ERRAMA MOSTAFA
FORMATEUR AU CRMEF RABAT
LES VARIABLES DIDACTIQUE
EN EPS
Définition
Dans une tâche d’apprentissage,
les variables didactiques sont des paramètres
qui, lorsqu’on agit sur eux, provoquent des
adaptations, des régulations et changements
de stratégie. Ces paramètres permettent de
simplifier ou de complexifier la tâche et ainsi de
faire avancer la « construction » du savoir.
La valeur de ces variables est fixée par
l’enseignant (voire l’élève) et peut être modifiée
en cours d’apprentissage; pour modifier la
connaissance nécessaire à la solution.
La manipulation de ces variables nécessite, de
la part de l’enseignant, une identification de
celles-ci et une appréciation des ressources de
l’élève. La maîtrise de ces variables permet de
construire le décalage optimal entre les
contraintes de la tâche et les ressources de
l’élève ; c’est-à-dire de créer les possibilités de
« perturbations maximales » de
transformation de ses comportements.
Ces variables en EPS peuvent être :
DE TEMPS :
Ex: durée de jeu, de pose, de temps mort,
d’échange),
D’ESPACE :
Ex : surface de jeu : dimension, forme),
DE RÈGLE ET DE FONCTIONNEMENT: Ex :
nombre de joueurs, nombre d’échanges, statut,
rôles, thème).
La gestion de l’hétérogénéité des élèves : entre culture commune et accès
différenciés aux savoirs.
1. Des réflexions liminaires :
Il est important de replacer la problématique de
l’hétérogénéité des élèves dans une analyse systémique afin
de ne pas la réduire à une simple
« technologie de l’intervention pédagogique ».
La problématique de la gestion de la diversité des élèves est
un rapport entre le commun et le particulier ou comme le
souligne M. Serres entre
l’universel et le singulier. Prendre en compte la diversité des
élèves pour leur faciliter l’accès aux savoirs scolaires afin de
constituer une culture
commune est la tension que l’enseignant doit tenter de
gérer.
Différencier n’est pas discriminer. Les
différences sont sources de richesse et non des
freins à l’apprentissage. La gestion de
l’hétérogénéité doit être au service d’une
meilleure appropriation des savoirs et du
développement de la personne.
Au nom d’une certaine efficacité pédagogique,
il faut faire attention à ne pas utiliser la
différenciation comme outil servant à
hiérarchiser et à discriminer.
Prendre en compte la diversité des élèves
sous-entend des postures particulières de
l’enseignant. Le principe d’éducabilité de tous
doit sans cesse orienter la réflexion de
l’enseignant et son intervention pédagogique.
Il doit être concepteur de son enseignement
afin de l’adapter au mieux au contexte de sa
classe.
Cette adaptation spécifique demande à l’enseignant :
De connaître les contenus d’enseignement et leur
progressivité ;
D’avoir identifié ce qu’il y a à apprendre en priorité ;
De s’interroger sur ce qui sous-tend les différences pour ne
pas les réduire à « leurs symptômes » c'est-à-dire les
différences de performance et de niveau.
D’avoir une démarche qui amène progressivement les
élèves à être de plus en plus autonomes dans leurs
apprentissages, condition nécessaire pour un travail
différencié.
« Différencier, c’est avoir le souci de la personne
sans renoncer à celui de la collectivité... être en
quête d’une médiation toujours plus efficace
entre l’élève et le savoir... C’est pourquoi, il ne faut
pas parler de la « pédagogie différenciée »
comme d’un nouveau système pédagogique, mais
bien plutôt comme d’une dynamique à insuffler à
tout acte pédagogique... un moment nécessaire
dans tout enseignement... celui où s’insinue la
personne dans le système... »
(P. Mérieux, 1987, Cahiers Pédagogiques
« Différencier la pédagogie », introduction)
2. Des points d’appuis incontournables pour gérer la diversité
des élèves et adapter ses contenus d’enseignement :
Les rapports de l’élève aux savoirs et à l’apprentissage :
représentations, buts motivationnels
Les ressources des élèves : motrices, physiologiques,
cognitives, affectives et émotionnelles
Le rapport de l’élève avec les autres : modalités et formes de
groupement
Le rapport à la règle : règle institutionnelle, règle de sécurité
et de fonctionnement
Les variables didactiques : temporelles, spatiales,
relationnelles, sur l’action, sur le dispositif, les règles de jeu
Ces points d’appui sont à la fois du côté de la connaissance des
élèves et de leur diversité et du côté des savoirs scolaires. Il y
a interaction permanente entre ces deux pôles.
3. Des principes pédagogiques et didactiques
nécessaires à installer:
Un rapport aux autres apaisé et respectueux,
Un rapport à la règle intégré, conditions du travail
vers l’autonomie,
Une démarche qui s’appuie sur des contenus
identifiés organisés en tâches d’apprentissage, où la
connaissance du dispositif, du but, du critère de
réussite et des manières de faire permet aux élèves
d’apprendre, de connaître leur résultat pour se
mettre en projet et mesurer leur progrès
(évaluation formative).
4. Les variables didactiques
Les variables spatiales :
l’aménagement spatial :
dimensions, orientations, ateliers, distances,
zone de repos, zone cible, zone interdite, zone
refuge (pour répartir les défenseurs, pour
interdire le retour en arrière, pour étager la
défense, pour donner des repères pour le «
gagne-terrain »…), dans l’axe, circulaire, au
centre… ;
Pour les jeux collectifs :
Large et long : passes latérales/espaces libres sur les
ailes, démarquage ;
Large et court : débordement et exploit individuel
(feintes de corps) ;
Long et étroit : passes en profondeur (attention
contact) avantage la défense ;
familiarité et incertitude du milieu physique et humain ;
la présence ou non d’obstacles à franchir, contourner... ;
sur l’aménagement du milieu, du dispositif
Les variables temporelles :
la durée du jeu :
– De 5 à 10mn : autorise les changements de
stratégie.
– Court de 1 à 3mn : s’organiser très vite pour …
la durée du temps de travail, d’entrainement
possible, temps contraint ou libre … ;
les rythmes : des pauses, des accélérations… ;
Les variables sur les actions :
d’autres parties du corps, d’autres positions,
des manières de faire contraintes ou libres ;
d’autres types d’équilibres ;
d’autres ressources physiologiques et
psychologiques ;
d’autres sens comme la kinesthésie, l’écoute ;
modalités d’actions sur les objets ou sur les
autres.
Les variables relationnelles
sur le nombre des joueurs et leur groupement : jeux
solitaires, à deux, en un groupe ou plusieurs, en équipes ;
sur le mode de relation : oral, physique, écrit, ensemble,
l’un après l’autre ;
sur les modalités de relation : la coopération et / ou
l’opposition par la présence (ou non) de partenaires,
d’adversaires, la concertation pour des raisons de
nécessités tactiques.
sur le nombre et la stabilité des statuts et des rôles
privilégiant ou non l’exclusivité ou les changements.
sur l’équilibre des forces : le surnombre (un joueur joker
permet de gagner du terrain, de privilégier l’attaque ou la
défense.
Des exemples :
Le joker entre lorsque un joueur de l’équipe ou le porteur
de balle atteint une zone déterminée.
Le joker est acquis définitivement ou uniquement pour une
zone .
Le joker est placé dans une zone délimitée dans le terrain
(taille et forme de la zone), etc.
Les règles du jeu :
rapport de force ;
organisation de l’espace et du temps ;
conditions d’interactions entre les élèves ;
conditions d’obtention du résultat, des critères de réussite.
conditions d’intervention sur les objets.
MERCI DE VOTRE
ATTENTION