Fasciolose
(= Douve, Fartout)
Définition
La fasciolose est une trématodose, due
à la présence, au développement et à
l’accumulation de Fasciola hepatica
dans le parenchyme hépatique d’abord
et dans les voies biliaires ensuite.
F. hepatica entraîne l’irritation,
l’hémorragie et la destruction du tissu
hépatique (histophage et hématophage)
Importance
Économique :
Le parasitisme par F. hepatica
entraîne :
une baisse en production laitière
Amaigrissement (perte de poids)
Baisse de croissance
Saisies des foies au niveau des abattoirs
Hygiénique :
F. hepatica est transmissible à
l'homme qui se contamine par
consommation de végétaux sur
lesquels se sont fixées les
métacercaires du parasite. et qui
peut occasionner des troubles
sérieux chez l’homme
Étiologie
Adulte : Fasciola Hepatica est un
trématode, qui vit dans les canaux
biliaires des herbivores domestiques
et sauvages
Œuf : operculé, en ballon de rugby,
140 μm x 75 μm, non embryonné à la
ponte
Épidémiologie
Répartition géographique:
Au Maroc, la maladie sévit surtout dans les zones
irriguées telles que le Gharb, le Haouz, le Souss et la
région de Fès- Meknès
L’épidémiologie de la fasciolose est liée à la biologie et à
l’écologie de son hôte intermédiaire, qui est Limnea
truncatula : un gastéropode amphibie qui prolifère dans
les marécages, les mares, les ruisseaux,… dits gîtes
permanents.
Limnea truncatula se retrouve également dans des gîtes
secondaires tels qu’aux pourtours des abreuvoirs, dans
les canaux d’irrigation,…
Des études ont montré la population des limnées est
maximale au printemps et montre une forte mortalité en
été
Espèces sensibles :
La maladie affecte principalement
les ruminants (bovins, ovins,
caprins), toutefois on peut la
rencontrer chez l’Homme et chez
d’autres herbivores sauvages
(antilopes, buffles, girafes...)
L'infestation du dromadaire a été
décrite en Égypte
Transmission
Les sources de
contamination :
Les sources de contamination pour les hôtes
intermédiaires sont les animaux porteurs de
douves adultes et excréteurs d'œufs de ces
parasites.
Les sources de contamination pour les hôtes
définitifs sont les mollusques hôtes
intermédiaires. Le développement des
populations de mollusques hôtes
intermédiaires conditionnent les zones et
périodes d'infestation des hôtes définitifs.
Les modes de transmission :
Voie orale
L'hôte définitif s'infeste en ingérant
des végétaux ou de l’eau contenant
des métacercaires de Fasciola
hepatica
Cycle évolutif
La maladie se déclare en fin
printemps et début été
La biologie du parasite nécessite
l’intervention d’un mollusque Limnea
truncatula amphibien (HI obligatoire)
L’évolution du parasite se fait dans les
régions ou les animaux peuvent
pâturer en contact avec des milieux
aquatiques tels que les fleuves, les
oueds, les ruisseaux, les sources les
canaux d’irrigation et toute retenu
d’eau
Symptômes cliniques
La maladie se caractérisé par des douleurs
abdominales, des alternances de diarrhée et de
constipation, des coliques légères, oedèmes en
régions déclives, ascite,…
Dans les cas les plus sévères on peut observer de
l'anémie, un subictère, un amaigrissement et un
état de grande fatigue.
En l’absence de traitement, les œdèmes se
généralisent et l'animal meurt d'épuisement en 3
à 5 mois
Lésions
On peut noter une hypertrophie de la
paroi des canaux biliaires avec présence
des douves à l'intérieur.
Le foie peut-être hypertrophié ou au
contraire atrophié. Il présente des lésions
de cirrhose avec fibrose du parenchyme
hépatique provoquée par la migration de
jeunes douves
Traitement
Chez l’animal :
Nitroxinil, à la dose de 10 mg/kg en sous
cutané
Association :
Oxyclozanide + tétramizole
Bithionoloxide + lévamisole
Clorsulon + ivermectine
Chez l’Homme :
Phase aigue : 2-dihydro-émétine
Phase chronique : triclabendazole
Prophylaxie
Lutte contre les limnées
épandage de molluscides dans les gîtes à
limnées :
Le sulfate de Cu (CuSO4) à raison de 30
kg/hectare.
La niclosamide calcique : 300kg/hectare.
Le chaudage pour tarir les gîtes et les assécher
Lutte contre le parasite chez les animaux :
Deux traitements systématiques :
le premier au moment de la sortie des animaux sur
les pâturages (début du printemps), qui permet
de tarir la source d’œufs des douves qui pourraient
infester les limnées
le second traitement est effectué en fin automne
pour limiter l’impact sanitaire en fin d’hiver