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Cours Macroeconomie II

Le document présente les principes fondamentaux de la macroéconomie, en se concentrant sur la prise de décision individuelle, l'interaction sur les marchés et le fonctionnement de l'économie. Il souligne que les décisions sont basées sur des arbitrages, que les échanges profitent à tous et que le niveau de vie dépend de la productivité. Enfin, il aborde l'importance de la méthode scientifique en économie pour analyser et comprendre les phénomènes économiques.

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Cours Macroeconomie II

Le document présente les principes fondamentaux de la macroéconomie, en se concentrant sur la prise de décision individuelle, l'interaction sur les marchés et le fonctionnement de l'économie. Il souligne que les décisions sont basées sur des arbitrages, que les échanges profitent à tous et que le niveau de vie dépend de la productivité. Enfin, il aborde l'importance de la méthode scientifique en économie pour analyser et comprendre les phénomènes économiques.

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PRINCIPES

MACROÉCONOMIQU
ES II
PROFESSEUR PANU KITENGE
UNIVERSITE DE KINSHASA
FACULTE DES SCIENSCES ECONOMIQUES ET DE GESTION
Économie
• Étude de l’utilisation des ressources rares pour satisfaire des besoins
illimités. Étude de la manière dont la société alloue ses ressources
rares.
• Microéconomie: Étude de la prise de décision des ménages et des
entreprises et de leurs interactions sur les marchés.
• Macroéconomie: Étude des phénomènes économiques considérés
globalement, notamment l’inflation, le chômage et la croissance
économique.
Les dix principes
• COMMENT LES GENS PRENNENT-ILS DES DÉCISIONS? (4
principes)

• COMMENT LES GENS INTERAGISSENT-ILS? (3 principes)

• COMMENT L’ÉCONOMIE FONCTIONNE T-ELLE ? (3 principes)


COMMENT LES GENS PRENNENT-
ILS DES DÉCISIONS ? (4
principes)
• Principe 1: Les gens sont soumis à des arbitrages
• Principe 2: Le coût d’un bien est ce à quoi il faut renoncer
pour l’obtenir
• Principe 3: Les gens rationnels raisonnent à la marge
• Principe 4: Les gens réagissent aux incitatifs
PRINCIPE 1
Les gens sont soumis à des arbitrages
• Prendre une décision c’est faire un arbitrage – un choix – entre un
objectif et un autre
• Exemple des étudiants: choix, à la veille d’un examen, de réviser ou
d’aller à une soirée.
• Exemple des parents: choix, dans la gestion du revenu familial,
d’équilibrer son budget mensuel ou de faire des dépenses qui les
placent dans une situation financière difficile.
PRINCIPE 2
Le coût d’un bien est ce à quoi il faut renoncer
pour l’obtenir
• La prise de décision implique la comparaison des coûts et avantages des options
possibles.
• Souvent, le coût d’une option n’est pas aussi évident qu’il y parait
Ex. L’option de faire études universitaires:

1. Avantages (bénéfices): enrichissement culturel + meilleure carrière


2. Coût: les coûts des études et la renonciation à un salaire si on choisit plutôt de
directement travailler après les études secondaires.
Cependant, il faut faire attention dans le calcul des coûts des études: il y a tentation
dans ce cas de faire l’addition des frais suivants: Droits de scolarité +
hébergement+ nourritures + Livres.
IL NE S’AGIT PAS DU COÛT EXACT DE CE À QUOI IL FAUT RENONCER POUR UNE
ANNÉE À L’UNIVERSITÉ : Pourquoi ?
PRINCIPE 2 (suite: a)
Le coût d’un bien est ce à quoi il faut
renoncer pour l’obtenir
• Premier problème: certains éléments ne correspondent pas aux coûts
réels d’une année à l’Université.
Ex. Nourriture, hébergement doivent être payés qu’on choisisse de
faire ou non des études universitaires (sauf si ceux-ci coûtent plus
cher à l’université)
Or, souvent leur coût est inférieur, donc, ces coûts deviennent des
avantages (bénéfices).
PRINCIPE 2 (suite: b)
Le coût d’un bien est ce à quoi il faut
renoncer pour l’obtenir
• Second problème: On n’a pas tenu compte dans ce calcul du coût le
plus important des études Universitaires= LE TEMPS INVESTI
• Ce TEMPS correspond à des années de salaire non gagné.

CONCLUSION (Principe 2):


le coût de renonciation d’un bien est ce à quoi il faut renoncer pour
l’obtenir.
• Donc, il faut être conscient des coûts réels de renonciation.
PRINCIPE 3
Les gens rationnels raisonnent
à la marge
• Les changements marginaux sont les petits ajustements apportés
au plan d’action prévu. Marge = écart.
Ex. Compagnie aérienne:
Vol: Lubumbashi-Paris: coût: 100.000$
200 places
Coût moyen par passager: 500$ (100 000$ /200 passagers)
10 sièges libres
1 passager: prêt à payer 300$
Coût marginal pour la compagnie: cannette de boisson gazeuse (2$)
La compagnie doit-elle accepter? La réponse est oui.
.
PRINCIPE 3
Les gens rationnels raisonnent à la marge
(suite..)
C’est en raisonnant à la marge que, le plus souvent, aussi bien les
individus que les compagnies prennent les meilleures décisions.

UN DÉCIDEUR RATIONNEL NE SE LANCE DANS UNE ACTION QU’EN


SACHANT QUE LE BÉNÉFICE MARGINAL EXCÈDE LE COÛT MARGINAL
PRINCIPE 4
Les gens réagissent aux incitatifs

• Les gens modifient leur comportement en fonction des coûts et des


bénéfices:
• Si le prix des pommes monte et celui des oranges descend, le
consommateur va plus se tourner vers les oranges;
• Le prix (incitatif) dans ce marché des pommes va influer aussi bien
sur le comportement du consommateur que sur celui du producteur:
C’EST UN ÉLÉMENT IMPORTANT DANS LE FONCTIONNEMENT DE
L’ÉCONOMIE
PRINCIPE 4(suite: b)
Les gens réagissent aux
incitatifs
Grande utilité des incitatifs pour les pouvoirs publics:
• Ex. Taxe sur l’essence: conséquence: les gens choisissent le transport
en commun, une résidence proche du travail, voitures économiques,
peut-être moins polluantes ….
• Effets directs et indirects des incitatifs: Ex. ceintures de sécurité:
accidents
RÉSUMÉ
- PRISE DE DÉCISION -
• Les mécanismes de prise de décision individuelle se caractérisent
fondamentalement par les arbitrages entre des objectifs
contradictoires (P.1), puisque le coût d’une action se mesure en
fonction de la renonciation à d’autres possibilités (P.2). Finalement,
les gens rationnels prennent leurs décisions en fonction des bénéfices
et des coûts marginaux (P.3), et modifient leur comportement en
fonction des incitatifs (P.4)
PRINCIPE 5
Les échanges améliorent le
bien-être de tous
• Les échangent commerciaux profitent à tous;
• Les échanges permettent de se spécialiser dans le
domaine où on excelle, quelque soit le secteur:
agriculture, construction…,
• Les échanges permettent de se procurer une plus
grande variété de produits et de services à un meilleur
coût.
PRINCIPE 6
Les marchés représentent en général une façon
efficiente d’organiser l’activité économique
Planification centralisée et économie de marché
1. Planification centralisée Les planificateurs décidaient de ce
qui devait être produit et par qui il devait l’être.
- Fondement du choix: L’autorité gouvernementale, doit être
en mesure d’organiser l’activité économique pour assurer le
bien-être de tous.
PRINCIPE 6 (suite, ..a)
Les marchés représentent en général une façon
efficiente d’organiser l’activité économique
2. Économie de marché: Économie dans laquelle
l’allocation des ressources repose sur les décisions
décentralisées des ménages et des firmes interagissant
sur les marchés.
• Les firmes (entreprises) et les ménages interagissent
sur des marchés; les prix et l’intérêt individuel
motivent leurs décisions.
PRINCIPE 6 (suite, ..b)
Les marchés représentent en général une
façon efficiente d’organiser l’activité
économique
«La main invisible»
Adam Smith (Recherches sur la nature et les causes de la richesse des
nations, 1776)
. Les entreprises et les ménages interviennent sur les marchés
comme s’ils étaient guidés par une «main invisible» qui les conduit
vers des solutions avantageuses de marché.
PRINCIPE 6 (suite, ..c)
Les marchés représentent en général une
façon efficiente d’organiser l’activité
économique
• Les prix (aussi bien pour les ménages que pour
les entreprises) sont un instrument qui permet à
la «main invisible» de diriger l’activité
économique.
PRINCIPE 7
Le gouvernement améliore parfois les
solutions de marché
• Il existe des exceptions à la règle voulant que le
marché soit un excellent moyen d’organiser
l’activité économique;
• Le gouvernement intervient pour deux raisons
principales:
- Promouvoir l’efficience
- Assurer l’équité
RÉSUMÉ
- INTERACTION -
• Les mécanismes d’interaction entre les agents
reposent sur trois idées essentielles: les échanges
profitent à tous (P.5), les marchés représentent une
bonne façon d’organiser les échanges (P.6) et les
gouvernements peuvent parfois améliorer les
solutions de marché en cas d’échec ou d’injustice
(P.7).
COMMENT L’ÉCONOMIE FONCTIONNE
T-ELLE ? (3 principes)
• Principe 8: Le niveau de vie d’un pays dépend de
sa capacité à produire des biens et des services
• Principe 9: Les prix montent lorsque le
gouvernement émet trop de monnaie
• Principe 10: À court terme, la société est
soumise à un arbitrage entre l’inflation et le
chômage
PRINCIPE 8
Le niveau de vie d’un pays dépend de sa
capacité à produire des biens et des
services
• Le niveau de vie, et donc la qualité de vie, varie d’un
pays à un autre (comparer les revenus moyens dans un
pays industrialisé et un pays du Sud, non industrialisé)
• Importance de l’analyse de l’évolution du niveau de vie
dans le temps. Ex. Canada: augmentation annuelle de
2% des revenus durant les dernières décennies. Donc:
le revenu double tous les 35 ans.
• En RDC?
PRINCIPE 8
Le niveau de vie d’un pays dépend de
sa capacité à produire des biens et des
services (suite… b)
• Q ? Quelle est la raison de cet écart entre pays ?
• R: La différence de productivité entre les ces
pays, càd: La quantité de biens et de services
produits par heure travaillé.
Le taux de croissance de la productivité influe
directement sur le taux de croissance du revenu
moyen.
PRINCIPE 8
Le niveau de vie d’un pays dépend de sa capacité
à produire des biens et des services (suite..c)
• Une meilleure productivité est liée à une meilleure formation
et de meilleurs outils.
• Il y a un impact négatif des déficits budgétaires sur la
productivité et, de ce fait, sur le niveau de vie. (D.B: écart entre
les recettes et les dépenses gouvernementales )
• Pourquoi ? Pour combler un déficit, on emprunte sur le marché
financier. Ceci a pour conséquence de réduire les fonds
disponibles pour les autres emprunteurs. Conséquence:
diminution automatique de l’investissement humain
(étudiants, formations) et physique (usines, unités des
productions).
PRINCIPE 9
Les prix montent lorsque le gouvernement émet trop de monnaie

