités et les acquis de la solidarité collective. En parallèle, sa mobilisation
dans le champ des sciences de gestion et comptables, notamment à travers l’étude des
réseaux de dirigeants, démontre toute sa pertinence pour comprendre l’environnement
relationnel et institutionnel des organisations.
2- LA THÉORIE DE LA DÉPENDANCE AUX RESSOURCES

 Originaire de la théorie des organisations et de la sociologie, la théorie de la dépendance


aux ressources a souvent été appliquée à des études empiriques économiques. Cette théorie
postule que la survie et le succès d’une organisation dépendent de sa capacité à gérer ses
relations avec son environnement.

 En effet, une organisation dépend de son environnement car elle obtient de celui-ci les
ressources indispensables à son fonctionnement.

 Chaque organisation a des besoins spécifiques en ressources, liés à son activité principale
et à ses conditions d’exploitation. La clé de sa survie réside dans son aptitude à acquérir et
maintenir ces ressources essentielles. Lorsque l’environnement change, la survie devient
plus difficile car l’accès aux ressources peut se compliquer, notamment en raison de la
concurrence avec de nouveaux entrants (Pfeffer, 1982).
2- LA THÉORIE DE LA DÉPENDANCE AUX RESSOURCES

 En comptabilité, cette théorie est principalement utilisée pour étudier la responsabilité


sociale et environnementale des entreprises. Une entreprise avec une faible légitimité
sociale aura plus de difficultés à obtenir les ressources dont elle a besoin, tandis qu’une
entreprise légitime dans son milieu pourra acquérir plus facilement ces ressources.
 La survie d’une entreprise dépend donc fortement de la reconnaissance sociale, car les
ressources appartiennent principalement à la société.
 Les membres du conseil, particulièrement les membres externes, aident l’entreprise à faire
face à l’incertitude de son environnement et à gérer ses relations avec les organisations
externes.
2- LA THÉORIE DE LA DÉPENDANCE AUX RESSOURCES

 Le conseil d’administration joue trois rôles essentiels :

 Faciliter l’acquisition des ressources nécessaires à l’entreprise.

 Servir de canal de communication entre l’entreprise et les organisations externes.

 Défendre la légitimité de l’entreprise auprès de l’extérieur (Pfeffer et Salancik, 1978).

 Un aspect important de cette théorie est l’étude des relations inter organisationnelles via le
phénomène de connectivité des conseils d’administration.
 Cette connectivité résulte du fait qu’un administrateur siège simultanément dans plusieurs
conseils d’administration, créant ainsi des interrelations ou « board interlock » entre les
entreprises (Allen, 1974 ; Mariolis et Jones, 1982)
2- LA THÉORIE DE LA DÉPENDANCE AUX RESSOURCES

 L’application de la théorie au phénomène de connectivité des conseils d’administration


s’effectue selon deux approches complémentaires :

 Une approche économique, centrée sur la gestion des ressources et des


performances.

 Une approche sociologique, focalisée sur les réseaux sociaux et les interactions.
2.1. APPLICATION ÉCONOMIQUE DE LA THÉORIE DE LA DÉPENDANCE AUX
RESSOURCES À L’ÉTUDE DU CONSEIL D’ADMINISTRATION

 Dans son volet économique, la théorie de la dépendance aux ressources sert à analyser la
connectivité des conseils d’administration comme un moyen pour une entreprise de
coopter des organisations externes dont elle dépend pour ses ressources clés (Pfeffer et
Salancik, 1978).

 Cooptation directe : une entreprise A nomme un membre de la direction de l’entreprise B à


son conseil d’administration.

 Cooptation indirecte : une entreprise A nomme un administrateur déjà membre du conseil


d’administration de l’entreprise B, créant ainsi une connexion entre A et B via leurs
conseils.

