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L'Avènement de La Biologie Moléculaire

Le document retrace l'évolution de la biologie moléculaire, en commençant par les travaux de Beadle et Tatum sur la relation entre gènes et enzymes en 1941, suivis par la découverte de l'ADN comme matériel génétique par Avery et ses collègues en 1944. Il aborde également la structure de l'ADN proposée par Watson et Crick en 1953, ainsi que le mode de réplication semi-conservatif établi par Meselson et Stahl en 1957. Enfin, il présente la découverte de l'ARN messager et le déchiffrage du code génétique en 1961, marquant des avancées majeures dans la compréhension de la synthèse des protéines.

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Serge Tonen
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Le document retrace l'évolution de la biologie moléculaire, en commençant par les travaux de Beadle et Tatum sur la relation entre gènes et enzymes en 1941, suivis par la découverte de l'ADN comme matériel génétique par Avery et ses collègues en 1944. Il aborde également la structure de l'ADN proposée par Watson et Crick en 1953, ainsi que le mode de réplication semi-conservatif établi par Meselson et Stahl en 1957. Enfin, il présente la découverte de l'ARN messager et le déchiffrage du code génétique en 1961, marquant des avancées majeures dans la compréhension de la synthèse des protéines.

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L’Avènement

de la
Biologie Moléculaire
A - 1941 : Une relation entre gène et
enzyme Edwar
Georges
Beadle d
Tatum

Georges Beadle et Edward tatum travaillent sur la capacité


d’une moisissure (Neurospora crassa) à synthétiser un acide
aminé : l’arginine. Ils obtiennent, par mutagénèse dirigée
(en utilisant des rayons X), des souches mutantes
présentant chacune une déficience enzymatique qui
empêche les cellules de catalyser une étape de cette voie
de biosynthèse.
Précurseur ornithine citruline arginine
e3 e2 e1
Ils établissent ainsi l’idée d’une relation entre gène et enzyme, donc entre gène et
protéine.
Type de Milieu minimum Mm + Mm + Mm +
souche (Mm) ornithine citruline arginine
Sauvage + + + +
Mutant 1 - - - +
Mutant 2 - - + +
Mutant 3 - + + +
B - 1944 : La nature chimique du matériel
génétique

Oswald Avery
Colin Mac Leod Maclyn Mac Carhy
Dès 1928, l’anglais Griffith démontre
qu’une substance extraite d’une souche
bactérienne (S) peut modifier le
patrimoine génétique d’une autre
souche (R).
En 1944, trois américains, Avery, Mac
Leod et Mac Carhy, démontrent que,
parmi toutes les molécules présentes
dans un extrait de bactéries S, seul
l’ADN peut induire la transformation
héréditaire de bactéries R en bactéries
S. La composition chimique de l’ADN est
connue depuis 1929.
C - 1953 : La structure de l’ADN

En 1949, après
l’analyse de la 1950 – 1952 , le biophysicien 1953, J.D. Watson et F. Crick
composition de l’ADN Maurice Wilkins et la chimiste regroupent un ensemble de données
de plusieurs espèces E. Rosalind Franklin analysent des physicochimiques et proposent un
Chargaff édita sa règle clichés de cristaux d’ADN obtenus modèle pour la structure de l’ADN.
: par diffraction des rayons X et en C’est une double hélice formée de
tirent des informations capitales : la deux chaînes polynucléotidiques
A = T et G = C
molécule d’ADN est hélicoïdale et complémentaires maintenues
exprimée aussi par la
comprend plusieurs chaînes de ensemble par des liaisons
formule : A + G = T +
nucléotides. Les groupes phosphates hydrogènes. Ils suggèrent
C
sont à l’extérieur et les bases immédiatement un mécanisme
azotées occupent une position possible de réplication. Ils reçoivent
centrale. le prix Nobel en 1962 avec M. Wilkins
pour leur découverte.
D - 1957 : Le mode de réplication de l’ADN
Avant Meselson et Stahl trois Frankli Matthe
modèles de doublement de l’ADN nW w
étaient proposés. Stalh Meselso
n

