Rupture Utérine
ISMGO
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OBJECTIFS
Définir la rupture utérine.
Identifier 3 causes de la rupture utérine au cours du travail.
Décrire les éléments du diagnostic positif de la rupture utérine pendant le travail.
Reconnaitre 3 diagnostics différentiels de la rupture utérine.
Identifier 4 complications maternelles et fœtales de la rupture utérine.
Décrire le traitement préventif de la rupture utérine.
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1. GENERALITES
1.1. Définition
On appelle rupture utérine toute solution de continuité non chirurgicale de l’utérus, survenant au
niveau du corps ou du segment inférieur pendant la grossesse ou le travail.
1.2. Intérêt
Pathologie relativement fréquente.
Pronostic : elle est grave pouvant entraîner la mort de la mère et /ou du fœtus.
Son traitement est une urgence et fait appel parfois à une hystérectomie. 3
1. GENERALITES
1.3. Rappel anatomique de l’utérus
L’utérus est un organe musculaire en forme de poire. Il est situé dans le petit bassin entre la
vessie en avant, le rectum en arrière, le vagin en bas et les anses intestinales en haut. L’utérus
comprend trois parties qui sont le col, l’isthme et le corps plus épais. L’isthme fait communiquer
la cavité cervicale et la cavité utérine. L’utérus comprend trois tuniques qui sont de l’intérieur
vers l’extérieur la muqueuse, le myomètre et le péritoine.
Au troisième trimestre de la grossesse l’isthme se transforme et prend le nom de segment
inférieur. Celui-ci est plus mince que le corps utérin et donc plus fragile. 4
1. Côlon transverse
2. Placenta
3. Grand omentum
4. Corps utérin
5. Segment inférieur
6. Cul-de-sac vésico-utérin
7. Intestin grêle
8. Aorte abdominale
9. Membranes choriales
10. Col utérin
11. Cul-de-sac recto-utérin
Fig N°1: UTERUS GRAVIDE ET SON CONCEPTUS (coupe sagittale)
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1. GENERALITES
1.4. Anatomopathologie
On distingue les ruptures utérines segmentaires, les ruptures utérines corporelles et les ruptures
utérines segmento- corporéales.
Rupture utérine selon le siège :
o Ruptures utérines segmentaires : Ce sont les plus fréquentes.
o Ruptures utérines corporelles : elles siègent sur le corps de l’utérus.
o Ruptures utérines segmento-corporéales : qui concernent le corps et le segment inférieur.
Rupture utérine selon la direction du trait de rupture :
le trait de la rupture peut être longitudinal sur le fond et les bords, obliques, transversales ou en
T. Les pédicules vasculaires peuvent être atteints.
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1. GENERALITES
1.4. Anatomopathologie
Rupture utérine selon l’étendue et la profondeur, il peut s’agir de rupture utérine :
o complète (60 à 70%) : dans ce cas, toutes les tuniques sont intéressées ;
o incomplètes n’intéressant que quelques tuniques ;
o compliquées : ici il existe d’autres lésions telles que les ruptures de la vessie, les lésions de
l’uretère. Ces lésions surtout vésicales sont responsables de fistules.
Rupture utérine selon l’aspect des bords de la rupture : Ils peuvent être frais ou nécrosés.
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2. ETIOLOGIE
2.1. Causes maternelles
anomalie du bassin : bassin généralement rétréci, les bassins asymétriques… ;
cicatrice de césarienne, myomectomie, perforation utérine post-abortum ;
Multiparité ;
déchirures du col ;
obstacles prævia (fibrome, kyste, placenta prævia) ;
malformation utérine.
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2. ETIOLOGIE
2.2. Causes fœtales
présentations dystociques (présentations de l’épaule, du front et de la face) ;
macrosomie (Poids fœtal ≥ 4000 g) ;
hydrocéphalie.
2.3. Causes iatrogènes
usage incontrôlé d’ocytocique et de prostaglandines ;
manœuvres obstétricales (version par manœuvre interne, version par manœuvre externe,
grandes extraction du siège, manœuvres de dégagement des épaules, l’expression abdominale,
le FORCEPS et la ventouse mal faits).
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3. SIGNES
3.1. Circonstances de découverte
Il peut s’agir :
• d’une parturiente en travail depuis plusieurs heures et qui présente des signes de rupture
utérine avec choc hémorragique ;
• de découverte fortuite au cours de la césarienne ;
• d’une rupture découverte à la révision utérine indiquée pour hémorragie du post-partum ou
pour accouchement dans un contexte d’utérus cicatriciel.
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3. SIGNES
3.2. Forme typique
a. Rupture utérine spontanée après un travail prolongé sur utérus non cicatriciel :
Il s’agit de la rupture au cours des présentations méconnues de l’épaule ou les défauts
d’engagement dans les bassins rétrécis. C’est la forme classique.