 Cependant, selon cette théorie, la nécessité et l’intensité de ces connexions dépendent des
conditions économiques et financières des entreprises (Allen, 1974 ; Pfeffer, 1972, 1973).
2.1. APPLICATION ÉCONOMIQUE DE LA THÉORIE DE LA DÉPENDANCE AUX
RESSOURCES À L’ÉTUDE DU CONSEIL D’ADMINISTRATION

 De nombreuses études ont examiné la relation entre la fréquence des connexions au sein
des conseils et des indicateurs économiques/financiers :

 Certains, comme Allen (1974), n’ont pas trouvé de relation claire entre contraintes
financières (ratio dette/capitaux propres) et fréquence des interrelations.

 D’autres chercheurs (Burt, 1980 ; Koenig et al., 1979 ; Lang et Lockhart, 1990 ; Mariolis
et Jones, 1982 ; Mintz et Schwartz, 1981 ; Mizruchi et Brewster Stearns, 1988 ; Ornstein,
1984 ; Brewster Stearns et Mizruchi, 1993) ont identifié des corrélations significatives.
2.1. APPLICATION ÉCONOMIQUE DE LA THÉORIE DE LA DÉPENDANCE AUX
RESSOURCES À L’ÉTUDE DU CONSEIL D’ADMINISTRATION

 Des études ont également exploré l’effet de cette connectivité sur la performance et les
stratégies des entreprises :

 Richardson (1987), dans une étude sur 200 entreprises canadiennes, montre que la
profitabilité est liée aux interrelations des conseils d’administration qui, après rupture
accidentelle, sont rapidement rétablies avec les mêmes firmes.

 Davis (1991), en analysant les entreprises du Fortune 500 entre 1984 et 1989, trouve que la
formation de réseaux via cette connectivité explique l’adoption rapide de stratégies de
défense contre les prises de contrôle hostiles (notamment la « poison pill »).
2.2. APPLICATION SOCIOLOGIQUE DE LA THÉORIE DE LA DÉPENDANCE AUX
RESSOURCES À L’ÉTUDE DU CONSEIL D’ADMINISTRATION

 Au-delà des dimensions économiques, la théorie de la dépendance aux ressources est aussi
explorée sous un angle sociologique, où le conseil d’administration est vu comme un lieu
d’exercice du pouvoir et des relations d’influence entre organisations et individus
(Galaskiewicz, 1985 ; Hill, 1995 ; Mizruchi, 1996 ; Zald, 1969).

 Lorsque des conseils d’administration partagent des administrateurs, on parle de relations


inter organisationnelles. Dans ces relations, la distribution des ressources engendre une
problématique de pouvoir : les organisations détentrices des ressources exercent un
pouvoir sur celles qui en dépendent.

 Mizruchi (1996) souligne que la dépendance des entreprises confère du pouvoir à celles
qui détiennent les ressources.
2.2. APPLICATION SOCIOLOGIQUE DE LA THÉORIE DE LA DÉPENDANCE AUX
RESSOURCES À L’ÉTUDE DU CONSEIL D’ADMINISTRATION

 Ce pouvoir s’exerce à deux niveaux :

 Inter organisationnel : les entreprises exerçant le pouvoir influencent les entreprises


dépendantes via les conseils d’administration connectés.

 Individuel : certains administrateurs détiennent un pouvoir direct s’ils fournissent


personnellement des ressources à la firme, exerçant ainsi une influence plus marquée.
2.2. APPLICATION SOCIOLOGIQUE DE LA THÉORIE DE LA DÉPENDANCE AUX
RESSOURCES À L’ÉTUDE DU CONSEIL D’ADMINISTRATION

 Pouvoir inter organisationnel et rôle des institutions financières


 Le conseil d’administration permet à une entreprise d’entrer en relation avec les
organisations externes dont elle dépend, notamment les institutions financières, qui sont les
principales détentrices des ressources financières nécessaires à toutes les entreprises.

 Les institutions financières ont une représentation importante dans de nombreux conseils,
ce qui leur confère un pouvoir économique considérable

 Les banques, souvent prêteuses sous forme de dettes, peuvent exiger des politiques
conservatrices pour protéger leurs prêts, ce qui peut réduire la rentabilité de la firme.
2.2. APPLICATION SOCIOLOGIQUE DE LA THÉORIE DE LA DÉPENDANCE AUX
RESSOURCES À L’ÉTUDE DU CONSEIL D’ADMINISTRATION

 Pouvoir individuel au sein du conseil

 Zald (1969) et d’autres sociologues ont mis en lumière les relations de pouvoir entre
administrateurs au sein du même conseil.

