Communication et
signalisation moléculaire
Pr Nyangono Biyegue Christine Fernande
ENSET/Udla
Chapitre I
Molécules de signalisation et modes de
communication
1) Notion de médiateurs et de récepteurs
La signalisation cellulaire: L’ensemble des processus au
cours desquels une cellule reçoit des signaux de son
environnement. Ces molécules de signalisation
extracellulaire vont lui permettre de réagir de façon rapide
ou tardive
Médiateur ou premier messager: toute molécule de
signalisation capable de transmettre une
information d’une cellule à une autre en se fixant
sur un récepteur protéique
Ces molécules qui sont libérées par exocytose vont
parcourir de longues distances ou agir localement
Récepteur : protéine qui reconnait et fixe un ligand qui
porte une information
2) Propriétés et mécanismes d’action des molécules signal
Les molécules de signalisation se distinguent par leur mécanisme d’action,
La nature chimique du ligand extracellulaire influe sur leur mécanisme
d’action.
La plupart sont des molécules hydrosolubles qui se fixent sur des
récepteurs membranaires de surface alors que d’autres sont hydrophobes
et se lient à des récepteurs cytosoliques ou nucléaires.
3) Classes des molécules de signalisation
Ces molécules possèdent des structures chimiques différentes
allant d’un simple gaz (NO) aux protéines.
3) Classes des molécules de signalisation
Ces molécules de signalisation sont classées en trois
grandes classes selon le type de cellule émettrice et
le chemin emprunté par ces molécules avant
d’atteindre la cellule cible:
• 1. Neuromédiateurs: synthétisés par des cellules
nerveuses.
• 2. Hormones: synthétisées par des cellules
endocrines.
• 3. Médiateurs locaux: synthétisés par certaines
cellules de l’organisme et agissent localement sur
des cellules voisines.
Les neuromédiateurs sont des petites molécules
libérées par les neurones
Exemple de neuromédiateurs:
1. Acétylcholine
2. Certains acides aminés : glycine et acide
glutamique
3. Les dérivés obtenus par modification chimique des
acides aminés et qui sont classés en :
Amine: histamine et gamma-aminobutyrate (GABA).
Indolamine: sérotonine
Catécholamine: dopamine, noradrénaline et
adrénaline.
Les hormones sont sécrétées par des glandes
endocrines (hypophyse, thyroïde, surrénale,
pancréas et gonades) et sont entrainées par le
courant sanguin jusqu’à leur cellule cible.
Trois classes majeures des hormones:
1. Hormones peptidiques représentent la classe
majeure: insuline
2. Hormones qui dérivent des acides aminés:
thyroxine (T4)
3. Hormones stéroïdiennes: œstrogène
Les hormones peptidiques: peptides ou
polypeptides synthétisés sous forme de
précurseurs de grande taille et appartenant à
deux classes majeures.
Neuromédiateurs peptidiques
• La thyrolibérine ou TRH (thyrotropin-releasing
hormone): peptide de 3 acides aminés synthétisé
par l’hypothalamus sous forme d’une prohormone
de 255 résidus d’acides aminés.
La séquence de la TRH est: pGlu-His-Pro-NH2
• La gonadolibérine ou GnRH (gonadotropin-
releasing hormone) : peptide de 10 acides aminés
qui est synthétisé par l’hypothalamus sous forme
de précurseurs polypeptidiques beaucoup plus
long.
La séquence de la GnRH est: pGlu-His-Trp-Ser-Tyr-
Gly-Leu-Arg-Pro-Gly-NH
Neuromédiateurs peptidiques: vasopressine
La vasopressine ou hormone antidiurétique (ADH):
peptide de 9 résidus d’acides aminés, sécrêtée par
la neurohypophyse (lobe postérieur de
l’hypophyse).
La séquence de l’ADH est:
Médiateurs peptidiques: insuline
Insuline: polypeptide de 51 résidus d’acides
aminés sécrété par les cellules bêta des ilots de
Langerhans.
Elle est sécrétée sous forme de préproinsuline, le
clivage de son peptide signal donne la pro-
insuline. Cette dernière subit le clivage du
peptide c ou peptide de connexion pour donner
l’insuline mature
Hormones thyroïdiennes: T3 et T4
Les hormones thyroïdiennes comprennent :
•la Thyroxine et la triiodothyronine.
