Fécondation
Définition de la fécondation
C’est l’union d’un gamète mâle (spermatozoïde) et d’un gamète
femelle (ovocyte II), aboutissant à la formation d’un zygote (cellule-
œuf) qui possède un patrimoine génétique complet (2n
chromosomes).
Ce processus se déroule généralement dans le tiers externe de la
trompe utérine, appelé ampoule tubaire.
Les conditions nécessaires à la fécondation
Un sperme de qualité (nombre, mobilité, morphologie des
spermatozoïdes, pH adapté).
Un ovocyte II mature, bloqué en métaphase, entouré de la
membrane pellucide et de la corona radiata.
Une glaire cervicale filante, alcaline et riche en mucus (période
d’ovulation).
Une perméabilité des trompes utérines;
Un délai optimal entre le rapport sexuel et l’ovulation (la durée de
vie des spermatozoïdes est d’environ 48h, celle de l’ovocyte II de 24h)
Les étapes de la fécondation
1. Maturation des gamètes
Ovocyte : L’ovocyte (ou ovule) doit être mature pour être fécondé. Sa
maturation se fait dans l’ovaire sous l’influence de l’hormone FSH, puis
il est libéré lors de l’ovulation.
Spermatozoïde : Les spermatozoïdes mûrissent dans l’épididyme. Seuls
les plus mobiles et morphologiquement normaux pourront atteindre
l’ovocyte.
2. Transport et rencontre des gamètes
Transport du spermatozoïde :
Après l’éjaculation, les spermatozoïdes traversent le vagin, le col de l’utérus (où
la glaire cervicale devient plus perméable en période d’ovulation), l’utérus, puis la
trompe de Fallope grâce à leur mobilité et aux contractions utérines.
Transport de l’ovocyte :
L’ovocyte est capté par le pavillon de la trompe et progresse dans la trompe grâce
aux cils tubaires
3. Capacitation du spermatozoïde
• Dans les voies génitales féminines, les spermatozoïdes subissent la
capacitation : ils perdent certaines protéines de surface, ce qui les
rend capables de féconder l’ovocyte. Leur mobilité augmente et ils
deviennent hyperactifs.
4. Étapes de la fécondation proprement dite
a. Traversée de la corona radiata:
Les spermatozoïdes franchissent la couche de cellules folliculaires entourant
l’ovocyte grâce à l’enzyme hyaluronidase et à leur mobilité.
b. Pénétration de la zone pellucide:
Le spermatozoïde se lie à la zone pellucide (ZP) via des récepteurs spécifiques
(ZP3), déclenchant la réaction acrosomiale : libération d’enzymes (Acrosine) qui
digèrent la ZP
Réaction chromosomique
Fécondation
c. Fusion des membranes:
Un seul spermatozoïde fusionne avec la membrane de l’ovocyte, ce qui
déclenche la réaction corticale : libération de granules qui modifient la ZP
et empêchent l’entrée d’autres spermatozoïdes (blocage de la
polyspermie).
d. Achèvement de la méiose de l’ovocyte:
L’ovocyte, bloqué en métaphase II, termine sa division méiotique,
expulsant le second globule polaire et formant le pronucleus femelle.
e. Formation des pronuclei:
Le noyau du spermatozoïde gonfle pour former le pronucleus mâle.
Les deux pronuclei migrent l’un vers l’autre et fusionnent
(amphimixie), rétablissant le nombre diploïde de chromosomes (46).
f. Formation du zygote:
La cellule-œuf (zygote) est ainsi formée, génétiquement unique, avec
un sexe déterminé par le spermatozoïde (X ou Y)
5. Segmentation et migration
Segmentation :
Le zygote subit des divisions cellulaires rapides (mitoses) sans augmentation de taille,
formant des blastomères. Après 2, 4, 8, puis 16 cellules, il devient une morula (aspect
de mûre).
Migration tubaire :
Pendant ces divisions, l’embryon migre lentement dans la trompe vers l’utérus,
nourri par les sécrétions tubaires ( lait utérin),ce processus prenant environ 72 heures
chez les ruminants.
Segmentation
Segmentation et migration
6. Formation du blastocyste
• Vers le 5e jour, la morula se creuse d’une cavité et devient un
blastocyste, composé :
• d’un bouton embryonnaire (future embryon)
• d’un trophoblaste (future partie du placenta)
• d’une cavité (blastocèle)
7. Éclosion
Éclosion :
• Le blastocyste se libère de la zone pellucide (éclosion), ce qui lui
permet d’interagir directement avec l’endomètre utérin.
• Cette éclosion se fait par protéolyse, augmentation de la taille du
blastocyste et amincissement de la ZP
• L’embryon flotte librement avant de s’accoler à la paroi utérine vers le
6ᵉ ou 7ᵉ jour après la fécondation.
Eclosion
Nidation et placentation
1. Accolement et orientation du blastocyste
• Le blastocyste se positionne dans la corne utérine, généralement du
côté du corps jaune (corne ipsilatérale).
• L’orientation dépend de la position du disque embryonnaire sous le
trophoblaste.
• Chez les ruminants, l’implantation est dite centrale, c’est-à-dire que
l’embryon reste dans la cavité utérine sans s’enfoncer
profondément dans la muqueuse.
2. Apposition (J17 à J21)
• Le trophoblaste entre en contact avec l’épithélium utérin grâce à des
villosités chorioniques qui immobilisent le conceptus dans la lumière
utérine.
• Les surfaces cellulaires utérines et trophoblastiques subissent des
modifications sous contrôle hormonal (progestérone et œstrogènes)
• Cette étape prépare l’adhésion plus ferme qui suivra
3. Adhésion (J18 à J23)
• Les contacts membranaires entre le trophoblaste et les cellules
utérines deviennent plus étroits, permettant un ancrage solide du
blastocyste à l’endomètre (des molécules d’adhésion, notamment les
intégrines).
4. Attachement ou invasion (J19 à J30)
• Le trophoblaste envahit superficiellement l’endomètre, principalement par la lyse
de la membrane basale et de la matrice extracellulaire utérine, facilitée par des
protéases (métalloprotéases).
• Chez les petits ruminants, il y a fusion entre les cellules binucléées du
trophoblaste et certaines cellules utérines, formant un syncytium alternant avec
l’épithélium utérin : c’est le placenta syndesmochorial, caractéristique des
ruminants.
Invasion
5. Reconnaissance maternelle de la gestation
• Entre le 15ᵉ et le 26ᵉ jour, le trophoblaste synthétise une substance
anti-lutéolytique (trophoblastine) qui empêche la lyse du corps
jaune par les prostaglandines, garantissant ainsi une production
continue de progestérone nécessaire au maintien de la gestation.
6. Formation du placenta
• Chez les ruminants, le placenta est de type cotylédonaire : des
structures appelées cotylédons (fœtaux) s’associent à des caroncules
(maternelles) pour former les placentomes, unités d’échange materno-
fœtal.
• Les placentomes ne sont pas visibles avant le 30e jour de gestation,
mais leur nombre et leur taille augmentent rapidement (jusqu’à 75-125
chez la vache).
Placenta cotylédonaire chez la vache
7. Maturation et fonction placentaire
• La vascularisation des placentomes augmente progressivement
jusqu’au 6e mois de gestation, précédant le développement rapide du
fœtus.
• Le placenta assure alors la nutrition (hémotrophique), la respiration
et l’excrétion du fœtus jusqu’à la parturition.