Introduction
L’Impôt sur le Revenu (IR) est l’un des piliers fondamentaux de la fiscalité directe au Maroc. Institué
par la loi n° 17-89 en 1989 et intégré depuis 2007 dans le Code Général des Impôts (CGI), cet impôt
vise à contribuer à la répartition équitable de la charge fiscale entre les citoyens, selon leur capacité
contributive. Il s’inscrit dans le principe constitutionnel d’équité fiscale et constitue un levier essentiel
du financement des politiques publiques, notamment en matière d’éducation, de santé, d’infrastructure
et de développement social.
L’IR s’applique aux personnes physiques et aux sociétés de personnes non soumises à l’impôt sur les
sociétés (IS). Il est calculé sur la base de l’ensemble des revenus perçus ou réalisés au cours d’une
année civile, répartis en plusieurs catégories : les revenus professionnels, les revenus salariaux et
assimilés, les revenus agricoles, les revenus et profits fonciers, les revenus de capitaux mobiliers, ainsi
que les profits de cession de biens immeubles ou de droits sociaux. Chacune de ces catégories obéit à
des règles spécifiques en matière de détermination de l’assiette, de taux d’imposition et de modalités
de recouvrement.
Au fil des années, l’IR a fait l’objet de multiples réformes, notamment dans le cadre des lois de
finances successives, afin de renforcer sa progressivité, élargir l’assiette fiscale, lutter contre la fraude
et améliorer le rendement de l’impôt. La loi de finances 2025 a introduit d’importants ajustements, en
particulier sur les taux, les exonérations et l’inclusion de nouvelles sources de revenus, traduisant une
volonté de modernisation du système fiscal national.
L’étude des modalités de recouvrement de l’IR, qui constitue la dernière étape du processus fiscal
après l’assiette et la liquidation, revêt une importance stratégique pour l’efficacité budgétaire de l’État.
Elle permet d’évaluer non seulement la capacité de l’administration à percevoir les recettes dues, mais
aussi l’efficacité du système dans son ensemble, en lien avec la transparence, la justice fiscale et la
conformité des contribuables
Plan
Personnes imposables
Les revenus imposables
1. Les personnes physiques
domiciliées au Maroc, pour
1. Revenus professionnels
l’ensemble de leurs revenus 2. Revenus provenant d’activités commerciales,
mondiaux. industrielles, artisanales, ou libérales.
2. Les personnes physiques non 3. Revenus salariaux et assimilés
domiciliées au Maroc, mais 4. Salaires, traitements, indemnités, pensions et
qui y perçoivent des revenus rentes viagères.
5. Revenus agricoles
de source marocaine.
6. Revenus issus d’activités agricoles exercées au
3. Les sociétés de personnes et Maroc.
les groupements n’ayant pas 7. Revenus fonciers
opté pour l’impôt sur les 8. Revenus provenant de la location de biens
sociétés, pour la part revenant immobiliers bâtis ou non bâtis.
aux associés. 9. Revenus et profits de capitaux mobiliers
4. Les contribuables exerçant 10. Intérêts, dividendes, produits d’actions et
autres placements à revenu fixe.
une activité professionnelle, 11. Profits immobiliers
agricole, salariée ou foncière, 12. Gains réalisés lors de la vente de biens
ou percevant des revenus de immeubles (terrains, logements, etc.).
capitaux mobiliers au Maroc. 13. Profits de cession de valeurs mobilières et
autres titres de capital et de créance
14. Profits issus de la vente d’actions, obligations,
Les personnes exonérés
Sont exonérés de l’impôt sur le revenu:
- Les ambassadeurs et agents diplomatiques, les consuls et agents consulaires de
nationalité étrangère, pour leurs revenus de source étrangère, dans la mesure où les pays
qu’ils représentent concèdent le même avantage aux ambassadeurs et agents
diplomatiques, consuls et agents consulaires marocains ;
- Les personnes résidentes pour les produits qui leur sont versés en contrepartie de l’usage
ou du droit à usage de droits d’auteur sur les œuvres littéraires, artistiques ou
scientifiques.
Article 24 chapitre 1 titre 2 CGI