DÉFINITIONS (1)
Vieillissement ou sénescence:
Correspond à l’ensemble des processus physiologiques et
psychologiques qui modifient la structure et les fonctions
de l’organisme à partir de l’âge mur.
Il s’agit d’un processus lent et progressif qui marque
l’évolution vers la mort.
Vieillesse:
Dernière période de la vie normale qui succède à la
maturité.
L’OMS retient l’âge de 65 ans et plus.
Une définition sociale retient l’âge de cessation de
l’activité professionnelle (entre 55 et 63 ans).
DÉFINITIONS (2)
Gériatrie:
C’est une discipline médicale, qui prend en
charge les personnes âgées.
Gérontologie:
C’est la science qui étudie le vieillissement dans
tous ses aspects: biomédical, psychologie,
culturel, socioéconomique, épidémiologique,…
Sénilité:
C’est un processus pathologique aggravant les
manifestations physiologiques liées à l’âge,
aboutissant à l’insuffisance d’organes. C’est le
vieillissement pathologique.
PHYSIOLOGIE DU VIEILLISSEMENT
La nature impose un vieillissement physiologique
à tout individu dès sa naissance. Mais il n’existe
pas un vieillissement universel. Celui-ci est
multifactoriel, non linéaire et surtout individuel.
Trois mots résument le vieillissement
biophysiologique: involution, sclérose et
surcharge.
involutio • Se traduit par une régression anatomique
n et physiologique des organes
• Provoque une perte d’élasticité au niveau
sclérose des organes
• Essentiellement graisseuse. Elle vise à
surcharg compenser l’involution de la masse
e musculaire
PHYSIOLOGIE DU VIEILLISSEMENT (2)
Biologiquement, on observe dès l’âge de 25 ans:
Une ↘ de la masse maigre, alors que la masse
grasse augmente.
Une modification structurelle de la matrice
extracellulaire, qui est constituée par du tissu
conjonctif composé de:
fibres de • qui se rigidifient et dont le nombre
collagènes augmente
fibres • dont la souplesse et le nombre
élastiques diminuent
fibroblastes • dont le nombre diminue
PHYSIOLOGIE DU VIEILLISSEMENT (3)
Ce vieillissement physiologique entraîne avec l’âge:
Une ↘ de la consommation d’oxygène au repos à
cause de la diminution du nombre des cellules.
Une ↘ des besoins énergétiques avec la réduction
de l’activité physique.
Une ↘ de l’élimination urinaire des substances liés
à la masse maigre et à l’alimentation (créatinine
urinaire).
Une ↘ de la diurèse des 24h à cause de la
réduction de l’élimination par le rein des
substances dissoutes (une diurèse de 800cc à 80
EFFETS DU VIEILLISSEMENT SUR
L’APPAREIL RESPIRATOIRE
• Diminution de la distensibilté
pulmonaire et thoracique:
→ rigidité de la paroi thoracique
→ calcification du cartilages des
côtes
→ diminution de la surface
alvéolaire
• Réduction de volume des
muscles respiratoires
→ réduction de la capacité
ventilatoire
• Réduction du calibre des
EFFETS DU VIEILLISSEMENT SUR
L’APPAREIL DIGESTIF
• Modifications de l’appareil bucco-
dentaire (caries de racine, dents
mobiles, chute des dents)
• Diminution du flux salivaire
(atrophie, sclérose et calcification
des glandes salivaires)
• Diminution de sécrétion d’acide
dans l’estomac (hypochlorhydrie
gastrique)
• Ralentissement du transit
intestinal
EFFETS DU VIEILLISSEMENT SUR
LE SYSTÈME NERVEUX
Augmentation des temps de réaction (moins
de neuromédiateurs)
• Diminution des performances mnésiques
(mémoire immédiate et capacité
attentionnelles)
• Diminution de la durée du sommeil avec
des modifications qualitatives
• Réduction de la sensation de soif
(diminution de sensibilité des
osmorécepteurs)
• Augmentation des temps de conduction des
nerfs périphériques (baisse de la sensibilité
EFFETS DU VIEILLISSEMENT SUR
LES ORGANES DES SENS
Diminution de l’acuité visuelle et de la sensibilité
aux contrastes, rétrécissement du champ visuel,
perte délasticité des paupières,…
Diminution cellules ciliées de la cochlée (baisse de
l’audition: presbyacousie)
Diminution de la sensibilité vestibulaire (altération
de la stabilité posturale)
Diminution de la sensibilité gustative (plus
marquée pour les substances salées et
amères)
Diminution de la sensibilité olfactive
Diminution de la sensibilité proprioceptive
(muscles, tendons, articulation, peau)
SYMPTÔMES SPÉCIFIQUES AUX
PERSONNES ÂGÉES
ET
CONDUITES À TENIR
1.