• Ex. historique: l’Allemagne des années 1920: la moyenne


des prix triplait par mois, de même que la quantité de
billets imprimés: un quotidien valait 0,30 mark en 01/1921
et 70 millions de marks en 11/1922.
• RDC: Lire les Réformes monétaires en RDC, Novembre 1963,
juin 1967, 12 mars 1976,décembre 1979, septembre
1983;octobre 1993 et juin 1998.TD à défendre par groupe
• L’émission par l’État de grandes quantités de monnaie
entraîne la dépréciation de la valeur de celle-ci.
PRINCIPE 10
À court terme, la société est soumise à un
arbitrage entre l’inflation et le chômage
• La réduction de l’inflation entraîne une augmentation temporaire du
chômage. Comment ?
• Lorsque le gouvernement réduit la masse monétaire, il limite ainsi les
dépenses faites par les agents;
• Cette réduction des dépenses associée à des prix trop élevés, va faire
baisser la vente des biens et services;
• Cette baisse des ventes va entraîner des mises à pied;
• Donc, la réduction de la quantité de monnaie va augmenter
temporairement le chômage jusqu’à ce que les prix s’ajustent
complètement
PRINCIPE 10
À court terme, la société est soumise à
un arbitrage entre l’inflation et le
chômage
(suite..)
• Lenteur d’ajustement des prix.
• Les gouvernements peuvent influencer le
niveau d’inflation et de chômage, par des
politiques économiques:
1. Modifier les dépenses publiques;
2. Changer la fiscalité….
RÉSUMÉ
- FONCTIONNEMENT DE
L’ÉCONOMIE -
• Les mécanismes généraux de l’économie nous
enseignent que les niveaux de vie dépendent
directement de la productivité (P.8), que la
croissance de la masse monétaire est la cause
première de l’inflation (P.9) et que la société est
soumise à court terme à un arbitrage entre
l’inflation et le chômage (P.10).
PENSER COMME UN
ÉCONOMISTE (I)
• Chaque spécialité a son langage et son mode de
raisonnement (exemples: médecine, mathématiques,
physique, droit, mécanique, etc.)
• L’économie également en a un, exemples des termes
déjà utilisés dans le cours: marché, offre, demande,
inflation, chômage, …
• Tout langage permet d’appréhender (comprendre)
une réalité.
PENSER COMME UN
ÉCONOMISTE (II)
• A. L’économiste en tant que scientifique:
L’essence de la science se trouve dans la méthode scientifique

Méthode scientifique: 1) Élaboration d’une théorie, 2) Recueil de


données, 3) Analyse des données pour corroborer ou réfuter la
théorie élaborée.
Les économistes: s’efforcent eux également de traiter leur sujet avec
objectivité, selon cette méthode scientifique
Ils appliquent cette méthode pour observer l’économie
PENSER COMME UN
ÉCONOMISTE (III)
• Les domaines scientifiques sont différents, mais la méthode est la
même: observation/ théorie/ retour à l’observation.

Exemple en économie: L’inflation (Principe 9: Les prix montent lorsque


le gouvernement émet trop de monnaie)
1. La théorie est élaborée à partir d’une observation faite dans un
pays
2. Pour corroborer ou infirmer cette théorie, l’économiste va
recueillir et analyser les données concernant les prix et la masse
monétaire dans plusieurs autres pays.
PENSER COMME UN
ÉCONOMISTE (IV)
• Il y a utilisation du laboratoire pour les uns (chimistes,
physiciens, etc.) et des données historiques pour les
économistes
• Les exemples historiques permettent d’illustrer et
d’évaluer les théories économiques
Ex. À la suite d’un conflit ou d’une catastrophe naturelle
dans une région de production de pétrole, les effets de
celui-ci sur l’économie mondiale. Ex: guerre UKRAINE ET
RUSSIE.
PENSER COMME UN
ÉCONOMISTE (V)
• Les postulats: un moyen de simplifier le problème sans
en fausser le résultat.
Ex. En physique, si on pose la question de savoir quel est
le temps que met tel une bille pour tomber du 5e étage
d’un immeuble, le physicien va répondre en supposant
que cette bille va tomber dans le vide (supposition
fausse, l’immeuble est entouré d’air qui ralentit la chute
de cet objet), mais le spécialiste de cette discipline nous
explique que la friction est très faible et qu’elle aura un
effet négligeable.
PENSER COMME UN
ÉCONOMISTE (VI)
Ex. Économie: Dans une étude sur le commerce international,
on va partir des postulats suivants: 1) le monde est constitué
de 2 pays, 2) chacun de ces deux pays produit uniquement 2
produits.
Cette simplification permet une meilleure concentration sur
l’objet étudié.
La compréhension de l’objet dans un monde imaginaire
permet de le concevoir par la suite dans la réalité complexe
de celui-ci.
PENSER COMME UN
ÉCONOMISTE (VII)
• L’art de la pensée scientifique réside dans l’élaboration de
postulats. Ceux-ci vont varier en fonction des questions
traitées.
- Dans l’ex. du physicien, si au lieu de la bille, l’objet est un
ballon, le physicien devra remettre en cause le «vide»
évoqué pour la bille, car l’air exerce une plus grande friction
sur le ballon.
Le postulat pour la bille est donc abandonné pour le ballon
Donc, le physicien emploie 2 postulats distincts pour la chute
d’une bille et d’un ballon
PENSER COMME UN
ÉCONOMISTE (VIII)
• En économie: Même démarche.
L’économiste part de suppositions distinctes lorsqu’il étudie les
effets à court terme et à long terme sur les prix, d’une
modification de la masse monétaire décidée par le
gouvernement.
Ex. 1ère supposition: la politique du gouvernement n’aura pas
d’effet à court terme (ou même que ces prix resteront rigides).
À l’inverse, quand il fera une étude sur les effets à long terme,
l’économiste partira du présupposé que les prix sont
totalement flexibles.
PENSER COMME UN
ÉCONOMISTE (IX)
• Les modèles économiques: Les diagrammes et les équations
Ils remplacent par ex. les mannequins pour comprendre la physiologie;
Ces mannequins sacrifient les détails (animaux ) pour se concentrer sur
l’essentiel (cœur, poumons, etc.)
En économie, on va faire abstraction de certains phénomènes
économiques.
PENSER COMME UN
ÉCONOMISTE (XI)
• Microéconomie et macroéconomie
Ce sont les deux grands domaines traditionnels de la discipline
économique.
1. Microéconomie: Étude de la prise de décision des
ménages et des entreprises et de leurs interactions sur un
marché spécifique.
Ex. Conséquences de l’augmentation du prix des loyers, des
Farines de maïs, sur le marché résidentiel à Lubumabshi.
PENSER COMME UN
ÉCONOMISTE (XII)
2. Macroéconomie: Étude des phénomènes économiques
considérés globalement, notamment l’inflation, le chômage et
la croissance économique; sous-emploi et excès de capacité
de capacité.
Ex. Les conséquences des emprunts du gouvernement.
Différence entre microéconomie et macroéconomie,
microéconomie: agrégation des comportements individuels
Macroéconomie: utilisation des raisonnements holistique
reposant sur des considérations globales(p18-20)
PENSER COMME UN
ÉCONOMISTE (XIII)
• L’économiste en tant que conseiller politique
Lorsque les économistes tentent d’expliquer, ils se comportent comme
des scientifiques, quand ils tentent d’améliorer, ils se comportent en
conseillers politiques.
- Un énoncé positif constitue une description du monde tel qu’il est
(«l’augmentation du salaire minimum augmente le chômage»).
Vision scientifique,
- Un énoncé normatif dépeint le monde tel qu’il devrait être («Les
études universitaires devraient être gratuites»). Vision politique
TABLE DE LA MATIERE
• Chapitre 2. Les principaux agrégats macroéconomiques

1. Les concepts de base
1. Flux et stocks
2. Agents, opérations et actifs
3. Prix et taux d’intérêt
4. Taux de change et arbitrage internationaux des taux d’intérêt
5. La mesure du revenu
A. Le PIB nominal
B. La comparaison du PIB dans le temps et dans l’espace
1. L’Inflation
C. Indice du prix à la consommation
D. La mesure de l’inflation grâce au déflateur du PIB
1. Le chômage
E. Distinction entre chômage, inactivité et emploi
F. Difficulté de mesurer le chômage
1. Le circuit économique
1. Les flux économiques
2. La synthèse des flux économiques en économie ouverte
2. Compatibilité des décisions et comportement des agents
3. Les objectifs et instruments de la politique macroéconomique
4. Les indicateurs de performance macroéconomique
1. La production globale
2. Le taux de chômage
3. Le taux d’inflation
4. Le solde de la balance des paiements
• Chapitre 3. Production et emploi

1. La fonction de production
2. La demande de travail
3. L’offre de travail
4. L’équilibre du marché du travail
5. Salaires réels, emploi et chômage d’équilibre
1. La détermination des salaires
2. La détermination des prix
3. Le taux de chômage d’équilibre
4. Du chômage d’équilibre à la production d’équilibre


• Chapitre 4. Consommation, épargne, investissement, contrainte budgétaire et Reste du monde

1. Les possibilités de consommation
1. Le choix entre le présent et le futur (épargne)
2. La contrainte budgétaire intertemporelle des ménages
3. Le choix optimal de la consommation et de l’épargne
4. La consommation et le taux d’intérêt réel
5. La généralisation de la contrainte budgétaire des ménages

1. Pourquoi investit-on ?
1. La contrainte budgétaire intertemporelle du secteur privé
2. La fonction d’investissement
• 4.3. La contrainte budgétaire du secteur privé

1. Les dépenses publiques et les recettes fiscales
2. L’endettement public
3. Problématique de la gestion de la dette publique
4. La contrainte budgétaire de la nation
5. Epargne, investissement et déficit du compte courant (Reste du monde)

•Chapitre 5. L’offre et la demande de monnaie

1. La nature de la monnaie
1. L’efficience de la technologie d’échange monétaire
2. Les fonctions de la monnaie
3. Les formes monétaires
4. Les agrégats monétaires
2. L’offre de monnaie
1. Les fonctions et opérations d’une banque centrale
2. Les contreparties de la monnaie
3. L’émission de la monnaie banque centrale
4. L’émission de la monnaie scripturale
5. Le multiplicateur monétaire
3. La demande de monnaie
4. L’équilibre du marché de la monnaie
5. Déficit budgétaire et création monétaire


• Chapitre 6 : La Croissance économique

• 6.1. Introduction
• 6.2. La croissance par accumulation des ressources
• 6.2.1. Les origines : David Ricardo
• 6.2.2. Les hypothèses du modèle de Solow
• 6.2.2.1. La fonction de production agrégée
• A. Représentation simplifiée de la production
• B. Formes de la fonction de la production

• 6.2.2.2. L’accumulation du Capital
• A. La répartition de la production entre investissement et consommation
• B. La variation du stock de capital
• 6.3. La croissance dans le modèle de Solow
• 6.3.1. L’état stationnaire
• 6.3.2 La convergence vers l’état stationnaire

• 6.4. La Relation Entre Croissance et Epargne
• 6.4.1. L’absence de relation entre épargne et croissance à l’état stationnaire
• 6.4.2. Une relation croissante entre épargne et croissance hors de l’état stationnaire

• CONCLUSION : Un retour sur la Convergence
•Chapitre 7. L’équilibre macroéconomique
1. L’équilibre sur le marché du travail et la relation d’offre agrégée
2. La dérivation de la relation de demande agrégée
1. L’équilibre sur le marché des biens et services et la relation IS
2. L’équilibre sur le marché de la monnaie et la relation LM
3. La relation de demande agrégée
3. La production d’équilibre à court et à moyen terme
• Chapitre 8. Les politiques macroéconomiques
1. La condition de parité des taux d’intérêt
2. Les effets des mesures de politique économique
1. Effets de la politique monétaire
2. Effets de la politique budgétaire