Médiateurs locaux
Les facteurs de croissance sont des messagers peptidiques
qui gouvernent la prolifération et la différentiation des
cellules.
Exemple : les cytokines qui modulent l’activité des lymphocytes
pendant la réponse du système immunitaire.
Les eicosanoïdes ou icosanoïdes constituent une famille de
médiateurs locaux.
Cette famille des eicosanoïdes comprend :
• •les leucotriènes
• •les prostaglandines
• •les thromboxanes
Notion de seconds messagers
Un second messager peut être de nature différente : AMPc,
GMPc, l’inositol1,4,5-triphosphate (IP3), lipide comme le
Diacylglycérol (DAG). L’augmentation de ces seconds
messagers modifient rapidement l’activité
cellulaire
Différents modes de la communication cellulaire
1. Communication contact dépendant
2. Communication paracrine
3. Communication synaptique
4. Communication endocrine
Chapitre II: Récepteurs et
effets biologiques
Les différents types de
récepteurs de surface
Les récepteurs de surface sont des protéines
transmembranaires (TM) qui traversent la
bicouche lipidique par un ou plusieurs domaines
TM. Ils peuvent être monomérique ou
oligomérique.
Ces récepteurs possèdent la double capacité:
- de reconnaître spécifiquement le 1ermessager
(ligand).
- d'induire des modifications à l'intérieur de la
cellule.
Les récepteurs couplés aux
protéines G
Fonctions des récepteurs
couplés à la protéine G
Ces récepteurs assurent d’importantes fonctions
Métaboliques,
Sensorielles puisque cette famille de RCPG comprend
les récepteurs
Olfactifs dans le nez,
Gustatifs dans la langue,
Rhodopsine dans la rétine.
Régulations de l’expression des gènes
cyclase induites dans les adipocytes
par
différents ligands
Régulation du métabolisme du glycogène
par l’AMPc dans le
foie et les cellules musculaires
CHAPITRE III Transduction du
signal
La signalisation cellulaire nécessite non
seulement les molécules-signal extracellulaires,
mais également un lot de molécules
présentes dans chaque cellule-cible, qui
jouent un rôle dans la transduction du signal.
Les récepteurs sont le premier type de ces
molécules ; ils permettent à la cellule-cible de
se lier spécifiquement et de répondre aux
sémiomolécules de manière caractéristique
Cette réponse nécessite également une variété
de molécules de signalisation intracellulaire, de
nature protéique ou non (dans le cas de seconds
messagers), qui propagent le signal vers les
régions appropriées de la cellule-cible.
À la fin du processus de transduction, il y a
des protéines cibles qui permettent la
réponse caractéristique de la cellule à la
sémiomolécule.
Le principe de la communication
cellulaire
1. La molécule informative (signal) qui est un
messager
2. La molécule de réception : récepteur du
messager .
L'association avec un récepteur spécifique
(protéique) est la première étape du transfert de
l'information du milieu extracellulaire vers le milieu
intracellulaire.
Une sémiomolécule agit uniquement sur des cellules
cibles car elles seules possèdent des récepteurs qui
lui sont spécifiques.
Le récepteur a un triple rôle :
1°) Reconnaissance et fixation du messager : La
molécule-signal agit comme un ligand qui se lie à un
site du récepteur (site de liaison du ligand).
2°) Transduction du message : L'interaction
ligand-récepteur entraîne un changement de
conformation du récepteur au niveau du site exécutif.
°) Sollicitation du système effecteur : Le
récepteur possède également au niveau de
son site exécutif, une spécificité pour l’effecteur
ou pour son relais. Ceci permet le
déclenchement d’une série d'événements
intracellulaires qui aboutissent à un
changement d'activité cellulaire et/ou dans le
programme de transcription de gènes dans les
cellules cibles
Différents types de cellules peuvent présenter différents
types de récepteurs pour le même ligand, chacun
induisant une réponse cellulaire différente.
Ainsi par exemple, les cellules du muscle cardiaque ont
des récepteurs muscariniques à l’acétylcholine alors que
les cellules du muscle squelettique possèdent des
récepteurs nicotiniques.