DÉSHYDRATATION
C’est un déficit du volume liquidien par
déséquilibre du bilan hydro-sodé.
Problème fréquent en gériatrie.
Les conséquences sont graves.
1. Signes cliniques
2. Étiologies
3. Traitement
4. Prévention
1.1. SIGNES CLINIQUES
Deux types de déshydratation: nombreux
signes cliniques
D. intracellulaire D. extracellulaire
Sécheresse buccale Hypotension
Sensation de soif Tachycardie
Perte de poids Oligurie
Fièvre Pli cutané persistant
Troubles
Constipation
confusionnels
1.2. ÉTIOLOGIES
Pertes rénales: (néphropathies, polyurie en cas
de diabète).
Pertes digestives : diarrhées, vomissements, …
Pertes sudorales excessives,
Iatrogènes : diurétiques ++,
Diminution des apports en eau: due à la
dépendance physique ou psychique (démence).
1.3. TRAITEMENT :
RÉHYDRATATION
Privilégier la voie orale +++.
Si impossible ou insuffisant : réhydratation par
voie sous-cutanée (épidermoclyse) ou par voie
intra-veineuse.
On peut aussi discuter la SNG.
Surveillance : pouls TA, T°, FR, poids, diurèse,
conscience, débit de perfusion.
1.4. PRÉVENTION
S’assurer des apports hydriques suffisants (au moins 1,5 à
2 Litres / jour).
Surveiller les traitements diurétiques (diurèse, ionogramme)
Dépister les situations à risque: démence, coma, problèmes
de dextérité manuelle…
– solliciter les patients,
– donner un verre d’eau à chaque passage.
Augmenter les apports si fièvre, trouble digestifs ou
grandes chaleurs.
Reconnaître précocement les signes d’installation d’une
déshydratation.
3. TROUBLES DE LA
MARCHE
ET
CHUTES
A.1. LES PRINCIPAUX TROUBLES DE LA MARCHE
• Pas raccourcis et lents sans décoller le
Marche à pieds du sol (parkinson, syndrome
petits pas extrapyramidal)
• Membre inferieur en extension pieds
Marche en varus-equin (hémiplégie ou
spastique hémiparésie)
• Instabilité et mauvaise coordination
Marche des mouvements (malvoyants,
ataxique syndrome cérébelleux)
Marche de • Incapacité de se tenir debout et de
type astasie marcher
abasie
A.3. PRISE EN CHARGE DES TROUBLES DE LA
MARCHE
Elle est multidisciplinaire (médecin, infirmier,
kinésithérapeute…)
Elle vise à restaurer une marche de qualité,
efficace, par les moyens de rééducation.
Le rôle infirmier consiste à:
Mettre le patient en confiance, le rassurer.
Mettre à sa disposition des moyens techniques
requises.
L’aider en fonction des recommandations du kiné.
Prévenir les chutes: écarter les obstacles,
maintenir un éclairage suffisant, adapter les
chaussures et les vêtements…
4. TROUBLES
SPHINCTÉRIENS
Sont essentiellement
l’incontinence urinaire et
l’incontinence anale.
• Incontinence = perte involontaire d’urine et/ou de
matières fécales.
L’incontinence peut être la cause d’un rejet social
du sujet âgé, la honte, la crainte des reproches de
l’entourage peut entrainer la régression, le repli
sur soi et la dépression.
