LES ACCIDENTS DU TRAVAIL
Bocar B. Diédhiou,
Service de Médecine du Travail
1. Définition
Est considéré comme un AT, quelle qu’en soit la cause, l’A. survenu à un travailleur :
- Par le fait ou à l’occasion du travail (accident de site)
- Pendant le trajet de sa résidence au lieu de travail et vice versa, dans la
mesure où le parcours n’ait été interrompu ou détourné par un motif dicté par
l’intérêt personnel ou indépendant de l’emploi (accident de trajet)
- Pendant les voyages et les déplacements dont les frais sont mis à la charge de
l’employeur (accident de mission)
2. La déclaration (1)
2.1. La victime
- doit informer l’employeur rapidement pour qu'il puisse assurer la déclaration
de l’AT dans les 48 heures.
- En cas de carence de l’employeur, la victime ou ses ayants droits disposent
d’un délai de 2 ans pour déclarer l’accident.
- doit se présenter à toute réquisition du service de contrôle médical de la
CSS, les certificats médicaux, les radiographies, les examens de laboratoire
et ordonnances en sa possession.
La déclaration (2)
2.2. L'employeur (1)
Est tenu :
- de faire assurer les soins de première urgence
- d’aviser le médecin de l’entreprise ou à défaut le médecin le plus proche,
- de diriger la victime munie d’un carnet d’AT fourni par la CSS vers le
service médical de l’entreprise ou à défaut la structure sanitaire plus proche,
- de déclarer l’AT à la CSS et à l’inspecteur du travail dans les 48 heures.
La déclaration (3)
2.2. L'employeur (2)
La déclaration est faite en 3 exemplaires:
- Le 1er adressé à l’inspecteur du travail et de la sécurité sociale,
- Le 2eme à la caisse de sécurité sociale
- et le troisième est conservé par l’employeur
L’employeur doit notifier par écrit à la victime l’effectivité de la déclaration.
La déclaration (4)
2.2. L'employeur (3)
Composition de l’exemplaire de déclaration
- Un certificat médical établi par le médecin traitant indiquant l’état de la
victime, les conséquences de l’AT, les suites éventuelles, la durée de l’ITT
- Une attestation indiquant le salaire perçu par le travailleur lors des 30 jours
précédant l’accident et le nombre de journées et d’heures de travail
NB : Le modèle de déclaration est fourni par la CSS
La déclaration (5)
2.3. Rôle du médecin (1)
- 1iers soins, préparer le dispositif d’évacuation si nécessaire
- établir le certificat médical descriptif initial (état de la victime, siège et nature
des lésions, existence ou non de lésions pré-existantes)
- indiquer la durée probable de l’incapacité temporaire totale de travail (ITT)
qui est la période de repos
La déclaration (6)
2.3. Le médecin (2)
- Incapacité Temporaire Partielle (I.T.P) : Période où l’accidenté conserve une
petite activité professionnelle en continuant ses soins (activité professionnelle
réduite),
- Incapacité Permanente Partielle de travail (I.P.P) : chiffre la perte de capacité
de l’accidenté surtout s’il existe des séquelles
NB : Si les lésions n’évoluent plus, il établit un certificat descriptif final: date
de guérison ou de consolidation et le taux d’I.P.P (ce taux d’IPP permet le
calcul de la rente à verser à la victime)
La déclaration (7)
2.3. Le médecin (3)
• En cas de désaccord entre le médecin conseil de la caisse et le médecin
traitant:
- il sera procédé à une expertise avec un choix consensuel d’un expert
dont les conclusions s’imposeront aux 2 parties.
La déclaration (8)
Définitions essentielles :
- La guérison : retour à l'état antérieur à l'accident
- La consolidation : persistance de séquelles qui ne peuvent être améliorées
à la fin des TTT.
NB: Après la consolidation, les TTT ne sont indemnisés au titre de l’AT que
s’ils permettent d'éviter une aggravation des séquelles
2.4. La Caisse de Sécurité Sociale (C.S.S.)
Prend en charge les frais liés à l’AT le lendemain du jour de la 1ère constatation
médicale. L’accord de la caisse doit être demandé pour tout TTT, soins ou
interventions chirurgicales complémentaires nécessités par l’état de la victime
en dehors des soins d’urgence. Le délai de réponse de la caisse est de 15 jours
et le dépassement de ce délai équivaut à un accord de la caisse.
