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LE LEXIQUE DU THÉÂTRE
ASSEMBLÉ PAR : PROF. IMAD SAALAOUI
L’organisation de la pièce de théâtre
Acte (n. m.) : partie de la pièce qui marque les éléments importants de l'action. Traditionnellement, une pièce classique
est composée de trois ou cinq actes divisés en scènes.
Antonomase (n. f.) : se dit lorsqu’on utilise le nom d'un personnage comme un nom commun pour désigner un
personnage de même caractère. Les personnages de Molière ont donné lieu à de nombreuses antonomases, par
exemple, on parle d’un Harpagon pour désigner quelqu’un d’avare ou d’un Scapin pour désigner quelqu’un de fourbe.
Dialogue (n. m.) : échange entre deux personnages d’une pièce de théâtre.
Didascalie (n. f.) : indication scénique donnée par l'auteur pour guider le jeu du comédien. Souvent écrite en italique, elle
peut préciser les gestes, les déplacements, les mimiques ou le ton du personnage.
Dramaturge (n. m.) : auteur de pièces de théâtre.
Drame (n. m.) : action scénique représentée par des personnages. On parle souvent de progression ou d’intensité
dramatique.
Metteur en scène (n. f.) : il dirige la mise en scène, en respectant ou en s’éloignant du texte et des intentions initiales de
l’auteur. Il prend souvent un parti-pris artistique, symbolique, voire idéologique. On parle ainsi parfois de réécriture
scénique. Toutefois, il peut être à la fois auteur et metteur en scène comme Molière qui mettait en scène les pièces qu’il
avait écrites.
Mise en scène (n. f.) : art de faire représenter une pièce de théâtre par des comédiens, de les guider dans leur
jeu et de décider de tout ce qui les entoure : décors, costumes, etc. Les mises en scènes imaginées par les
metteurs en scènes peuvent faire varier considérablement la réception de la pièce au cours des siècles jusqu’à en
modifier les messages initiaux.
Monologue (n. m.) : scène où un personnage est seul sur scène et où il se parle à lui-même (le véritable
destinataire est en réalité le public), souvent pour annoncer un projet ou pour exprimer des idées ou des
sentiments.
Réplique (n. f.) : texte prononcé sans être interrompu par un même personnage au cours d'un dialogue.
Scène (n. f.) : division d'un acte entre l’entrée et la sortie d’un personnage.
Tirade (n. f.) : longue suite de phrases prononcées par un même personnage sans interruption.
L'action
Dénouement (n. m.) : il s’agit des dernières scènes d’une pièce de théâtre, là où l’intrigue se résout et où un ordre
nouveau est institué.
Exposition (n. f.) : début de la pièce qui présente aux spectateurs les personnages principaux, le début de l’intrigue et
donne la tonalité de la pièce. L’exposition peut s’étendre de la première scène à tout le premier acte.
Intrigue (n. f.) : suite de nœuds, d’événements et d’actions qui constituent une pièce de théâtre. C’est l’intrigue qui sous-
tend la progression dramatique.
Noeud (n. m.) : point culminant de l’intrigue dramatique où tout est mêlé mais où aucune solution ne semble possible.
Péripétie (n. f.) : événement inattendu qui modifie et fait évoluer l’intrigue dramatique.
Les procédés
• Aparté (n. m.) : paroles que le personnage dit à l’intention du public et que les autres personnages sur scène ne doivent pas
entendre.
• Canevas (n. m.) : éléments principaux d’une intrigue que le comédien doit connaître et autour desquels il improvise pour
jouer une pièce de théâtre. Les canevas étaient très utilisés par les comédiens de la commedia dell’arte.
• Castigat ridendo mores (loc. lat.) : formule de Santeul, signifiant « la comédie corrige les moeurs », que Molière utilise pour
élever la comédie au rang de la tragédie en lui donnant une valeur morale, celle de faire rire les hommes pour les améliorer
et pour leur éviter de reproduire les défauts des personnages dont ils se sont moqués.
• Coup de théâtre (n. m.) : rebondissement inattendu de l’intrigue qui permet souvent de la faire avancer voire de la dénouer.
• Double énonciation (n. f.) : il s’agit d’une même parole qui n’a pas le même sens ou les mêmes implications pour les
personnages et pour le public. Les spectateurs, du fait de leur statut, reçoivent davantage d’informations sur les actions à
venir que les personnages présents sur scène, ils sont donc privilégiés.
• Illusion (n. f.) : phénomène selon lequel on prend pour vrai ce qui n'est que fiction.
• Mimésis (n. f.) : représentation fictive d'une chose réelle.
• Mise en abyme (n. f.) : au théâtre il s’agit d’une pièce ou d’une scène qui représenterait elle-même une pièce de théâtre. On
parle aussi de « théâtre dans le théâtre » quand le motif de la scène ou de l’acte est lui même le jeu théâtral. On retrouve ce
procédé en peinture lorsqu’un tableau représente le peintre en train de se peindre par exemple.
• Quiproquo (n. m.) : situation où un personnage commet une erreur en prenant une personne ou une chose pour une autre.
C’est un ressort récurrent de la comédie.
• Stichomythie (n. f.) : enchaînement de répliques très courtes de manière très rapide pour donner du dynamisme et de
l’intensité à une scène. Elle marque souvent le conflit.
Les registres
Comique (adj.) : tout ce qui provoque le rire ou le sourire du spectateur. Le rire peut être
provoqué par :
- le texte de la pièce (comique de mot) ;
- le jeu du comédien (comique de geste) ;
- l’intrigue (comique de situation).
Le registre comique peut avoir comme seul objectif le rire mais il peut également
dédramatiser une situation ou avoir une fonction critique.
Pathétique (adj.) : tout ce qui provoque une émotion chez le spectateur. Il est courant que,
dans les pièces de Molière, le spectateur soit ému par des situations pathétiques (à ne pas
confondre avec le registre tragique qui caractérise le genre de la tragédie où les personnages
sont confrontés à la fatalité de leur condition, ce qui les amène le plus souvent à la mort).
Satirique (adj.) : discours écrit ou oral qui porte atteinte à quelque chose, à quelqu'un, en s'en
moquant. Les personnages de Molière font souvent l’objet d’un discours satirique puisque l’on
fait un sort à leurs travers et à leurs excès.
Les règles:
Bienséance (n. f.) : respect des règles théâtrales et morales afin de ne pas paraître vulgaire, choquant ou
invraisemblable. Par exemple, on ne représente pas sur scène la sexualité, la violence ou encore la mort. On a par
exemple reproché à Molière « la scène du sac » dans Les Fourberies de Scapin.
Règle des trois unités (n. f.) : énoncée par Boileau dans son Art poétique, elle régit l’organisation d’une pièce
de théâtre classique, principalement les tragédies mais Molière a copié ces règles pour ses comédies :
Nous voulons qu’avec art l’action se ménage ;
Qu’en un lieu, qu’en un jour, un seul fait accompli
Tienne jusqu’à la fin le théâtre rempli.
Nicolas Boileau, Art Poétique, III, vers 44-46), 1674.
- Unité d'action (n. f.) : elle consiste à représenter une seule intrigue par pièce de théâtre.
- Unité de lieu (n. f.) : elle consiste à représenter l’intrigue d’une pièce de théâtre dans un seul et unique lieu.
- Unité de temps (n. f.) : elle consiste à faire dérouler l’ensemble de l’intrigue en une seule et unique journée.
Vraisemblance (n. f.) : caractère selon lequel ce qui est représenté sur scène est perçu comme une imitation
de la réalité.
FIN