Les deux types cellulaires répondent différemment au
même ligand
Le même récepteur peut exister sur des cellules différentes,
et la liaison du même ligand sur le même récepteur dans
ces cellules induit des réponses différentes. C’est le cas des
cellules du muscle cardiaque et des cellules de la glande
salivaire
Localisation des récepteurs
on distingue deux grands types de récepteurs: les
récepteurs membranaires et les récepteurs
intracellulaires.
Les récepteurs sont membranaires lorsque les
molécules ne traversent pas, ou passent
difficilement, la membrane plasmique
(hormones peptidiques, cytokines,
catécholamines, eicosanoïdes, …).
Localisation des récepteurs
Ils sont intracellulaires pour les molécules plus lipophiles
dont la perméabilité membranaire est plus élevée comme
les hormones stéroïdes et thyroïdiennes.
Selon leur type, les récepteurs libres (sans ligand) peuvent
être localisés dans le cytoplasme ou dans le noyau.
Avant d'arriver à la molécule-cible finale, le
signal reçu au niveau du récepteur est relayé à
l'intérieur de la cellule par une combinaison de
molécules de signalisation intracellulaire de
nature protéique ou non.
Molécules de signalisation intracellulaire
Seconds messagers: Généralement, on appelle
"seconds messagers" des molécules non
protéiques, de petite taille (faible poids
moléculaire) qui sont produites en grand
nombre en réponse à l'activation du
récepteur par certaines sémiomolécules
(premiers messagers).
Les seconds messagers diffusent rapidement
dans les différentes parties de la cellule-cible
pour y propager le signal.
Ils font passer le signal en se liant à des
protéines de signalisation spécifiques ou
directement à la protéine-cible, modifiant ainsi
leur activité.
Les seconds messagers les plus connus sont
les nucléotides cycliques (AMPc et GMPc),
le calcium (Ca++) et certains dérivés du
phosphatidyl inositol biphosphate (PIP2)
notamment le diacylglycérol (DAG) et l'inositol
triphosphate (IP3).
Les molécules protéiques: les molécules
protéiques de signalisation intracellulaire
appartiennent à plusieurs catégories et
interviennent selon le type de récepteurs et de la
cellule -cible. Nous en citons ici les principales
classes :
1) Les protéines G qui agissent comme des
commutateurs moléculaires dans les voies de
signalisation ( fig.7). En absence de signal, elles lient
le GDP et sont inactives ("Off"). Le signal entraîne le
remplacement du GDP par le GTP au niveau de la
protéine G qui devient alors active ("On"). Les
protéines G manifestent une activité GTPasique qui
leur permet de retourner à l'état inactif en
hydrolysant le GTP en GDP et phosphate inorganique
(Pi).
2) Les protéines qui jouent le rôle
d'amplificateurs. Elles peuvent être des
enzymes ou des canaux ioniques qui
augmentent largement le signal qu'elles
reçoivent, soit en produisant des taux élevés
en seconds messagers, soit en activant un
grand nombre de protéines de signalisation
intracellulaire en aval de la cascade.
3) Les protéine-kinases: Ce sont des enzymes
qui phosphorylent des molécules protéiques
de la voie de signalisation au niveau de
certains acides aminés, modulant ainsi leur
activité.
il existe deux principales protéine-kinases de la
signalisation intracellulaire dans les cellules
animales.
Les tyrosine kinases qui phosphorylent
certaines tyrosines (Tyr ou Y)
les serine/thréonine-kinases, plus
nombreuses, qui phosphorylent certaines
serines (Ser ou S) et/ou thréonines (Thr ou T).
4) Les protéine-phosphatases (fig.8) : leur
activité s'oppose à celle des protéine-kinases.
Ce sont des enzymes qui déphosphorylent les
protéines au niveau des acides aminés Tyr ou
Ser/Thr.
5) Les protéines adaptatrices : Elles n'ont
pas d'activité catalytique. Elles consistent
seulement en deux ou plusieurs domaines de
liaison (voir ci-dessous). Leur rôle se limite à
lier entre elles, deux autres protéines de
signalisation.
6) Les protéines « scaffold » ou d’agrégation
temporaire : Ce sont des protéines possédant
plusieurs domaines leur permettant de lier
plusieurs molécules intervenant dans une même
voie de signalisation.