 Ce pouvoir dépend de la capacité individuelle à fournir des ressources, de la connaissance


de l’entreprise, du prestige ou du statut social, ainsi que de la situation spécifique de la
firme.

 Un administrateur qui contrôle des ressources externes ou qui possède des liens forts avec
des organisations externes a plus d’influence.

 Pendant des périodes de crise ou de changement stratégique, les administrateurs capables


3. LA SOCIOLOGIE DE L’INNOVATION DE CALLON ET LATOUR

 L’entreprise est vue comme un réseau où le changement se traduit par l’innovation.


 Dans la société moderne, caractérisée par des innovations technologiques et techniques
majeures, la théorie de l’acteur-réseau (Actor-Network Theory, ANT) conçoit l’entreprise
comme un réseau sociotechnique ou technico-économique.
 Ce réseau rassemble des actants humains et non humains reliés par des intermédiaires
(informations, objets techniques, argent, compétences) via une opération appelée
traduction, qui crée liens, coopération et compromis entre activités hétérogènes.
 L’important est le processus de changement et non uniquement le résultat.
3. LA SOCIOLOGIE DE L’INNOVATION DE CALLON ET LATOUR

 Callon et Latour insistent sur la place égale accordée aux humains et aux non-humains, soulignant
que :

o Les objets peuvent être investis d’une « âme » et devenir incontournables.

o Les humains peuvent être traités comme des objets non humains, notamment dans le cadre de
l’automatisation industrielle.

 Cette théorie recommande de porter une attention égale à tous les actants du réseau.
3.1. APPLICATION EN COMPTABILITÉ

 Les recherches appliquent cette théorie pour analyser les systèmes comptables comme des objets-
actants cherchant des alliés humains afin de poursuivre les objectifs de l’entreprise.

 Lowe (2001) : étude d’un hôpital où le système comptable facilite la coopération entre employés.

 Briers et Chua (2001) : implantation de la méthode ABC dans une multinationale vue comme
interaction entre acteurs et actants hétérogènes.

 MacNamara, Baxter et Chua (2004) : relation entre objets comptables et non comptables dans la
construction d’un réseau de connaissances organisationnelles.

 Caron et Turcotte (2006) : développement durable et normes comme objets médiateurs


réconciliant logiques antagonistes.
3.2. ADOPTION DES NORMES COMPTABLES INTERNATIONALES

 La notion de « village planétaire » analyse les normes comptables internationales comme des objets
médiateurs cherchant des alliés (investisseurs) pour réconcilier les langues comptables nationales.

 Le processus de normalisation est vu comme une opération de traduction qui crée un compromis
entre normes hétérogènes.

 Cette approche est prometteuse pour les recherches sur l’adoption croissante des normes comptables
internationales.
4. LA THÉORIE CULTURELLE DE HOFSTEDE

 Depuis les années 1980, la comptabilité est vue non seulement comme un instrument neutre,
mais comme un enjeu social, un construit social participant à la construction et reproduction
sociale (Breton et Caron, 2008 ; Cooper et Hopper, 1987). Hofstede (1993) définit la culture
comme une programmation mentale collective issue de l’environnement social.

 Il propose un modèle avec quatre dimensions culturelles fondamentales influençant les


institutions, le marché et la gestion d’entreprise :

 Distance au pouvoir (mesure les inégalités sociales)

 Individualisme vs collectivisme

 Masculinisme (poursuite des ambitions et résultats professionnels)

 Évitement des incertitudes


4. LA THÉORIE CULTURELLE DE HOFSTEDE

 Les pays développés se caractérisent par :

o Individualisme

o Faible distance au pouvoir (moins d’inégalités)

o Masculinisme marqué

o Faible évitement de l’incertitude


4. LA THÉORIE CULTURELLE DE HOFSTEDE

 Gray (1988) a posé que le système comptable reflète ces valeurs culturelles par quatre
valeurs comptables dérivées des dimensions de Hofstede :

o Professionnalisme vs contrôle étatique

o Uniformité vs flexibilité des pratiques comptables

o Conservatisme vs optimisme

o Secret (restriction de l’information) vs transparence


 Recherches empiriques (Salter et Niswander, 1995 ; Ding, Jeanjean et Stolowy, 2005)
confirment des corrélations significatives entre valeurs culturelles et normes comptables.

