Faculté Polydisciplinaire de KHOURIBGA
Année universitaire 2024-2025 Semestre 6
Enseignant : Pr. HABACHI
Module:
L’AUDIT GENERAL
Plan de la formation
• I- Nature, rôle et frontières de l’audit financier.
• II- Les contrôles et les normes de l’audit financier.
• III- Les méthodes de l’audit financier.
• IV- Les supports et les techniques de l’audit
financier.
• V- Contrôle des comptes: Principaux cycles
• VI- Conclusion: le bon usage de l’audit financier.
Schéma général appliqué à l’information financière
Audit prend plusieurs formes, l’audit financier en est une.
Principes et règles
comptables
Comptabilités
Utilisateurs:
Faits Associés
Emetteurs Message:
économiques Personnel Image des
Dirigeants Les comptes
juridiques et Tiers faits
Comptables annuels
financiers Etat…..
Contrôle indépendant des
auditeurs externes
Normes d’audit
Processus général: information/audit
Normes
Langage
Image des
Faits Emetteur Message Récepteur
faits
Audit
Normes
Nature, rôle et frontière de l’audit financier
Schéma général du processus d’information:
Normes
Langage
Image des
Faits Emetteur Message Récepteur
faits
Audit financier
- Examen des comptes annuels d’une entreprise.
- Auquel procède un professionnel compétent et
indépendant.
- En vue d’exprimer une opinion motivée sur les états de
synthèse qui doivent traduire:
* La situation financière et le patrimoine de l’entité auditée.
* Les résultats de l’entité pour l’exercice clôturé.
- En tenant compte du droit et des usages du pays où se
situe le siège de l’entité auditée.
Audit opérationnel
C’est un examen:
- Des informations relatives à la gestion de chaque fonction d’une
entreprise.
- En vue d’exprimer sur ces informations une opinion responsable et
indépendante; par référence aux critères de régularité, de fiabilité et
d’efficacité.
L’audit opérationnel est donc un examen des instruments dont dispose
la direction de l’entreprise pour le contrôle de la bonne exécution de
ses instructions et directives.
L’audit opérationnel a pour objectif de s’assurer:
- Que les organisations sont efficaces.
- Que les instructions de la direction sont appliquées.
- Que les procédures mises en place comportent les sécurités
suffisantes.
- Que les informations fournies à la direction sont sincères.
- Que les opérations réalisées sont régulières.
Audit externe et Audit interne
- L’audit externe est réalisé par une personne ou un cabinet extérieur
à l’entreprise.
- L’audit interne est assuré par une personne ou un service salarié de
l’entreprise.
- La garantie demandée par les tiers sur la qualité de l’opinion émise
sur les comptes annuels, exige que l’audit financier soit réalisé par
un auditeur externe.
- Les services d’audit interne peuvent procéder à un audit financier
généralement limité à un domaine de la comptabilité où
apparaissent des problèmes.
- L’audit opérationnel est fréquemment mis en œuvre par les auditeur
internes, mais aussi les auditeurs externes.
Audit externe / Audit interne
- L’audit externe est réalisé par une personne ou un cabinet extérieur à
l’entreprise.
- L’audit interne est assuré par une personne ou un service de
l’entreprise.
Objectif Réalisation
Audit financier Opinion sur les
états financiers
Externe
Audit opérationnel Apprécier les
performances des
Interne ou
externe
fonctions de l’Ese
Audit contractuel et Audit légal
- L’audit légal c’est le commissariat aux comptes.
Imposé par la loi à certaines entreprises.
- L’audit contractuel est un audit qui fait l’objet d’un contrat
entre l’entreprise et le cabinet. Ce type d’audit se rencontre
principalement dans deux situations:
* Audit lié au rachat d’une entreprise.
* Audit d’une filiale d’un groupe.
Note de synthèse
Audit
Audit financier Audit opérationnel
Audit interne Audit externe
Audit externe
Audit légal
Audit
Commissariat
contractuel
aux comptes
Contrôles et normes de l’audit
financier
Audit financier et garantie de l’image fidèle des comptes
Devant les tendances contradictoires entre les utilisateurs qui souhaitent
savoir plus et des émetteurs qui souhaitent présenter une image flatteuse
de leur entité et des coûts limités de l’entreprise, on perçoit que
l’intervention de l’auditeur indépendant contribuera fortement à tempérer
des exigences contradictoires et à assurer aux utilisateurs une information
financière sincère et transparente.
Pour garantir une information sincère et transparente aux utilisateurs,
l’auditeur doit accomplir sa mission:
- En s’assurant de la régularité des enregistrements comptables.
(Contrôles à effectuer)
- En respectant les normes de la profession:
• Des normes du langage ou normes comptables.
• Des normes d’audit.
(Normes à observer)
Les contrôles
nécessaires:
Contrôles à effectuer par l’auditeur
Les contrôles à effectuer par l’auditeur sont au nombre de
cinq (5):
- La réalité des enregistrements.
- L’exhaustivité des enregistrements.
- L’appartenance à l’entreprise.
- L’évaluation correcte;
- La présentation et l’information correcte et suffisante.
1- Réalité:
- Les actifs et les dettes enregistrés en comptabilité sont-
ils bien réels?
- Les transactions comptabilisées correspondent-elles à
des opérations effectivement réalisées?
Exemples:
• Les créances inscrites en actif existent-elles réellement?
• Les dettes au passif sont-elles effectivement dues,
• Les ventes comptabilisées correspondent-elles à des
marchandises effectivement livrées?
2- L’exhaustivité
- Tous les actifs et tous les passifs sont-ils enregistrés en
comptabilité?
- Tous les produits et toutes les charges sont-ils
enregistrés?
Exemples:
• A-t-on inscrit à l’actif tous les stocks?
• A-t-on comptabilisé toutes les provisions?
• Toutes les réceptions de marchandises ont-elles été
traduites en écritures comptables d’achats?
3- L’appartenance
Cet objectif est scindé en deux:
- Appartenance effective.
- Intégralité de l’appartenance.
• Appartenance effectives des enregistrements:
* Les actifs sont-ils la propriété de l’entreprise et les passifs lui sont-
ils attribuables?
* L’entreprise est-elle réellement partie aux transactions enregistrées
et celles-ci sont-elles effectivement réalisées pour les besoins de
l’entreprise?
Exemples:
• Les frais de voyages et de déplacements ont-ils été engagés pour
les besoins d’exploitation?
• Les immobilisations figurant à l’actif sont-elles la propriété de
l’entreprise?
Appartenance
•Intégralité de l’appartenance:
Tous les actifs dont l’entreprise est propriétaire, et toutes
les dettes y compris les provisions pour risques et charges
attribuables à l’entreprise sont-ils enregistrés?
Toutes les transactions, où l’entreprise est partie, sont-elles
enregistrées?
Exemples:
Une immobilisation omise.
Une charge non comptabilisée.
4- Evaluation
• Cet objectif se scinde en trois:
- Exactitude.
- Surévaluation.
- Sous-évaluation.
• La valeur des actifs et des passifs est-elle déterminée
avec exactitude?
• Les produits et les charges sont-ils évalués avec
exactitude?
Exemples:
- Exactitude des prix facturés;
- Exactitude arithmétique des montants figurant sur les
factures.
Surévaluation ou sous-évaluation
Les erreurs d’évaluation des postes d’actif et de passif peuvent
résulter d’erreur de jugement dans le cas où l’évaluation porte
sur une provision.
•Surévaluation:
A-t-on estimé à une valeur excessive les actifs et les passifs de l’entreprise?
•Sous-évaluation:
A-t-on estimé à une valeur insuffisante les actifs et les passifs de
l’entreprise?
Exemples:
Provisions excessives ou sans objets.
Provisions insuffisantes.
Créances insolvables non constatées.
5- Présentation et information
Les actifs et les passifs sont-ils correctement présentés au bilan?
L’information financière est-elle conforme aux règles en vigueur,
Les charges et les produits sont-ils correctement présentés au CPC?
L’information financière est-elle conforme aux règles en vigueur?
Exemples:
L’imputation comptable des enregistrements est-elle exacte?
Les fournisseurs des immobilisations sont-ils classés au passif
distinctement des fournisseurs d’exploitation?
Les informations communiquées dans l’annexe sont-elles exactes,
pertinentes et suffisantes?
