Modélisation Hydrologique
Aymar Y. Bossa
Maître Assistant (DEAS/INE)
Introduction générale
Modèle hydrologique
• Représentation mathématique simplifiée de
tout ou d’une partie des processus du cycle
hydrologique.
• Ensemble de concepts hydrologiques exprimés
en langage mathématique pour représenter un
comportement observé dans la nature.
2
Introduction générale
Modèle hydrologique
• Aussi appelé modèle pluie-débit, c’est un outil
numérique de représentation de la relation pluie-débit
à l'échelle d'un bassin versant.
• Il permet de transformer des séries temporelles
décrivant le climat d'un bassin versant donné (séries de
précipitations et de températures par exemple, qui
sont les entrées du modèle hydrologique) en une série
de débits (sortie du modèle hydrologique).
3
Introduction générale
Avantage de la modélisation pluie débit
• Le souci de la modélisation pluie-débit est de
mettre à la disposition des aménageurs ou bien
des ingénieurs un outil «simple» permettant
l’estimation ou la prévision des débits pour
une étude d’aménagement désirée (barrages,
lacs, ponts, etc.…).
• Étude d’impact des changements globaux sur
les processus hydrologiques 4
Introduction générale
• La modélisation pluie-débit a de nombreuses applications notamment:
o Estimation des débits de rivières pour des sites non jaugés ;
o Dimensionnement des ouvrages d’art (barrages, ponts, déversoirs de sécurité) ;
o Délimitation des zones inondables ;
o Simulation des débits pour des reconstitutions historiques ;
o Prévision des crues ;
o Détection de l’influence des changements d’occupation du sol ;
o Simulation de l’impact du changement climatique ;
o Pré détermination des débits de crue ou d’étiage (fréquence et durée) ;
o Prévision des étiages.
o Evaluation inter annuelle ou intra annuelle de la ressource en eau
5
6
7
8
2. La transformation pluie-débit
2.1. Le devenir des précipitations
9
2. La transformation pluie-débit
2.1. Le devenir des précipitations
En fonction du temps ou de la qualité de pluie déjà
tombée, une hauteur de pluie dP se répartit entre :
• Interception :
• Infiltration : un écoulement souterrain vers nappes
humidification du sol (puis les évaporation ou
égouttage)
• Ruissellement : un ruissellement pur, ruissellement
retardé, ruissellement hypodermique 10
2. La transformation pluie-débit
2.1. Le devenir des précipitations
Le débit des cours d'eau a au moins deux origines :
• le ruissellement (superficiel, hypodermique)
• la vidange des nappes.
11
2. La transformation pluie-débit
2.1. Le devenir des précipitations
Le débit de vidange des nappes, que nous appelons débit
de base, suit une loi de variation en fonction du temps,
appelée courbe de tarissement.
En l'absence d'alimentation par les pluies, la courbe de
tarissement ne dépend que de la géométrie de la nappe
et de ses qualités hydrodynamiques.
12
2. La transformation pluie-débit
2.1. Le devenir des précipitations
Une modélisation classique de la vidange d'une nappe est
faite à partir du schéma de Maillet.
Une nappe est schématisée par un réservoir de surface S,
de hauteur H, se vidangeant par un bouchon poreux de
longueur l, de section s et de perméabilité k.
Le débit q de vidange est calculable par la loi de Darcy :
13
2. La transformation pluie-débit
2.1. Le devenir des précipitations
14
2. La transformation pluie-débit
15
2. La transformation pluie-débit
16
2. La transformation pluie-débit
17
2. La transformation pluie-débit
18
2. La transformation pluie-débit
19
2. La transformation pluie-débit
20
2. La transformation pluie-débit
21
2. La transformation pluie-débit
2.2. Méthode de séparation des écoulements
22
2. La transformation pluie-débit
2.2. Méthode de séparation des écoulements
- Identification de la date de début de ruissellement à partir de
l’hydrogramme de crue (augmentation brutale au début de
l’évènement)
- Identification de la date de fin de ruissellement par la méthode
graphique (Figure précédente)
o Représentation logarithmique de la décroissance du débit
en fonction du temps.
o Mise en évidence des cassures de la courbe de décrue
23
2. La transformation pluie-débit
2.2. Méthode de séparation des écoulements
- Séparation de l’écoulement de surface et de l’écoulement de
base par la méthode de « la ligne droite » Straight line method
o Tracer la droite entre les dates de début et de fin de ruissellement
o Calcul du débit de base et du débit ruisselé.
o Calcul de la lame ruisselée = volume généré par l’écoulement rapide
divisé par la surface du bassin versant
- Déduction du coefficient de ruissèlement
24
2. La transformation pluie-débit
25
2. La transformation pluie-débit
2.3. Fonction de transfert
• Une fois la pluie nette calculée, il faut établir une fonction de
transfert pour déterminer la distribution dans le temps de ces
volumes d'eau à l'exutoire.
