TOPO 108
LES SYSTEMES DE PROJECTION ET LES
COORDONNEES
(GEOGRAPHIQUES ET UTM)
1
I-LES SYSTEMES DE PROJECTION
II- LES COORDONNEES GEOGRAPHIQUES
III - LES COORDONNEES UTM
I - SYSTEMES DE PROJECTION
A / DEFINITIONS
1- La carte
Une carte est la représentation plane conventionnelle
des détails naturels ou artificiels de la surface
terrestre ainsi que des formes de son relief.
2- Le geoide
La surface de la terre, d'allure générale
sphérique, est déformée de façon infiniment
variée (relief).
L'étude précise et la représentation plane de
cette surface ne peuvent se faire directement
en raison de sa complexité.
Appliquant les principes de la géométrie
cotée, on peut définir tout point de la surface
terrestre par sa projection orthogonale sur
une surface de référence et par sa distance à
cette surface.
On peut réaliser cette projection
orthogonale sur un plan horizontal tangent à la
surface à représenter, au centre de la zone
(centre de projection).
Une telle représentation est acceptable si la
portion de terrain à représenter est suffisamment
petite pour que les déformations qu'entraîne la
projection soient négligeables à l'échelle choisie.
Cette assimilation n'est plus possible dès
qu'on étend le champ de la projection, les
déformations devenant rapidement prohibitives.
C'est ainsi que, dans une telle projection, à une
distance au centre de :
7 km, la déformation serait de 0,0 1m (négligeable).
50 km, la déformation serait de 3,20 m (inférieure à
1/ 10. de ml m à l'échelle du 1/50.000).
200 km, la déformation serait de 200 m (soit 4 m/ m
au 1/50.000).
On est donc conduit à choisir comme surface
de projection une surface courbe.
Cette surface pourrait être définie
physiquement comme la surface de ni veau
orthogonale à toutes les verticales. C'est encore la
surface d'équilibre des mers supposées prolongées
sous les continents.
3 - L’ellipsoide de reference
En fait, le géoïde est une surface complexe se
prêtant mal à une étude mathématique. Des
mesures précises ont montré qu'il diffère très peu
d'un ellipsoïde de révolution autour de la ligne des
pôles, avec lequel il peut être confondu sans
inconvénient pour toutes les applications pratiques.
Des mesures faites en différentes
régions de la terre ont permis de déterminer
dans chacune de ces zones la courbure et les
dimensions du géoïde et d'en déduire les
caractéristiques d'un ellipsoïde voisin.
Ces caractéristiques varient légèrement
suivant les mesures qui en ont été effectuées
et donnent des ellipsoïdes différents. Ainsi:
En FRANCE: l'éllipsoïde adopté pour la
projection LAMBERT est celui de CLARKE (1880)
dont les caractéristiques sont:
- Demi-grand axe: a = 6.378.249 m
et pour lequel l'origine des altitudes est un
repère de nivellement gravé dans le port de
MARSEILLE (1)
Ellipsoïde International (HAYFORD) : c'est
celui qui a été adopté notamment pour la
projection U.T.M. (système universel) :
Remarque : l'aplatissement est faible,
et pour des opérations ne prétendant pas à
une grande précision on pourra assimiler
l'éllipsoide à une sphère de rayon:
R= 6371 km
(rayon de courbure moyenne de l'éllipsoïde)
4 – Méridien et parallèle
Soit O le centre de l'ellipsoïde et PP' la ligne
des pôles. Considérons un point de la surface
terrestre se projetant en A sur l'ellipsoïde.
Le plan passant par A et PP' s'appelle le
PLAN MERIDIEN DU LIEU.
Sa trace sur l'ellipsoïde (ellipse principale)
est le MERIDIEN DU LIEU.
Le plan mené par A et perpendiculaire à
PP' coupe l'ellipsoïde suivant un cercle appelé
PARALLELE DU LIEU.
Le parallèle particulier passant par 0
s'appelle l'EQUATEUR.
.
