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Situation sociolinguistique du

Maroc

Prof. MAAROUFI Rabia (2025)


 Les variétés linguistiques au Maroc sont
:
 les langues nationales (l’arabe
standard, l’arabe marocain ou darija,
l’amazigh)
les langues étrangères (le français,
l’anglais et l’espagnol)

Le multilinguisme qui caractérise cette


situation a des effets divers dans des
domaines : l’éducation, la formation,
l’administration, la culture et l’économie.
Prof. MAAROUFI Rabia (2025)
I- Le statut des langues
Le statut des langues est un indicateur
qui permet de les situer sur l’échiquier
du marché linguistique.
La nouvelle Constitution 2011 a revu le
statut des langues:
« L’arabe demeure la langue officielle de
l’Etat. L’Etat œuvre à la protection et au
développement de la langue arabe, ainsi
qu’à la promotion de son utilisation. De
même, l’amazigh constitue une langue
officielle de l’Etat, en tant que patrimoine
commun à tous les Marocains sans
Prof. MAAROUFI Rabia (2025)
1- L’arabe standard (AS)
- Arabe littéral, littéraire ou fusḥa
AS a un statut privilégié, langue
liturgique, langue officielle des
institutions publiques, n’a pas de
locuteurs natifs.

2- L’arabe dialectal (AD)


- L’arabe marocain, dialectal ou darija,
est la langue maternelle et « naturelle »
des marocains non-amazighophones.

Prof. MAAROUFI Rabia (2025)


Il existe différentes variétés régionales de darija.
On distingue 2 catégories :
1- la variété citadine aristocratique des villes
traditionnelles d’origine andalouse (Rabat, Fès,
Salé, Tétouan)
2- la variété plébéienne d’origine bédouine
(‘roubi) et montagnarde des villes récentes et
des plaines occidentales (Doukkala, Chaouia,
Gharb, Rhamna) (A. Boukous, Société, langues et
cultures au Maroc : enjeux symboliques, (1995)

La darija n’a jamais bénéficié d’un statut clair et


précis dans les textes officiels
Constitution : « parlers et aux expressions
culturelles pratiquées »(2025)
Prof. MAAROUFI Rabia
3- L’amazighe (A)
- Historiquement, la langue première du
Maroc et la deuxième langue officielle.
La distinction entre la langue officielle
et une langue officielle agace certains
militants amazighs.
le terme « patrimoine » relève du
registre symbolique. L’amazigh est figé
dans l’idée d’un héritage que partagent
les Marocains.
l’amazigh attend une loi organique et les
textes exécutifs pour la mise en pratique
de son officialisation
Prof. MAAROUFI Rabia (2025)
4- Le français (F)
Le français officiellement considéré comme la
première langue étrangère du pays.
langue « élitaire » et « utilitaire »
le français bénéficie d’un statut ambigu et « opaque »:
non constitutionnalisée mais institutionnalisée dans
plusieurs secteurs
« c’est la seule langue qui, dans ce paysage
linguistique fragmenté, est parlée, lue et écrite »
(Abderrahim Youssi)

5- L’espagnol (E)


langue des institutions du protectorat espagnol au
Maroc dans les régions nord et sud.
il a considérablement perdu de son importance au
profit du français.
Prof. MAAROUFI Rabia (2025)

6- L’anglais (Ang)

Il a le statut de langue étrangère


« neutre », loin de toute connotation
négative (ce n’est pas un héritage
colonial)

Son enseignement est assuré par des


établissements entièrement anglophones,
tels l’Université Akhawayn à Ifrane, les
centres de langue américains (American
Language Centres) et le British Council
et certains établissements privés.
Prof. MAAROUFI Rabia (2025)
II- Usages et fonctions sociolinguistiques
des langues
le recensement de la population effectué en
2024 livre les données démolinguistiques
suivantes :
(1) Population amazighophone et arabophone
(%) : Langues
parlées Amazighe
Arabe marocain
Total

96,3%
Urbain 19,9
100

84,5%
Rural 33,3
100

24,8% 91,9%
Ensemble 100

Prof. MAAROUFI Rabia (2025)


Selon les expressions linguistiques de la langue
Amazigh, il est à noter que :
- Tachelhit est utilisé par 14,2% de la population,
- Tamazight avec 7,4%
- Tarifit, avec 3,2%
- Hassania est utilisé par 0,8% de la population