• Plusieurs méthodes existent pour déterminer la fonction de
transfert d’un bassin.
• Les plus complexes utilisent les équations de Barré Saint Venant
avec les modèles d’onde diffusante ou d’onde cinématique.
• Les plus simples utilisent la distance de chaque point de la grille
à l’exutoire et affectent une vitesse.
26
2. La transformation pluie-débit
2.3. Fonction de transfert
27
3. Démarche de la modélisation pluie débit
• Le plus important à définir est l'emploi prévu pour le
modèle, c'est à dire la tâche que l'on veut résoudre.
• Cela permet de définir les qualités et les
caractéristiques souhaitées.
• L'autre souci est d'examiner les données disponibles
pour le calage du modèle.
• Il est essentiel que ces données correspondent en
nombre et en qualité aux prétentions du modèle.
28
3. Démarche de la modélisation pluie débit
• Il faut reconnaître, que dans la pratique cela
limite considérablement la richesse souhaitée
pour le modèle :
• Les données permettent très rarement de
légitimer les modèles distribués quelque peu
sophistiqués, et pour lesquels il convient de
disposer de données nombreuses et à forte
densité spatiale.
29
3. Démarche de la modélisation pluie débit
1- Définition du problème et des objectifs recherchés
2- Choix du modèle hydrologique en considérant les
données disponibles et le temps nécessaire
3- Analyse critique et préparation des données d’entrées
4- Étude de sensibilité du modèle aux données d’entrée,
aux paramètres et aux incertitudes relevées
5- Calage du modèle et validation sur une période test
qui n’a pas servi au calage
6- Utilisation si la performance est jugée satisfaisante 30
Données pour la modélisation
31
4. Calage d’un modèle hydrologique
• Le calage consiste à sélectionner le jeu de paramètres
d’un modèle de façon à ce que celui-ci simule le
comportement hydrologique du bassin versant de la
meilleure façon possible.
• Le calage se fait avec deux ou plusieurs années de
mise en route, c'est-à-dire une année pendant laquelle
les erreurs du modèle ne sont pas comptabilisées dans
le critère d'adéquation permettant de juger la
performance du modèle calé. 32
4. Calage d’un modèle hydrologique
• Le calage demande donc le choix à la fois d’un
critère de qualité, d’une méthode pour identifier
les paramètres, ainsi que de séries de données
destinées à fournir l’information nécessaire au
calage.
• Le modèle hydrologique adopté devra être calé
afin d'identifier et de reconnaître certaines
propriétés hydrologiques du bassin versant.
33
4. Calage d’un modèle hydrologique
• En effet, la simplification de la réalité implique que
certains, voire la totalité, des paramètres utilisés
pour décrire le modèle, ne peuvent être reliés
directement à des mesures de terrain, d'où la
nécessité d'un calage.
• Ainsi, à partir de pluies, on déduit des estimations
de débits que l'on compare aux débits observés,
grâce à des critères appelés fonctions objectif. 34
4. Calage d’un modèle hydrologique
• Le calage s'effectue sur une période où la pluie,
le débit et l'évapotranspiration potentielle sont
disponible.
• En général, on considère une période de trois à
plusieurs années afin de caler nos paramètres
pour l'ensemble des saisons, sur des événements
très différents.
35
4. Calage d’un modèle hydrologique
4.1. Calage manuel
• Pour cette méthode de calage, c’est l’utilisateur du modèle qui
recherche la valeur des paramètres qu’il va utiliser pour faire
tourner le modèle.
• On pourrait comparer le calage manuel au réglage d’un
oscilloscope où l’on doit superposer deux courbes (l’une
correspondant au débit observé et l’autre au débit calculé) en
faisant varier manuellement 4 boutons (correspondant 4
paramètres).
• Cette technique laisse une part de subjectivité due à l’utilisateur.
