TULAREMIE
DEFINITION
Maladie bactérienne, inoculable,
potentiellement mortelle pour l’Homme et
qui frappe essentiellement les
lagomorphes (lièvres) et les rongeurs
sauvages
La bactérie responsable est Francisella
tularensis
ETIOLOGIE
Francisella tularensis est un cocobacille
Gram négatif, intracellulaire immobile et non
sporulé
Elle résiste 8 à 15 jours dans les cadavres.
sensible à la chaleur (10 minutes à 56°C) et
aux antiseptiques et désinfectants usuels
(chlore)
IMPORTANCE
Economique :
Maladie dévastatrice des rongeurs :
répercussion sur l’activité de la chasse
Hygiénique :
Maladie assez grave chez l’homme,
La Russie, compte un nombre de cas humain
très élevé
EPIDEMIOLOGIE
Evolution saisonnière : plus fréquemment
observée au début de l’hiver, pendant la saison
de chasse, et lorsque les tiques sont
abondantes
Les espèces affectées sont l’Homme, les
rongeurs (souris, cobayes) et lagomorphes
(Lepus timidus, et Lepus europaeus)
Les réservoirs sont les animaux malades et le
milieu extérieur représenté par les points d’eau,
le sol et les cadavres d’animaux infectés
Modes de transmission
Chez l’animal :
Transmission essentiellement indirecte à partir du milieu
extérieur (sol, eau, pelage souillé d'animaux) par ingestion
de cadavres infectés ou piqûre d’Arthropodes
hématophages tels que les tiques, les puces
Chez l’homme :
Direct le plus souvent par contact avec un cadavre de
lièvre ou rongeur malade
Les voies de pénétration sont très variées (percutanée,
par des griffures ou des morsures, oculaire ou oro-nasale,
…)
Représentation schématique de l’épidémiologie de la tularémie
(Zoonose professionnelle ou de loisir)
SYMPTOMES CLINIQUES
Chez le lièvre et les rongeurs :
Les symptômes observés sont frustes car souvent les
animaux sont retrouvés morts.
la maladie se traduit par de l'apathie : l'animal est faible,
se laisse approcher et attraper facilement par les
chasseurs et les prédateurs
Parfois, les animaux présentent des symptômes nerveux
(incoordinations des mouvements, grincement des
dents) et digestifs.
SYMPTOMES CLINIQUES
Chez l'homme:
incubation de 4 jours, puis le malade manifeste
une fièvre ondulante, des céphalées, des
vomissements et des douleurs articulaires et
musculaires,
la forme ulcéro-ganglionnaire (c'est la forme la
plus fréquente): au point d'entrée du germe, il se
forme un ulcère nécrotique accompagné d'une
adénopathie régionale
En l'absence de traitement, la maladie dure
environ 5 semaines et la guérison complète
n'intervient que tardivement (quelques mois).
LESIONS
lésions de septicémie et des petits foyers
nécrotiques sur les ganglions lymphatiques, la
rate et la moelle osseuse.
Dans les cas d’évolution lente on peut trouver
des lésions variées : splénomégalie ,
hépatomégalie, glomérulonéphrite aiguë,
bronchopneumonie,
DIAGNOSTIC
Les symptômes sont peu spécifiques et
l’évolution est souvent rapide. Tout lièvre
retrouvé mort en zone d'endémie devra être
suspect de Tularémie
Bactériologie à partir de biopsies ganglionnaires
ou de prélèvements de pus ou autres
écoulements
Autopsie avec beaucoup de précautions
TRAITEMENT
II n'existe pas chez les animaux
Chez l'homme, utilisation d'antibiotiques :
Aminosides (2mg/kg/j) ou Doxycycline (200mg/j)
pendant 10 jours.
PROPHYLAXIE
– sanitaire :
limiter l'importation de lagomorphes en provenance de
pays infectés
informer les responsables forestiers sur le danger et les
procédures propres pour la destruction des cadavres.
Contrôle des réservoirs naturels par l'emploi d'appâts
empoisonnés.
Contrôle des tiques chez les espèces domestiques.
– médicale :
Vaccin a usage humain à bacille atténué utilisé surtout
en Russie.
LEGISLATION
Maladie réputés légalement contagieuse
au Maroc en vertu du Dahir portant la loi
n° 1-75-292 du 19 septembre 1977
Maladie des rongeurs à déclaration
obligatoire.