Chapitre 9 : Le rôle du Progrès Technique dans la Croissance

• 9.1. Introduction : Les Origines : Adam Smith


• 9.2. Une mesure de la part du Progrès dans la Croissance
• 9.2.1. Construction du résidu de Solow
• 9.2.2. La part du progrès technique dans la croissance
• 9.3. Le Progrès Technique dans le modèle de Solow
• 9.3.1. Effet d’une croissance ponctuelle de la productivité
• 9.3.2. La prise en compte d’une augmentation tendancielle de la productivité

• 9.4. Les déterminants du Progrès Technique
• 9.4.1. L’investissement dans la recherche
• A- Motivation des investissements en R&D
• B- L’appropriabilité des résultats de la R&D
• 9.4.2. L’efficacité des efforts de recherche
• A- Facteurs institutionnels
• B- Le caractère cumulatif des connaissances

Chapitre 2: Les principaux
Agrégats
macroéconomiques(p21-65)
• 1, Les concepts de base
• La compréhension des phénomènes macroéconomiques, nécessite un cadre conceptuel qui
assure la cohérence et la compatibilité des décisions et comportements des agents économiques.
• Ce cadre intervient ici de trois manières.
• - un jeu de concepts propres à décrire l’activité économique,
• - Retenir une certaine représentation synthétique de l’économie,
• - Enfin reposer l’explication théorique sur l’étude des équilibres sectoriels et de l’interdépendance
des marchés.
• 1.1. Flux et stocks
• La distinction entre flux et stocks peut être définie simplement :
• Flux : variable qui se mesure sur un intervalle de temps.
• Stock : variable qui se mesure à un instant donné.
• La distinction entre flux et stocks est ce qui permet de traiter les problèmes de robinet d’eau.
• La quantité d’eau qui s’échappe du robinet au cours de chaque minute est un flux.
• La quantité d’eau recueillie dans la basin à un moment donné est un stock.
• En macroéconomie, la distinction entre flux et stock se retrouve en permanence. Le nombre de licenciements et d’embauches
sont des flux. Le nombre de chômeurs et le nombre de personnes qui ont un emploi sont des stocks. De même,
l’investissement est un flux mais le capital est un stock. Le déficit est un flux, mais la dette est un stock.
• Conclusion.
• On comprend dès lors qu’il existe une relation mécanique entre flux et stock. Un stock peut être vu comme une accumulation de flux
à certain moment.
• Par exemple: la dette publique (stock) est constituée des déficits passés (flux).
• Pour être sûr, il suffit de partir de la dernière dette en date (t), qui est égale à la dette de la période précédente à
laquelle s’ajoute le déficit de l’année :
• Dpubt = Dpubt - 1 + déficitt
• Mais on peut écrire la même chose pour la période précédente (t -1) :

• Dpubt - 1 = Dpubt - 2 + déficitt – 1

• Dpubt = déficitt + déficitt - 1 + Dpub t- 2


• En remontant le temps de la même façon (raisonnement par récurrence), on obtient
l’égalité suivante :

• Dpubt = déficitt + déficitt -1 + ... + déficitt - n+1 + Dpubt - n

• En remontant suffisamment loin dans le temps, on trouvera bien une période t - n


où la dette publique était nulle.
• Conclusion: La dette est donc bien la somme des déficits passés.
• On peut à l’inverse exprimer les flux en fonction des stocks. Si on connaît le montant de
la dette de cette année et de l’année dernière, on pourra déduire le montant du déficit en
calculant la différence entre les deux.
• déficitt = Dpubt - Dpubt – 1

• Généralement, on peut écrire que les flux correspondent aux variations des stocks :
DSTOCK = FLUX


1.2. Agents, opérations et actifs
• Comme en comptabilité nationale, les agents économiques sont regroupés ici selon leur fonction
principale. Les catégories pertinentes à notre analyse sont :
 les Entreprises, qui sont des entités produisant des biens et des
services en combinant essentiellement les facteurs capital et travail ;
 les Ménages, qui se caractérisent par leur demande de biens de
consommation finale et leur offre de travail ;
 les Administrations publiques, qui effectuent d’autorité des
prélèvements(T) et des transferts de revenus ;
 les Institutions de crédit, qui assurent le financement des agents économiques;
 le Reste du monde, qui regroupe tous les agents économiques non-résidents
dans le pays.
Opérations économiques
•En comptabilité nationale, les opérations économiques se classent généralement en trois catégories essentielles :

- Les opérations sur biens et services : elles retracent l’origine et la destination des biens et services en circulation dans une
économie.

- L’origine des biens et services est double : production intérieure et importations.

- La destination des biens et services est triple : consommation (finale ou intermédiaire), accumulation (en biens durables et non
durables) et exportations.

- Les opérations de répartition : elles se réfèrent à la distribution des revenus primaires et à la redistribution des revenus
secondaires.

- Les opérations financières : elles concernent les modifications intervenues dans les créances et dettes des agents
économiques.
1.3. Prix et taux d’intérêt

• Dans une économie de troc, n’importe quel bien peut servir de numéraire. Avec n biens, on aurait
alors (n–1)(n/2) termes de l’échange ou prix relatifs.
• L’introduction de la monnaie comme numéraire dans l’analyse transforme tous les prix en prix
monétaires.
• Nous désignerons par P l’indice synthétique du niveau général des prix, qui est susceptible de
varier d’une période à l’autre en fonction de la quantité de monnaie en circulation dans l’économie.
•Comme indiqué ci-dessous, l’inflation (ᴫ) est la mesure en pourcentage de la hausse du
niveau général des prix, au cours d’une période donnée :

• (2.1) 1 = (P1 – P0)/P0 (Ce qui implique P1/P0 = 1 + 1).

• Une autre distinction non moins importante est celle entre le taux d’intérêt réel (r) et le taux
d’intérêt nominal (i). Le premier est le rendement de l’épargne calculé en termes de biens ; le
deuxième est le rendement de l’épargne calculé en termes de monnaie.
Exemple
• Pour illustrer cette dernière distinction, admettons qu’un ménage s’abstienne de consommer une
unité de son produit – disons la chèvre – qui vaut aujourd’hui sur le marché P1 unités monétaires.
S’il utilisait ce montant pour acquérir par exemple des bons du Trésor, il aurait un revenu de
placement de P1 (1 + i).
• Ceci représente le rendement nominal de son épargne. A la période suivante, sachant que le prix
de la chèvre est de P2, il a le loisir de convertir le produit de son placement financier exactement en
P1 (1 + i)/P2 unités du bien initial. Il s’agit là du rendement réel de son épargne.

•De ce qui précède, nous déduisons la relation suivante :



• (2.2) (1 +r) = P1(1 + i)/P2.
• Sachant que P1/P2 = 1/ (1 + 2) en vertu de (2.1), nous pouvons réécrire la relation (2.2)
comme suit :
• (2.3) 1 + r) = (1 + i)/(1 + 2)

• ou encore : (1 + r) (1 +2) = (1 + i)
• 1 + r+ 2 + r2 = 1 + i.
• Si nous supposons que le terme (r,2 ) est assez négligeable dans l’expression

• (1 + r + 2 + r.2 = 1 + i), il s’ensuit que le taux d’intérêt réel et le taux d’intérêt nominal sont
reliés comme suit :
• (2.4) r=i–2 ce qui implique i = r + 2.

• La relation (2.4) stipule simplement que le taux d‘intérêt réel (r) est égal au taux d’intérêt
nominal (i) corrigé du taux d’inflation ().
• Il est évident que les deux taux d’intérêt sont identiques lorsque le taux d’inflation est nul.

•Cela est logique parce que le rendement nominal de l’épargne, constituée à la période 1,
ne sera effectif qu’au cours de la période 2.
1.5 La mesure du revenu national d’un pays

•Lors de ses déclarations d’impôts un contribuable a parfois du mal à calculer son


revenu. On imagine que lorsqu’il s’agit de calculer le revenu de toute une économie, les
choses sont encore plus compliquées. C’est pourquoi il n’existe pas une mesure unique du
revenu, mais plusieurs.
•La plus utilisée en macroéconomie est le produit intérieur brut (PIB). C’est au calcul de
cette mesure que nous nous intéresserons en priorité (A). Nous verrons alors que pour
l’utiliser de façon pertinente, il est nécessaire d’utiliser plusieurs variantes du PIB, notamment
pour étudier son évolution ou faire des comparaisons internationales (B). Cependant, il existe
d’autres mesures du revenu que nous verrons dans une dernière sous-section (C).
A. Le PIB nominal

• On va d’abord définir le PIB (1) avant de passer en revue les trois façons de le calculer (2). On déduira alors une égalité
comptable importante (3).

1) Définition du PIB
• Le PIB a une définition unique mais peut être calculé de trois façons différentes, cohérentes entre elles.
• Produit intérieur brut ou PIB : valeur monétaire de l’ensemble des biens et services finaux produits sur le territoire d’un pays
pendant une période donnée.
• Tous les termes sont importants :

- ensemble des biens et services : le PIB est censé mesurer tout ce qui est produit comme richesse dans l’économie. Cela inclut donc
tous les biens et tous les services.

• Certaines activités sont cependant exclues du PIB à cause de la difficulté rencontrée pour les mesurer. C’est le cas des activités illicites et

• des activités domestiques.

- pendant une période donnée : le PIB est donc un flux. Ce n’est pas une mesure de la richesse totale mais de la richesse produite au
cours d’une période donnée. Les données sont en général disponibles à une fréquence trimestrielle ou annuelle.

- biens et services finaux : on exclut les consommations intermédiaires pour éviter de les compter deux fois.
•Par exemple, si on n’exclut pas les pneus du PIB, on va les compter lorsqu’ils seront
vendus à un constructeur automobile par le producteur de pneus et une seconde fois lors de
la vente des véhicules.
•Cette règle admet cependant une exception : si les pneus sont stockés, ils sont
considérés comme une consommation finale pour la période courante. Ils seront déduits du
PIB au moment où ils seront déstockés.
- produits sur le territoire : c’est la production des unités résidentes qui compte. Un Chinois
qui travaille au RDC ne fait pas augmenter le PIB Chinois mais le PIB RDC. En revanche, un
Congolais qui travaille en Chine fait augmenter le PIB Chinois.