Le rapprochement de ces molécules facilite la
propagation du signal, tout en évitant sa
déviation vers d’autres voies de signalisation
inappropriées.
Certaines protéines scaffold peuvent avoir
également une activité enzymatique qui
intervient dans la propagation du signal.
À la fin de chaque voie de signalisation, le
message arrive au niveau de protéines cibles
dont la modulation va entraîner un
changement dans le comportement de la
cellule.
En fonction du signal, ces molécules peuvent
être des protéines régulatrices de gènes, des
composants d'une voie métabolique, des canaux
ioniques, des transporteurs, une partie du
cytosquelette, …etc.
Ceci peut se traduire par une ou plusieurs
actions ou effets : synthèse protéique,
modification d'une sécrétion, ouverture ou
fermeture d'un canal, contraction ou
relâchement d'une fibre musculaire, …etc.
TYPES DE MODULATION
En général, les processus de transduction
impliquent deux principaux types de
changement au niveau du récepteur et/ou de la
molécule de signalisation intracellulaire :
soit des changements de leur conformation,
soit leur phosphorylation par des kinases.
Dans les deux cas, il y a changement de la forme
et/ou de l’emplacement intracellulaire de la
molécule de signalisation ; ce qui entraîne
la modulation de son activité et/ou son
rapprochement aux autres molécules de la voie
de signalisation active.
CHAPITRE IV: SIGNALISATION PAR
RECEPTEURS MEMBRANAIRES
Les récepteurs membranaires occupent une place
importante dans les systèmes de signalisation
intercellulaire car la majeure partie des
sémiomolécules les fait intervenir.
Ils présentent tous certaines caractéristiques
communes, notamment:
• Un domaine extracellulaire pouvant fixer
spécifiquement le ligand ;
• Un domaine membranaire intervenant
dans la transduction du signal du milieu
extracellulaire au milieu intracellulaire ;
Un domaine intracellulaire assurant la
transmission du signal à un ou plusieurs
systèmes effecteurs. Cette transmission fait
généralement intervenir une cascade plus ou
moins longue de systèmes relais, la plupart du
temps kinasiques.
Les récepteurs membranaires peuvent être
regroupés en différentes catégories:
1) les récepteurs dont l'organisation structurale
forme un canal ;
2) les récepteurs couplés à des protéines G
(RCPG) ;
3) les récepteurs couplés à des enzymes
cytoplasmiques de signalisation ;
4) les récepteurs possédant une activité
enzymatique intrinsèque ;
5) les récepteurs de contact.
Cependant, il existe d’autres types de récepteurs
qui n’appartiennent à aucune de ces catégories
VOIES DE SIGNALISATION DU
RÉCEPTEUR-CANAL
Les récepteurs « canaux » sont des canaux
ioniques sur lesquels se fixe directement le ligand
pour les ouvrir; on les appelle également
récepteurs ionotropes.
La liaison avec le ligand entraîne un changement
de conformation du récepteur-canal de façon à ce
que des ions spécifiques puissent le traverser. Ces
mouvements ioniques altèrent le potentiel
électrique le long de la membrane cellulaire.
•Ces récepteurs comportent tous une protéine
transmembranaire composée de 4 ou 5 sous-
unités.
Chaque sous-unité traverse quatre fois la
membrane plasmique. Elles délimitent un
canal ionique central dont l’ouverture dépend
directement du ligand (acétylcholine, GABA,
glycine, glutamate, sérotonine, etc.).
Exemple: récepteur nicotinique de l’acétylcholine
VOIES DE SIGNALISATION
RÉCEPTEURS COUPLES À DES
PROTEINES G -RCPG
Ils sont impliqués dans la transmission vers le
milieu intracellulaire des messages de très
nombreuses molécules-signal : hormones
peptidiques (à l'exception de l'insuline, de
l’hormone de croissance et de la prolactine),
catécholamines, prostaglandines et autres
eicosanoïdes, ainsi que quelques cytokines. Ils
interviennent également dans la transduction des
signaux visuels, olfactifs et gustatifs ainsi que dans
la transmission synaptique.