 Stolowy et Jeny-Cazavan (2001) montrent même une divergence dans la comptabilisation


des actifs intangibles à l’intérieur d’un même pays.

 Voici un tableau récapitulatif des scores des dimensions culturelles selon Hofstede pour
quelques pays représentatifs. Les scores vont de 0 à 100, où chaque extrémité indique une
orientation forte vers l’un des pôles de la dimension.
Source: Hofstede (1993)

Contrôle
Orientat
Distance Masculin de Indulge
Individuali ion Long
Pays Hiérarchi ité l'incertit nce
sme (IDV) Terme
que (PDI) (MAS) ude (IVR)
(LTO)
(UAI)
France 68 71 43 86 63 48
États-
40 91 62 46 26 68
Unis
Japon 54 46 95 92 88 42
Chine 80 20 66 30 87 24
Suède 31 71 5 29 53 78
Allemag
35 67 66 65 83 40
ne
Nigeria 80 30 60 55 13 84
Brésil 69 38 49 76 44 59
Inde 77 48 56 40 51 26
5- UNE LECTURE SOCIOPOLITIQUE DE LA COMPTABILITÉ : REMISE EN
QUESTION DE SA NEUTRALITÉ

 La comptabilité est souvent perçue comme un système neutre de traitement de


l'information financière, fondé sur des règles techniques objectives. Pourtant, une
importante tradition de pensée critique, notamment issue de l'École anglo-saxonne,
conteste cette vision et démontre que la comptabilité est avant tout une construction sociale
façonnée par des rapports de pouvoir, des intérêts idéologiques et des représentations
culturelles dominantes.
 Comme le souligne Chua (1986), la comptabilité n’est pas une science exacte mais une
pratique sociale : elle participe à la création de la réalité organisationnelle. Pour Tinker
(1985), les normes comptables « naturalisent des rapports sociaux inégaux », en donnant
une apparence d’évidence aux inégalités économiques et à la logique capitaliste.
6-REPENSER LA COMPTABILITÉ : VERS DES ALTERNATIVES
CRITIQUES

 La comptabilité comme technologie disciplinaire : lecture foucaldienne

L’influence de Michel Foucault (1975 ; 1977) dans les lectures critiques de la comptabilité est
déterminante. Dans une perspective foucaldienne, les systèmes de contrôle (dont la
comptabilité) sont des technologies du pouvoir, qui régulent les comportements au moyen de
mécanismes de surveillance, de classement et d’évaluation. La comptabilité produit des
chiffres qui « objectivent » les actions des individus, les soumettent à des standards de
performance, et légitiment leur surveillance continue.
6. REPENSER LA COMPTABILITÉ : VERS DES ALTERNATIVES
CRITIQUES

 La comptabilité comme technologie disciplinaire : lecture foucaldienne


Hoskin et Macve (1986) ont montré que la comptabilité participe à la construction d’un « sujet
calculable », c’est-à-dire d’un individu dont les actions peuvent être planifiées, mesurées et
évaluées. Power (1997) complète cette analyse en démontrant que les dispositifs d’audit et de
contrôle participent à une culture managériale de méfiance généralisée, fondée sur la
quantification et la visibilité permanente. Ainsi, la comptabilité n’est pas un miroir de
l’économie : elle en est un vecteur de discipline.
6. REPENSER LA COMPTABILITÉ : VERS DES ALTERNATIVES
CRITIQUES