Les normes de l’audit
Les normes de l’audit
Il faut rappeler le fait que l’auditeur doit respecter
des normes dans l’exécution de sa mission pour
que les conclusions auxquelles , il parvient, soient
crédibles.
4 Normes
Secret
Indépendance Objectivité Professionnalisme
professionnel
Les concepts de base de l’audit
• Définition de base:
L’audit est l’examen professionnel d’une information en vue
d’exprimer sur cette information une opinion responsable et
indépendante par référence à un critère de qualité, cette
opinion doit accroître l’utilité de l’information.
• Un examen professionnel:
le caractère professionnel de l’audit se manifeste par:
- Une méthode à suivre pour auditer l’information concernée.
- Des techniques et des outils à utiliser dans le cadre de la
méthode.
L’auditeur est un professionnel compétent à double titre:
- Il a une connaissance suffisante des activités et informations
à auditer.
- Il connaît les méthodes et les techniques de l’audit.
Les normes de l’audit financier
Les normes d’audit peuvent être
observées à plusieurs niveaux:
• Normes générales
• Normes de travail
• Normes de rapport
Les normes générales
• Les normes générales sont personnelles par nature, elles
concernent la compétence de l’auditeur, son indépendance
et la qualité de son travail. Elles sont sensées reproduire les
rôles des codes d’éthique des organisations professionnelles.
• Quatre normes se retrouvent presque toujours dans les
différentes recommandations nationales et internationales:
- L’indépendance
- La compétence
- La qualité du travail
- Le secret professionnel.
L’indépendance
• La loi , les règlements et la déontologie, font une obligation au
commissaire aux comptes d’être et de paraître indépendant,
pour effectuer sa mission d’audit avec intégralité et objectivité.
De cette norme découlent les règles d’incompatibilité.
Dans toutes les recommandations nationales et internationales,
il est fait référence à cette norme importante pour éviter des
audits de complaisance.
La compétence
• Seuls les experts comptables inscrits sur la liste officielle
sont autorisés à effectuer des travaux de commissariat
aux comptes.
• IFAC(International Federation of Accountants)
les recommandation de cette organisation précisent que le
travail d’audit et la rédaction du rapport doivent être
effectués avec le soin nécessaire, par des personnes
ayant une formation technique, une expérience et une
compétence suffisantes en audit.
Qualité du travail et contrôle de qualité
• Le commissaire aux comptes exerce ses fonctions avec
conscience professionnelle et avec la diligence permettant
à ses travaux d’atteindre un degré de qualité suffisant
compatible avec son éthique et ses responsabilités.
Le secret professionnel
Le commissaire aux comptes est astreint au secret
professionnel pour les faits, actes et renseignements
dont il a pu avoir connaissance à raison de ses
fonctions.
Il assure également que ses collaborateurs sont conscients
des règles concernant le secret professionnel et les
respectent.
IFAC:
L’auditeur doit respecter le caractère confidentiel des
informations recueillies à l’occasion de son travail et ne
doit divulguer aucune de ces informations.
Les normes du travail
• Orientation et planification de la mission:
Le commissaire aux comptes doit avoir une connaissance
globale de l’entreprise lui permettant d’orienter sa mission et
d’apprécier les domaines et les systèmes significatifs.
Cette approche a pour objectif d’identifier les risques pouvant
avoir une incidence significative sur les comptes et
conditionne ainsi la programmation initiale des contrôles et la
planification ultérieure de la mission.
- Déterminer la nature et l’étendue des contrôles, eu égard au
seuil de signification.
- Organiser l’exécution de la mission afin d’atteindre l’objectif
de certification.
Les normes du rapport
• Normes applicables aux rapports concernant
l’expression de l’opinion de l’auditeur sur les comptes
annuels.
- Le commissaire aux comptes certifie que les comptes
annuels sont réguliers et sincères et donnent une image
fidèle du patrimoine et du résultat des opérations de
l’exercice écoulé.
- Il précise dans son rapport qu’il a effectué les diligences
estimées nécessaires selon les normes de la profession.
- Les comptes annuels sont annexés au rapport.
- Lorsqu’il certifie avec réserve ou refuse de certifier, il
expose clairement les motifs.
Modèle du rapport général
En exécution de la mission qui m’a été confié par votre assemblée générale du ………., je vous
présente mon rapport sur :
• Le contrôle des comptes annuels de la société …..tels qu’ils sont annexés au présent rapport.
• Les vérifications et informations spécifiques prévues par la loi, relatives à l’exercice clôturé le
……
I- Opinion sur les comptes annuels:
J’ai procédé au contrôle des comptes annuels en effectuant les diligences que j’ai estimé
nécessaires selon les normes de la profession.
Je certifie que les comptes annuels sont réguliers et sincères et donnent une image fidèle du résultat
des opérations de l’exercice écoulé ainsi que celle de la situation financière et du patrimoine de
la société à la fin de cet exercice.
II- Vérifications et informations spécifiques:
J’ai également procédé, conformément aux normes de la profession, aux vérifications spécifiques
prévues par la loi.
Je n’ai pas d’observations à fournir sur la sincérité et la concordance avec les comptes annuels des
informations données dans le rapport de gestion du conseil d’administration et dans les
documents adressés aux actionnaires sur la situation financière et les comptes annuels.
Fait à
Le
Signature
Application
Dahbi PDG et actionnaire principal de la SA «RATBA » a demandé au
cabinet comptable « Barmaki » d’effectuer une révision comptable des états de
synthèse de son entreprise au 31-03-N. Monsieur Dahbi souhaite que cette
mission soit terminée rapidement de manière à pouvoir présenter les comptes
audités à la banque pour lui solliciter un prêt important.
Le cabinet comptable a immédiatement accepté la mission et s’est engagé à
remettre son rapport dans les deux semaines, Dahbi lui paiera des honoraires
fixes, augmentés d’une prime si le prêt sera accordé par la banque.
Le cabinet compte un effectif limité, deux étudiants ont été recrutés
ponctuellement pour effectuer la révision. Monsieur Barmaki en quelques
heures, leur a résumé le travail à effectuer, qui devrait consister
essentiellement en la vérification mathématique des soldes, le pointage de la
balance générale avec les états financiers et une analyse du contenu des états.
Les étudiants ont suivi les conseils de l’ expert comptable et lui remirent 10
jours plus tard les états financiers sans aucune note annexe. Barmaki procède
à une relecture de ces états et établit un rapport sans réserves. Le rapport ne
fait pas référence aux principes comptables généralement admis.
Quels sont les normes que Monsieur Barmaki n’a pas respecté ? Et par quelles
actions a-t-il montré cet irrespect?
Corrigé de l’application: Normes d’audit – SA : RATBA
Norme de révision Actions de Monsieur Barmaki montrant un irrespect des normes
1- Normes applicables
à l’auditeur
Compétence Recrutement de deux étudiants pour les engager immédiatement pour une
mission d’audit: Manque de formation et d’expérience. Des assistants auraient pu
être rajoutés à l’équipe. Le travail devrait être supervisé et contrôlé.
Indépendance Barmaki n’est pas indépendant en raison du système de paie convenu,
comportant une prime sur prêt. Cette manière de rémunération influence l’auditeur
et pourrait remettre en cause son objectivité.
2- Normes de travail
Planification et
suspension des travaux Barmaki a accepté la mission sans avoir le personnel compétent pour l’exécuter.
Aucune planification n’a été faite. Pas de programme ni supervision.
Analyse et évaluation
du contrôle interne Barmaki n’a pas étudié les procédures au sein de l’entreprise. Le travail effectué
ressemble plutôt à une assistance qu’à un audit des comptes.
Constitution d’un
dossier et justification Barmaki n’a acquis aucune preuve justifiant la sincérité des comptes, il a
de l’opinion simplement vérifié l’exactitude mathématique des soldes. Aucun test de validation
ni de cohérence n’a été appliqué. L’ETIC n’a pas fait l’objet de contrôle.
3- Rédaction du rapport
Le rapport rédigé ne fait pas référence aux principes comptables.
Il contient une opinion de certification sans réserves, sans aucune force de
démonstration pour l’approuver, vu la légèreté des méthodes suivies pour
l’accomplissement de cette mission.
Approche générale d’audit
- Première phase: Prise de connaissance et
planification de la mission.
- Deuxième phase: Documentation et
évaluation du contrôle interne.
- Troisième phase: Examen des comptes et
formulation de l’avis.