Le système RCPG concerne une séquence de
transduction d'un message porté par une
molécule signal « premier messager » à
l’extérieur de la cellule, vers le milieu
intracellulaire. Il comprend:
1) la liaison du ligand (molécule-signal) à son
récepteur spécifique ;
2) l'activation d'une protéine G ;
3) l'activation d'un système enzymatique
effecteur impliqué dans la production de «
seconds messagers ». Ces seconds messagers
vont induire des effets physiologiques par
l'intermédiaire d'une modulation de l'activité de
différentes protéines surtout de type kinasique,
mais également de canaux ioniques et des GEF
La protéine G fonctionne comme un
commutateur ; elle alterne entre deux états
: actif et inactif :
1- À l'état inactif, la sous-unité α lie un GDP et
présente une forte affinité pour les sous-
unités β/γ ; la protéine G existe donc sous
une forme α.GDP- βγ .
2- En présence du ligand spécifique, le
récepteur est activé. Il se lie avec la sous-
unité α.
3- Le complexe ligand-récepteur active la
protéine G. Cette activation se traduit par
une modification d'affinité pour le nucléotide
guanylique. Le GDP est ainsi remplacé par un GTP
au niveau de la sous-unité α
4- À l'inverse de α.GDP, α.GTP présente une
affinité faible pour le récepteur et pour le
complexe βγ. Il se dissocie donc de ces
structures et peut alors moduler l'activité d'un
système effecteur.
Le dimère βγ libre peut lui aussi activer ou inhiber
l'activité de certains effecteurs. α.GTP et βγ
restent actifs tant que le GTP n'a pas été
hydrolysé en GDP
Principaux systèmes des
protéines G
1. Voie de l’adénylyl-cyclase – AMPc
a. L’adénylyl-cyclase
L'adénylyl-cyclase ou adénylate cyclase (AC)
est activée par les sousunités de type Gαs.
Elle catalyse la réaction de formation de l'AMP
cyclique (AMPc), qui est le second messager
produit, à partir d'ATP
Cycle d'activation - inactivation
de l'adénylyl cyclase
1) La liaison avec le ligand entraîne un
changement dans la conformation du récepteur.
Celui-ci va s’associer avec la protéine Gαs.
2) Cette association entraîne un changement
dans la conformation de la sous-unité Gαs.
Elle remplace le GDP par le GTP et se dissocie
de Gβγ.
3) La sous-unité Gαs se lie à l’adénylyl cyclase en
l’activant. Il y a synthèse de l’AMPc.
4) L’hydrolyse du GTP en GDP entraîne la
dissociation de Gαs avec l’adénylyl cyclase et sa
réassociation avec Gβγ. L'AC redevient alors inactive.
Dans certains cas, des ligands entraînent non pas une
stimulation mais une inhibition de l’activité
de l’adénylyl-cyclase. Dans ces cas, la protéine G
impliquée est alors appelée protéine Gi (i pour
inhibitrice) dont la sous-unité αi liée au GTP (α[Link])
inhibe l’activité de l’AC
La concentration intracellulaire de l’AMPc est
contrôlée d’une part, au niveau de sa synthèse
par l’adénylyl-cyclase, mais également au niveau
de sa dégradation en 5’AMP non cyclique (et non
actif) par une phosphodiestérase (PDE) qui
atténue la réponse au signal
Le site d'action principal de l'AMPc est une
enzyme appelée protéine-kinase A (A pour
AMPcdépendante).
La protéine-kinase A (PKA) est une enzyme
cytoplasmique qui catalyse la
phosphorylation de
protéines spécifiques sur certains de leurs résidus
sérine et/ou thréonine.
Le phosphate provenant de l'hydrolyse d'une
molécule d'ATP, est transféré sur une fonction
alcool
d'une sérine ou d'une thréonine.
Les acides aminés sérine et/ou thréonine
vont être phosphorylés
Les cibles de la PKA peuvent être des enzymes,
des protéines du cytosquelette, des facteurs
de transcription…etc.
Dans le muscle squelettique par exemple, la
PKA phosphoryle simultanément les enzymes
impliquées dans le métabolisme du glycogène.
Elle active la dégradation du glycogène et
inhibe sa synthèse afin d'augmenter le taux de
glucose, en quelques secondes
Cet exemple montre également que la
phosphorylation peut être aussi bien
activatrice qu'inhibitrice, selon la molécule
cible
Canaux ioniques AMPc-
dépendants
Au niveau de l’épithélium olfactif, les
neurones sensoriels olfactifs possèdent des
cils modifiés. Ces cils expriment un seul type
de récepteur, c’est le système RCPG. Il est
responsable de la sensation des différentes
odeurs.
