LE ROLE ET LA RESPONSABILITÉ DES
ORGANISATIONS DE LA SOCIETE CIVILE EN
MATIERE D’ASSISTANCE AUX RÉFUGIÉS.
ELÉMENTS DE LANGAGE
PRÉPARÉS PAR
DANIEL JEAN CLAUDE NKAKE
CADRE ASSERMENTÉ À L’ANTENNE DE LA
CDHC-AD
699 30 30 69/6 74 64 46 36 WSP
INTRODUCTION
La convention de Genève de 1951 relative au statut des refugies,
garantissant leur protection internationale est un document clé, qui
constitue la base de travail, complétée par le protocole de New York du
31 janvier 1967, qui lui offre une application universelle, ainsi que la
convention contre la torture du 10 décembre 1984.
Elle définit le terme réfugié et énonce les droits des personnes
déracinées, ainsi que les obligations juridiques des Etats pour assurer
leur protection.
Le refugié s’entend d’une personne qui a fui son pays parce qu’elle
craint d’y être persécutée ou y court un risque d’atteintes graves.
La protection internationale des réfugiés est la protection accordée par
un gouvernement à une personne qui a quitté un autre pays pour
échapper à un préjudice. Son principe fondamental est le non-
refoulement, selon lequel un réfugié ne devrait pas être renvoyé dans
son pays où sa vie et sa liberté sont gravement menacées.
Le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR), est une organisation
dont la mission est de sauver des vies, de protéger les réfugiés et
joue un rôle de "gardien" des conventions ci-dessus évoquées, en
fournissant à cet effet des services essentiels aux personnes
déplacées par les crises. A cet effet, les Etats doivent coopérer avec
le HCR pour veiller à ce que les droits des refugies soient respectés
et protégés.
Le Cameroun étant partie à la convention de 1951 sur le statut de
réfugiés depuis le 23 juin 1961 ainsi que la convention de
l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) du 10 septembre 1969,
adoptée en 2005, abrite un nombre important de réfugiés sur son
territoire.
A travers un ensemble de lois et décrets notamment:
la loi n°: 90//53 du 19 décembre 1990, la loi n°:
99/014 du 24 décembre 1999 portant encadrement
des associations, et la loi n°: 2005/005 du 27 juillet
2005 portant statut des réfugiés au Cameroun,
montre que les Organisations de la Société Civile
(OSC) restent les partenaires privilégiées pour la prise
en charge des populations et des réfugiés au
Cameroun en particuliers.
I-ROLE DE L’ORGANISATION DE LA SOCIÉTÉ
CIVILE EN MATIÈRE D’ASSISTANCE AUX
RÉFUGIÉS
I-1- Cadre juridique national
A1- La Constitution camerounaise
La Constitution camerounaise garantit le respect des
droits fondamentaux de l’homme et engage l’Etat à
protéger toutes les personnes se trouvant sur le
territoire, y compris les réfugiés,
La société civile, en tant qu’acteur non étatique, est
encouragée à compléter les efforts du
gouvernement notamment en matière humanitaire
A2- Loi n°:2005/006 du 27 juillet 2005 relative au statut des refugies au
Cameroun
1-Cette loi consacre le droit d’asile et protège les refugies en leur accordant plusieurs
droits fondamentaux (sécurité, accès a la sante, à l’éducation, etc.)
2- La société civile (ONG, associations fondations) étant à but non lucratif et ayant pour
principes: la solidarité, l’équité et l’utilité publique, intervient pour:
Assurer la prise en charge humanitaire (nourriture, logement, soins médicaux)
Offrir un soutien juridique et administratif (aide à l’obtention de statut de refugie,
assistance juridique)
Représenter valablement l’Etat dans certaines communautés ou elles se sont établies,
3-collaboration avec le gouvernement
la société civile travaille avec des organes étatiques comme le Ministère de
l’Administration du Territoire, le Ministère des Affaires Sociales, le Ministère de la
Femme et de la Famille, qui sont chargés de la gestion des réfugiés
des mémorandums d’entente existent souvent entre les ONG et l’Etat pour coordonner
l’action humanitaire
II-2- Cadre juridique international
1- Convention de 1951relative au statut des refugies
et protocole de 1967
Le Cameroun, en tant qu’Etat partie à cette convention,
s’engage à respecter les droits des réfugiés
Lasociété civile, notamment les ONG internationales
comme le HCR, a pour mission de :
Protéger les réfugiés contre les refoulements illégaux
(principe de non refoulement)
Faciliter leur intégration sociale et économique
Documenter les violations des droits des réfugiés pour
améliorer leurs conditions de leur accueil
2- Convention sur les défenseurs des droits de
l’homme du 9 décembre 1988 sert à :
Promouvoir la protection et la réalisation des droits de
l’homme et des libertés fondamentales des refugies aux
niveaux national et international
Réaliser des activités dans le domaine des droits des
refugies
Mener des campagnes de sensibilisation sur les droits des
réfugiés auprès des populations
encourager les OSC à se réunir et à se rassembler
pacifiquement pour défendre les droits des réfugiés
suivre et évaluer les politiques en matière d’asile et de
migration
3- Principes directeurs des Nations Unies sur les déplacements internes
• Bien que ces principes concernent principalement les déplacés internes, ils
influencent les bonnes pratiques de la société civile dans l’aide aux réfugiés
• Les acteurs civils sont encouragés à fournir des assistances sans discrimination
et à promouvoir le respect de la dignité humaine
4- Agenda 2030 pour le développement durable
• La société civile contribue à la réalisation des objectifs de développement
durable (ODD) en garantissant que les réfugiés aient accès à l’éducation, à la sante et
à l’environnement
• Servent de cadre juridique pour la mise en œuvre et l’exercice des droits de
l’homme et des libertés fondamentales ainsi que toutes les activités dans les présents
instruments.