Phase 1: Prise de connaissance et planification
de la mission
- Prise de connaissance de la documentation
I: Travaux externe de l’entreprise.
préliminaires - Réglementation professionnelle.
- Eléments de comparaison inter-entreprises
- Entretien avec les responsables de l’Ese.
II: Prise de contact - Visite des lieux.
Avec l’entreprise - Prise de connaissance de la documentation
Interne.
III: Orientations - Mise en forme du dossier permanent.
et planification - Analyse des risques et définitions des objectifs.
de la mission - Mise au point du programme d’intervention.
Phase: 2: Documentation et évaluation du
contrôle interne.
- Utilisation des Flow-charts
Saisie des procédures
ou du manuel des procédures
- Tester quelques opérations pour
Tests de conformité s’assurer de la comprhension.
Evaluation préliminaire Points forts Points faibles
S’assurer que
Tests de permanence les forces sont Evaluer les
appliquées conséquences
Evaluation définitive
Incidences sur les documents de synthèse
Phase 3: Examen des comptes et formulation de l’avis
Evaluation définitive du contrôle interne
Points forts Points faibles
Adaptation du
programme
Tests complémentaires
Adaptation du
programme
Programme minimum Accroissement
des sondages
Achèvement de l’audit: options comptables, événements post-clôture,
revue de quelques procédures
Emission de l’opinion
Influence de l’environnement sur une
mission d’audit
Dans le cadre du contrôle des comptes de la SA «SAT», société cotée en bourse, vous avez relevé
un certain nombre de renseignements qui pourront orienter votre mission. C’est la 1 ère fois que votre
cabinet est chargé d’auditer les comptes de cette société. Vous avez ce contrat de révision suite à un
désaccord de la société avec le précédent expert-comptable sur la valorisation des stocks et
certaines opérations en chevauchement d’un exercice à l’autre. La société a connu une expansion
rapide au cours de ces dernières années, elle a absorbé un certain nombre de petites sociétés, cette
évolution est à l’opposé de la tendance de stagnation que connaît le secteur d’activité. Le bénéfice
de la société a augmenté à un niveau nettement supérieur à la branche. Le dynamisme de l’Ese
s’explique essentiellement par l’agressivité commerciale de son dirigeant qui recrute des jeunes
cadres rémunérés à un fixe faible augmenté par des primes d’intéressement. Le système comptable
semble peu adapté. Le dirigeant ne lui attache pas une grande importance. Le personnel comptable
est moins rémunérés que le reste. La comptabilité sera informatisée bientôt, mais la priorité est
accordée aux services de marketing et de production.
L’Ese a un faible ratio d’autonomie financière. Cette situation s’explique par le fort endettement
surtout à court terme et la faiblesse des réserves. Le bénéfice est toujours distribué dans sa quasi-
totalité. L’Ese travaille avec certaines sociétés dans lesquelles le dirigeant possède des intérêts. Le
CA de l’Ese a connu une stabilité cet exercice alors que la société vient d’absorber d’autres sociétés
qui devraient normalement participer à l’amélioration des ventes
Quels sont les éléments préoccupants qui retiennent votre attention?
Quels sont les contrôles particuliers et dans quels secteurs les effectuez-vous pour juger les états
financiers?
Eléments Raisons des Contrôles à effectuer
préoccupants préoccupations
1- Société faisant - Réglementation très Revue de la réglementation relatives aux
appel à l’épargne stricte de la COB. sociétés cotées en bourse.
publique Le dirigeant n’est pas Liste des associés pour connaître la répartition
forcément l’actionnaire du capital
principal.
2- Première Méconnaissance de la Prise de connaissance extensive, par
révision de cette société et de ses l’intermédiaire des dossiers de travail et des
société effectuée particularités discussions avec le précédent réviseur. Etude
par le cabinet complète des procédures comptables et de
contrôle interne de l’entreprise.
3- Désaccords de Risque de non respect Revue des principes comptables et si possible
la direction avec de certaines règles discussion avec le précédent réviseur sur les
le précédent comptables. point qui avaient été en conflit.
réviseur. Les entreprises suivent
4- Expansion de en général leur Une vigilance plus grande devait être portée
l’entreprise secteur, la disparité par l’auditeur pour s’assurer que les
malgré la peut signifier des performances atteints sont réels.
stagnation de tout erreurs dans les états
le secteur financiers. Contrôle sérieux des ventes, des
5- Intéressement Volonté importante des recouvrements des créances et des avoirs
important des cadres de réaliser du accordés au début de l’exercice suivant.
cadres CA et du profits qui
pourraient être irréels
6- Faible adaptation du Risque d’erreurs et Vérification plus détaillée des écritures.
système comptable et de fraudes dans les
mauvaise rémunération et enregistrements.
qualification des comptables
7- Prochaine informatisation Risque de faiblesses Revue complète du futur système
du système, sans lui dans l’établissement informatique et simulations d’essaie pour
accorder l’importance par des programmes et s’assurer de sa fiabilité.
rapport aux autres fonctions de leur exécution.
Contrôle approfondi des produits et
8- Faiblesse du ratio Risque de cessation charges, mention des difficultés de
d’autonomie financière par de paiements et de trésorerie dans le rapport avec éventuelle
importance des dettes à distribution de mise en question de la continuité
court terme et faiblesse des dividendes fictifs. d’exploitation.
réserves
9- Existence de transactions Risque d’avoir des
avec des sociétés dont le Examen détaillé des transactions.
transactions conclues
dirigeant détient des intérêts dans des conditions
anormales.
10- La société absorbée Majoration éventuelle Contrôle détaillé de ces actifs, pour juger
l’exercice précédent connaît des actifs de leur dépréciation éventuelle.
des pertes représentatifs de la
valeur d’achat.
Démarche d’audit
Schéma général:
Prise de connaissance
de l’entreprise Orientation
initiale
Orientation de la mission
Examen de contrôle interne
Evaluation et
Autres travaux intérimaires
Préparation de la mission
----------------------------------------------
Anticipation des contrôle des comptes
Inventaires physique
Modification du
Revue analytique Programme de contrôle
Orientation finale
Contrôle des comptes Finalisation de la mission
Bouclage Conclusion
Synthèse
Rapport
SYSTEMES COMPTABLES ET CONTRÔLE INTERNE
LA DIRECTION DE L’ENTREPRISE EST RESPONSABLE DU MAINTIEN
D’ UN SYSTEME COMPTABLE ADEQUAT COMPORTANT DIVERS
CONTROLES INTERNES QUI CONVIENNENT A LA NATURE D’ACTIVITE
ET A LA TAILLE DE L’ENTREPRISE.
L’AUDITEUR DOIT ETRE CERTAIN QUE LE SYSTEME COMPTABLE
EST ADEQUAT ET QUE TOUS LES RENSEIGNEMENTS FINANCIERS
QUI DOIVENT ETRE CONSIGNES L’ONT EFFECTIVEMENT ETE.
SYSTEMES COMPTABLES ET CONTRÔLE
INTERNE
L’auditeur doit acquérir une connaissance du
système comptable et de contrôle interne qui lui
sont reliés et il doit étudier et évaluer le
fonctionnement des contrôles internes sur lesquels
il compte s’appuyer pour définir la nature,
l’étendue et le calendrier des autres procédures de
vérification.
L’appréciation des procédures du
contrôle interne
• Notion:
Le contrôle interne est constitué par l’ensemble des mesures de contrôle et procédés que
la direction définit, applique et surveille sous sa responsabilité afin d’assurer:
- La fiabilité des enregistrements comptables et celle des états de synthèse.
- La protection du patrimoine.
- La conduite ordonnée et efficace des opérations de l’entreprise.
- La conformité des décisions avec la politique de la direction.
• Aspects:
La définition ci-dessus met en relief deux aspects distincts du contrôle interne
- Le contrôle interne a une incidence directe sur les comptes quand il a pour objectif
d’assurer:
* La protection du patrimoine et des ressources de l’entreprise.
* La fiabilité des enregistrements comptables.
- Le contrôle interne est sans incidence directe sur les comptes de l’entreprise quand il a
pour objectif:
* Le respect de la politique de la direction et de contrôle de l’application de ses instructions.
* L’amélioration des performances et de l’efficacité opérationnelle.
Incidence directe sur Fiabilité des enregistrements comptables
la sincérité des Audit financier
comptes Protection du patrimoine
Sans incidence Application des instructions de la Audit opérationnel
directe sur les direction
comptes Amélioration des performances
Les opérations de l’entreprise sont très souvent répétitives, le contrôle interne doit
donner l’assurance que:
-Toutes les transactions comptabilisées sont réelles et autorisées: ( REALITE).