- valeur monétaire : comme le PIB doit agréger des biens et services très différents, il faut les
exprimer dans une unité commune. Cette unité commune est une unité monétaire (dollar,
euro, CDF) et elle permet d’additionner des pommes, des poires, des machines outils; etc.
• On mesure donc la valeur des biens grâce à leur prix. C’est pourquoi on parle de PIB nominal. En
général si on parle de PIB, on a en tête le PIB nominal. Il existe pourtant d’autres PIB, comme nous
le verrons dans la suite de cette section.
• Le PIB mesure la production totale d’un pays. Il dépend donc de sa taille, ce qui ne facilite par les
interprétations. C’est pourquoi on utilise souvent le PIB par habitant, appelé aussi PIB par tête, ou
PIB per capita. Il s’agit simplement du PIB divisé par le nombre d’habitants.
• 2) Les trois modes de calcul du PIB
• Il existe trois façons de calculer le PIB qui aboutissent toutes au même nombre. Elles reposent
chacune sur une autre optique de la mesure de la richesse créée pendant une période donnée.
• 1ère optique : optique de la production
• C’est l’application directe de la définition du PIB que nous venons de commenter. On cherche à
mesurer la richesse produite dans l’économie. Dans ce cas, le PIB est simplement la somme des
valeurs ajoutées : PIB = S
VA
• La valeur ajoutée d’un bien correspond à la différence entre la valeur du bien ou du service et la valeur des
biens intermédiaires (inputs matériels) qui ont été nécessaires pour le réaliser.
• ex : si un livre vaut 10€, et qu’il a fallu 1,50€ de papier et 50 centimes d’encre pour l’imprimer, la valeur
ajoutée de ce livre vaudra 10 - 1,50 - 0,50 = 8€.
• 2ème optique : optique de la dépense
• Le PIB mesure le revenu d’une année, mais ce revenu va aussi être dépensé. Or, au niveau du pays dans
son ensemble, la dépense va être égale au revenu. On peut donc mesurer le PIB indirectement en
mesurant les dépenses.
• Une autre façon de présenter la même idée consiste à dire qu’on va mesurer la richesse au moment où elle
va être utilisée.
• Dans les deux cas on peut dire que le PIB va être égal à la somme des dépenses ou des utilisations. On dit
que le PIB est égal à la somme des demandes finales.
PIB = S Demandes finales

• Le PIB calculé par l’optique de la dépense est donc égal à la somme de la consommation finale, de
l’investissement (ou formation brute de capital fixe), de la variation des stocks et des exportations nettes.
• 3ème optique : optique des revenus
• Lorsque la richesse a été produite, elle doit être distribuée. Une troisième façon de la mesurer
consiste donc à calculer la somme des revenus des facteurs de production (salaires, revenus du
capital…).

• PIB = S revenus des facteurs

• Plus précisément le PIB sera la somme des rémunérations des salariés versées par les unités
résidentes (revenus du travail) et des excédents bruts d’exploitation des unités résidentes (revenus
du capital), auxquels on ajoutera les impôts liés à la production et on soustraira les subventions
d’exploitation (revenus nets de l’Etat liés à la production).
• NB : Les trois mesures doivent donner exactement le même résultat.
Exemple : Le PIB RDC en 2010 (en millions CDF)
Optique de la production Optique de la dépense Optique du revenu

VA brute 303366 Consommation privée 177789 Rémunération des 179275

(ménages et ISBLSM) salariés

+ Impôts sur les 37894.5 Consommation finale des 83681 Excédent 124034

produits administrations publiques d'exploitation et

revenu mixte

- Subventions sur les -2098.5 FBCF 72269 Impôts sur la 44119,8

produits production et les

importations

- Variation des stocks -3868 -Subventions -8266,8

Exportations nettes 9291

PIB 339162 PIB 339162 PIB 339162


•Ce que nous venons de calculer et qui apparaît dans le tableau ci-dessus est ce qu’on
appelle le PIB au prix du marché. En effet, nous avons utilisé les prix de vente des biens sur
le marché pour calculer les valeurs ajoutées.
•On calcule aussi un PIB au coût des facteurs. Pour l’obtenir, on soustrait les impôts et
on réintègre les subventions au PIB au prix du marché. Ainsi :

• PIBcf = PIBpm - impôts indirects + subventions

• Le PIBcf est une meilleure mesure de la production que le PIBpm parce qu’il est insensible
aux variations des prélèvements et subventions publics.
• En augmentant les impôts indirects, l’Etat fait augmenter le prix des biens, ce qui augmente le
PIBpm sans augmenter la quantité de biens produite.
• Le PIBcf reste quant à lui constant dans les mêmes circonstances.
3. L’identité comptable fondamentale

•A partir de la définition du PIB, on peut déduire une identité comptable, c’est-à-


dire une égalité qui sera par construction toujours vraie. Cette identité est d’une
importance capitale en macroéconomie car elle doit être respectée par tous les
modèles macroéconomiques lors du bouclage. Tout modèle qui ne la respecterait
pas serait forcément incohérent. C’est pourquoi on l’appelle l’identité comptable
fondamentale.
•Partons de la définition du PIB par la dépense. Dans une économie fermée
et sans Etat, le PIB est utilisé soit pour la consommation soit pour l’investissement.
• Dorénavant, nous noterons Y le PIB, C la consommation agrégée et I
l’investissement.
• On peut alors écrire : Y≡C+I

• Cette égalité est une définition, d’où le signe « ≡ ». Elle est donc toujours
vraie.
• On va compléter cette première égalité par une autre qui définira l’épargne.
•Par analogie avec le cas d’un consommateur individuel, l’épargne
(S) est définie par la différence entre le revenu et la consommation
(C). Or on sait que le PIB (Y) est aussi égal à la somme des
revenus. Par conséquent : S ≡ Y – C ……………..(2)
•Comme il s’agit aussi d’une définition, cette deuxième égalité est,
elle aussi, toujours vraie. Par conséquent, si on combine les deux
définitions, on obtiendra une expression toujours vraie.
• On remplace Y par sa valeur dans l’équation(2)
• S = ( C + I) – C , après simplification nous aurons S=I
• On obtient alors l’identité comptable fondamentale en
économie fermée sans Etat. Comme elle résulte de la combinaison
de deux égalités toujours vraies, elle est aussi toujours vraie.
• Conclusion: Elle traduit le fait que la production est répartie
entre les consommateurs et les entreprises. Ce qui n’est pas
consommé, donc épargné, peut être investi et vice versa.
• Une fois cette identité comptable comprise, on peut par le même
raisonnement l’étendre au cas d’une économie ouverte avec un Etat,
qui est beaucoup plus réaliste.
• On part de la définition du PIB par la dépense qui donne à
présent :

• Y ≡ C + I + G + NX (4)
• Où G représente les dépenses publiques et NX les exportations
nettes des importations, c’est-à-dire les exportations moins les
importations.
• En simplifiant et en réarrangeant, on obtient une identité comptable
intéressante :


• On définit toujours l’épargne comme la différence entre le revenu et
la consommation. Cependant, il faut à présent soustraire un prélèvement
important sur le revenu brut avant d’obtenir l’épargne : les impôts. Si on
note les impôts T, on peut écrire :
• S=Y-C-T (5)

• Remplaçons le revenu par sa valeur dans l’expression de l’épargne :
• S = (C + I + G + NX) - C - T (6)
• En simplifiant et en réarrangeant, on obtient une identité comptable
intéressante :

(S - I) + (T - G) =
NX
capacité de financement = solde de la
balance commerciale

Interprétation de l’équation
• On peut interpréter cette identité comme traduisant le fait que les
productions qui ne sont pas utilisées à l’intérieur des frontières du
pays peuvent être envoyées à l’étranger. En d’autres termes,
l’excédent commercial est égal à la somme de l’épargne privée et
de l’épargne publique.
• A l’inverse, si l’excédent budgétaire est négatif, c’est-à-dire si on
observe un déficit budgétaire, et si l’épargne privée ne le
compense pas, on observera aussi un déficit commercial. Il est
donc fort probable qu’un déficit budgétaire soit accompagné d’un
déficit commercial et réciproquement.
• C’est pourquoi on parle des déficits jumeaux ou « twin deficits ».
B. La comparaison du PIB dans le temps et dans l’espace

• Jusqu’à présent, nous avons calculé le PIB pour une période donnée et
pour un pays donné. Cela nous a permis d’observer comment il était utilisé
et réparti. On pourrait souhaiter aller plus loin dans l’analyse.
• En particulier, il serait instructif de pouvoir décrire son évolution au cours
du temps, pour mesurer la croissance. Il serait aussi intéressant de
pouvoir comparer les PIB de différents pays, ne serait-ce que pour avoir
une idée des écarts entre la RDC et la Belgique ou RDC et Nigeria ou soit
entre pays développés et en développement ;
• Ces deux comparaisons, dans le temps et dans l’espace, sont impossibles
avec le PIB nominal que nous avons défini plus haut et dont les raisons
ont été fournies.
• Raisons:
• 1) les prix évoluent au cours du temps;
Raisons non faire la comparaison
• - comparer des PIB nominaux, on ignore si les différences observées sont dues à des différences
de quantités ou de prix.
1) Le PIB réel
•Lorsque l’on souhaite comparer les PIB de deux années différentes, on souhaite
comparer la richesse produite pendant ces deux années. Or entre ces deux années, les prix
ont forcément changé. Cela peut être dû à l’inflation et/ou à des variations de prix relatifs,
mais une tonne de blé reste une tonne de blé quel que soit son prix.
•Dans ce cas, il faut donc trouver un moyen de neutraliser les mouvements de prix. Pour
ce faire, le plus simple est de partir d’un exemple simple.
1)Le PIB réel (1)
• Exemple: Supposons qu’une économie produise uniquement du blé et de l’acier.
• Le tableau suivant décrit l’évolution des quantités et des prix entre 2009 et 2010 :

Année Pblé Qblé Pacier Qacier

2009 200 € 2t 100 € 3t


2010 300 € 1t 250 € 4t

• On calcule le PIB nominal pour les deux années :


• PIB nominal2009 = 200 × 2 + 100 × 3 = 700
• PIB nominal2010 = 300 × 1 + 250 × 4 = 1300
Commentaires
• Le PIB nominal a donc augmenté d’une année sur l’autre. Il a même presque doublé.
Pourtant cette augmentation est trompeuse. En effet, la production de blé a été divisée
par deux et la production d’acier n’a augmenté que d’un tiers.
• L’augmentation du PIB nominal est donc largement due à l’augmentation très
importante des prix.
• Pour se faire une véritable idée de l’évolution des quantités produites, on doit
neutraliser l’inflation. On va pour cela définir le PIB réel.

• La méthode est simple, on choisit une année de référence, l’année de base, et


on utilise les prix de cette année pour les appliquer aux quantités produites pendant les
autres années. On obtient ainsi le PIB réel de chaque année au prix de l’année de base.

• PIB réel, en volume, ou à prix constants : production de biens et services
valorisée aux prix de l’année de base.
• Les PIB réels des différentes années sont à présent comparables puisque les
différences entre eux ne sont plus dues qu’à l’évolution des quantités
produites. L’astuce consistait à fixer les prix à une date arbitraire.
• Calculer le PIB réel pour les deux années : PIB
réel2009 = 200 × 2 + 100 × 3 = 700
• PIB réel2010 = 200 × 1 + 100 × 4 = 600
• On constate que le PIB réel de 2009 est égal au PIB
nominal de la même année.
• Ce résultat est toujours vérifié pour l’année de base
puisqu’on utilise les mêmes prix pour le PIB nominal et
le PIB réel.
• On remarque par ailleurs que le PIB réel de 2010 est bien
inférieur au PIB nominal de 2009. Il est surtout inférieur au
PIB réel de 2009. La production a donc diminué. On voit
que l’évolution du PIB nominal surestime l’évolution de la
production, à cause de l’évolution des prix.
• Plus généralement, l’augmentation du PIB nominal surestime toujours cel du PIB réel en période
d’inflation. Elle la sous-estime en période de déflation.

•Pour calculer le taux de croissance entre deux années, on doit donc absolument
toujours utiliser le PIB réel. Par commodité, on se contente de parler du taux de croissance
du PIB, mais il faut entendre taux de croissance du PIB réel.
• Dans l’exemple, le taux de croissance du PIB est donné par :

• Taux de croissance = 100 × (PIB réel2010 - PIB réel2009) / PIB réel2009
= -14,29 %
Le taux de croissance est négatif, ce qui traduit une diminution de la
production du pays en termes réels.
Taux de croissance du PIB réel : 2000-2010

• On trouve les taux de croissance les plus élevés dans certains pays
en développement qui sont en train de décoller, comme la Chine ou
l’Inde. Le graphique ci-dessous illustre l’évolution du taux de
croissance dans ces trois pays.

