L’OEIL ROUGE
Pr Karim REDA
Pathologie ophtalmologique, 5e Année
Semestre 2, Année universitaire: 2024-2025
www.um6ss.m
a
Plan Objectifs
• Introduction
• Diagnostic positif
• Etiologies:
• traumatismes
• Les contusions
• Les plaies du globe
• Les brûlures oculaires
• Œil rouge sans BAV
• Œil rouge avec BAV
• Conclusion
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Introduction
Motif fréquent de consultation en ophtalmologie.
Les causes sont variées, elles vont de:
la conjonctivite bénigne
aux affections les plus sévères qui mettent en jeu le
pronostic fonctionnel visuel.
Le diagnostic étiologique doit être précis car les
conduites thérapeutiques sont différentes
Diagnostic positif:
repose sur un examen méthodique, complet, bilatéral et
comparatif
A. Interrogatoire:
Déterminer les antécédents ophtalmologiques et généraux
Les circonstances d’apparition :
notion de traumatisme
d’épidémie
Le mode évolutif: brutal ou progressif
L’ancienneté de la rougeur
L’existence de signes fonctionnels de gravité
B. Les signes fonctionnels
•BAV + + + : argument diagnostic et pronostic
•Douleur + + +
•Photophobie,
•Larmoiement,
•Sécrétions,
•Prurit oculaire
C. L’examen ophtalmologique
1- L’INSPECTION
• La rougeur:
• Est-elle unilatérale ? ou bilatérale ?
• Prédominance autour de la cornée = cercle périkératique:
traduit une réaction du segment antérieur de l’œil (kératite,
uvéite).
• “ Bouton ” limité et douloureux visible sur le blanc de l’œil:
révèle une sclérite ou une épisclérite,
•Prédominance à distance de la cornée, avec contexte non ou peu
douloureux: expression habituelle d’une conjonctivite.
L’œdème conjonctival : chémosis
2. Examen à la lampe à fente
• La conjonctive : il faut déterminer,
• la topographie de la rougeur,
• son type,
• l’état de la conjonctive tarsale après éversion de la paupière.
• La cornée :
• Une perte de la transparence : œdème épithélial ou stromal
• Une perte de substance : elle se recherche par le test à la
fluorescéine,
• Une plaie avec ou sans corps étranger intra cornéen
• la sensibilité cornéenne.
• Mesure du tonus oculaire
• Examen du reste du segment antérieur: chambre
antérieure, iris et cristallin
• Si possible : gonioscopie et F.O (vitré, rétine)
Les signes de gravité sont :
Douleur
BAV
CPK
Test à la fluorescéine positif
Altération du segment antérieur
HTO
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Étiologies
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Traumatismes:
Traumatismes oculaires = Accidents souvent graves,
pouvant mettre en péril la fonction visuelle.
On distingue :
• Les contusions oculaires
• Plaies du globe = Les traumatismes à globe ouvert avec
ou sans corps étrangers
• Les brûlures oculaires.
Lésions cristalliniennes:
luxation en CA;
CA
Brulures cornéennes
Non traumatique:
ne menaçant pas la vision :
• Œil rouge non douloureux et sans BAV
grave menaçant la fonction visuelle
• Œil rouge douloureux avec BAV
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• Œil rouge, non douloureux, sans BAV
• Hémorragie sous-conjonctivale
• Conjonctivite
• Œil rouge, douloureux, sans BAV
• Episclérite
• Sclérite
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Œil rouge, douloureux,
avec BAV
Glaucomes aigus.
Kératites graves.
Iridocyclites.
