0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
72 vues10 pages

L'Invitation Au Voyage Analyse Linéaire

Dans 'L'invitation au voyage', Charles Baudelaire propose une vision poétique d'un monde idéal à travers une invitation amoureuse à une femme aimée. Le poème explore des paysages imaginaires, riches en sensations et en émotions, tout en soulignant l'harmonie et la musicalité de son écriture. Cette œuvre incarne l'idéal baudelairien, où la poésie devient un moyen de transcender la réalité.

Transféré par

hkxzp2008
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PPTX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
72 vues10 pages

L'Invitation Au Voyage Analyse Linéaire

Dans 'L'invitation au voyage', Charles Baudelaire propose une vision poétique d'un monde idéal à travers une invitation amoureuse à une femme aimée. Le poème explore des paysages imaginaires, riches en sensations et en émotions, tout en soulignant l'harmonie et la musicalité de son écriture. Cette œuvre incarne l'idéal baudelairien, où la poésie devient un moyen de transcender la réalité.

Transféré par

hkxzp2008
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PPTX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

L’invitation au voyage

Charles Baudelaire

Analyse linéaire
Introduction
« Tout homme bien portant peut se passer de manger pendant deux jours, — de poésie,
jamais. » déclare Charles Baudelaire, auteur du poème L’invitation au voyage, que nous
allons analyser.
Baudelaire évoque ici un monde idéal et nous livre sa vision de la poésie. Il
s’adresse à la femme aimée et l’invite à un voyage particulier, à la fois réel et imaginaire
mais aussi poétique.
« L’Invitation au Voyage« , poème extrait de la section spleen et idéal s’inscrit dans la partie
consacrée à l’idéal, plus précisément au cycle de la femme, celui de Marie Dubrun, jeune
actrice que connut Baudelaire en 1856, évoquée à travers ses yeux verts.

En quoi ce voyage imaginaire décrit-il l’idéal baudelairien ?

Plan : Une invitation amoureuse - 1ère strophe


Un voyage mystérieux/idéal/imaginaire – strophe 2
Un voyage poétique – strophe 3 et refrain
Une invitation amoureuse - 1ère strophe
a) Cette invitation au voyage concerne le domaine amoureux.
En effet, au début du poème, Baudelaire s’adresse directement à la femme aimée à
travers la formulation de l’impératif : “« Mon enfant, ma sœur/ Songe à la douceur ». Il s’agit de
l’adresse intime du poète à une femme, une invitation forte , le poète cherche à partager sa vision.
On comprend qu’à travers le verbe « songer », c’est l'imagination qui conduit le poète vers "là-
bas » .
Il y a une certaine ambiguïté dans l’emploi des termes (« enfant »/ « sœur ») mais il s’agit bien
d’un poème d'amour, l’enfant désignant un être à protéger et la « Sœur » une âme sœur, l’égale
du poète. La relation à la femme est donc ici désexualisée.
L’emploi des pronoms possessifs v1 « Mon enfant », v11« tes traîtres yeux » et de l’adverbe
« ensemble » soulignent le caractère fusionnel du couple, de même que les rimes embrassées et
l’alternance entre rimes masculines et féminines (donner quelques exemples).

L’anaphore du verbe « aimer » : “« Aimer à loisir/Aimer et mourir »” (v. 4-5) insiste sur la notion
d’amour. L’infinitif confère à l’amour une valeur intemporelle. L’amour est libéré au cours de de
voyage « Aimer à loisirs », cependant l’oxymore « Aimer et mourir » indique qu’il s'agit plutôt de
disparaitre dans les bras de l'aimée, sorte d'anéantissement doux et fusionnel mais proche de la
mort néanmoins
b) La femme, élément déclencheur du voyage.
Le paysage prend les traits de l’aimée et se superpose à elle.
« Au pays qui te ressemble ! »” (v. 6). Ici, le vers à la forme exclamative rend compte d’une forte
émotion. L’emploi du présent permet de créer un lien d'analogie entre paysage et femme.
C) La femme aimée s'efface et/ou se confond avec le paysage