• Source : Banque Mondiale



Déflateur
• Lorsque l’on a calculé le PIB réel et le PIB nominal, on peut en déduire le déflateur du PIB ;

• Déflateur du PIB = PIB Nominal


• PIB reel
• Comme le PIB nominal mesure la production aux prix courants alors
que le PIB réel utilise les prix de l’année de base, le déflateur mesure
l’évolution des prix entre les deux années.
• Le déflateur est donc une mesure de l’inflation.
•La définition du déflateur implique que le PIB nominal est égal au produit du déflateur et
du PIB réel. On a donc réussi à décomposer l’évolution du PIB nominal entre une
composante qui reflète l’évolution des prix et une autre qui reflète l’évolution des quantités
produites.
•On peut de la même façon obtenir le PIB réel en divisant le PIB nominal par le
déflateur.

• Dans l’exemple, le déflateur pour 2010 est égal à : 1300 / 600 = 2,167. Pour
l’année de base (2009), il est égal à un par construction.

Le PIB à parité des pouvoirs d’achat (PPA)

• Dans une large mesure, les problèmes qui se posent pour comparer les
PIB dans le temps se posent également lors des comparaisons dans l’espace.
En effet, les prix peuvent différer d’un pays à l’autre.
• ex : le coût de loyer est plus cher à Lubumbashi qu’à Kinshasa(RDC et
Paris)
• . De même, une coupe de cheveux est beaucoup plus chère à RDC qu’en
Afrique du Sud.

• Dans le cas des comparaisons entre des pays qui n’utilisent pas la
même monnaie, une complication supplémentaire apparaît.

• Pour convertir les deux PIB dans une unité commune, on utilise un taux de
change, qui est simplement le prix d’une monnaie exprimé dans une
autre.

• Or les taux de change fluctuent de façon importante et sans qu’on sache


toujours pourquoi. Cela peut venir fausser de façon significative les
comparaisons internationales de revenu.
• ex : Depuis son lancement en janvier 1999, l’euro a fluctué entre une valeur de 0.8324
USD/euro le 27 octobre 2000 à 1.5940 USD/euro le 23 avril 2008, ce qui équivaut à une
appréciation de plus de 90 pourcents.
• Cette variation est sans commune mesure avec les écarts de croissance entre l’Europe et les
Etats-Unis qui sont de l’ordre du point de pourcentage.
• Par conséquent, en comparant les PIB nominaux, on obtient une idée faussée des
différences de revenu d’un pays à l’autre parce que les différences observées proviennent à
la fois de différences dans les quantités produites, dans les prix, et dans les taux de change.
• Pour résoudre ce problème, on doit encore faire preuve d’astuce. Une solution est d’utiliser la
même série de prix pour calculer tous les PIB.
• La solution la plus simple serait d’utiliser les prix américains ou européens, mais cela
accorderait trop d’importance à la structure des prix relatifs d’un seul pays. La solution
retenue est de faire la même chose, mais à partir de moyennes internationales de prix.
Solution
La solution revient à calculer le taux de change d’une monnaie fictive qui respecte la parité des pouvoirs d’achats.
Le taux de change de cette monnaie fictive est tel qu’elle permette d’acheter la même quantité de biens dans tous
les pays. On obtient ainsi un dollar PPA ou un euro PPA.

• On a parfois des surprises.


• En 2009, le PIB nominal par habitant, s’élevait à 45934 dollars aux Etats-Unis et à 39740 dollars au
Japon (données FMI).

• En revanche, le PIB PPA par habitant s’élevait à 45934 dollars aux Etats-Unis, par construction le
même chiffre que précédemment, et à 32554 dollar au Japon (données FMI).
• L’utilisation du PIB nominal donnait donc l’impression que le revenu japonais était plus proche du
revenu américain qu’il ne l’était en réalité : 86% contre 71% du PIB par tête américain. Outre le cours des
deux monnaies, la différence est aussi due au fait que les prix sont plus élevés au Japon qu’aux Etats-Unis .
NB: Il faut garder à l’esprit que des écarts de PIB très faibles ne sont en général pas significatifs. Il y a trop d’approximations
dans les calculs et d’imprécisions dans les données. En revanche, les ordres de grandeur sont parlants lorsque l’on compare
des pays très différents :

PIB par habitant nominal et PPA rapportés à en


PIB par habitant celui des Etats-Unis
dollars (2009)
PIB par habitant en dollars
courants PPA
Par Par
En niveau rapport En niveau rapport
aux aux
USA (en %) USA (en %)
Etats-Unis 45989 100 45989 100
Belgique 43671 94.96 36249 78.82
• Source: BM Mexique 8143 17.71 14335 31.17
Corée 17078 37.14 27168 59.08
Ethiopie 344 0.75 934 2.03

• Compte tenu de l’imprécision des données, les organisations internationales préfèrent présenter
leurs résultats sous forme de classement. L’OCDE par exemple distingue ainsi les pays à revenu élevé
(Etats-Unis), élevé-moyen (Belgique), moyen-bas (Corée), et bas (Russie ou Mexique).

2) D’autres mesures du revenu

• Au lieu du PIB, on entend souvent parler du PNB ou Produit National Brut. Les deux agrégats
sont très proches l’un de l’autre et sont parfois utilisés indifféremment dans la discussion courante.
Il existe cependant une différence de taille entre les deux qui apparaît en comparant les deux
définitions :
• Produit national brut ou PNB : valeur monétaire de l’ensemble des biens et services finaux
produits par les facteurs de production nationaux pendant une période donnée.
• Ici, ce qui compte est la nationalité des détenteurs des facteurs de production et non le lieu de leur
activité.
• Depuis l’adoption des nouvelles normes de comptabilité nationale dans l’Union Européenne
(SEC95), le Revenu National Brut a remplacé le Produit National Brut.
• En toute objectivité, on devrait donc aujourd’hui parler de Revenu National Brut.
• Malgré ce changement, on continue donc de parler à la fois de PNB et de RNB, ces deux termes
étant presque synonymes.
PNB
• On obtient facilement le PNB (RNB) à partir du PIB. Il suffit d’y ajouter les
revenus perçus dans le reste du monde par des facteurs de production
nationaux et d’y soustraire les revenus versés aux facteurs de production
du reste du monde.
• PNB (RNB) = PIB + revenus des facteurs reçus du reste du monde -
revenus des facteurs versés au reste du monde
• La relation entre le PIB et le RNB en RDC en 2006 (en millions CDF)
Produit intérieur brut 31662,.8 316621,8
Rémunération des salariés reçue du reste
Revenus perçus du reste du monde du monde 5434,5
56145,3

Subsides reçus du reste du monde 792,4

Revenus de la propriété 49918,4


reçus du reste du monde

Rémunération des salariés payée au reste


Revenus payés au reste du monde du monde 1474,4
52276

Impôts sur la production et les importations payés au


reste du monde 2078,0

Revenus de la propriété 48723,6


payés au reste du monde

Revenu national brut 320491,1 320491,1


Conclusion
• On constate que la différence entre le PIB et le PNB belge est très faible, autour de 1% (1.222).
Cela vient du fait que les revenus perçus du reste du monde et versés au reste du monde
s’équilibrent.
• Ce n’est pas le cas pour tous les pays : les pays de forte émigration tendent à avoir un PNB
supérieur à leur PIB parce qu’une grande partie de leurs nationaux travaillent à l’étranger (ex :
Etats-Unis, Japon, Chine, etc).
• De même les pays qui possèdent un nombre important d’entreprises à l’étranger auront un PNB
supérieur à leur PIB (ex : Etats-Unis, Japon).
• A l’inverse, les pays sur le territoire desquels opèrent des entreprises détenues par des étrangers
auront un PIB supérieur à leur PNB. (ex : Pakistan).
Différence entre le PNB et le PIB en 2009
PIB en millions de dollars PNB en millions de dollars (PIB - PNB)/PNB
courants courants

Etats-Unis 14 119 000 14 011 000 0.77%

Japon 5 068 996 5 228 304 -3.05%

Pakistan 161 989 166 370 -2.63%


•On peut par ailleurs avancer que le PIB surestime la richesse réellement disponible
pendant une année. En effet, une partie du stock de capital s’est usée et a vieilli. Une partie
de la production totale a donc dû être consacrée au remplacement du capital devenu hors
d’usage. C’est ce que mesurent les amortissements. En retranchant les amortissements
du PIB, on obtient le Produit Intérieur Net :

• Produit Intérieur Net = PIB - Amortissements

•Pour une meilleure définition: le produit intérieur net mesure donc la richesse créée
nette de celle qui a été détruite au cours de la production. C’est donc une meilleure
mesure du revenu d’un pays. C’est pourquoi on l’appelle également revenu national.

IDH
• L’Indice de Développement Humain (IDH) est un indice composite qui dépend certes du revenu
par habitant mais tient compte de la décroissance de l’utilité marginale du revenu, de l’espérance de
vie, du taux d’alphabétisation et du taux de scolarisation.
• Bien que le classement des pays en fonction de leur IDH soit globalement proche de celui obtenu à
partir de leur PIB par tête, on observe des différences.
•Ex : Le sultanat d’Oman a un PIBppa par habitant qui est presque quatre fois
plus élevé que celui de Cuba (22816 $ppa contre 6876 $ppa pour Cuba en 2008).
Pourtant, l’IDH de Cuba est supérieur à celui d’Oman (0,863 contre 0,846 en 2008).
•La différence s’explique par le fait que Cuba compense son PIB plus faible par des
efforts de scolarisation, dans le système de santé et par une répartition moins inégalitaire
des revenus.
•On constate cependant que la relation entre l’IDH et le PIBppa par tête est très nette,
surtout en dessous d’un certain niveau de revenu.

L’Inflation

• La lutte contre l’inflation est un objectif de la politique


économique. C’est particulièrement le cas en Europe où la
stabilité des prix était un des critères de participation à l’union
monétaire fixés en 1992 par le traité de Maastricht.
• Le même traité impose au Système Européen de Banques
Centrales (la Banque Centrale Européenne par abus de
langage) de poursuivre cet objectif en priorité sur tous les autres.
• La BCE a chiffré cet objectif en indiquant juste avant le
lancement de l’euro qu’elle chercherait à atteindre un taux
d’inflation inférieur à 2% par an. Mais comment mesure-t-on cet
objectif ?
• Réponse: la construction de l’indice des prix à la consommation ou IPC
• . Indice du prix à la consommation
• Il est très facile de mesurer l’évolution d’un seul prix. Cependant, lorsqu’on souhaite décrire
l’évolution du niveau des prix dans une économie, on retrouve les mêmes problèmes
d’agrégation que pour mesurer les quantités. Comment résumer l’évolution du prix de biens
différents, consommés en quantités différentes, tout en essayant de coller le plus possible à la
réalité de l’évolution du pouvoir d’achat des ménages ?