Ces deux chercheurs de l’institut de technologie de Californie


tranchent parmi les 3 hypothèses concernant ce processus de
doublement : la réplication de l’ADN s’effectue suivant un mode
semi-conservatif. Chaque brin de la double hélice d’ADN
initiale sert de modèle à la construction d’une nouvelle molécule
d’ADN, en respectant la complémentarité des bases. Des
bactéries cultivées depuis longtemps en présence de molécules
azotées 15N sont repiquées sur un milieu contenant des
molécules azotées 14N et permettant la synchronisation des
divisions. Des fractions sont prélevées après différents temps
correspondant à 1, 2, 3, ... divisions. L'ADN est extrait, placé
dans la solution de chlorure de Césium et centrifugé 24 H à 100
000 g. La position des ADN est repérée par une mesure de la
Représentation schématique de densité optique.
la population de fragments
d'ADN au cours des
générations. Après la 1ère
génération tout l'ADN est
"hybride" et constitué d'un brin
"lourd" (15N) et d'un brin
"léger" (14N).
Position des différentes bandes d'ADN au cours du
temps. Les chiffres donnent le nombre de divisions.
E - 1961: la découverte de l’ARN messager

En 1961, plusieurs observations ont


conduit à proposer l’existence d’un
intermédiaire entre gènes et protéines :
l’ARNm. Par exemple, on sait qu’après
infection par un bactériophage, une
bactérie synthétise de nouvelles
protéines : celles du phage. Ce processus
s’accompagne de la production d’une
petite quantité d’ARN dont la composition
correspond à l’ADN du phage. Deux
séries d’expériences vont démontrer Ces trois biologistes français montrèrent que l’ARN messager
formellement l’existence et le rôle de des joue un rôle d’intermédiaire entre l’ADN et la synthèse des
ARNm. Brenner, Jacob et Meselson protéines. Ils sont les premiers à proposer un modèle
montrent que, lorsqu’une bactérie moléculaire de l’expression des gènes, ce qui leur vaudra le
synthétise de nouvelles protéines, on prix Nobel en 1965.
observe la présence d’ARN nouvellement La
synthétisés sur des ribosomes plus « transcripti
anciens », où la synthèse des nouvelles on de
protéines est en cours. Simultanément, l’ADN
F. Gros et J. D. Watson marquent
pendant un temps bref les ARN
bactériens avec des précurseurs
radioactifs, puis les séparent suivant leur
taille et suivant leur liaison ou non aux
ribosomes. Ils montrent ainsi qu’il existe
une population hétérogène d’ARN à
courte durée de vie, qui se fixent sur les
ribosomes et permettent la synthèse des
F - 1961 : de l’ARN m à la protéine
Une preuve expérimentale du 1961: le déchiffrage du code
code à trois lettres génétique Nirenberg et Matthaei réalisent une
Le système de correspondance entre ADN et. expérience qui ouvre la voie au
Protéines, ou code génétique est d’abord déchiffrage du code génétique. Ils
un concept élaboré par F. Crick et G. Gamov mettent au point une méthode de
avant d’être validé par l’expérience. L’étude synthèse protéique avec des extraits
du bactériophage T4 muté pour le gène rII a d’Escherichia coli, de l’ATP, les 20
apporté la preuve expérimentale qu’un acides aminés et un ARN messager
triplet de nucléotides code un acide aminé. synthétique. En utilisant un ARN de
L’addition ou la perte d’un ou deux synthèse poly U, poly A ou poly C, ils
nucléotides dans la séquence du gène rII obtiennent respectivement un
entraîne la production d’une protéine non polymère de phénylalanine, de lysine
fonctionnelle alors que l’addition ou la perte ou de proline. Khorona et son équipe
de trois nucléotides permet de reformer une finissent ensuite le déchiffrage du code
protéine active. avec des ARN messagers synthétiques.
Le code génétique est entièrement
décrypté en 1966.
FIN

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