Ces récepteurs olfactifs utilisent la protéine
Golf pour la transduction des stimuli olfactifs.
Golf appartient à la classe GS ; elle permet le
couplage du récepteur olfactif à une adénylyl
cyclase au niveau de la membrane des cils.
L’augmentation de l’AMPc active dans ce
cas, des canaux cationiques AMPc
dépendants permettant une augmentation
de Na+ et Ca++ dans le cytosol.
L'augmentation de Ca++ dans la cellule
entraîne l'activation des canaux Cl- calcium-
dépendants. La sortie des ions Cl- qui
s’ensuit permet de dépolariser davantage
la membrane cellulaire.
Cette information nerveuse est acheminée
vers le cerveau.
La transduction du signal résulte
souvent en une amplification du
message initial. Cette amplification se fait
à différents niveaux de la cascade de
signalisation.
Certaines toxines comme celles
responsables du choléra et de la
coqueluche, affectent le fonctionnement
des protéines G par ADP-ribosylation.
L'ADP-ribose est transféré à partir du
NAD+ intracellulaire vers la sous-unité α.
La toxine du choléra libérée par la bactérie
Vibrio cholerae, est une enzyme qui modifie
la sous unité αs de la protéine Gs, de telle
sorte qu’elle ne peut plus hydrolyser son
GTP lorsqu'elle est sous forme α.GTP.
Par conséquent, elle reste irréversiblement
activée et stimule constamment l’adénylyl-
cyclase. La concentration élevée en AMPc
qui en résulte, entraîne dans les cellules
épithéliales de l’intestin, de grandes
pertes de sels et d’eau provoquant
diarrhée et déshydratation caractéristiques
du choléra.
La toxine de la coqueluche libérée par la
bactérie Bordetella pertussis, entraîne une
inactivation irréversible de la protéine Gi suite
à une ADP-ribosylation au niveau C-terminal de
la sous-unité αi. La protéine Gi ne peut pas
faire de couplage avec le récepteur et reste
alors bloquée à l’état inactif.
Elle ne peut plus inhiber l’adénylyl-cyclase et
par conséquent, la concentration en AMPc
augmente. Quand l’infection atteint les voies
respiratoires, les cellules épithéliales
pulmonaires sécrètent en abondance des
fluides et du mucus causant la toux
caractéristique de la coqueluche.
2. Voie de la
phospholipase C
Plusieurs RCPG exercent leur effet à
travers des protéines G (de la famille
Gq) qui activent la phospholipase C (PLC-
β) de manière semblable que Gs active
l'adénylyl cyclase.
Les phospholipases sont des enzymes qui
hydrolysent les liaisons esters des
phospholipides. La phospholipase C,
activée par la sous-unité Gαq, catalyse la
réaction d'hydrolyse du PIP2 (phosphatidyl
inositol biphosphate) en IP3 (inositol-3-
phosphate) et DAG (diacylglycérol)
La voie de signalisation se divise alors en
deux branches
Le DAG, qui reste enchâssé dans la
membrane, va activer la protéine kinase C
(PKC) ;
L'IP3, molécule soluble dans l'eau, va
diffuser à travers le cytoplasme pour agir
au niveau des récepteurs qui lui sont
spécifiques, situés dans la membrane du
réticulum endoplasmique. Il active ainsi
l'ouverture de canaux à Ca2+ au niveau
de cette structure, favorisant la
libération de Ca2+ et son accumulation
dans le cytoplasme.
Les ions calcium libérés, dans le cas de la PKC,
jouent un rôle dans le déplacement de cette
enzyme du cytosol vers la membrane
plasmique où elle est activée par le DAG.
On peut considérer donc, qu'il y a intervention
de 3 messagers secondaires : DAG, IP3 et
Ca2+
3-Voie de la GMPc-
phosphodiestérase
La GMPc-phosphodiestérase, c’est l'enzyme qui
catalyse la réaction de dégradation du GMPc en
5’GMP. Elle est constituée de deux sous-
unités catalytiques α et β et deux sous-unités
régulatrices appelées γ.