« Au pays qui te ressemble ! »” (v. 6). Ici, le vers à la forme exclamative rend compte
d’une forte émotion.
Cette ressemblance se construit essentiellement par les yeux : «traîtres yeux/Brillant à
travers leurs larmes ».
L’allitération en « l » peut être associée aux larmes.
Les adjectifs qualifiant le paysage dénotent un paysage flou, voilé, incertain et irréel :
« mouillés »/ »brouillés » (v. 7 -8), « Si mystérieux » (v. 10), « Brillant à travers leurs
larmes »” (v. 12).
La diérèse sur le « i » de « mystérieux » renforce le mystère de ce paysage.

L’envoutement naît de la femme et du paysage "charmes si mystérieux" des « yeux »


et de "là-bas« . L'imprécision de l'adverbe de lieu « Là-bas », repris à trois
reprises par « Là », situe l’ailleurs, loin du réel, de l’ici et maintenant. C’est ce qui
importe au poète.
L’adjectif "traitres" pour qualifier « les yeux » réfère sans doute au spleen
(mélancolie, idées noires, ennui…) en posant le paysage comme une illusion.

Transition : si le poète invite la femme aimée au voyage, les contours de celui-ci se


révèlent flous, mystérieux et se confondent même avec l’être aimé.
Un voyage mystérieux/idéal/imaginaire – strophe 2
a) Un cadre idéal
La « chambre » v17, sorte de monde idéal, est dédiée au plaisir, au bonheur des sens ;
on note des sensations olfactives : « rares fleurs », « senteurs de l'ambre » , visuelles :
« des meubles luisants », « les plus rares fleurs ». Le poète fait référence à la fois à l’
exotisme de la splendeur orientale et à l’univers de la peinture hollandaise, marquant
une certaine jouissance esthétique et une référence à la peinture.
Dans cette chambre règnent luxe et abondance « riches plafonds », « miroirs profonds
», « splendeur orientale » en témoignent l’emploi des pluriels qui souligne la
profusion, la richesse et le luxe de cet intérieur.
Les rimes riches ou très riches dans la strophe connotent la diversité, et l'abondance
du lieu.
Cette idéalisation est renforcée par les hyperboles et les superlatifs : , « Les plus rares
fleurs » (v. 18), « tout » (v. 13, 24, 27, 41), « la ville entière »” (v. 37).

b) Un monde imaginaire
Si, dans la strophe deux, ce voyage reste imaginaire, comme en témoigne l’emploi du
conditionnel « Décoreraient notre chambre », « Tout y parlerait » le poète passe au
présent dans la strophe trois « vois », réalisant ainsi un jeu verbal qui permet un
passage du rêve, du désir vers une réalité. La strophe deux marque ainsi une étape
intermédiaire entre l'invitation et la vision "réelle".
c) Le paradis perdu
Ici, la volupté est "intellectuelle" : les lieux parlent "à l'âme en secret et redécouvrent la
"Langue natale" qui figure une sorte de retour au monde antérieur, au paradis perdu,
avant la faute d’Adam et Eve, jardin d’Eden biblique.