2.4. La Caisse de Sécurité Sociale (C.S.S.)
• L’absence d’accord préalable de la caisse lui permet de refuser le
paiement des honoraires et des frais.
• La caisse peut à tout moment faire procéder à un examen de la victime
par le médecin de son choix.
• La CSS peut faire procéder à une enquête par son service de prévention
des risques professionnels.
2.5. L’inspecteur du travail et de la sécurité sociale
(1)
Dans les cas où les blessures ont occasionné une I.T.T, une I.T.P chez la
victime, une enquête est indispensable et doit être effectuée par les inspecteurs
et contrôleurs de la sécurité sociale, les autorités administratives, les officiers
de police judiciaire et les experts agrées désignés par l’ITSS.
En cas de décès de la victime, l’enquête est menée par le Procureur de la
République.
2.5. L’inspecteur du travail et de la sécurité sociale
(2)
Cette enquête doit être contradictoire (les témoins sont entendus en présence
de la victime ou ses ayants droits et de l’employeur), sur les lieux de l’AT pour
élucider les circonstances de l’AT. Une expertise technique peut être demandée.
Le PV de l’enquête sera envoyé à la victime, l’employeur, la caisse et toute
personne mise en cause et fera foi jusqu’à l’apparition de contestations.
3. La réparation (1)
3.1. Les prestations en espèces (1)
- Les indemnités journalières : débutent le jour qui suit l’AT et couvrent toute
la durée de l’incapacité temporaire et prennent fin soit à la mort de la victime, à
la reprise de travail ou à la consolidation ou guérison.
Elles sont payées en cas de rechute ou d’aggravation et le montant est égal à
la moitié du salaire journalier de base pendant les 28iers jours puis aux 2/3 à
partir du 29ème jour.
3. La réparation (2)
3.1. Les prestations en espèces (2)
- Les rentes : sont versées en cas de décès ou reconnaissance d'une I.P.P ou
d'une I.P.T après établissement du certificat final de consolidation. Elles sont
calculées à partir du salaire de base plafonné pendant les 12 mois précédant l’AT.
- Les rentes allouées en cas d’AT se cumulent avec les pensions d’invalidité ou de
retraite. La rente prend fin à l’amélioration de l’état séquellaire (équivalent à une
guérison) ou par achat obligatoire de la rente si le taux est < à 10 %.
3. La réparation (3)
3.1. Les prestations en espèces
En cas de décès imputable à l’AT, le ou les conjoints non divorcés, ni
séparés de corps peuvent bénéficier d'une rente viagère égale à 30 % du
salaire annuel. Les 2 premiers enfants à charge ont droit à 15 % et à partir
du troisième enfant 10 %. Chacun des ascendants à la charge de la victime
a droit à 10 % du salaire sans dépasser 30 % du salaire annuel.
3. La réparation (4)
3.1. Les prestations en espèces
Calcul de la rente :
- I.P.P inférieur à 50 % Rente = taux / 2 X salaire ;
- I.P.P supérieur à 50 % Rente = (partie taux supérieur à 50 % X 1,5) + 25 % X
salaire.
En cas d’assistance d’une tierce personne une majoration de 40 % est
accordée. Un remariage de conjoint met fin à la rente. Seuls les enfants ayant
droits continuent de toucher la rente
3. La réparation (5)
3.2. Les prestations en nature
Il s’agit de la PEC ou de remboursement des frais médicaux nécessités par les
soins, les frais funéraires et de transport les frais de déplacement le
renouvellement des appareils de prothèse la réadaptation fonctionnelle la
rééducation professionnelle et le reclassement.
3. La réparation (6)
- La victime qui commet une faute intentionnelle ne peut prétendre à des
indemnités journalières. Les personnes à sa charge peuvent recevoir une
partie des prestations. La caisse peut diminuer la rente due à la victime.
- Si la faute intentionnelle est causée par l’employeur, la victime peut
demander réparation intégrale au titre du droit commun. La caisse peut
intenter une action en remboursement des frais contre l’employeur.
La Réparation (7)
- Si la faute inexcusable est causée par l’employeur, il y a majoration des
rentes et indemnités allouées à la victime.
Définitions :
- La faute inexcusable : c’est une faute de gravité exceptionnelle dérivant
d’un acte ou d’une omission volontaire mais sans caractère intentionnel.
- La faute intentionnelle : c’est une faute de gravité extrême dérivant d’un
acte ou d’une omission volontaire avec caractère intentionnel.