 L’hégémonie des normes IFRS : une critique de la mondialisation comptable


L’adoption généralisée des IFRS dans le monde est souvent justifiée par des arguments de transparence,
de comparabilité et d’efficience des marchés financiers. Toutefois, cette diffusion globale est critiquée
comme une forme d’impérialisme normatif, selon Sikka (2001), Arnold (2005) ou encore Zéghal et
Mhedhbi (2006). Ces auteurs soulignent que les normes IFRS reflètent une logique actionnariale, conçue
pour les marchés financiers des pays développés, principalement anglo-saxons.
Selon Puxty (1993), les normes comptables internationales reproduisent les intérêts des groupes
dominants, notamment les grandes firmes multinationales, les cabinets d’audit et les institutions
financières. Elles sont issues d’un processus d’élaboration non démocratique, dominé par l’IASB, un
organe privé non élu, principalement financé par les Big Four. Cela pose un problème de légitimité
institutionnelle, notamment pour les pays en développement contraints d’adopter un référentiel qui ne
tient pas compte de leurs réalités économiques, sociales et juridiques.
6. REPENSER LA COMPTABILITÉ : VERS DES ALTERNATIVES
CRITIQUES

 L’exclusion par les chiffres : ce que la comptabilité ne montre pas


L’un des apports fondamentaux de l’approche critique est de montrer que la comptabilité, en décidant
de ce qui est mesuré ou non, produit de l’invisibilité sociale. Comme l’énonce Cooper et Sherer (1984),
la comptabilité dominante occulte les impacts sociaux et environnementaux, en se focalisant
exclusivement sur les intérêts financiers des actionnaires.
Les externalités négatives, pollution, inégalités, précarisation du travail sont rarement prises en compte
dans les états financiers. De même, les contributions non marchandes (travail domestique, activités
associatives, solidarités informelles) sont exclues des représentations comptables, bien qu’elles soient
fondamentales pour le tissu social. La comptabilité devient ainsi une force de légitimation de l’ordre
économique établi, en imposant un langage qui dépolitise les inégalités.
Lehman (1995) souligne que cette invisibilité n’est pas neutre : elle est le résultat d’un processus
historique par lequel la comptabilité est devenue un outil de reproduction des structures capitalistes.
6. REPENSER LA COMPTABILITÉ : VERS DES ALTERNATIVES
CRITIQUES

 Face à ces constats, plusieurs auteurs proposent de réinventer la comptabilité pour la rendre plus
inclusive, plus démocratique, et plus en phase avec les enjeux sociaux contemporains.

 Gray (1992) et Bebbington (2007) plaident pour une comptabilité environnementale, intégrant les
coûts écologiques dans les bilans d’entreprises.

 Owen et Swift (2001) défendent une comptabilité sociale et participative, où les parties prenantes
autres que les actionnaires (employés, collectivités, ONG) participeraient à la production de
l’information.

 Cooper (2005) appelle à une comptabilité critique des communs, c’est-à-dire une comptabilité
orientée vers la gestion collective des ressources partagées.
CONCLUSION
 L’approche sociologique de l’entreprise renouvelle en profondeur la manière
d’appréhender les phénomènes organisationnels et comptables. Elle postule que
l’entreprise, loin d’être une entité purement économique et rationnelle, est avant tout un
construit social, situé dans un réseau d’interactions, d’influences et de dépendances. À ce
titre, les théories sociologiques présentées dans ce chapitre permettent de saisir la
dimension institutionnelle, culturelle et politique de la comptabilité et de la gestion des
organisations.
 En définitive, ce chapitre ouvre la voie à une compréhension plus riche, plus critique et
plus nuancée de la comptabilité comme phénomène social. Il invite les chercheurs et
praticiens à ne pas s’en tenir à une lecture technique, mais à intégrer les dimensions
sociétales, culturelles et politiques dans l’analyse des pratiques comptables. Une telle
posture est d’autant plus nécessaire dans un monde globalisé, où les normes internationales
s’imposent parfois sans prendre en compte les spécificités locales. C’est dans cette
complexité que la sociologie apporte des clés précieuses pour penser autrement la
régulation comptable et la place de l’entreprise dans la société.

Vous aimerez peut-être aussi