- Toutes les transactions réalisées par l’Ese sont comptabilisées: ( EXHAUSTIVITE).
- Toutes les transactions enregistrées par l’Ese la concernent effectivement:
(APPARTENANCE EFFECTIVE).
- Toutes les transactions sont valorisées avec exactitude: ( Exactitude D’EVALUATION).
- Toutes les imputations comptables sont correctes: ( PRESENTATION ET INFORMATION).
Moyens d’un bon contrôle interne:
- Séparation des fonctions.
- Définition des procédures.
- Système de preuve.
- Autres éléments: ( Eléments matériels, qualification du personnel, supervision,….)
Typologie des fonctions: Séparation des tâches
Quatre grandes catégories de fonctions peuvent être
distinguées dans une entreprise:
- Fonctions de décision ou opérationnelles.
- Fonctions de détention des valeurs et des biens.
- Fonctions d’enregistrement.
- Fonctions de contrôle.
Pour une meilleure transparence et efficacité des
enregistrements, l’entreprise doit veiller à la séparation
de ces fonctions
Contrôle de séparation des tâches
incompatibles
Pour chaque collaborateur, il sera utile de connaître les tâches dont il est chargé et de
vérifier le non cumul des fonctions incompatibles.
Ce tableau doit être établi pour chaque collaborateur
Tâches accomplies Fonction de
décision
Fonction de
détention
Fonction
d’enregistrement
Fonction de
contrôle
Une note d’observation doit être établie pour constater les incompatibilités
à éliminer , énumérer les risques éventuels et faire des recommandations
Définition des procédures
Les procédures de l’entreprise doivent être clairement définies de sorte à
préciser:
-Les pouvoirs, les responsabilités et les rôles de chacun.
-Les personnes autorisées à engager l’entreprise.
-Les modalités de circulation, de traitement et de classement des
informations.
-Les méthodes d’enregistrement.
-La périodicité, la forme et les destinataires des différentes synthèse
( comptes, budgets,…)
-Le système de preuve.
D’autres éléments contribuent au renforcement du contrôle interne:
-Les moyens matériels de protection(Coffres forts, code d’accès,...)
-La qualification du personnel.
-La supervision qui doit être systématisée(Contrôle de conformité, contrôle à
priori ou à posteriori,…)
Symboles utilisés pour la description des
circuits des opérations
Classement définitif
Une lettre dans le triangle définit le mode de
classement:
- A: Alphabétique.
- N: Numérique.
Classement provisoire - C: Chronologique
Registre ou fichier:
Grand livre,tarif,
livre d’inventaire
……………………..
Bande magnétique Disque magnétique
Traitement ou opération
administrative: Faire une
Carte perforée description brève avec si
nécessaire renvoi en bas de page
Création d’un document:
Facture, bulletin de paie
pièce de caisse,…………….
Traitement à
distance Point de départ d’un circuit
placé au dessus du document
initial
Circulation physique d’un
document
Renvoi à une autre page à un
symbole identique portant la même
lettre
Sortie du circuit: Alternative ou décision ou
Envoi aux clients et embranchement
fournisseurs ou autres
Renvoi en bas de page
Flow chart : Application
Description partielle d’un circuit «Ventes»:
Le service réception des commandes de l’entreprise « SA TARAFA »
reçoit les commandes des clients soit par courrier soit par simple telex ou
téléphone. Il duplicate le bon de commande reçu, il garde la copie,
envoie l’original au service expédition, qui doit vérifier l’état des stocks et
saisir le service achats en cas d’insuffisance des stocks.
Le service expédition prépare les commandes en établissant un bon de
livraison comprenant: la date d’expédition, les quantités livrées et la
signature du chef magasinier. Un bon de livraison est envoyé au service
facturation qui doit établir une facture en quatre exemplaires: L’originale
est envoyée au client, une copie est adressée au service de comptabilité
générale, une autre est envoyée au magasinier pour actualisation de son
état de stock et la dernière est adressée au service recouvrement des
créances clients……………………………………………………….
Présentation en diagramme vertical
Description narrative Description graphique
Réception des commandes Courrier
Etablissement de copie Téléphone, Télex
Expédition
Vers le service achats Bon d’expédition
Date,quantités Préparation et envoie
En cas de commandes et signature des colis
incomplètes
Etablissement des factures Inventaire
permanent
Correspondance Comptabilité
entre les bons Facture
générale
de commande 4
Et les factures
Service Client
recouvrement
Présentation en diagramme horizontal
Service commande Service expédition Service facturation
Courrier Télex ou téléphone
Numéro de
Commande
Noté sur
Bon de livraison La facture
Date d’expédition
Quantités
Bon de expédiées
commande
Comptabilité
générale
Inventaire
Envoie des colis permanent
aux clients
Facture
Client
Recouvrement
Méthodologie d’évaluation du contrôle interne
Prise de connaissance
des procédures
Description des procédures
Vérification de l’existence
des procédures
Evaluation préliminaire
du contrôle interne
Points forts théoriques Points faibles théoriques
Vérification du fonctionnement Estimation de l’incidence des
faiblesses
Non
Faiblesses
Oui
Forces
Evaluation définitive
Du contrôle interne
Orientation du programme de
contrôle interne
Utilisation du contrôle interne pour la révision des comptes
de trésorerie
A l’aide du directeur financier de la « SA ARC » vous avez analysé les procédures du contrôle
interne et vous avez relevé les remarques suivantes:
La secrétaire du directeur général, une fois le courrier ouvert, transmet immédiatement les titres
de paiement(chèques et effets) au responsable des comptes clients,Monsieur Drissi, qui est
chargé de tenir le journal de banque et d’effets à recevoir.
A la réception des chèques, Drissi établit un bordereau de remise en deux exemplaires, qui servira
de base à l’enregistrement au journal de banque. Les effets après leur enregistrement sont
conservés dans un échéancier chez Monsieur Drissi dans un portefeuille placé sur son bureau.
Les effets peu avant l’échéance et les chèques sont envoyés à la fin de chaque semaine par
Drissi à la banque.
Le directeur financier reçoit directement le double des bordereaux de remise, de même que le
relevé bancaire. Il effectue régulièrement un rapprochement des différents comptes de banque.
Chaque mois Drissi transmet au responsable de centralisation, une pièce comptable mentionnant
le total mensuel du journal banque-recettes pour l’enregistrement au journal général et sur le
grand livre.
Quelles sont les forces du système? Quels tests de permanence effectueriez-vous?
Quelles sont les faiblesses du système? Quels contrôles incluriez-vous dans votre programme de
travail?
Corrigé
Le système de l’entreprise souffre de beaucoup d’insuffisances, il n y a en fait qu’une seule force.
1) Force: Le directeur financier reçoit le double de l’avis de remise et rapproche régulièrement le
compte bancaire.
Test de permanence: Vérifier ponctuellement que cette procédure est suivie, et que des
rapprochements existent pour chaque mois. Contrôler dans le détail un rapprochement bancaire.
Vérification de la centralisation mensuelle.
2) Faiblesses et contrôles à effectuer:
a) Faiblesses principales:
- Aucun enregistrement préalable n’est effectué des recettes (effets et chèques) pour contrôler
qu’elles sont toutes remises en banque et portées au bon compte client.
- Aucune séparation de fonctions n’existe entre le responsable des comptes clients (fonction
d’enregistrement) et le responsable du compte banque-recettes (fonction de trésorier).
b) Faiblesses annexes:
Mauvaise gestion de trésorerie. Les chèques devraient être remis plus régulièrement à la banque.
L’échéancier des effets devrait être tenue en relation avec la trésorerie de l’Ese, pour
éventuellement envisager l’escompte. Les effets devraient être conservés dans un coffre ou tout
au moins un tiroir à clé.
c) Contrôles à effectuer:
Au vu de l’importance de la faiblesse principale, le réviseur devrait effectuer un contrôle inopiné
des encaissements. Le réviseur devra établir une liste des chèques et effets. Cette liste sera
confrontée aux enregistrements effectués par Monsieur Drissi pour s’assurer :
- Que tous les titres de paiement ont été enregistrés et remis à la banque.
Contrôles à effectuer
(Suite)
- Que les comptes clients concernés ont été correctement crédités.