(1) Correspondant au niveau moyen de la mer déterminé à l'aide d'un marégraphe
B / SYSTEMES DE PROJECTION
Le problème général des projections consiste
à établir une correspondance mathématique
permettant de passer de la surface curviligne de
l'ellipsoïde à sa représentation plane (plan de
projection).
Cette transformation est réalisée en général par
l'intermédiaire d'une surface développable.
Par définition, il est mathématiquement impossible
de passer de l'ellipsoïde au plan sans déformations:
- des longueurs
- des angles
- des surfaces
En fonction des utilisations ultérieures, on
peut désirer la conservation intégrale de l'un de
ces éléments, en acceptant pour les autres des
déformations dans des limites données.
- Les systèmes de projections
conservant les angles sont dits CONFORMES. Ce
sont les plus généralement utilisés.
- Les systèmes de projections
conservant les surfaces sont dits EQUIVALENTS.
- Il n'existe pas de système de
représentation plane qui n'altère pas les
longueurs.
On sera donc conduit à limiter le champ
d'application de chaque système de projection à
1 – projections conformes
a/ Projection de Mercator.
On réalise la projection de la sphère sur un
cylindre tangent à celle-ci le long de l'équateur,
que l'on développe ensuite.
-Le méridien origine Mo se projette suivant l'axe
OY.
-L'équateur se projette suivant l'axe OX.
-Un point A quelconque de coordonnées
géographiques M et L se projetant en a peut-être
défini par ses coordonnées rectangulaires sur le
plan.
La fonction f (L) sera choisie analytiquement
telle que la représentation soit conforme.
- Le faisceau des méridiens est transformé en
un faisceau de droites parallèles au méridien
origine (axe des y).
- Des méridiens équidistants en longitude
donnent des droites parallèles équidistantes.
- Le faisceau des parallèles de la sphère est
transformé en un faisceau de droites parallèles à la
projection de l'équateur (axe des X).
- Des parallèles équidistants en latitude
donnent des droites d'écartement variable et
croissant en allant vers les pôles.
Cette projection, excellente au voisinage de
l'équateur, entraîne des déformations des longueurs
importantes lorsqu'on s'en éloigne et qui
deviennent considérables dans les zones polaires
(elles tendent vers l'infini).
b/ Projection de Gauss
C'est une application directe de la projection de MERCATOR.
Elle est obtenue par projection de la sphère sur un cylindre tangent
à celle-ci le long du méridien origine, que l'on développe ensuite.
- Le méridien origine de contact devient sur le plan l'axe OY
de la projection.
- L'équateur se projette suivant l'axe OX
- Un point A quelconque est défini sur la sphère par ses
coordonnées x' et y' telles que:
y étant calculé analytiquement pour que la
projection soit conforme.
Le faisceau des méridiens est transformé
en un faisceau de courbes concourantes en P
et P’ et tournant leur concavité vers le
méridien origine.
Le faisceau des parallèles est transformé
en un faisceau de courbes, orthogonales aux
précédentes, et tournant donc leur concavité
vers les pôles.
Cette projection est excellente au
voisinage du méridien origine et donne des
déformations de longueurs acceptables dans
un fuseau méridien de quelques degrés
d'amplitude de part et d'autre du méridien
En partageant l'ellipsoïde en fuseaux
méridiens successifs, il est possible avec ce
système de représenter toute la surface terrestre.
On a donné à cette représentation, qui est
une généralisation mathématique de la projection
de MERCATOR, le nom de projection MERCATOR
TRANSVERSE UNIVERSELLE.
Cette projection est à la base du système
cartographique unifié connu sous le nom de
système U.T.M. (universal transvers Mercator),
dont l'emploi est généralisé en cartographie
militaire.
c/ Projection Lambert
- La projection Lambert est toujours a la
base de l'établissement de la carte de France.
- Soit 0 le centre de projection choisi
(centre de la zone à représenter), on réalise
la projection sur un cône circonscrit à la
sphère le long du parallèle passant par 0, et
de sommet S situé sur l'axe des pôles PP'. On
développe ensuite le cône le long de sa
génératrice S0.