• b. Phase de pré rupture utérine : Elle commence par la rupture de la poche des eaux. La
rétraction utérine s’accentue, le corps de l’utérus devient de plus en plus dur. Le segment
inférieur s’allonge, s’étire : c’est le signe de Bandl Frommel.
• L’utérus a alors la forme de sablier (ou en coque d’arachide). Cette déformation signe
l’imminence de la rupture. La dilatation stagne et les ligaments ronds sont tendus.
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Figure 2 : Déformation de l'utérus en sablier au cours de la pré-rupture utérine.
A. Utérus avant le syndrome de pré-rupture.
B. Utérus au cours du syndrome de pré-rupture.
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3. SIGNES
Signes physiques
o douleur provoquée à la palpation ;
o le fœtus est généralement palpé sous la peau ;
o les bruits du cœur fœtal sont absents ;
o le saignement génital ;
o toucher vaginal : saignement noirâtre, disparition de la présentation le plus souvent.
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3. SIGNES
c. La rupture utérine proprement dite :
Signes fonctionnels :
o des saignements faits de sang minime noirâtre ;
o douleur abdominale en « coup de poignard».
Signes généraux, ce sont :
o syncope, lipothymies, bâillements ;
o signes de choc plus ou moins nets : Le pouls est rapide, la tension artérielle s’abaisse, les
extrémités et le nez se refroidissent ;
o le visage pâlit, le nez se pince, les yeux se cernent, la respiration est plus courte.
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3. SIGNES
3.3. Formes cliniques
Ce sont :
Formes insidieuses : Il y a peu de signes, surviennent dans un contexte d’utérus cicatriciel.
La rupture est découverte au bloc lors de la césarienne ou à la révision utérine.
Formes compliquées : associées souvent aux lésions vésicales.
Ruptures utérines associées au placenta accreta.
Formes atypiques : faisant évoquer une occlusion, une appendicite.
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4. DIAGNOSTIC
4.1. Diagnostic positif
Le diagnostic de rupture utérine sera évoqué devant des métrorragies faites de sang minimes
noirâtres, des signes de choc, une altération de l’état général, une douleur abdominale, un fœtus
qui est palpé sous la peau.
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4. DIAGNOSTIC
4.2. Diagnostic différentiel
Se fera avec :
le placenta prævia : ici le saignement est spontané, rouge vif, plus ou moins abondant, un
fœtus vivant, une présentation haute. L’échographie confirme le diagnostic ;
l’hématome rétro placentaire : le saignement est minime, fait de sang noir, une douleur
abdominale atroce, et permanente, des bruits du cœur fœtal absents. Le col parait cerclé ;
la déchirure du col : l’examen sous valve la met en évidence en précisant sa longueur, son
siège et sa direction.
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5. COMPLICATIONS
Complications Maternelles : il s’agit de la péritonite, de l’endométrite, de la septicémie et du
décès maternel.
Complications Fœtales : dominées par la souffrance fœtale aigue et la mort fœtale
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6. TRAITEMENT
6.1. Préventif
Il faut :
faire avec précision le diagnostic des anomalies du bassin lors des consultations
prénatales et à l’examen d’admission en salle d’accouchement ;
savoir faire la conduite de l’épreuve du travail ;
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6. TRAITEMENT
6.1. Préventif
savoir utiliser les ocytociques chez la femme enceinte. La perfusion d’ocytocique impose une
surveillance régulière. Il faut la présence d’un agent de santé qui va régler le débit suivant le
rythme, l’intensité, la durée des contractions utérines et le rythme cardiaque fœtal. Il ne faut
jamais administrer l’ocytocique en IM ou en IVD avant l’expulsion du fœtus ;
évacuer la femme pour une césarienne dès que le diagnostic du syndrome de pré rupture
utérine.
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6. TRAITEMENT
6.2. Curatif
But : améliorer le pronostic en arrêtant l’hémorragie et en compensant les pertes sanguines et
éviter les complications
Moyens :
O Médicaux : transfusion, antibiothérapie),
O Chirurgicaux : hystérectomie, Hystérorraphie associée ou non à une ligature résection tubaire.
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6. TRAITEMENT
6.2. Curatif
Indications :
Prendre une voie veineuse,
O Faire un remplissage vasculaire,
O une antibiothérapie,
O Mettre une sonde urinaire afin d’apprécier la diurèse ;
O la laparotomie permettra d’apprécier les lésions. Le type d’intervention dépendra des lésions
constatées en per opératoire. 23
CONCLUSION
La rupture utérine est une affection encore fréquente dans nos pays en voie de développement.
Son pronostic est sombre marqué par la mort fœtale et le décès maternel. Il sera amélioré par
une intervention rapide et adaptée. Sa prévention passe par une surveillance correcte de la
grossesse et du travail d’accouchement par l’utilisation du partogramme.
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