Le réviseur devra par ailleurs:
- Vérifier de manière approfondie les comptes clients pour s’assurer
qu’il n’y a pas de retard de règlement.
- Comparer les dates d’enregistrement avec les dates sur les relevés
de banque.
A la fin de l’exercice:
- Une circularisation exhaustive des banques.
- Une vérification précise du compte banque sera opérée pour
s’assurer du respect du principe d’indépendance des exercices.
Techniques d’audit
Les techniques d’audit peuvent être classées par ordre de force
probante décroissante comme suit:
- L’observation physique.
- La confirmation directe par les tiers: Circularisation.
- L’examen des documents créés par l’entreprise.
- Les contrôles analytiques.
- Les analyses, estimations, rapprochements et recoupements.
- L’examen analytique.
- Les informations verbales obtenues des dirigeants
et salariés.
L’observation physique
L’observation physique est une technique d’audit utilisée
pour confirmer l’existence d’un actif.
Cependant cette technique ne permet pas de confirmer ni
la valeur ni la propriété d’un bien.
Elle peut être appliquée pour les éléments suivants:
- Immobilisations corporelles.
- Stocks.
- Titres de participation.
- Effets à recevoir.
- Espèces en caisse.
La confirmation directe ou Circularisation
Les preuves externes ont en général plus de force que les preuves internes,
c’est pour cette raison qu’en audit on fait recours à la technique de
confirmation externe, qui consiste à demander à un tiers en relation avec
l’entreprise auditée de confirmer certaines informations.
Principaux domaines concernés:
Terrains et constructions Conservation foncières
Brevets et marques Propriétés industrielles
Créances Clients , autres débiteurs
Valeurs mobilières de placement OPCVM, Titres détenus chez la banque
Disponibilités Banques, CCP, Trésorerie générale, accréditifs
Emprunts et dettes Organismes de crédit, fournisseurs, divers
créanciers
Provisions pour risques et charges Avocats, cabinets d’assurance, conseils
Engagements hors bilan Nantissement, Avals, garanties de cautionnement
Processus général de circularisation
Choix de l’élément à confirmer
Etapes:
Sélection des tiers à circulariser
Echantillonnage s’il y a lieu
Préparation des lettres
Accord de l’entreprise
Partiel Total
Discussion Envoi des lettres
Oui
Oui Non Non
Résolu Relance Réponses
Non Oui
Oui
Procédures Dépouillement
alternatives des réponses
Synthèse et conclusion
La revue analytique
L’examen analytique est un ensemble de procédures de
révision consistant à:
- Faire des comparaisons entre les données résultant des
comptes annuels et des données antérieures, postérieures et
prévisionnelles de l’entreprise ou des données des entreprises
similaires, et d’établir des relations entre elles.
- Analyser les fluctuations et les tendances.
- Etudier et analyser les éléments inhabituels résultant de ces
comparaisons.
Techniques de revue analytique
- Revue de vraisemblance: elle consiste à procéder, lors du contrôle des comptes,
à un examen critique des composantes d’un solde, d’un journal,… pour identifier
celles qui sont à priori anormales:
* Compte sans intitulé.
* Libellé incohérent.
- Comparaison de données absolues:
* Par rapport à des périodes antérieures.
* Par rapport à un budget.
* Par rapport à des entreprises comparables.
- Comparaison des données relatives: Il s’agit de déterminer les pourcentages ou
des ratios qui peuvent être comparés à eux-mêmes:
- Analyse des tendances (Prédictions): Il s’agit de reprendre les
comparaisons de données absolues et relatives et de les étudier sur une
longue période pour en déduire un trend et de le comparer avec la
donnée enregistrée.
Les sondages
Les sondages sont très utilisés en audit:
- Soit lors de la réalisation des tests de fonctionnement des
procédures (Examen du contrôle interne), où l’auditeur
cherche à déterminer un pourcentage d’erreurs.
- Soit lors de l’exécution des contrôles des comptes, quand
il est confronté à une population importante (Clients,
fournisseurs,…).
L’auditeur peut employer des techniques de sondages
statistiques ou non statistiques.
Définition de l’objectif de la vérification et de
la population concernée
Non L’auditeur peut-il prendre
un risque d’échantillonnage?l
Oui
La population contient-elle des éléments clés?
Non Oui
Sélectionner les éléments clés
La vérification de ces éléments
clés est-elle suffisante?
Non Oui
Sondage sur Contrôle à 100%
Contrôle à 100% Contrôle à 100%
l’ensemble de des éléments clés
de la population Des éléments clés
la population
Sondage sur le
reste de la population
Les éléments clés:
Ce sont des éléments qui par leur valeur ou leur nature, doivent
impérativement être vérifiés par l’auditeur.
- Valeur: Solde important d’un compte représentant à lui seul x% du
total du poste à contrôler.
- Nature: Les éléments anormaux ou apparemment anormaux
( Comptes d’attente, comptes à soldes inversés, comptes à soldes
difficiles à accepter,…).
Les éléments de ce genre doivent être isolés et contrôlés à 100%.
RAPPORT ET CONCLUSION DE
L’AUDITEUR
L’auditeur doit procéder à un examen et à une
évaluation des conclusions qu’il a pu tirer des
informations probantes obtenues en vue
d’exprimer son opinion.
Dans son rapport, l’auditeur doit formuler
clairement, par écrit, son opinion sur
l’information objet de l’audit.
RAPPORT ET CONCLUSION DE L’AUDITEUR
Lorsque l’auditeur nuance son opinion défavorable
ou se récuse, il doit exposer dans son rapport, de
façon claire et précise, toutes les raisons qui
justifient son attitude.
ETENDUE DE L’AUDIT FINANCIER
L’auditeur détermine normalement l’étendue du travail
de vérification des états financiers eu égard aux
exigences de la loi, aux règlements ou aux règles
édictées par les organismes professionnels.
La vérification doit être organisée de façon à ce que
tous les aspects de l’entité ayant une influence sur
les états financiers à vérifier soient couverts.
Pour exprimer une opinion sur les états financiers,
l’auditeur doit acquérir un degré raisonnable de
certitude que l’information contenue dans les
registres comptables et les autres sources de
données constituent une base fiable et suffisante
pour la préparation des états financiers.
Pour se faire une opinion, l’auditeur doit déterminer
si l’information est pertinente et correctement
reflétée dans les états financiers.
L’auditeur doit:
- Faire une étude et une évaluation des systèmes
comptables et du système de contrôle interne pour
déterminer si les registres comptables et les autres
sources de données sont fiables et suffisantes.
- Procéder à des sondages et des demandes de
renseignements et de vérifications portant sur les
opérations comptables et les soldes des comptes
qu’il juge nécessaires pour s’assurer de la régularité
des enregistrements.
L’auditeur doit faire appel à son jugement professionnel.
Avant d’exprimer une opinion sur les états financiers,
l’auditeur met en œuvre les procédés qui ont pour but
de lui permettre d’acquérir un degré raisonnable de
certitude que les états financiers sont exempts de
tout défaut important;
Toute limitation du travail de vérification des états
financiers qui nuit à la capacité du vérificateur
d’exprimer une opinion sans restriction sur ces états
financiers doit être mentionnée dans le rapport du
vérificateur et ce dernier doit exprimer une
restriction ou un déni de responsabilité, selon les
circonstances.
Documents de l’Audit Financier
• Dossier permanent
• Dossier exercice
• Questionnaire de prise de connaissance générale
• Plan de mission
• Guide d’examen de contrôle interne
• Programme de contrôle
• Lettres de confirmation
• Questionnaires de bouclage
• Note de conclusion
Dossier permanent
• Fiche signalétique de l’entreprise
• Aspects juridiques:
- Structure juridique.
- Statuts et registre de commerce.
- Répartition du capital social.
- Mandats des dirigeants.
- Régimes et particularités fiscales.
- Régimes et particularités sociales.
Aspects économiques, financiers et
comptables
ECONOMIQUES:
• Secteur et type d’activité.
• Produits et marchés.
• Dépendances économiques amont et aval.
• Cycles et moyens d’exploitation.
FINANCIERS:
• Comptes et résultats comparés.
• Bilans et CPC comparés.
• Ratios et indicateurs d’exploitation.
Aspects Comptables
Historique capital et réserves.
Historique des provisions.
Historique des emprunts et dettes
Historique des immobilisations
Historique des créances
Méthode de calcul des amortissements.
Méthode d’évaluation des stocks.