- Le méridien passant par 0 devient l'axe OY de
la projection.
- Le parallèle passant par 0 (parallèle de
contact) devient un cercle de centre S et de rayon
R =SO
- L'axe OX de la projection est la tangente en 0
à ce cercle.
- Les méridiens sont transformés en un faisceau
de droites concourantes en S et· d'écartement
angulaire constant.
- Les parallèles sont transformés en cercles
concentriques en S.
d – Projection stereographique
Elle a été choisie en particulier pour
compléter dans le système international la
projection UTM dans les zones pôlaires que
celle-ci ne permet pas de représenter aisément.
La représentation plane est obtenue ici par
projection perspective de la surface à
représenter sur un plan tangent à la sphère au
point central de projection choisi (pôle), le point
de vue étant le point diamétralement opposé au
point de contact (pôle opposé).
-Les méridiens sont représentés par des
droites rayonnant à partir du pôle et faisant
entre elles des angles égaux aux différences de
longitude.
-Les parallèles sont représentés par des
cercles concentriques au pôle et de rayon tel
que la projection soit conforme.
-L'altération des longueurs va en
croissant avec la distance au pôle et, par
raison de symétrie, elle est constante le long
d'un même parallèle.
2 – Projections non conformes
Des projections non conformes
ont été utilisées dans certains cas.
Elles ne sont pratiquement plus
employées en topographie.
Nous citerons pour mémoire:
a – Projection de Bonne
Cette projection est utilisée
pour l’établissement de la carte
au 1/80000 dite d’état major.
Elle conserve les surfaces
(projection équivalente) mais les
angles et les longueurs sont
notablement déformés.
b - Projection polyedrique ou
polycentrique
l’ellipsoïde est remplacé par un polyèdre
inscrit . chaque facette est traitée isolement
en prenant son centre, centre de projection.
On peut dans chaque facette rendre les
déformations négligeables, mais les cartes
ainsi obtenues ne peuvent se raccorder que
sur le polyèdre et non sur un plan.
II / LES COORDONNEES
II / LES COORDONNEES
GEOGRAPHIQUES
21° LA LONGITUDE : la longitude M
d’un point A est l’angle dièdre que fait le
plan méridien de A avec un plan méridien
pris comme origine. M est compté de 0 à 200
gr. (ou de 0° à 180°) à partir du méridien
origine positivement vers l’Ouest,
négativement vers l’Est.
Le méridien international est celui de
GREENWICH, il constitue l’origine des longitudes
notamment pour la projection UTM ainsi qu’en
22° : LA LATITUDE: La latitude L
d’un point A est l’angle de la normale à
l’éllipsoide en A avec le plan de l’équateur.
L est compté de 0 à 100 gr. (0 à 90°) à
partir de l’équateur, positivement dans
l’hémisphère Nord, négativement dans
l’hémisphère Sud
23° : L’ALTITUDE (Z): L’altitude Z , est la
distance verticale du lieu à la surface de l’ellipsoïde.
III / LES COORDONNEES RECTANGULAIRES UTM
La projection Universelle Transverse de Mercator est
caractérisée par le découpage de la surface terrestre en 60
fuseaux semblables, chaque fuseau, limité par des méridiens
ayant une amplitude de 6° en longitude
31° : NUMEROTATION DES FUSEAUX
Le méridien de GREENWICH sert de limite entre 2 fuseaux
qui sont numérotés 30 et 31, la numérotation des fuseaux allant
en croissant d’ouest en Est
Les méridiens centraux de chacun des fuseaux sont les
méridiens de longitudes 3° Ouest, 9°Ouest,…3° Est ,9°Est,
Ces méridiens sont mesurés par rapport au méridien
international dit de Greenwich
BANDES : la terre est ensuite découpée en 10 bandes dans
l’hémisphère Nord de l’équateur (latitude 0) au parallèle 80°
latitude Nord. Et dans l’hémisphère Sud de l’équateur au
parallèle 80° latitude Sud.