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Œil : rouge non douloureux, sans BAV
◦ Hémorragie sous-conjonctivale
◦ Conjonctivite
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Œil : rouge non douloureux, sans BAV
Hémorragie sous conjonctivale :
AV conservée
rougeur conjonctivale franche ,
homogène
cornée claire
pas de déformation pupillaire
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Étiologies des hémorragies sous conjonctivales :
traumatique : rechercher toujours une plaie associée
hyperpression veineuse : toux , accouchement...
spontanée : rechercher HTA, trouble de la coagulation
Évolution : régression spontanée en quelque
semaines
Donc: pas d’examen spécialisé en urgence
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Œil : rouge non douloureux, sans BAV
Conjonctivite
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Conjonctivite:
Acuité visuelle: conservée
Hyperhémie conjonctivale
Œdème conjonctival :
chémosis
Papille : excroissance
conjonctivale centrée par 1
vaisseau
Follicule : zone
d ’hyperplasie lymphoïde
entourée de vaisseaux
Cornée : claire ne prenant
pas la fluorescéine
Rechercher une ADP
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Conjonctivites bactériennes : ++ Cocci gram +
(streptocoque ou staphylocoque)
+/- contexte épidémique
bilatérale symétrique
rougeur conjonctivale diffuse
sécrétions muco-purulentes
présences de papilles
Traitement :
soins locaux
collyre ATB large spectre pendant 1
semaine
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Conjonctivites virales :
◦ Contexte épidémique
◦ Très fréquente, très contagieuse
◦ bilatérale
◦ Sécrétions claires
◦ Adénopathie: prétragienne, sous maxillaire
◦ présence de follicules
◦ rechercher une kératite associée: test à la fluo
Traitement :
Soins locaux +, mesure d’hygiène
Traitement antiseptique
Pas d’AINS
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Conjonctivites allergiques :
chronique avec récidives saisonnières
terrain atopique
prurit ++
présences de papilles de taille variable
Traitement :
soins locaux ,
antihistaminiques
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Œil : rouge douloureux, sans BAV
Episclérite
Sclérite
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Episclérite :
Inflammation de la couche directement située
sous la conjonctive : épisclère
Douleur minime
Rougeur localisée:
avec dilatation des vaisseaux épiscléraux
disparait après instillation de néosynéphrine
( vasoconstricteur)
Évolution : régression sans séquelles
Traitement : AINS locaux
rechercher un maladie rhumatismale si récidive
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Sclérite :
douleur profonde
rougeur ne disparaissant pas après instillation de vasoconstricteur
Étiologies : à rechercher si récidive ++
articulaires
vascularites
granulomatoses : TBK, BBS
infectieuses
post-traumatique
Traitement :
étiologique
AIS et ou AINS
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Œil : rouge douloureux avec BAV
1. la crise aigue de fermeture de l ’angle
2. Kératite
3. Uvéite
AVIS OPHTALMOLOGIQUE
dès que possible
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1. La crise aigue de fermeture de
l’angle
Urgence ophtalmologique: Pronostic visuel engagé
Définition : sous l ’influence d ’un facteur déclenchant,
fermeture de l ’angle irido-cornéen responsable d ’une
hypertonie oculaire
facteurs prédisposants :
CA étroite (hypermétropie)
Gros cristallin
Pupille en semi-mydriase
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Diagnostic
Signes fonctionnels :
- BAV brutale.
- douleur.
- nausées, vomissements.
• Examen :
- LAF :
• CPK
• Œdème cornéen,
• CA étroite,
• Semi-mydriase aréflexique.
- PIO très élevée (entre 40 et 60 mm Hg).
- Angle fermé en gonioscopie.
- Examen de l’œil adelphe++++
(CA étroite, angle fermable).
Traitement médical: Urgence +++
- Hospitalisation
- Déshydratation du vitré : Mannitol 20% en IV.
- Diminution de la production d’humeur aqueuse :
Diamox°: 500mg per os ou en IV
Collyres hypotonisants: b bloquants
- Lever le blocage pupillaire:
pilocarpine à 2% : 1 goutte toutes les 10 minutes jusqu’au myosis
puis 4 fois par jour et
Aussi pour œil adelphe.