Méthode de calcul des provisions.
Organisation comptable, procédures et contrôle interne.
Synthèse
Organigramme et système d’information.
Descriptifs : Tableaux de séparation de fonctions.
Questionnaire de prise de connaissance
générale de l’entreprise
Le guide de connaissance générale de l’entreprise est présenté sous forme
d’un questionnaire qui doit être structuré selon l’organigramme de
l’entreprise auditée.
Les réponses sont à porter dans la zone « Commentaires »
Si des développements sont nécessaires, la référence aux feuilles de travail
concernées est portée en colonne « Référence ».
Le bas de page est réservé à la mention des points importants (Points forts,
faiblesses et risques).
La dernière page du questionnaire regroupe ces différents points pour en
tirer les conséquences sur l’orientation de la mission.
Dossier: Date: Référence
Nature du travail : Connaissance générale de l’entreprise
Fonction Direction générale Folio:
Intervenant
1- Organisation de la direction générale
Quels sont les dirigeants de l’Ese:
•Nom et prénom:
•Date de naissance:
•Situation familiale:
•Part dans le capital:
2- Données historiques:
•Formation des dirigeants:
•Les fondateurs sont-ils dirigeants?
•Année d’entrée dans l’entreprise:
3- Données relationnelles:
•Activités du dirigeant autres que la direction de
l’entreprise.
• Rôle social important ( Commune, ville,
association,…)
4- Caractéristiques de la direction:
•Dépendance vis à vis d’un groupe.
•Dépendance vis à vis de l’étranger.
• Existe-il un problème de succession?
Dossier Date: Référence:
Nature du travail: Connaissance générale de l’entreprise Folio:
Fonction: Direction générale Intervenant:
5- Rémunération et liens patrimoniaux:
•Le dirigeant est-il le seul maître de sa rémunération?
•Décrire le système de rémunération du dirigeant et de ses
membre de famille:
Salaire
Intéressement et gratifications
Avantages
Autres
*Le dirigeant a-t-il d’autres sources de revenus?
*Les associés dirigeants participent ils au financement de
l’entreprise?
Avances durée de blocage Taux de
rémunération
Le dirigeant a-t-il consenti des sûretés personnelles ou réelles au
profit de l’entreprise?
6- Informations et contrôles exercés par la direction:
* La direction établit des états intermédiaires de gestion?
Périodicité
Fiabilité
La direction dispose t-elle d’un tableau de bord de gestion?
Contenu type d’un plan de mission
I- Présentation de l’entreprise:
• Dénomination
• Structure
• Historique
• Activité et comparaison avec les concurrents
• Localisations
• Date de clôture
II- Informations comptables:
• Budgets et comptes prévisionnels
• Réalisations, comparaisons pluriannuelles
• Particularités du système comptable
• Principes comptables suivis
III- Définition de la mission:
• Nature des travaux des autres auditeurs.
• Nature de la mission
IV- Systèmes et domaines significatifs
• Seuil de signification
• Fonctions et comptes significatifs
• Zones de risques identifiées
• Contrôles significatifs à effectuer
Contenu type d’un plan de mission (Suite)
• Appréciation du contrôle interne
• Travaux particuliers
• Confirmations directes
• Inventaires physiques
• Assistance de spécialistes ( Informaticiens, fiscalistes, ….)
• Documents à obtenir
VI- Equipe et budget:
VII- Planification:
• Répartition des travaux avec les autres auditeurs et confrères
• Dates d’intervention par étape
• Liste des rapports et documents à émettre avec leurs dates limites
Contrôle des cycles
- Cycle: Trésorerie.
-Cycle: Achats / Fournisseurs.
- Cycle: Ventes / Clients.
-Cycle: Investissement / Immobilisations.
- Cycle: Emprunts.
- Cycle: Paie / Charges sociales / Personnel.
- Opérations diverses
D’autres cycles peuvent être identifiés, leur nombre
dépend de la taille de l’entreprise et de son organisation
comptable.
Audit du cycle Clients/ Ventes
Cas Pratique
Cas: SA FRAM
Anomalies relevées
Contrôles à effectuer
Contrôle des comptes clients
Vous êtes chargé par la SA « FARM » de réviser les comptes de l’exercice N.
Le circuit des ventes de cette société a attiré votre attention (Voir annexe 1).
Après avoir analysé ce circuit et déterminé ses points faibles, vous vous êtres attaché au
contrôle du poste clients, dont quelques éléments vous sont indiqués en annexe 2.
Préciser les principales anomalies qui attirent votre attention.
Vous indiquerez quels sont les contrôles à effectuer afin de vous assurer de la sincérité
des valeurs retenues dans les comptes clients. Si vous utilisez une méthode de sondage,
vous expliquerez la procédure utilisée.
Annexe 2: Eléments indicatifs des comptes clients au 31-12-N:
Débit Crédit
Clients 4 831 992
Clients effets à recevoir 1 441 998
Provisions pour dépréciation des clients 105 000
Etat TVA facturée 1 130 185
Ventes 58 092 500
Il n’y a pas d’effets escomptés non échus au 31-12-N.
Toutes les ventes sont taxées à 20%.
L’entreprise est un déclarant mensuel de la TVA suivant le régime des encaissements.
Diagramme de circulation des documents relatifs aux ventes
Client Service Secrétariat Service Comptabilité Signification
commercial magasin des signes
Bon de A A Archive
commande
1
Bon de
A Livraison
Transmission
2
Projet de Des documents
facture
Facture
Etablissement
de documents
Compte
Règlement clients
Corrigé: Cas SA RRAM
Examen critique du diagramme de circulation des documents:
- Bon de commande:
• Aucun traitement exécuté (enregistrement à l’arrivée, acceptation des
quantités, des prix et des conditions de règlement).
• Aucun document de suivi pour l’exécution de la commande client.
- Bon de livraison:
• Manque un exemplaire pour le service magasin (Justification des soldes
physiques).
- Facture:
• Absence de rapprochement entre le bon de livraison et la facture établie.
• Prix non vérifiés.
- Règlement:
• Absence d’enregistrement par le secrétariat ( Risque de détournement).
Quelques anomalies
• La TVA facturée n’est pas en harmonie avec les créances figurant au Bilan.
- TVA qui ressort des soldes des créances:
( 4 831 992 + 1 441 998 ) x 20% = 1 045 665 dh
1,20
- TVA figurant au passif du Bilan 1 130 185 dh
Différence 84 520 dh
Cet écart peut être la conséquence d’une TVA non déclarée: Risque fiscal, ou d’une
créance non reportée sur les comptes clients: Risque de détournement ou tout
simplement de report
Créance manquée: 84 520 x 1,20 = 507 120 dh.
0,20
• Le relevé fait apparaître une provision sans présence d’un compte clients douteux
ou litigieux. Il convient donc de s’assurer s’il s’agit d’une provision non annulée
relatives à des créances douteuses soldées ou tout simplement d’une erreur de
respect des règles comptables: le comptable déprécient les créances en souffrance
sans les reclasser en clients douteux ou litigieux.
Contrôles à effectuer:
- Contrôles indiciaires:
Comparaison de l’évolution du solde du poste clients.:
* D’une année sur l’autre.
* En rapprochement avec l’évolution du chiffre d’affaires et des conditions de
paiements des clients.
- Contrôles physiques:
* Inventaire du portefeuille des effets à recevoir.
- Contrôles mathématiques:
Rapprochement des totaux et soldes.
* Avec le compte collectif.
* Avec le Bilan (Non compensation des soldes).
Examen des reports de folios en folios.
* Avec contrôle des additions (Par sondage).
Sondages de conformité:
Compte tenu des insuffisances relevées lors de l’examen du circuit des documents:
Rapprochement:
• Des bons de commande (A numéroter)
• Des bons de livraison (A numéroter)
Par sondage
• Des factures.
• Des bons de livraison et des sorties de stocks (Par sondage).
(En particulier le respect du principe de séparation des exercices).
Vérifications directes:
• Contrôle des comptes avec les pièces justificatives correspondantes (Factures,avoirs, relevés).
• Circularisation des tiers. (Par sondage).
Contrôles par analyse:
- Analyse:
• Des comptes créditeurs.
• Des comptes par date d’âge (Appréciation des provisions constatées).
- Analyse des bordereaux avoir, des remises consenties et rapprochement avec les comptes.