32° ORIGINE DES COORDONNÉES
RECTANGULAIRES DANS UN FUSEAU
Dans chaque fuseau on a pris comme origine des
coordonnées l'intersection du méridien central
avec l'équateur.
0n a posé arbitrairement pour ce point:
Xo =500 000 m. =Eo (Easting, notation
américaine)
Yo =000 000 m. =No (Northing, «
« )
Ces valeurs évitent l'emploi de coordonnées
négatives pour tout point du fuseau à l'ouest du
méridien central.
33° : IDENTIFICATION DES ZONES DE
QUADRILLAGE.
L’équateur forme une limite entre les
bandes M et N.
Au total, elle est découpée en 20 bandes de
8° en latitude identifiées par les lettres de C à
X à partir du parallèle 80° Sud jusqu’au
parallèle 80° Nord, les lettres (I et O) étant
exclues.
60 fuseaux et 20 bandes déterminent ainsi
1200 grandes zones de quadrillage (Gride zone).
Chacune étant définie par un nombre de 1 à 60
en abscisse et par une lettre de C à X en
ordonnée.
Ainsi : TUNIS est situé dans : le fuseau
32, zone S
Pour faciliter la recherche d’un point donné,
les carreaux de 100kms de cotés sont identifiés
par un groupe de deux lettres, une en abscisse et
une en ordonnée, c-à-d les fuseaux de 6°
d’amplitude sont découpés en bandes de 8°
d’amplitude en latitude, chacune des vingt bandes
est identifiée par une lettre, de la lettre C à la
lettre X (excepté I et O) du sud vers le nord.
Chaque carré est désigné en abscisse à
partir du méridien 180° et vers l’Est, le long de
l’équateur. par une lettre de A à Z (excepté I et
O), reprise à tous les 3 fuseaux.
Chaque carré est désigné en ordonnée :
* Dans les fuseaux impaires par une lettre de A à
V (excepté I et O) de l’équateur vers le Nord et.
du parallèle 80° Sud vers l’équateur
* Dans les fuseaux paires par une lettre de F à V
LA DESIGNATION DE LA ZONE (OU DES ZONES ) DU QUADRILLAGE ET DU
CARRE (OU DES CARRES) DE 100 KM DE COTE AUXQUELS APPARTIENT
CHAQUE COUPURE DE LA CARTE EST DONNEE EN MARGE DE CELLE-CI PAR UN
CROQUIS
34° ENONCE DES COORDONNEES
RECTANGULAIRES UTM D’UN POINT
DONNE
Chaque carre de 100 km est subdivisé en carreaux
de 1 ou 10 km suivant l’échelle
Dans la chiffraison reportée sur les cartes en face
des lignes du quadrillage, Les chiffres des kilomètres et des
dizaines de kilomètres sont imprimés en caractères plus
importants.
On omettra systématiquement dans l’énoncé des
coordonnées d’un point, les chiffres en petits
caractères (centaines et milliers de km)
l’énoncé des coordonnées rectangulaires UTM d’un
point déterminé comporte :
* l’indicatif du système (fuseau, grande zone , carré de 100
km )
* un matricule comprenant, suivant la précision désirée.
- quatre chiffres pour des coordonnées kilométriques
- six chiffres pour des coordonnées hectométriques
Ces coordonnées sont rédigées comme un nombre
continu, sans intervalle, parenthèse, tiret ou virgule.
Exemple : les coordonnées d’un point A sur une carte au 1/ 50
000 appartenant au fuseau 31, zone U, carré FQ sont :
31UFQ1143 en coordonnées
kilométriques
31UFQ119434 en coordonnées
hectométriques
URQ11874340 en coordonnées
décamétriques
31URQ1187443400 en coordonnées
métriques
Chacune des deux valeurs X et Y doit comporter
obligatoirement le même nombre de chiffres. Si on utilise une
carte a grande échelle (1/50 000 et au-dessus) et qu’aucune
ambiguïté ne soit à craindre quant au carré de 100 km on pourra
se borner à l’énoncé du bloc de chiffres
L’artilleur pour des raisons de transmissions, placera un