• La solution réside dans la construction d’un indice de prix. Celle-ci se fait en trois
étapes :
- on définit le panier du consommateur moyen, c’est-à-dire la répartition de son budget entre les
différents biens et services qu’il consomme.
- on calcule le prix de ce panier de biens, à intervalle régulier (mois, année, Hebdomadaire …).
- on calcule l’indice des prix en rapportant le prix courant du panier à celui d’une année de base.
• La méthode semble très simple mais il faut garder à l’esprit que l’économie est composée de
milliers de biens.
• On suppose que le consommateur moyen consomme 4 baguettes de pain et 2 litres d’essence
chaque année. L’évolution du prix de ces deux biens est donnée dans le tableau suivant :
Prix de la baguette Prix de l’essence Prix du panier de biens Taux d’inflation
IPC

2008 1€ 2€ 8€ 100 -

2009 2€ 3€ 14 € 175 75 %

2010 3€ 4€ 20 € 250 43 %
•Pour calculer l’IPC, on commence par calculer le prix du panier de biens au cours des trois
années.
• Ppanier2008 = 4 × 1 + 2 × 2 = 8 €
• Ppanier2009 = 4 × 2 + 2 × 3 = 14 €
• Ppanier2010 = 4 × 3 + 2 × 4 = 20 €
• On choisit alors une année de base et on rapporte le prix du panier de biens de chaque année
à celui de l’année de base. C’est à ce moment là qu’on obtient l’indice des prix proprement dit. Ici
on a choisi 2008 comme année de base :
• IPC2008 = 100 × Ppanier2008 / Ppanier2008= 100
• IPC2009 = 100 × Ppanier2009 / Ppanier2008= 175 =(14 : 8)*100
• IPC2010 = 100 × Ppanier2010 / Ppanier2008= 250

• Comme l’indice des prix est un rapport entre deux variables mesurées dans la même unité, il
n’a lui-même pas d’unité.
•Il faut éviter les abus de langage. L’indice des prix ne mesure pas directement
l’inflation. Il faut pour cela franchir la dernière étape et calculer le taux de variation annuel de
l’IPC. Comme nous ne disposons que de données pour trois années, nous ne pouvons
calculer que deux taux d’inflation :

• inflation2009 = 100 × (IPC2009 - IPC2008 ) / IPC2008 = 75 %

• inflation2010 = 100 × (IPC2010 - IPC2009 ) / IPC2009 = 43 %

• Pour résumer, on peut définir le taux d’inflation de la façon suivante :


• Taux d’inflation : taux de variation de l’IPC sur une période donnée.
Le chômage
• Pour bien mesurer le chômage, il est nécessaire de préciser quelques concepts tels que ceux de population active, inactive
et employée. .
• Malgré cela, on verra alors que, même après ces précisions, le chômage reste difficile à mesurer.

A. Distinction entre chômage, inactivité et emploi

• A tout instant, on peut classer les adultes selon trois catégories :


- 1) ceux qui ont un emploi, c’est-à-dire une activité rémunérée.
- 2) les chômeurs, qui n’ont pas d’activité rémunérée.
- 3) les inactifs, c’est-à-dire ceux qui ont une activité non rémunérée (étudiants, femmes ou hommes au foyer…).
• La population active regroupe les personnes qui occupent un emploi et les chômeurs.

• C’est par rapport à la population active qu’on mesure le taux de chômage.



• Taux de chômage = 100 × nombre de chômeurs / population active.

• NB: Il ne faut pas confondre le taux de chômage avec le taux d’activité de la population qui mesure
la part des actifs dans la population adulte, c’est-à-dire en âge de travailler.
• Taux d’activité = 100 × population active / population adulte.
•Malgré la simplicité des définitions, il reste délicat de mesurer concrètement le nombre de
chômeurs.

B. Difficulté de mesurer le chômage

Pour mesurer le chômage, il est nécessaire de tracer une limite nette entre activité, inactivité et
chômage, afin de pouvoir classer les individus dans l’une de ces catégories.
Certaines situations sont cependant très floues :
- une personne qui travaille à temps partiel involontaire occupe un emploi mais elle est touchée
partiellement par le chômage.
- un chômeur en formation peut être considéré comme un actif, puisqu’il est chômeur, ou comme
inactif, puisqu’il suit une formation.
• Une première définition consiste à considérer comme chômeurs tous les individus qui
sont inscrits à l’ONEM (Office National pour l’EMploi), mais cette définition pose quelques
problèmes :
- - tous les chômeurs ne sont pas inscrits.
- - certains travailleurs au noir ne sont pas inscrits.
• les systèmes de prise en charge des chômeurs diffèrent d’un pays à l’autre, ce qui rend
délicates les comparaisons internationales.

• Chômeur au sens du B.I.T. : toute personne en âge de travailler, sans emploi,


immédiatement disponible, et à la recherche d’un emploi ou en ayant trouvé un qui
commence ultérieurement.

•Plus précisément, le B.I.T. définit une personne en âge de travailler comme ayant 15
ans ou plus, le fait d’être sans emploi comme celui de ne pas avoir travaillé, ne serait-ce
qu'une heure, durant une semaine de référence, et le fait d’être immédiatement disponible
comme celui de pouvoir prendre un emploi dans les 15 jours prochains.
• Cette définition est précise et permet de clairement discriminer les individus actifs, inactifs et
au chômage. Elle permet surtout les comparaisons internationales.
Le circuit économique
• Les flux économiques
L’économie d’un pays peut être représentée sous la forme d’un circuit économique décrivant les
interactions entre les différents groupes d’agents économiques (ou secteurs institutionnels).

•Afin de mettre l’accent sur les caractéristiques essentielles, nous retenons ici une
représentation simplifiée comprenant quatre secteurs institutionnels : les ménages, les
entreprises, les administrations publiques et le reste du monde.

•Quatre marchés spécifiques leur servent de lieux d’interaction. Il s’agit de :


- marché des facteurs de production
- marché des produits (biens et services)
- marché des changes
- marché des fonds prêtables.
• Les entreprises produisent les biens et services marchands en employant les facteurs de
production fournis par les ménages et des intrants fournis par d’autres entreprises.
• Les ménages détiennent les facteurs de production, fournissent aux entreprises les services de
ces facteurs et reçoivent en contrepartie une rémunération (RS et EBE).
• Les administrations publiques, qui produisent principalement des services non marchands,
perçoivent les impôts sur la production (TI) et sur le revenu et le patrimoine (TD). Elles effectuent
des transferts aux ménages et achètent des biens et services produits par les entreprises (Cg + Ig).
• Le reste du monde est un compte qui retrace les opérations entre unités résidentes et unités non
résidentes, à savoir un flux monétaire en contrepartie des importations de biens et services non
facteurs (Z) effectuées par les secteurs résidents, et un paiement en contrepartie des exportations
de biens et services non facteurs (X) effectués par les secteurs résidents.
Circuit Economique
Explications du Circuit Economique
•Comme le montre la figure 2.1, trois sortes de flux économiques sous-tendent les
échanges entre les secteurs institutionnels. Il s’agit de :

- flux réels, qui portent sur les quantités physiques des facteurs et des produits ;
- flux monétaires, qui représentent la valeur desdits facteurs et produits; et
- flux financiers, qui retracent les capacités et les besoins de financement respectifs des
secteurs institutionnels.(lire page 53)
- Tout agent économique dont les dépenses en biens et services excédent les recettes
provenant de son revenu et du produit de la vente d’actifs réels est, par définition, un
agent économique en déficit. Ce déficit ne peut exister que s’il est financé.


• Le système financier est composé de l’ensemble des marchés, des mécanismes et des institutions
qui permettent aux agents de financer leur déficit au moyen des surplus d’autres agents.
• Si l’agent en surplus finance sans intermédiaire l’agent en déficit, la transaction est une transaction
de financement direct.
• Si, par contre, le financement se fait grâce à l’intervention d’un intermédiaire spécialisé, il y a
financement indirect. Il y a donc ce qu’on appelle intermédiation financière.
• Pour financer leur déficit, les agents peuvent émettre des titres tels que des obligations ou des
actions, des bons, des hypothèques et d’autres types d’engagements.
• Ils peuvent aussi vendre des actifs financiers antérieurement acquis ou utiliser les fonds provenant
du remboursement d’une créance qui vient à échéance.

•Alors pour les agents en surplus financiers peuvent acquérir ces créances directement des
agents en déficit ou ils peuvent préférer acquérir des créances sur les intermédiaires
financiers, tels que, par exemple, les dépôts bancaires, les dépôts d’épargne, les polices
d’assurance-vie, les droits à pension ou les parts dans un fonds commun de placement.


La synthèse des flux économiques en économie ouverte

• La notion de circuit économique met en évidence la relation circulaire qui existe entre les concepts
de produit, de revenu et de dépense. En amont, le processus de production donne lieu à la
création de produits (PIB) et à la distribution de revenus (Y). Ces revenus peuvent ensuite être
dépensés pour acquérir les produits, traduisant ainsi en aval la demande (D).

• Production REvenu Depense

• Il résulte de cette relation circulaire que le PIB, défini précédemment comme la somme des
valeurs ajoutées, peut être exprimé également comme une somme de revenus primaires
rémunérant les facteurs de production (RS + EBE) et des impôts liés à la production perçus
par l’Etat (TI) ou encore comme la somme des composantes de la demande intérieure finale
(Cp + Cg + Ip + Ig) et du solde des échanges extérieurs de biens et services (X – Z):

• PIB = Y = D.
• L’équation précédente peut donc être réécrite comme suit :

• (2.11 bis) PIB = RS + EBE + (TI – SUB) = Cp + Cg + Ip + Ig + X - Z.
• Le PIB indiqué ci-dessus est calculé aux prix du marché5. Cela signifie que la production est évaluée au
prix payé par l’acheteur, c’est-à-dire y compris les taxes sur les produits et déduction faite des éventuelles
subventions.

• En économie ouverte, le revenu Y peut revenir aux agents économiques résidents ou agents
non résidents. De façon similaire, les agents résidents peuvent recevoir des revenus des facteurs et
des transferts courants en provenance de l’étranger. Nous nous intéressons ci-après aux soldes
respectifs ou aux Revenus des Facteurs Nets (RFN) et aux transferts courants nets (TRN). Par
conséquent, le revenu national disponible brut (RNDB) est obtenu en ajoutant au PIB le flux net
de revenus primaires et de transferts courants :

• (2.12) RNDB = PIB + RNF + TRN
• ou encore par remplacement

• (2.12 bis) RNDB = (C + I) + [(X – Z) + RFN + TRN] (avec C = Cp + Cg et I = Ip + Ig).

•Le RNDB constitue une mesure du revenu que l’économie peut répartir entre
consommation et épargne. En effet, en réécrivant l’équation comme suit, on obtient :

• (2.13) RNDB – C = I + CA ou encore S = I + CA (avec CA = X – Z + RFN + TRN).

• Le terme CA est appelé solde de la balance courante ou solde courant de la balance des
paiements. Un solde positif de la balance courante traduit le fait que la nation détient des
créances sur le reste du monde ou prête à ce dernier. Un solde négatif est une indication
des dettes que la nation doit au reste du monde. En effet, lorsque l’épargne excède les
dépenses d’investissement, la nation dégage une capacité de financement. Si, au contraire,
l’épargne est inférieure à l’investissement, la nation accuse un besoin de financement :
Figure de flux économiques dans une
économie ouverte
• S – I = CA.