Les sondages:
L’utilisation des techniques de contrôle par sondages dans une mission de révision est une nécessité pour:
* La circularisation des tiers.
• Le sondage de conformité.
Technique à utiliser:
• Stratification des comptes clients en deux ou trois catégories par importance.
• Détermination de la taille de l’échantillon en fonction des catégories.
Contrôles des stocks
Vous êtes chargé de réviser les comptes de la SA BLAD au titre de
l’exercice N. La société a pur activité la fabrication industrielle des
articles de plomberie, elle possède des intérêts dans deux sociétés
ATAM et BATI dont l’activité est voisine de celle de la société BLAD.
Cependant la propriété des titres de ces deux sociétés n’est pas
nécessaire à l’exploitation de la société BLAD.
Les états financiers au 31-12-N de la société vous sont présentés en
annexe 1 et 2.
Parmi les contrôles à exécuter, vous avez inclus, dans votre
programme de travail, celui des stocks.
Décrivez les opérations qui entrent dans le processus, les méthodes à
employer, les précautions à prendre pour émettre un avis sur le
caractère fiable ou non de l’inventaire des stocks.
Dans votre réponse, vous aborderez notamment les problèmes
soulevés par le contrôle physique des stocks
Bilan : SA BLAD au 31-12-N (En milliers de dh)
Actif Val brutes Val Passif Val nettes
Amort / Prov nettes
Immobilisations incorporelles: 20 10 Capital social 3000
- Amortissements -10 Prime d’émission 600
Immobilisations corporelles: Réserve légale 170
Terrains 500 500 Autres réserves 1270
Constructions 2360 1920 Résultat net de l’exercice 268
- Amortissements -440 Provisions réglementées 360
Inst Tech Matériel et outillage 4450 3160 Autres dettes de financement 4340
- Amortissements -1290 Fournisseurs et comptes
Matériel de transport 820 370 rattachés 5368
-Amortissements -450 Etat créditeurs 876
Autres immob. Corporelles: 210 40 Autres dettes du passif 4458
- Amortissements -170 circulant
Immobilisations en cours 200 200
Immobilisations financières:
Titres de participation 1430 1430
Stocks 8220 8220
Réalisables et disponible 4860 4860
Total général 20 710 Total général 20 710
CPC au 31-12-N en milliers de dh
Postes Montants
I- Produits d’exploitation:
Ventes de biens et services 53 370
Variation des stocks de produits 430
Total I 53 800
II- Charges d’exploitation:
Achats consommés des matières et fournitures (1) 19 020
Autres charges externes 4780
Impôts et taxes 140
Charges de personnel 26 260
Dotations d’exploitation 1190
Total II 51 390
2 410
III- Résultat d’exploitation -----------
1 350
IV- Produits financiers -1 350
V- Charges financières 1 060
VI- Résultat financier - 400
VII- Résultat courant 392
VIII Résultat non courant 268
Impôts sur résultat
Résultat net de l’exercice
(1) Achats de matières premières : 19 450
Variation des stocks des matières premières : - 430
Corrigé cas: SA BLAD
Le contrôle des stocks est indispensable, il s’effectue en deux temps:
- Opérations matérielles de recensement.
- Evaluations et chiffrages.
1- Opérations matérielles de recensement:
La qualité de l’inventaire des stocks repose essentiellement sur la valeur des procédures
appliquées pour le récolement des existants. Le réviseur aura donc:
• A prendre connaissance, ou mieux à participer à la rédaction des notes de service et à en
faire un examen critique destiné à localiser les possibilités d’erreurs ou de fraudes que les
dispositifs décrits permettraient;
• A s’assurer de leur respect au cours des opérations d’inventaire:
Observation critique de leur déroulement, l’inventaire a-t-il lieu à la date voulus?
En fonction de ce qu’il aura constaté, il orientera ses propres contrôles qui consisteront en :
• Sondages quantitatifs.
• Rapprochement avec l’inventaire permanent.
Au préalable, il aura procédé au recensement des catégories de stocks:
• Quelles sont-elles?
• Où se trouvent les différents stocks?
• Quelle est leur importance significative?
Les stocks à l’extérieur de l’entreprise pourront faire l’objet de demandes de confirmation.
A contrario, il peut exister dans les magasins des marchandises en dépôt, n’appartenant donc
pas à l’entreprise.
Une attention particulière sera apportée à tout mouvement susceptible de provoquer un
chevauchement d’inventaire.
A l’achat: Marchandises facturées avant la date de clôture et non encore réceptionnées.
Marchandises reçues mais non encore comptabilisées.
A la vente: Marchandises livrées mais non facturées. Marchandises facturées et inventoriées.
Des problèmes juridiques peuvent se poser sur la propriété des marchandises au jour de
l’inventaire. Il doivent être résolus en fonction des conditions de vente convenues.
2- Evaluation et chiffrage:
L’évaluation des stocks peut être contrôlée par sondage. Il s’agira de s’assurer:
* Que les méthodes d’évaluation sont conformes à celles qui ont été définies par les normes
comptables et fiscales.
* Que ces méthodes n’ont pas été modifiées d’un exercice à l’autre.
Le contrôle du chiffrage sera exécuté par sondages avec stratification.
Ne pas omettre de contrôler les reports de page à page et les récapitulations.
* Vérifier la prise en compte éventuelle de la sous activité.
* Vérifier le calcul des provisions pour dépréciation des stocks.
* Vérifier le calcul des provisions réglementées ( Provisions pour fluctuation des cours).
Le principe d’indépendance des exercices
En tant que commissaire aux comptes de la SA AFAR, vous avez assisté à son inventaire physique qui s’est tenu les 30 et 31
décembre de l’année N.
Cette société est spécialisée dans les équipement des bateaux en planches à voile, à l’inventaire de l’exercice N, elle dispose
de 3 000 planches à voile, pour une valeur proche de 8 millions de Dh. Au moment où vous assistez vous avez pris un certain
nombre de renseignements propres au cut-off des réceptions et expéditions de marchandises. Ces informations ont été
consignées dans les tableaux suivants:
N° du bon de Date du bon de Valeur (HT) des Marchandises inclues (ou
réception réception marchandises exclues) de l’inventaire
2312 29-12-N 116 800 Dh Inclues
2313 29-12-N 27 400 Dh Inclues
2314 30-12-N 204 600 Dh Exclues
N° du bon Date du bon Prix de vente (HT) Prix de revient Marchandises inclues (ou
d’expéditi d’expédition de l’expédition (HT) de exclues) de l’inventaire
on l’expédition
8626 29-12-N 127 750 Dh 87 800 Dh Exclues
8627 30-12-N 322 400 Dh 249 100 Dh Exclues
8628 31-12-N 96 400 Dh 67 300 Dh Exclues
8629 31-12-N 288 400 Dh 200 400 Dh Inclues
Suite: Principe de séparation des exercices
Lorsque en mars N vous revenez contrôler les états financiers de l’exercice clos au 31-12-N, vous notez les
éléments complémentaires suivants:
les factures d’achats relatives aux bons de réception 2312 à 2315 ont été enregistrées dans les charges de
l’exercice N.
le bon 2315 concerne une réception de janvier N+1 pour un montant de 458 000 Dh, qui avait été expédié
et facturé en décembre N mais dont la livraison avait été retardée chez le transporteur du fournisseur. Cette
somme n’a pas été incluse par régularisation dans les stocks de la société.
Toutes les factures d’achats correspondant aux bons 2316 et suivants ont été comptabilisées sur l’exercice
N.
les bons d’expédition 8626 et 8627 ont fait l’objet d’une facturation en N, incluse dans le chiffre d’affaires de
cet exercice.
Les bons d’expédition 8628 et 8629 n’ont pu êtrez facturés qu’en N+1 et inclus dans les ventes de N+1.
Les bons d’expédition 8630 et suivants concernent des opérations de l’exercice N+1, comptabilisées dans
les ventes de N+1.
Travail à faire:
1/ Le principe de rattachement des produits et des charges a-t-il été respecté? Sinon quel est l’effet
des erreurs sur le résultat de l’exercice?
2/ Quelle suite donneriez – vous à ces redressements, si le résultat de l’entreprise apparaissant
dans le CPC qui vous est présenté est de 1 530 000 Dh.
Corrigé : Indépendance des exercices
Le contrôle des dernières réceptions et expéditions de l’exercice et des premières de
l’exercice suivant est une vérification importante lors d’un audit.