36
4. Calage d’un modèle hydrologique
4.1. Calage manuel
37
4. Calage d’un modèle hydrologique
4.1. Calage manuel
• Les différents critères de qualité qui
accompagnent le calage permettent d’évaluer la
capacité du modèle à bien représenter quelques
caractéristiques importantes de la série des
débits.
38
4. Calage d’un modèle hydrologique
[Link] calage automatique
• Pour enlever la part de subjectivité due à l’utilisateur pendant le
calage manuel, un algorithme mathématique peut déterminer les
paramètres par essais successifs, en
tâtonnant.
• Cet algorithme est capable de déterminer les paramètres les plus
appropriés pour que les débits calculés soient les plus proches
possibles de la réalité.
• Mais cette méthode, comme le calage manuel, reste soumis au
risque de rencontrer un optimum secondaire. 39
4. Calage d’un modèle hydrologique
[Link] calage automatique
• Une majorité des utilisations de modèle
reposent sur ces techniques d’estimations
mathématiques des paramètres.
• LE MODE DE CALAGE SEMI-AUTOMATIQUE EST
PRÉFÉRÉ EN GÉNÉRAL À DES MÉTHODES
MANUELLES OU AUTOMATIQUES.
40
4. Calage d’un modèle hydrologique
4.3. Critère d’ajustement (ou fonction objectif)
• On désigne ainsi le critère numérique qui
permet de juger de l’adéquation d’un
modèle, c'est-à-dire de la comparaison entre la
chronique réelle des débits et celle simulée par
le modèle.
• Le but du calage est de minimiser ou de
maximiser selon le cas cette fonction objectif.
41
4. Calage d’un modèle hydrologique
4.3. Critère d’ajustement (ou fonction objectif)
Les critères d’ajustement peuvent être calculés
(entre autres) sur :
• les débits Q ……………………………… ...Renseigne sur les débits élevés
• la racine carrée du débit Q …………Renseigne sur les débits moyens
• le logarithme du débit log Q1……..Renseigne sur les faibles débits
42
4. Calage d’un modèle hydrologique
4.3. Critère d’ajustement (ou fonction objectif)
Quelques fonctions objectifs couramment utilisées en modélisation hydrologique :
43
4. Calage d’un modèle hydrologique
4.3. Analyse de la sensibilité d’un modèle
• Elle consiste à estimer le ratio de variation des sorties
d’un modèle avec le ratio de variation des entrées du
modèle.
• Elle permet de déterminer les paramètres pour lesquels
l’on doit chercher des valeurs très précises.
• Elle permet de comprendre le comportement du
système étudie et d’évaluer l’applicabilité du model.
• Une des formules qu’on peut utiliser est :
44
4. Calage d’un modèle hydrologique
4.3. Analyse de la sensibilité d’un modèle
• Une des formules qu’on peut utiliser est :
• : Résultats de la simulation avec 10%
d’augmentation du paramètre
• : Résultats de la simulation avec 10% de
diminution du paramètre
• : Résultats de la simulation de base
45
4. Calage d’un modèle hydrologique
4.3. Analyse de la sensibilité d’un modèle
46
5. Validation d’un modèle hydrologique
• Une fois les paramètres estimés, on doit ensuite valider le modèle en
s'assurant de ses "bonnes" estimations.
• On compare donc une deuxième fois les débits calculés aux débits
observés, avec le critère de la fonction objectif utilisée lors du calage
et en considérant les valeurs des paramètres obtenus lors du calage.
• On apprécie alors la qualité du modèle sur des échantillons de
données qui n'ont pas servi à son calage.
• La période de contrôle choisie doit être différente de la période de
calage.
• On évalue ainsi la robustesse et la fiabilité du modèle.
47
5. Validation d’un modèle hydrologique
• On constate souvent que si le nombre de
paramètres à caler est trop important,
l'ajustement des simulations sur la réalité est très
bon sur la période de calage, mais que le modèle
se dégrade ensuite en période de contrôle.
• Dans ce cas, il faut nécessairement recalibrer le
modèle de sorte que sa performance soit
acceptable pendant le calage et la validation.
48
5. Validation d’un modèle hydrologique
NB : AUSSI BIEN PENDANT LE CALAGE
QUE LA VALIDATION, ON DOIT
S’ASSURER QUE LES DIFFÉRENTES
COMPOSANTES DU BILAN
HYDROLOGIQUE SONT BIEN SIMULÉES.
49