 Au niveau régional, la majorité de la population


utilise :
Darija, avec une proportion qui varie de 98,2% dans
les régions de Casablanca-Settat et de Rabat-Salé-
Kénitra à 64,1% dans la région de Drâa-Tafilalet.
Tachelhit est plus utilisé dans les régions de Souss-
Massa (63,2%), de Guelmim-Oued Noun (48,1%), de
Drâa-Tafilalet (25,8%), de Marrakech-Safi (24,5%)
et de Béni Mellal Khénifra
Prof. MAAROUFI (14,4%).
Rabia (2025)
S’agissant du Tamazight, il est utilisé par 46,2% de
la population de la région Drâa-Tafilalet, suivie de
Béni Mellal-Khénifra (27,4%) et de Fès-Meknès
(10,3%).

- Concernant Tarifit, il est utilisé par 31,1% de la


population de la région de l’Oriental et par 7,8% de
celle de Tanger Tétouan-Al Hoceima.

Prof. MAAROUFI Rabia (2025)


Langues lues et écrites : une maîtrise variée selon les
régions et les milieux
Le recensement montre que :
- 99,2 % de la population alphabétisée âgée de 10 ans et
plus sait lire et écrire en arabe,
- 1,5 % maîtrise l’amazigh avec la graphie Tifinagh.
Concernant les langues étrangères, la maîtrise est répartie
comme suit :
- 57,7 % pour le français,
- 20,5 % pour l’anglais,
-1,2 % pour l’espagnol, et
-1 % pour d’autres langues.

La connaissance du français et de l'anglais est nettement
plus élevée en milieu urbain, avec respectivement : -
Français : 64,3 % et Anglais : 25,2 % de la population
alphabétisée,
- Frs : 42,1 % et Ang. : 9,6 % en milieu rural.
Prof. MAAROUFI Rabia (2025)
1- L’arabe standard :

langue de l’enseignement, du primaire au


supérieur, dans la plupart des filières
la langue des médias, de la presse et de
l’administration
langue du pouvoir symbolique, le code de la
culture savante, des élites
Dans sa relation diglossique avec AD, elle détient
les fonctions prestigieuses (officielles et formelles).
langue dominante, jouit de l’argument du sacré et
du religieux comme de l’argument politique.
dans le discours nationaliste et intégriste : un
moyen de lutte contre l’aliénation linguistique et
culturelle que les langues de l’Occident provoquent
chez leurs usagers arabophones.
Prof. MAAROUFI Rabia (2025)
2- L’arabe dialectal :
- AD occupe une position mineure dans la
relation diglossique qui l’unit à AS.
utilisé la communication orale, les situations
marquées par l’intimité (la famille), la rue ou la
quasi-formalité (travail manuel), véhicule la
littérature populaire (Melhoun, le théâtre et les
proverbes) et de création actuelle (la musique
et le cinéma)
la variété la plus employée à travers le pays
tant du point de vue du nombre de ses
locuteurs qu’en terme d’espace de diffusion
a une fonction véhiculaire interne entre
arabophones et amazighophones et entre
amazighophones de Rabia
Prof. MAAROUFI dialectes
(2025) différents
la darija a gagné du terrain sur plusieurs plans :
de l’éducatif au religieux, du privé au public, de
l’artistique au culturel, du politique au virtuel

l’hebdomadaire francophone Telquel et son


numéro 34 de 2002 intitulé “Darija notre langue
nationale” a lancé sur la place publique le débat
de façon spectaculaire
en 2006 de l’hebdomadaire Nichane, écrit en
partie en darija et en graphie arabe.
le passage à l’écrit favorise et la
« démarginalisation » et la « reconnaissance » de
cette langue.
elle est (re)devenue désormais langue de création,
voire l’emblème d’une expression culturelle et
artistique moderne etRabia
Prof. MAAROUFI actuelle.
(2025)
Elle est au centre d’un mouvement culturel
novateur à travers plusieurs domaines :
musique, image (photo, vidéo, cinéma,
animation), presse, mode,

youtubeurs (Med Nassib (Bouzebal), Souhail


Haddad, The Tberguig (Asmaa El Arabi),
arts urbains (graff, sports de glisse, hip-hop)

Rap (Bigg, Muslim, Hliwa, H-Kayne, Dizzy


Dros, Komy, Toto, Lbenj, etc.),
arts plastiques (Documentaire
Voir le documentaire « Casa Nayda » de Farida
Benlyazid et Dominique Caubet (2007)
Prof. MAAROUFI Rabia (2025)
Avec les nouvelles technologies ,
l’usage de l’arabe marocain s’est
développé, sur la toile (MSN, Facebook,
Instagram, Youtube, Tiktok, etc.)