Transition : La seconde strophe nous plonge dans un monde idéal, très pictural, sorte
de « paradis perdu » où tout reste encore transitoire.
Un voyage poétique – strophe 3 et refrain
a) Un voyage lumineux :
La description, marquée par une hypotypose (figure de style qui consiste, pour une
phrase, à mimer, reproduire ce qu’elle dépeint), donnant ainsi l’impression d’une
description vivante, animée, qui se dessine sous nos yeux et soulignée par les
démonstratifs « Vois sur ces canaux/Dormir ces vaisseaux ». De nouveau l’emploi
de l’impératif « Vois » marque une adresse directe à la femme, partir à la
découverte du monde idéal ; force de l'invitation, cherche à partager cette vision.
L’utilisation du présent ;"est", « c'est", "viennent » ? « revêtent" ,
"s'endort"...permet de créer un effet de réalité; le poète voit vraiment ce paysage,
montrant ainsi la puissance de la poésie.
Le champ lexical de la lumière devient prépondérant ("soleils", "hyacinthe"
(pierre précieuse), "or", "chaude lumière" vers 40) et donnent une impression de
lumière englobant tout le paysage.
Tout le paysage s'illumine comme le montre l'énumération avec gradation ("les
champs, / Les canaux, la ville entière") cela donne l’impression d'une peinture de
soleil couchant.
L'idée du luxe est de nouveau présente avec le vers 38 ("d'hyacinthe et d'or").
La plénitude est atteinte : présent de l'indicatif -> bonheur atteint. C'est le bonheur
de tous les sens (lumière, paysage, sensation de chaleur (vers 39, 40), voluptés).
Sensation d'apaisement : "Le monde s'endort"
b) L’idéal baudelairien :
Les principales caractéristiques de l’idéal baudelairien sont résumées dans les deux vers
du refrain : « Là, tout n’est qu’ordre et beauté/Luxe, calme, et volupté »
Ce refrain fonctionne comme une formule magique et donne au poème un ton
incantatoire. Le voyage se réalise à travers la parole poétique.
Le poète est comme un magicien, capable de transformer le monde et de le sublimer,
comme le souligne la métaphore des « soleils couchants » mise en évidence et en valeur
par un tiret “« – Les soleils couchants/Revêtent les champs/Les canaux, la ville
entière,/D’hyacinthe et d’or »” (v. 35 à 38).

Cet idéal poétique est marqué par les synesthésies et correspondances : « Le monde
s’endort dans une chaude lumière »” (v. 39-40).
c) Harmonie et musicalité
« L’invitation au voyage » présente une forte musicalité.
Tout d’abord, sa composition est similaire à celle d’une chanson : chaque strophe, qui
comporte douze vers alternant deux pentasyllabes et un heptasyllabe, est suivie d’un
refrain.
Malgré les vers impairs, le rythme est régulier et le poète parvient à créer une parfaite
harmonie.
Cette régularité à la fois visuelle et sonore est soulignée par de nombreuses diérèses :
“« mystérieux » (v. 10), « orientale » (v. 23), « D’hyacinthe »” (v. 38).
L’harmonie est également due à la brièveté et à la fluidité des vers.
En effet, les vers sont courts et marqués par de nombreux enjambements (v. 2 à 3, 7 à 8..).
Aucun rejet ou contre-rejet ne vient rompre le rythme.
Par ailleurs, cette fluidité est accentuée par l’allitération en « l » :
“« D’aller là-bas vivre ensemble » (v. 3), « Les soleils mouillés/De ces ciels brouillés »
(v. 7 -8), « Brillant à travers leurs larmes » (v. 11-12), « Luxe, calme et volupté » (v. 14,
28, 42), « Des meubles luisants/Polis par les ans » (v. 15-16), « Les plus rares
fleurs/Mêlant leurs odeurs » (v. 18-19), « La splendeur orientale/Tout y parlerait/A l‘âme
en secret/Sa douce
langue natale »” (v. 23 à 26)
Conclusion

Chacune des strophes décrit un paysage différent, on passe ainsi d’une scène à
l’autre sans transition logique, comme dans le rêve.
Baudelaire invite la femme aimée et le lecteur à un voyage onirique et imaginaire
au sein d’un monde idéal sublimé par le langage poétique. Il peint ainsi à travers
la description de paysages et une forte musicalité, son idéal poétique, marqué par
l’harmonie. On retrouvera cette vision moderne du poète alchimiste chez Rimbaud
notamment (dans « Voyelles » par exemple)

Vous aimerez peut-être aussi