• En économie ouverte, les sources de financement de l’investissement total sont donc
l’épargne nationale (S) et les fonds empruntés au reste du monde (– CA) :
• (2.15) I = S – CA.
Reste du monde Nation

RNF + TRN
Opération
s
Z Cp + Cg courante
s
X PIB Y D

Ip + Ig
Opérations en
capital et de
CA S financement
Compatibilité des décisions et comportement des agents

• Les opérations auxquelles se livrent les divers agents économiques doivent être cohérentes entre
elles. Cette exigence, qui devra toujours être gardée présente à l’esprit, est traduite explicitement
par une comptabilité économique d’ensemble reflétée dans le tableau de la figure 2.3 ci-dessus,
appelé Tableau Economique d’Ensemble (TEE).
• Le TEE comporte trois parties :
• (i) Dans la partie supérieure sont enregistrées les opérations courantes (exportations,
importations, production, répartition des revenus et consommation finale);
• (ii) Dans la partie médiane sont dégagés les capacités ou besoins de financement sectoriels;
• (iii) Dans la partie inférieure sont reprises les opérations financières liées à l’utilisation des
capacités de financement (accumulation des créances) ou à la couverture des besoins de
financement (accumulation des dettes) par chaque secteur institutionnel.
Tableau économique d’ensemble
Nation Secteur Secteur Secteur Reste du Nation Secteur Secteur Secteur Reste du
Public Privé Financier Monde OPERATIONS Public Privé Financier Monde

-Z - - - X Exportations Importations Consommation finale X - - - -Z


- EBE TI - - - - Excédent d’exploitation Impôts indirects - - - - -
- SUB RS Cg Cp - - Impôts directs Subventions Cp + Cg - - EBE - -
- - - - - Rémunérations des salariés Revenus des facteurs - - TI TD - - -
- - - TD - - nets Transferts courants nets - - - SUB RS - -
- - - - - - RFN TRN - -
- - - - - - - -
- - - - RFN TRN - - - -
- - - - - -
- - - -

- Sg Ig Sp Ip - CA Epargne Investissement - Sg Sp - CA
- - - Ip + Ig - - - -

Variations des créances Variations des dettes

- - Md - - Monnaie Devises Crédit Obligations - - - Ms -


- - - RES - - - - - RES
- - - CR - - CRdg CRdp - -
- - Bdp - - Bsg - - -
Explications
La bande centrale du TEE définit les différentes opérations économiques entre
secteurs institutionnels. Par rapport à cette bande, pour chaque secteur institutionnel, les
opérations courantes sont perçues à droite comme des ressources, et à gauche comme
des emplois.

• L’égalité comptable des emplois et des ressources est la condition nécessaire de
cohérence logique des comportements économiques. Cette égalité s’impose tant pour
chaque secteur institutionnel que pour l’économie dans son ensemble représentée par la
Nation. Autrement dit, au niveau des opérations courantes, l’équation suivante doit être
explicitement vérifiée :


Dépenses courantes + Épargne = Revenus courants.
Le taux de chômage

• La deuxième variable fondamentale de l’analyse macroéconomique est le taux de chômage. Il est


défini comme le ratio du nombre de chômeurs(U) sur la population active(L).
• u = U/L.

• La population active est la somme du nombre de travailleurs employés et du nombre de


chômeurs : L = N + U
• Population active = travailleurs + chômeurs.


Le taux d’inflation
• L’inflation est synonyme de hausse entretenue du niveau général des prix. Par contre, le taux
d’inflation est le pourcentage de variation du niveau général des prix et se mesure comme suit :

• [(Pt – Pt – 1)/Pt – 1] x 100.

• Pour mesurer le prix moyen de la consommation ou, en d’autres termes, le coût de la vie, les
macroéconomistes utilisent l’indice des prix à la consommation (IPC). L’IPC donne le prix d’un panier
de biens déterminé au cours du temps.

• La liste des bien considérés, fondée sur une étude détaillée des dépenses de consommation, vise à
représenter le panier de consommation moyen d’un consommateur type.

• Elle est révisée périodiquement. Chaque mois, les employés des instituts de statistiques observent
l’évolution des prix de ces biens, qui sont ensuite utilisés pour construire l’IPC.

• Cet indice est posé égal à 100 à la période choisie comme période de base.

Le solde de la balance des paiements

•La balance des paiements(BdP) est un document comptable qui retrace l’ensemble des
opérations effectuées avec l’étranger, pendant une période donnée, et qui ont une incidence
financière.
•Afin de faciliter l’interprétation du document statistique que constitue la balance des
paiements, les opérations de même nature sont généralement regroupées dans des balances
spécifiques dégageant différents soldes : solde de la balance commerciale, solde de la
balance des invisibles, solde des transactions courantes, solde des mouvements des
capitaux.

•De l’ensemble de ces transactions se dégage un solde dont l’importance est donnée par
un poste intitulé « variation de la position monétaire extérieure » qui constitue en fait le
solde (déficit ou excédent) de la balance des paiements.
Balance de Paiement(BD)
CHAPITRE 3: PRODUCTION ET EMPLOI

• 1. La fonction de production
• La production est en amont du processus économique. Elle est fondée techniquement sur la
combinaison de différents facteurs en vue de l’élaboration d’un bien ou d’un service de la manière la
plus efficace possible.
• La théorie économique tente de quantifier la liaison entre facteurs de production (inputs) et produit
final (output) par l’expression d’une fonction de production ; celle-ci exprime, pour une technique
donnée, la production maximale Q que l’on peut réaliser avec les facteurs dont on dispose.

•Traditionnellement, on distingue au moins trois sortes de facteurs de production : le


capital (K), le travail (N) et la terre (V). Nous supposons ici que la production n’utilise que les
deux premiers facteurs :

• (3.1) Q = F(K, N).

Fig: La fonction de production

• Cette fonction de production est certainement une simplification drastique. D’une part, le facteur
capital cherche à appréhender de manière globale tout équipement ou moyen de production un peu
élaboré (outils, machines, bureaux, bâtiments).
La demande de travail

•Une fois définie la relation technique entre produit et facteur variable, il faut maintenant
préciser à quel niveau l’entreprise représentative va fixer sa demande de travail. Le profit
maximal constitue le critère rationnel de décision de la quantité de travail que l’entreprise
choisit d’utiliser. Par définition, le profit () est la différence entre la recette totale (P.Q) et le coût
total de production (w.N). C’est cette différence que l’entreprise cherche à maximiser :

• (3.2) Maximiser = P.Q(N) – W.N.

• Admettons pour l’instant que les entreprises opèrent sur des marchés compétitifs des biens et
des facteurs ; ce qui implique qu’elles raisonnent à prix de vente P et à salaire nominal W
donnés.
• La quantité de main-d’œuvre N reste donc la seule variable stratégique en (3.2) qu’une
entreprise peut manipuler pour maximiser son profit. Elle n’envisagera donc d’engager un
travailleur que si son apport en recette (P.Q/N) est supérieur au salaire nominal W à lui
verser. La quantité de main-d’œuvre optimale est obtenue au point où :
• Elle n’envisagera donc d’engager un travailleur que si son
apport en recette (P.δQ/δN) est supérieur au salaire nominal W
à lui verser. La quantité de main-d’œuvre optimale est obtenue
au point où :
𝛿Q/𝛿N = W/P.
• Le terme 𝛿Q/𝛿N ci-dessus représente la productivité marginale du travail,
• (P.𝛿Q/𝛿N) = W ou alternativement

qui est décroissante à mesure que N s’accroît (voir la courbe inclinée


négativement à la figure 3.2 ci-après). Quant au salaire réel W/P, il est
indépendant de N. Conformément à la logique de maximisation du profit,
la quantité optimale de travail serait N1 si le salaire réel se situait au niveau
(W/P)3.
• La baisse du salaire réel successivement à (W/P)2 et (W/P)1 entraînerait une plus grande demande
de travail, de N2 à N3. Il existe donc une relation inverse entre le salaire réel et le nombre de
travailleurs embauchés ; cette relation est à la base de la fonction de demande de travail
suivante :
• (3.4) Nd = Nd(W/P)
• (–)

• où le signe « – » traduit le fait que la demande de travail diminue quand le salaire réel
augmente, et elle s’accroît quand le salaire réel diminue.


Fig: La courbe de demande de travail
L’offre de travail

•La courbe de demande de travail est inclinée négativement en vertu de la décroissance


même de la productivité marginale du travail. Comme on peut le constater, cette courbe est le
lieu géométrique de tous les points tels que A, B et C où il y a égalité entre la productivité
marginale du facteur travail (𝛿Q/𝛿N) et le salaire réel (W/P). La demande du facteur travail
n’est que l’un des deux aspects fondamentaux du marché du travail. L’étape logique suivante
va consister à examiner l’offre de travail par un ménage représentatif.

L’offre du travail

• Dans les sociétés modernes, il est un fait que sans revenu, pas de consommation.

• Sans travail, pas de revenu. Cela se traduit par l’équation suivante :

• (3.5) Revenu = W.N = P.C

• où le terme W.N est le revenu généré par le travail, et PC représente la dépense totale de
consommation. Par ailleurs, la quantité totale de temps (T) dont le ménage dispose, est limitée pendant
une période donnée (jour, mois, année ou davantage) :
• T = l + N.

• Ce qui implique que, sans sacrifice du temps de loisir, pas de travail :

• (3.7) N = T – l.
• Dans la réalité, les gens veulent à la fois consommer et disposer de leur temps de loisir. Nous
admettons donc que le niveau de satisfaction totale U du ménage est fonction de biens C qu’il
consomme et du loisir l qu’il peut s’offrir
• (3.8) U = U(C, l).

• Les préférences du ménage représentatif en matière de consommation et de loisirs sont supposées


être représentées par une série de courbes d’indifférence.
• Le long d’une de ces courbes d’indifférence, le ménage renonce à consommer pour disposer de
plus de temps libre ou vice-versa, tout en maintenant inchangé son niveau d’utilité.
• Cet échange se fait cependant à un taux marginal de substitution décroissant : c’est ce que traduit
la forme des courbes d’indifférence.
• Plus la courbe d’indifférence est élevée, plus le niveau d’utilité du ménage l’est également.
• En substituant en (3.5) la définition de N donnée par l’expression (3.7), on obtient :

• (3.9) Revenu = W.T – W.l = P.C


• Ressource rare, le temps a donc un prix. Dans une économie du marché, le prix d’une heure de
loisir est le revenu que l’on aurait gagné si on l’avait consacrée à travailler, ou encore la
consommation à laquelle on ne renonce en ne travaillant pas.
• Sur la figure 3.3, la distance horizontale OA représente le temps total que le ménage peut
consacrer soit au loisir, soit au travail.
• La pente de la droite de budget AB détermine le salaire réel (W/P).
Fig: Le choix entre le loisir et le travail
• L’arbitrage entre consommation et loisir est au cœur de l’offre de travail.
• En effet, étant donné sa contrainte budgétaire, le ménage maximise son utilité lorsqu’il choisit la
courbe d’indifférence la plus élevée possible compatible avec sa droite de budget.
• C’est le cas au point E où la courbe d’indifférence est tangente à la contrainte budgétaire.
• En ce point, le taux marginal de substitution entre consommation et loisirs est égal au salaire réel
w/P.
• Les coordonnées du point E déterminent le choix optimal du ménage quant à la consommation, au
temps de loisir et au temps de travail.