Iridectomie périphérique
• Laser ou chirurgicale
• Curative : Yag associé au laser
Argon dès que l’œdème cornéen
diminue.
• Préventive : au niveau de l’œil
adelphe et en cas de chambre
antérieure étroite avec angle
fermable.
2. Uvéite antérieure:
• Définition : inflammation de l ’uvée ant
• BAV
• douleurs oculaires profondes
• photophobie
• Œil rouge
• cornée claire ou non
• +/- précipités rétrodescemétique
• myosis
• Effet tyndall, +/- hypopion
• pus en chambre antérieure
• Penser à l’endophtalmie, si chirurgie récente
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Hyperhémie conjonctivale avec cercle périkératique
Présence de protéines et de cellules inflammatoires dans l’humeur
aqueuse responsable de l’effet Tyndall, avec parfois hypopion
Précipités rétro-cornéens
Étiologies :
locales ou générales:
maladies articulaires,
herpès,
maladie inflammatoire systémique,…
dans plus de 70% cas, aucune étiologie n’est retrouvée
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Traitement :
étiologique
symptomatique :
collyres mydriatiques pour la prévention ou la
suppréssion des synéchies
corticothérapie
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3. Kératite
Kératite ponctuée Ulcère cornéen
superficielle
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Les kératites sont des états inflammatoires ou infectieux
de la cornée.
Les kératites Véritable urgence thérapeutique
3. Kératite
Signes fonctionnels :
douleurs oculaires
larmoiement
blépharospasme (fermeture reflexe des paupières)
photophobie intense
BAV
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Examen clinique :
Hyperhémie conjonctivale, cercle
périkératique
Diminution de la transparence
cornéenne localisée à l’ulcération
Instillation de fluorescéine:
visualise
les pertes de substances
cornéennes)
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Cas kératite herpétique :
K. superficielle dendritique : ulcération linéaire arborisée
K. superficielle : ulcère géographique
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Kératites herpétiques :
• Fréquentes, récidivantes et souvent
unilatérales.
• L’agent responsable est souvent l’Herpès
Simplex Virus (HSV), plus rarement le virus
Varicelle Zona (VZV).
• Les facteurs déclenchant sont : fièvre,
exposition solaire, stress, infection
intercurrente, chirurgie, traumatisme de la
surface oculaire, immunodépression.
• Autres virus responsables
Adénovirus:
kératoconjonctivites
épidémiques (opacités sous
épithéliales)
Oreillons, grippe, MNI,
rubéole…
Kératites parasitaires
Kératites à Acanthamoeba
chez les porteurs de lentilles
de contact
amibes présentes dans l’eau
douce, salée et piscines.
Les Kératites auto-immunes:
• Ulcères cornéens périphériques
Cause primitive : ulcère de Mooren
Causes secondaires :
PR, PAN, Maladie de Wegener
Complications
Perforation de l’ulcère: favorisée par les corticoïdes
Les récidives : kératites herpétiques
Néovascularisation cornéenne
Abcès cornéen, Hypopion, endophtalmie,
Traitement :
étiologique :
symptomatique :
collyre cicatrisant
pansement oculaire
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Rouge douloureux autour de l’œil
La dacryocystite aigue
• Dacryosténose -> stase ->
surinfection-> abcédation
CAT
Prélèvement bactério
Toilette locale
Antibiothérapie
antistaphylococcique
Chirurgie « à froid »
AVIS
OPHTALMOLOGIQUE
dès que possible 51
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CONCLUSION
Plusieurs affections de l’oeil ou de ses annexes peuvent
s’accompagner d’un oeil rouge.
La plupart de ces affections sont reconnaissables par un
interrogatoire et un examen clinique soigneux.
Un diagnostic étiologique précis est indispensable afin
d’éviter des erreurs thérapeutiques lourdes de
conséquences.
Par ailleurs, il faut souligner l’urgence thérapeutique de ces
affections car négligées, elles peuvent devenir cécitantes.