Dans les cellules en bâtonnet de la rétine, la
GMPc-phosphodiestérase est activée par les
protéines G appelées transducines (Gt) car elles
permettent la transduction du signal lumineux.
Au niveau des yeux des vertébrés, les
cellules en bâtonnet de la rétine contiennent
environ un millier de disques membranaires
Ces membranes sont très riches en pigment
rhodopsine qui correspond à des récepteurs
de type RCPG.
Cette rhodopsine est constituée de la protéine
opsine liée au composé photosensible 11-cis-
retinal.
Ce dernier est considéré comme le ligand et il
est déjà lié à l'opsine avant la réception du
signal . Le signal qui stimule ces récepteurs
est la lumière dont l’absorption par la
rhodopsine, active la GMPc - phosphodiestérase
via la protéine Gt.
À l'obscurité, dans les cellules en bâtonnet,
il y a une concentration élevée en GMPc
qui permet de garder ouverts les canaux
cationiques GMPc-dépendants au niveau
de la membrane plasmique.
Celle-ci reste alors dépolarisée (suite à
l'entrée de Na+ et Ca++) par rapport au
potentiel de repos des autres types de
cellules. Par conséquent, à l'obscurité, les
cellules en bâtonnet secrètent en
permanence des neuromédiateurs
En présence de lumière, l’absorption de
photons par le 11-cis-retinal, mène à
l’activation de la rhodopsine (RCPG). Il
s'ensuit une activation de la protéine Gt.
La sous-unité α.GTP libérée va se lier à la
GMPc-phosphodiestérase (PDE) et l’activer
(PDE*).
Cette activation entraîne la conversion du
GMPc en 5’-GMP. Il en résulte une
diminution de libération de
neuromédiateurs par les photorécepteurs
4 - Canaux ioniques
Les enzymes ne sont pas le seul type
d'effecteurs des protéines G. Certaines
de ces protéines modulent directement
l'activité de canaux ioniques, altérant
ainsi leur perméabilité aux ions et par
conséquent, l'excitabilité de la membrane
des cellules cibles.
Les canaux K+ au niveau de la membrane
plasmique du muscle cardiaque sont un
exemple de canaux effecteurs pour la
protéine G, en réponse à l'acétylcholine.
Dans ce cas, l’acétylcholine se lie à son
récepteur muscarinique de type RCPG.
Cette liaison active la protéine G (de la
famille Gi). Le GTP remplace le GDP au niveau
de la sous-unité αi qui se détache de la sous-
unité βγ.
Pendant que la sous-unité αi inhibe
l'adénylyl cyclase, le dimère βγ se lie et ouvre le
canal K+. L’augmentation de la perméabilité de
K+ hyperpolarise la membrane, ce qui réduit la
fréquence de contraction du muscle cardiaque.
5- Voie de la PI3K
Au niveau de certains types de cellules, des
protéines G activent la voie de la PI3K
(PhosphoInositides 3-Kinase) de classe 1B.
L’activation se fait par le dimère βγ. Ceci permet
la translocation de la PI3K vers la membrane
plasmique pour transformer le PIP2 en PIP3
Cette voie est utilisée par exemple, par les
chimiokines qui ont des récepteurs de type
RCPG. Pendant l’inflammation l’activation de la
PI3K entraîne celle des intégrines au niveau
des leucocytes. Ces derniers peuvent alors se
fixer solidement aux cellules endothéliales et
migrer vers le site inflammatoire
Les RCPG peuvent être inactivés par:
1- Suppression de l'agoniste du milieu
extracellulaire
2- Le découplage fonctionnel par phosphorylation
3- L'internalisation du complexe ligand-récepteur
4- La régulation négative ou down regulation
RÉCEPTEURS COUPLES À DES
ENZYMES CYTOPLASMIQUES
Les récepteurs couplés à des tyrosines kinases
(RCTK) sont les plus connus de cette
catégorie. Ils interviennent dans la
transmission des messages de l'hormone
de croissance, de la prolactine, de
l’érythropoïétine mais aussi de différentes
interleukines, interférons et autres cytokines.
Les plus connues sont celles de la famille JAK
(JAK1, 2 et 3 ou encore TyK2)