• L’accroissement du salaire réel provoque une rotation de la droite de budget autour du point A,
donnant ainsi la nouvelle droite AB’ (voir figure 3.4 ci-après).
Fig: Variation du taux de salaire et offre de travail
•La hausse du salaire réel entraîne une diminution du temps de loisir et une augmentation
de l’offre de travail, comme le résume la fonction d’offre de travail suivante :

• (3.10) NS = NS(W/P).
• (+)

• La courbe d’offre de travail est représentée généralement comme inclinée positivement en


vue de traduire cette relation positive qui existe entre l’évolution du taux de salaire réel et la
quantité de travail offerte individuellement.
• En fait, la réaction précise de l’offre de travail varie considérablement en fonction des goûts,
des conditions familiales, de l’âge, etc.
• Alors que l’offre individuelle de travail se mesure en nombre d’heures de travail pendant une
période donnée, l’offre agrégée est calculée en hommes-heures, c’est-à-dire le nombre total
d’heures de travail de tous les actifs qui ont un emploi.
L’équilibre du marché du travail

• Nous disposons maintenant de tous les éléments nécessaires à la compréhension du


fonctionnement du marché du travail : une courbe de demande qui traduit le comportement des
entreprises d’une part, et une courbe d’offre qui décrit le comportement des ménages d’autre part.
• La figure 3.5 ci-après illustre la rencontre de l’offre et de la demande de travail. L’équilibre du
marché du travail est atteint au point E, où offre et demande s’égalisent. Ce point d’équilibre
correspond au salaire réel (W/P)e et au niveau d’emploi Ne. Cet équilibre du marché du travail est un
équilibre de « plein- emploi ».
• Il y a plein-emploi lorsque tous les travailleurs qui désirent travailler au taux de salaire réel (W/P)e
obtiennent du travail. Le plein-emploi n’exclut pas l’existence d’un chômage.
Fig: Equilibre sur le marché du travail
•La rigidité persistante des salaires n’est possible que parce que quelque chose interfère
avec les mécanismes normaux du marché. Ce « quelque chose » empêche les chômeurs
involontaires d’offrir leur travail à des salaires inférieurs à (W/P)u ou dissuade les entreprises
d’accepter leurs offres de service. Quatre facteurs essentiels peuvent expliquer le maintien
du salaire réel à un niveau supérieur à celui requis par l’équilibre du marché du travail.

•Il s’agit

- du rôle des syndicats ;
- de l’existence des salaires d’efficience payés par les entreprises ;
- du salaire minimum légal édicté par l’Etat ; et
- de certaines réglementations du marché du travail.
Salaires réels, emploi et chômage d’équilibre

• Le paradigme de la concurrence parfaite ne rend pas compte d’un paradoxe majeur du marché du
travail, à savoir : l’existence simultanée des postes vacants et de certaines personnes sans emploi.
• Une série d’imperfections, d’origine tant économique qu’institutionnelle, font que les marchés du
travail peuvent se trouver en équilibre alors même que le chômage global excède le niveau du
chômage volontaire.

•Il arrive, d’une part, que les travailleurs excédentaires dans un secteur, quoique disposés à
travailler pour un salaire réduit dans un autre secteur, ne peuvent y être employés faute d’un
savoir-faire spécifique.

• D’autre part, certains travailleurs qualifiés sont simplement au chômage parce qu’ils ne
sont pas au courant de l’existence des postes vacants mieux payés dans leurs secteurs.
Ainsi, le chômage observé peut comporter une partie du chômage dit
• « frictionnel » et du chômage « structurel ».
• Le chômage frictionnel s’explique tout simplement par le temps qu’il faut à un chômeur pour trouver un emploi
correspondant à ses qualifications et à ses aspirations. Le volume du chômage frictionnel varie dans le temps
non seulement en fonction de la
• volonté des deux parties concernées – offreurs et demandeurs d’emplois – de se rencontrer
promptement, mais également sous l’effet du climat économique général.

• Le chômage structurel correspond à une inadéquation entre l’offre et la demande de travailleurs. Les
déséquilibres peuvent venir du fait que la demande d’une sorte de travail augmente alors que celle d’une
autre sorte diminue, et que les offres ne s’y ajustent pas rapidement.

• La somme du chômage frictionnel et du chômage structurel constitue le chômage d’équilibre ou


naturel, qui est difficilement compressible. Pour en préciser la portée, il convient d’amender l’analyse
précédente d’un taux de salaire réel d’équilibre, qui résulterait de la rencontre de l’offre et de la demande
sur le marché du travail. Le salaire réel est un prix relatif faisant intervenir le salaire nominal (W) au
numérateur et le niveau des prix (P) au dénominateur. Comment ces deux variables clés sont-elles
déterminées ?
La détermination des salaires
• Les salaires peuvent être déterminés de plusieurs façons. Parfois ils sont fixés par des négociations
collectives, c’est-à-dire entre les entreprises et les syndicats.
• Pour le reste, les salaires sont fixés par l’employeur, soit par une négociation entre l’employeur
et l’employé.
• En général, plus l’emploi concerné (recherché) nécessite des qualifications, plus le pouvoir de
négociation de l’employé est fort.
• La détermination des salaires se fait également différemment selon les pays.
• Deux faits majeurs apparaissent. Primo, les travailleurs reçoivent généralement un salaire
supérieur à leur salaire de réservation, défini comme le salaire pour lequel il leur serait
indifférent de continuer de chercher un emploi mieux payé ou d’accepter l’emploi qui leur
est proposé.
• Secundo, les salaires dépendent généralement des conditions du marché du travail. Plus le taux
de chômage est bas, plus les salaires sont élevés.
• Quand le taux de chômage est bas, les entreprises ont plus de mal à trouver de bons travailleurs.
Dans de telles conditions, les travailleurs ont un pouvoir de négociation fort qui leur permet
d’obtenir un plus haut salaire. Inversement, quand le taux de chômage est élevé, les travailleurs ont
un pouvoir de négociation très affaibli, et ils sont obligés d’accepter de bas salaires.

•La discussion précédente sur la détermination du salaire peut être résumée par l’équation
suivante :
• (3.11) W = Pe F(u, z)
• (– ,+)
• dans laquelle W, le salaire nominal, dépend de trois facteurs :
 le niveau des prix anticipé, Pe ;
 le taux de chômage, u ;
 une variable composite z représentant tous les autres facteurs affectant la détermination
des salaires.
Question: Pourquoi le niveau des prix
influencerait-il les salaires ?
• Tout simplement parce que, d’une part, les travailleurs ne se soucient pas du nombre de francs
qu’ils reçoivent, mais de la quantité de biens que leur salaire nominal permet d’acheter : c’est leur
salaire en termes de biens, W/P, qui leur importe.
• D’autre part, les entreprises s’intéressent aux salaires qu’elles paient en termes de biens vendus.
Les entreprises s’intéressent donc elles aussi à W/P.
• Si les travailleurs en même temps que les entreprises anticipaient que le niveau des prix P allait
doubler, ils se mettraient certainement d’accord pour doubler le salaire nominal W.
La détermination des prix

• Nous venons d’étudier la détermination des salaires pour un niveau donné des prix anticipés.
Nous allons maintenant examiner la détermination des prix pour un niveau donné des salaires.
• Les prix dépendent des coûts. Les coûts dépendent de la fonction de production. Nous allons
supposer ici que les firmes n’utilisent qu’un seul facteur de production variable, le travail, selon la
fonction de production suivante :
• Y = AN où Y est la production, N l’emploi et A la productivité du travail qui est
constante et égale à A = 1.
• Une telle fonction de production implique que produire une unité supplémentaire a pour coût
l’embauche d’un salarié supplémentaire, au salaire W.
• Cela revient à dire que le coût marginal de production est égal à W. Si le marché des biens était
parfaitement concurrentiel, le prix d’une unité de produit serait égal à son coût marginal : P serait
égal à W.
• ce phénomène veut dire que les firmes fixent leurs prix selon la règle suivante :
• P = (1 + Ѳ).W
• où Ѳ est la marge du prix par rapport au coût (« mark-up »). Si les marchés étaient parfaitement concurrentiels, Ѳ serait
égal à zéro et l’on aurait P = W. Dans le cas contraire, le prix est supérieur au coût marginal, c’est-à-dire que Ѳ est positif.

Le taux de chômage d’équilibre

• Si l’on suppose que le salaire nominal est fonction du niveau courant des prix P, et non du niveau anticipé Pe,
l’équation W = Pe F(u, z) devient W = P F(u, z).
• (– ,+)

Si l’on divise les deux membres de cette dernière équation par le niveau des prix, on obtient :

• W/P = F(u, z).


• (–,+)


• Cette relation inverse entre le salaire réel et le taux de chômage – appelée la relation WS,
• « wage-setting relation » – est représentée sur la figure 3.6 par la courbe décroissante WS.
• Quelles sont les implications de la détermination des prix ? Si l’on divise les deux membres de
l’équation P = (1 + Ѳ).W par le salaire nominal et en réarrangeant, on obtient :W/P = 1/(1 + Ѳ).

• La relation ci-dessus est dénommée la relation PS (« price-setting relation »). Elle est représentée
par la droite horizontale PS sur la figure ci-dessus.


CHAPITRE 4. CONSOMMATION, EPARGNE, INVESTISSEMENT,
CONTRAINTE BUDGETAIRE ET RESTE DU MONDE
• Dans le calcul du PIB selon l’optique de la demande, il a été fait appel aux composantes suivantes :
la consommation finale, l’investissement et les ventes nettes à l’étranger de biens et services.
• L’un des objectifs de ce chapitre est précisément de voir comment la théorie économique explique
le comportement des éléments constitutifs de la demande globale.
• Le point de départ est microéconomique. Il se fonde sur l’hypothèse de comportements rationnels.
• On admet, en effet, que les agents cherchent toujours l’optimum, au sens où ils s’efforcent
d’affecter au mieux les ressources dont ils disposent, compte tenu des possibilités qu’ils
disposent.

1. Les possibilités de consommation: Le choix entre le présent et le


futur.
La plupart des gens souhaiteraient accéder à un niveau de consommation élevé mais ils sont
limités, au cours de chaque période, par le niveau de leur revenu courant.
Pour contourner cette difficulté, il peut recourant soit à l’emprunt soit à l’épargne pour s’offrir le
niveau de consommation souhaité.
• L’épargne se définit simplement comme étant la partie du revenu courant non consommée. En
décidant d’épargner, un ménage prend donc l’option à la fois de réduire son niveau de
consommation d’aujourd’hui mais aussi d’améliorer son niveau de consommation de demain grâce
au produit de son épargne prêtée.
• Par contre, si le ménage désire consommer au-delà de son revenu courant, il devra emprunter
aujourd’hui et accepter par ce fait même de réduire son train de vie de demain pour être à même
d’effectuer le remboursement du montant emprunté. Il s’agit-là des choix dits « choix
intertemporels ».
• Les possibilités de prêter et d’emprunter introduisent la notion de taux d’intérêt naturel, r.

• Par exemple:, Quelqu’un qui prête aujourd’hui au voisin 100 épis de maïs, devra recevoir
demain 100(1 + r) épis de maïs. Réciproquement, s’il veut obtenir 100 épis de maïs demain, il devra
donc en prêter 100/(1 + r) aujourd’hui.
• Un épis de maïs demain équivaut à 1/(1 + r) épis de maïs aujourd’hui. Cela indique que la valeur
d’un bien demain est inférieure à sa valeur aujourd’hui.
• C’est pourquoi le taux qui mesure le coût de la consommation différée doit être positif.
• Les opérations de prêt et d’emprunt des agents économiques reviennent à transférer des
ressources dans le temps.
• L’emprunt anticipe l’affectation de certaines ressources, qui ne seront donc plus disponibles
demain. Au contraire, les agents qui prêtent reportent à plus tard la dépense de ressources
actuellement en leur possession.
• Ces deux actions établissent un lien entre le présent et l’avenir(futur) : les dettes devront être
remboursées et les créances accumulées seront un jour dépensées. Cette faculté d’emprunt et de
prêt est synthétisée dans la contrainte budgétaire intertemporelle des agents économiques.
La contrainte budgétaire intertemporelle des ménages

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