Microsoft lance la première campagne


digitale en darija

Usages de darija en politique (les


politiciens n’hésitent plus à en faire leur
langue et même un style)
« Le PJD, meilleur soutien de la darija».
Prof. MAAROUFI Rabia (2025)
La darija a accompagné le Mouvement du 20
Février via les slogans scandés et les
discussions sur la toile, Facebook
les chansons des supporters du Raja et du
Widad
 Cette expansion de la darija se constate aussi
dans les médias plus traditionnels, comme la
radio ou la télévision

La création de radios privées a énormément


participé à ce phénomène (Hit Radio, Med
Radio, etc.)
A la télé aussi, on a vu apparaître une darija
plurielle grâce au doublage des séries turques,
mexicaines, indiennes, coréennes…
Prof. MAAROUFI Rabia (2025)
Marketing : la campagne publicitaire,
début 2014, de Coca Cola qui l’utilise
pour créer des bouteilles
personnalisées : zzaz (la
beauté), 3chiri (mon pote), etc.

Pour A. Youssi, il existe une variété entre


AS et AD, c’est « l’arabe médian »
(arabe classique simplifié) qui se
caractérise par :
un vocabulaire hautement classique
attestant peu –voire pas- de désinences
casuelles et d’une base morphologique,
Prof. MAAROUFI Rabia (2025)
3- L’amazighe
- L’amazigh « est la langue maternelle de
24,8 % de la population selon les
résultats du dernier recensement (2024) ;
il est parlé plus en milieu rural qu’en
milieu urbain »

ces chiffres sont rejetés par les militants


amazighs, on leur oppose les chiffres de
la Commission africaine des droits de
l’Homme, 12 millions au lieu des
3 millions du HCP, et sa propre
estimation est celle de 60 % d’Amazighs
Prof. MAAROUFI Rabia (2025)
- L'Association Marocaine pour la Recherche et
l'Échange Culturel (AMREC) conteste la
méthodologie du recensement.
Questionnaire élargi qui a été administré à 30% de
la population générale.
Elle critique l'absence d'implication des experts en
amazighe dans l'élaboration du questionnaire et
l'absence de distinction claire entre l'arabe
standard et la darija, ce qui pourrait fausser les
données.
- Selon le RGPH, l’usage de l’amazighe a reculé
depuis 2014 de 2è à 24% (soit un recul de 3 points)
en une décennie alors que son enseignement a été
lancé en 2003 dans le secteur public.
- C’est une estimation qui permet de minimiser
l’importance de la langue amazighe.
Prof. MAAROUFI Rabia (2025)
- Il existe trois variétés principales
parlées dans des différentes parties du
Maroc :

1-le tarifit, essentiellement parlé au


Nord, dans les montagnes du Rif qui
longent la côte méditerranéenne,
2-le tamazight, parlé dans les
montagnes de l’Atlas central,
3-le tachelhit parlé dans les hautes
montagnes de l’Atlas, les montagnes de
l’Anti-Atlas dans le Sud et la vallée du
Souss. Prof. MAAROUFI Rabia (2025)
- Certains facteurs l’ont longtemps menacé :

l’environnement politique marginalisant


cette langue,
le statut socioéconomique de ses locuteurs,
la pauvreté et la précarité poussant la
population amazighophone à l’exode rural,
la dimension culturelle et idéologique
discriminant cet idiome,
l’éducatif qui a tardé à l’inclure dans sa
politique,
le médiatique et le technologique et,
enfin l’environnement législatif.
Prof. MAAROUFI Rabia (2025)
- En 2003-2004, l’introduction de
l’enseignement de l’amazigh dans le système
scolaire :

300 écoles publiques ont introduit l’amazighe


dans leur cursus comme « langue-matière » et
non comme « langue-médium »
d’enseignement, et environ 1 000 enseignants
ont été recrutés pour enseigner à des élèves
aussi bien arabophones qu’amazighophones.