Les bons de réception 2312 et 2313 ne posent aucun problème. Les marchandises
correspondantes ont été reçues en N, inclues dans les stocks au 31-12- N, et la facture
d’achat correspondante comptabilisée en charge.
Pour le bon de réception 2314, dans la mesure où les marchandises ont été reçues le 30
décembre N , celles-ci auraient dû être incorporées aux stocks, d’autant plus que la
facture correspondante a été enregistrée en charge de l’exercice N.
Les stocks ont ainsi été minorés de 204 600 Dh et le résultat d’exploitation d’autant.
La facture relative au bon de réception N° 2315, n’aurait pas dû être comptabilisée en
charge, dans la mesure où cette marchandise n’a pas été réceptionnée en décembre N,
et pas incluse dans les stocks de fin d’exercice.
Les charges de l’exercice N ont donc été majorées de 458 000 Dh et le résultat
d’exploitation a été minoré d’autant.
Les marchandises correspondant aux bons d’expédition 8626 et 8627 ont fait l’objet
d’une exclusion des stocks, ce qui est normal, mais la facture correspondante aurait dû
être comptabilisée en N. le chiffre d’affaires a donc été minoré de 96 400 Dh, de même
que le résultat d’exploitation.
Suite du corrigé
En ce qui concerne l’expédition objet du bon N° 8629, les marchandises n’auraient pas
dû être inclues dans les stocks, étant sorties en N. la facture n’ayant pas été
comptabilisée en N, la minoration du résultat correspond à la différence entre le prix de
vente et le prix de revient de ces marchandises soit:
288 400 - 200 400 = 88 000 Dh.
2/ L’effet cumulé de ces écritures est une minoration du résultat de:
204 600
458 000
96 400
88 000
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847 000
Au vu de l’importance relative de cet ajustement, il sera demandé à la société de
redresser ses états financiers en conséquence.
Dans le cas où la société n’accepterait pas de le faire, une réserve serait faite dans le
rapport aux actionnaires.
Les événements survenus postérieurement à la date
d’arrêté des comptes
Après avoir complété la révision des états financiers de la SA MEDICA, Mr Adnani expert comptable, s’est
mis à réfléchir sur certains événements qui s’étaient produits après la date d’arrêté des compte de
l’exercice N et qui risquaient d’avoir une incidence sur le bilan et le CPC.
Les événements importants qui ont retenus son attention sont les suivants:
a) Le 15 janvier N+1, à la suite d’une décision du conseil des prud’hommes survenue le 10 janvier, la
société a versé 23 mois d’émoluments à un cadre supérieur qui a été licencié en février de l’année N.
Aucune provision n’a été constituée pour cette indemnité.
b) Le 25 janvier N+1, la société a pris le contrôle de l’entreprise PHARMA, une société d’activité
complémentaire. Grâce à cette acquisition elle espère augmenter de 40% son chiffre d’affaires dès
N+1.
c) Le 3 février, la société a consolidé l’ensemble de ses emprunts, par la souscription d’un emprunt de
16 millions de dh. Cette opération s’est néanmoins accompagnée d’un emprunt complémentaire de 4
millions de dh, remboursable en N+8.
d) Le 18 février, une créance de 800 000 dh, sur la société BRAD, qui avait été provisionnée à 80%, a
été réglée en raison du redressement inattendu de la société concernée.
e) Le 2 mars, un entrepôt possédé par l’entreprise à Mohammedia a été détruit par un incendie. Les
stocks qui s’y trouvaient représentaient 30% du total des stocks de l’Ese. Ils ont été totalement
perdus. La compagnie d’assurance rembourserait la valeur totale de ces stocks.
Travail à faire:
Pour chacun de ces événements indiquez le point de vérification qui aurait permis de le découvrir et
l’information éventuelle qui devrait en être faite dans le rapport de révision.
Corrigé: Cas MEDICA
Vérification ayant permis de constater l’événement Information devant être faite éventuellement dans le
rapport de révision
a/ Une lettre aurait dû être envoyée aux conseils juridiques Ce risque étant relatif à N, une écriture d’ajustement doit
de l’entreprise demandant de décrire et d’évaluer être passée par l’entreprise ( même si ce risque n’a été
l’ensemble des différents litiges et procès et opérations connue qu’après la clôture de l’exercice).
importantes encourus par la société à la date d’arrêté du Si cette écriture n’est pas enregistrée, une réserve devrait
bilan. être faite par le réviseur dans son rapport.
La des décaissements importants et anormaux entre le 31
décembre N, et la fin des travaux de révision auraient Cet événement ne change en rien les états financiers
révélé ce débours. révisés de l’entreprise, si bien qu’aucun ajustement n’est
b/ la prise de contrôle a dû être évoquée lors des nécessaire.
discussions générales que l’entreprise et l’auditeur ont Néanmoins, si les actionnaires n’en ont pas été informés
eues, de plus la décision doit figurer dans le procès verbal officiellement, mention pourrait en être faite dans le rapport
du conseil d’administration. De plus l’analyse des du réviseur.
décaissements pour la période postérieure au 31-12-N,
devrait faire apparaître cet important débours. Enfin cette
opération réclamant un acte juridique, devait être révélée
dans la lettre renvoyée par les conseils juridiques à Aucun ajustement ne s’avère nécessaire dans les états
l’auditeur. financiers, l’opération est rattachée à l’exercice N.
c/ la contraction d’un emprunt aurait pu être révélée : L’auditeur devra s’assurer qu’un plan de remboursement
est prévu, dans le cas contraire une mention doit être faite
- Dans les procès verbaux du conseil en raison de
dans le rapport ou le réviseur peut déclencher la procédure
l’importance du montant.
d’alerte.
- Dans les journaux de banque, au vu du montant élevé du
nouvel emprunt.
Cet événement important concerne directement le bilan au
d/ L’analyse des comptes clients entre le 31-12-N et la fin
31-12-N. si l’ajustement est conséquent par rapport au
des travaux de révision devrait faire apparaître ce
poste clients ou au résultat de l’exercice, un ajustement
remboursement important. Il en est de même dans le
devra être passé.
journal de banque de début de N+1.
Les dommages aux stocks étant couverts par l’assurance,
e/ L’incendie devrait normalement être évoqué par les
et l’événement s’étant produit en N+1, aucun ajustement ou
dirigeants et les cadres avec les associés, d’autant plus
réserve n’est nécessaire. Néanmoins, il ne faut pas que cet
qu’il a détruit une partie importante des stocks.
événement remette en question la continuité de
l’exploitation sinon une procédure d’alerte devrait être
déclenchée.
Mini-Cas de contrôle interne
A société « Microbureau » a pour objet la commercialisation sous sa marque de matériels informatiques
fabriqués en Belgique par un constructeur sous licence d’IBM.
Son chiffre d’affaires de 50 millions de dh est réalisé pour une majeure partie avec une vingtaine de
distributeurs de micro-informatique installés à Casablanca, Rabat, Fès, Marrakech, Agadir, Oujda, Tanger
El Jadida, Safi et Mekhnès.
Une rapide étude du contrôle interne de la société a permis de mettre en évidence les éléments suivants:
a/ Prise de commande-client:
Les distributeurs téléphonent à la société Microbureau lorsqu’ils ont besoin de matériels. Un employé,
Monsieur Triki est chargé de saisir les commandes-clients sur une liasse prénumérotée autoreproductrice en
cinq exemplaires:
•Un exemplaire pour le magasinier pour qu’il prépare la commande et tienne ses stocks à jour,
• Un exemplaire pour Madame El oirdi, chef comptable, pour la facturation,
•Deux exemplaires qui seront remis au transporteur, dont un conservé par lui et un autre présenté au client
et retourné signé par ce dernier,
•Un exemplaire conservé par Monsieur Triki pour archivage.
Lors de la prise des commandes, monsieur Triki vérifie que le produit commandé existe bien en stock. Dans
le cas contraire une procédure de réassortiment, qui n’appelle pas de remarque particulière, est lancée
auprès du fournisseur Belge.
La société Microbureau, en liaison avec un organisme d’analyse financier, a déterminé pour chaque client un
plafond de créance qu’il convient de ne pas dépasser. Le directeur financier Monsieur Hadadi détient cette
liste, régulièrement mise à jour, mais non Monsieur Triki chargé des prise des commandes.
Travail à faire:
Déterminer les faiblesse du système du contrôle interne.
Préciser les recommandations nécessaire pour l’améliorer.