II- RESPONSABILITÉ DES ORGANISATIONS DE LA SOCIEÉTÉ CIVILE EN MATIÈRE D’ASSISTANCE AUX
RÉFUGIÉS
Les instruments nationaux, sous régionaux et internationaux énumérés ci-dessus consacrent également
la responsabilité des OSC en matière de prise en charge des réfugiés qui doivent:
Lutter contre la discrimination à l’égard des réfugiés, en menant des campagnes de sensibilisation auprès
des populations hôtes afin qu’ils n’aient pas un sentiment de rejets ou de stigmatisation
Elaborer des nouveaux principes et idées dans le domaine des droits de l’homme, d’en discuter et d’en
promouvoir la reconnaissance,
soumettre aux organes et institutions de l’Etat, ainsi qu’aux organismes s’occupant des affaires publiques:
o des critiques et propositions touchant l’amélioration de leur fonctionnement,
o de signaler tout aspect de leur travail qui risque d’entraver ou d’empêcher la réalisation des droits de l’homme,
o de se plaindre des politiques et des actes officiels relatifs aux droits de l’homme, et de faire examiner leur
plainte,
Offrir et prêter une assistance juridique professionnelle qualifiée ou tout autre conseil et appui pertinents pour la défense des droits
de l’homme,
Assister aux audiences, procédures et procès afin de se faire une opinion sur leur conformité avec la législation nationale et les
obligations internationales relatives aux droits de l’homme,
S’adresser sans restriction aux organisations non gouvernementales et intergouvernementales, et de communiquer avec elles
De disposer d’un recours effectif,
Etre efficacement protégé par la législation nationale quand ils réagissent par des moyens pacifiques contre les actes ou des omissions
imputables à l’Etat et ayant entrainé des violations des droits de l’homme,
Solliciter, recevoir et utiliser des ressources dans le but exprès de protéger les droits de l’homme (y compris de recevoir des fonds de
l’étranger)
S’unir et de se rassembler pacifiquement, de former des organisations, associations ou groupes non gouvernementaux, de s’y affilier
et d’y participer ; de communiquer avec des organisations non gouvernementales ou intergouvernementales,
Définir, de rechercher, d’obtenir, recevoir et de conserver des informations sur tous les droits de l’homme et des libertés
fondamentales, en ayant notamment accès à l’information quant à la manière dont il est donné effet à ces droits et liberté dans le
système législatif, judiciaire ou administratif national,
Publier, communiquer à autrui ou diffuser librement des idées, informations et connaissances sur tous les droits de l’homme et toutes
les libertés fondamentales, conformément aux instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme et autres instruments
internationaux applicables,
Les OSC ont le droit d‘étudier, discuter, apprécier et évaluer le respect, tant en droit qu’en pratique, de tous les droits de l’homme et de
toutes les libertés fondamentales et, par les moyens et autres moyens appropriés, d’appeler l’attention des pouvoirs publics
Nul ne doit participer à la violation des droits de l’homme et des libertés fondamentales en:
a. agissant ou en s’abstenant d’agir quand les circonstances l’exigent,
b. nul ne peut être châtié ou inquiété pour avoir refusé de porter atteinte à ces droits et
libertés,
Quiconque risque, de par son occupation, de porter atteinte à la dignité de la personne
humaine, aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales des réfugiés doit
respecter ces droits et libertés et se conformer aux normes nationales ou internationales
pertinentes de conduite ou d’éthique professionnelle,
Les OSC ont le droit de participer à des activités pacifiques pour lutter contre les
violations des droits de l’homme et des libertés fondamentales des réfugiés
Répondre civilement et pénalement des actes causes pendant l’exercice de leurs activités
par la personne morale ou physique, engendrant ainsi des dommages envers les réfugiés
CONCLUSION.
La connaissance du rôle et de la responsabilité des organisations
de la société civile et du Haut-Commissariat aux réfugiés dans le
processus de l’encadrement des réfugiés est incontournable pour
l’amélioration de leurs conditions de vie et de celles toutes les
couches de la population en général.
La mise en place de certains instruments nationaux, régionaux et
internationaux contraignants ont permis d’obtenir des résultats
mitigés qui présagent la nécessité de collaboration axées sur les
valeurs fondamentales entre les parties prenantes pour parvenir
meilleure protection des réfugiés.
Je vous remercie de votre aimable attention…