4.1. TYPES D’INCONTINENCE
URINAIRE
2 types de mécanismes
Instabilité vésicale Incontinence d’effort
Fuites sur besoin Fuites contemporaines
impérieux d’uriner. d’un effort (toux,
éternuement,
D’horaire diurne et/ou soulèvement).
secondaire à une
contraction de la vessie Surviennent uniquement
pendant le remplissage. le jour.
Causes vésicales Survient lorsque les
infectieuses, tumorales mécanismes
et surtout neurologiques. sphinctériens sont
affaiblis.
4.2. CAUSES D’INCONTINENCE
URINAIRE
L’incontinence urinaire n’est pas une maladie, mais
un symptôme lié au vieillissement physiologique,
au troubles psychiques et aux facteurs socio-
environnementaux.
Causes neurologiques: Parkinson, paraplégie, AVC
Causes locorégionales: infection urinaire,
prostatite, lithiases, pathologies ano-réctales,…
Causes médicamenteuses: diurétiques, sédatifs,…
Autres causes: grossesse multiple, séquelle de
chirurgie pelvienne,…
4.3. PRISE EN CHARGE
Le traitement : médical (peu efficace), chirurgical
ou les deux à la fois.
La rééducation périnéale +++: fortifier le muscle
du périnée et le systèmes de verrouillage
sphinctérien par la marche et le sport.
Rechercher les facteurs liés à l’environnement
et/ou au patient qui ont pu favoriser
l’incontinence.
Proposer le WC.
Éviter tant que possible les sondes à demeure.
5.5. LA VUE
(CATARACTE)
Opacification progressive du cristallin
par vieillissement progressif des fibres.
( 60 % des sujets entre 70 et 80 ans).
1ère cause de cécité dans le monde.
Baisse acuité visuelle progressive surtout de
loin.
Sensation de brouillard, de voile devant les
yeux.
Chutes à répétition (bordure de trottoir …)
Proposer l’intervention chirurgicale dès
qu’il existe une gêne dans les activité du
DÉGÉNÉRESCENCE
MACULAIRE LIÉE À L’ÂGE
5.5. LA VUE
(DMLA)
Atteinte dégénérative de la rétine maculaire.
Aggravée par l’HTA, le diabète.
Cause la plus fréquente de trouble de la
vision chez la personne âgée.
Baisse d’acuité visuelle et de la vision centrale
perturbant surtout la vision de près.
Évolution en quelques années vers la cécité.
Il n’y a aucune douleur et l’œil est blanc,
calme et non inflammatoire.
Pas de traitement curatif établi actuellement.
9. SYNDROME DE
GLISSEMENT
C’est une décompensation rapide de
l’état général faisant suite à une
affection aiguë (infectieuse,
traumatique, vasculaires, chirurgical,) ou
choc psychique qui sont en voie de
guérison ou qui paraissent guéries.
La personne semble refuser
consciemment de continuer à vivre.
9.1. SIGNES CARACTÉRISTIQUES
Anorexie.
Syndrome confuso-dépressif.
Atonie intestinale et viscérale.
Adipsie (ne pas avoir soif).
Formulation du désir de mourir.
Déshydratation.
Le patient présente une cachexie, refusant
toute alimentation et en général tout soin.
L’évolution se fait le plus souvent vers la
mort.
9.2. CIRCONSTANCES DÉCLENCHANTES
Maladies infectieuses ou inflammatoires,
Interventions chirurgicales,
Conflit familial, conjugal, institutionnel
(vente de maison…),
Survenue d’un deuil ou séparation
relationnelle,
Hospitalisation, la mise en institution,
L’isolement social,
Chutes.
9.3. PRISE EN CHARGE
Aide psychologique (traiter la dépression).
Laisser la personne exprimer ses plaintes, l’écouter
attentivement, en parler avec la famille (pas de chantage,
les menaces, la colère, la froideur, l’infantilisation…).
Assurer des soins individualisés : lui maintenir une
autonomie et une activité adaptée.
Mettre en place des activités de groupe: éviter
l’isolement, favoriser la lecture,…
Prévenir les complications du syndrome d’immobilisation,
Maintien du transit intestinal : hydratation, favoriser la
marche.