Il était prévu que l’amazigh devienne


éventuellement une matière obligatoire dans
toutes les classes de l’enseignement primaire
et secondaire
Prof. MAAROUFI Rabia (2025)
L’IRCAM s’occupe de la normalisation et de la
standardisation de l’amazigh.
Il développe des matériaux pédagogiques pour
les trois variétés d’amazigh, mais il essaie le
plus possible d’utiliser des mots et des
constructions qui sont identiques ou presque
dans les 3 variétés
Cette opération a suscité beaucoup de
critiques
le principe d’aménager l’amazigh débouche
pourtant sur « un monstre normatif » selon
Salem Chaker.

l’usage de l’amazigh s’est développé dans des


contextes inédits, grâce
Prof. MAAROUFI l’édition et à la presse
Rabia (2025)
Une production culturelle importante (théâtre,
roman, poésie, films).
la création d’une chaine de télévision d’expression
amazighe, la chaine TV8.
Sur le plan politique, certains ministres et députés
marocains « répondent » en amazigh lors de
séances plénières du parlement
Création de poste de traducteurs en amazigh au
parlement et dans certains établissements publics.
Grâce à internet, notamment Facebook, on a
assisté à une augmentation « de la capacité de
l’activisme amazigh »
l’amazigh espère toujours la mise en place d’un
cadre législatif mettant en application cette
officialisation. La loi organique tarde à voir le jour.
Prof. MAAROUFI Rabia (2025)
4- Le français
- Le français est une langue de prestige social
Il est utilisé dans le secteur économique
(banques, assurances, entre autres), les
médias, la publicité et la presse
l’on remarque une nette diminution dans la
presse
le français est la langue exclusive des études
supérieures techniques et scientifiques, les
seules à donner accès aux métiers lucratifs
(l’ingénierie, la médecine, la pharmacie,
l’architecture, la finance, la gestion
d’entreprises…)
Depuis 2019, il y a eu la loi cadre
(enseignement des Rabia
Prof. MAAROUFI matières
(2025) scientifiques et
le discours nationaliste, a de moins en moins
de prise sur les consciences.
la fonction idéologique de ce discours, cinq
décennies après l’indépendance, s’insère
dans une stratégie visant à réserver l’accès à
la modernité, au top management et aux
centres décisionnels aux élites formées à
l’école française ou francophone

Le français a toujours été au contact des


langues vernaculaires au Maroc
De l’emprunt au mélange de langues, le
français a toujours été très dynamique dans
le quotidien de la plupart des Marocains
bilingues Prof. MAAROUFI Rabia (2025)
5- L’anglais

Il est associé à la modernité, la science, la


technologie et la globalisation. Il concurrence
de plus en plus le français dans le secteur de
l’enseignement et du tourisme
à partir de 2004, l’anglais est intégré dans
l’enseignement public (collège), primaire
(privé).
un baccalauréat international option « anglais»
a été mis en place à la rentrée 2014-2015.
Cette situation conduit certains à penser que
l’option pour la francophonie est un combat
d’arrière-garde
Le français et l’anglais sont potentiellement en
Prof. MAAROUFI Rabia (2025)
Politique d’arabisation : « le drame
linguistique »

c’est l’enseignement qui reste le plus


marqué par cette politique
L’arabisation est un ratage aussi bien sur le
plan éducatif que social
elle a entraîné un réel désenchantement
lorsqu’il est apparu qu’elle servait surtout à
maintenir les enfants des classes populaires
en dehors de la compétition
Ce sont donc de véritables questions de
démocratie sociale qui sont au cœur de ces
politiques linguistiques éducatives
Prof. MAAROUFI Rabia (2025)
50 ans d’arabisation a offert un
enseignement chaotique et une politique
éducative définitivement problématique
Ce hiatus (coupure) linguistique entre
l’enseignement secondaire arabisé et
l’enseignement supérieur en français
constitue l’un des premiers problèmes à
résoudre
Malgré la succession de plusieurs
réformes, en matière d’éducation, le
Maroc est classé 143e sur une liste de
164 pays selon le rapport de l’UNESCO
(2014)
Prof. MAAROUFI Rabia (2025)
 Enseigner dans la langue maternelle des élèves
a été le message le plus marquant de la fin 2013
un colloque international sur l’enseignement
(Casablanca, novembre 2013) et organisé par la
fondation Zakoura éducation, a débouché sur
ces recommandations : l’importance d’enseigner
dans la langue maternelle des enfants dans le
préscolaire et dans les 1ères années du primaire
Cette proposition a été catégoriquement rejetée
(voir les débat télévisée entre A. Laroui et N.
Ayouch)
la polémique semble déplacer le vrai problème
de l’enseignement au Maroc et occulte d’autres
sujets plus importants : la qualité de
l’enseignement et le suivi des réformes
Prof. MAAROUFI Rabia (2025)

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