LE
PALUDISME
DR. MAHER
ISPITS SAFI
2024 / 2025
I. DÉFINITION :
-Une maladie Parasitaire due à un
hématozoaire dit Plasmodium de
LAVERAN
-le plus souvent inoculé à l’homme par la
piqûre de moustique anophèle.
C’est la plus fréquente des affections
parasitaires à protozoaires
La plus facilement curable et évitable de
toutes les maladies transmissibles.
II. EPIDÉMIOLOGIE :
A. Agent pathogène :
On distingue 4 espèces :
Plasmodium vivax +++
-------------- Falciparum
------------- Malariae
-------------- Ovale
Au Maroc on trouve actuellement les 3
premières espèces avec une prédominance
très nette de l’espèce P. Vivax.
B. Réservoir de parasite et source d’infection :
- Le réservoir de parasite est l’homme malade
chez lequel le parasite accomplit une partie de son
cycle évolutif (cycle asexué ou schizogonie).
- La source immédiate de contamination est
l’anophèle femelle infestée.
C. Transmission :
- Il s’agit d’une maladie transmissible à chaîne fermée .
- La transmission à l’homme exige obligatoirement le
passage par un vecteur appartenant au groupe des
moustiques à larves aquatiques = les anophèles :
L’anophèle femelle.
- Dans l’estomac de ces derniers s’accomplit l’autre
partie du cycle (cycle sexué ou sporogonie)
Cycle chez l’anophèle
Piqûre : Repas sanguin
Peau
Cycle chez l’homme
D. Réceptivité et conditions de transmission :
L’épidémiologie du paludisme est commandée par 4
facteurs essentiels :
• La présence du réservoir de parasite (Homme porteur
de parasite)
• La présence d’anophèle femelle vecteur
• Une humidité relativement importante qui assure la
longévité du vecteur
• Une T° extérieure ≥ 16° C, facteur indispensable au
cycle sexué du parasite chez l’anophèle.
E. L’agent vecteur :
Il est constitué par le moustique anophèle femelle.
C’est un insecte diptère appartenant à la
- Famille: des culicidés
- Genre: anophèle.
- L’anophèle femelle va émettre ses œufs dans un
milieu aquatique d’une façon isolée.
- L’oeuf va se métamorphoser pour donner la larve
aquatique caractérisée par l’absence de siphons
respiratoire et également elle va se maintenir
horizontale à la surface de l’eau.
- La larve va donner une nymphe en forme de virgule,
qui donnera par la suite l’adulte ou imago.
Cycle de vie du
parasite
Plasmodium
L’adulte va devenir terrestre et on le reconnaît par
la dissection des pièces buccales : Les palpes
maxillaires sont aussi longues que la trompe et par la
position oblique sur le mur.
L’anophèle a surtout une activité nocturne et
crépusculaire.
Actuellement 400 espèces sont connues, mais 30
seulement sont susceptibles de transmettre le
paludisme. L’espèce Marocaine : L’anophèle
macculi pennis Labranchiae.
F. Facteurs épidémiologiques :
1/ Facteurs dépendant de l’agent pathogène
2/ Facteurs dépendant du vecteur
3/ Facteurs dépendant de l’homme
1/ Facteurs dépendant de l’agent pathogène
Les facteurs climatiques :
Le paludisme est une maladie des pays chauds:
≥ 15°C Pour le Plasmodium vivax,
18°C pour le falciparum .
L’ évolution du parasite sera arrêtée si la T° est au
dessous de 15°.
L’altitude : à partir d’une altitude de 2000 m, la
transmission va diminuer
La virulence du parasite :
- Le plasmodium falciparum est l’espèce la plus
virulente car elle entraîne les complications les
plus sévères ; mais il ; est l’espèce qui répond le
mieux au traitement et n’entraîne pas de rechute.
- Quant au P. vivax, il se localise au niveau des
cellules hépatiques, disparaît difficilement et
entraîne des rechutes.
2/ Facteurs dépendant du vecteur
• Climatologie :
- L’évolution de l’insecte demande une T° optimum.
- L’activité vectrice varie avec la latitude des régions
géographiques et peut être saisonnière ou continue .
EXP. au Maroc, la transmission du paludisme est
saisonnière :surtout en été (Mai - septembre).
La pluviométrie :
Lorsque les pluies sont abondantes et surtout quand
elles sont tardives, elles réalisent davantage de
collections d’eau (gîtes), favorables aux poussées
épidémiques du paludisme.
3/ Facteurs dépendant de l’homme
•Profession :
- Agriculteurs, travailleurs de rizières
- Les mouvements de la population.
•La réceptivité des sujets :
Les sujets fatigués sont plus réceptifs que les sujets
en bonne santé
DIAGNOSTIC
DEVANT
Toute personne fébrile qui vit ou qui vient de
séjourner dans un pays endémique.
T° 40-41°c
Hépato – splénomegalie
50% des cas se présentent avec des symptômes
digestifs (diarrhée, nausée, vomissements)
Les symptômes digestifs sont souvent la cause
du diagnostic tardif
G. SYMPTOMATOLOGIE :
1/ Période d’incubation :
Généralement silencieuse (phase hépatique)
2 / Période d’invasion :
Elle correspond à la sortie des parasites du foie et
l’invasion des G.R.
3/ Période d’état :
Elle correspond aux accès palustres :
• Stade de frissons : qui dure 1 h
• Stade d’hyperthermie : qui dure 2 h
• Stade de sueurs
4/ Evolution :
L’accès va se répéter en fonction des espèces
plasmodiales :
soit une fièvre tierce bénigne (Vivax)
soit une fièvre tierce maligne (falciparum)
soit une fièvre quarte (ovale).
5/ Complications :
Complications viscérales :
- Sang : Anémie, syndrome hémorragique.
- Rate : Splénomégalie.
- Foie et voies biliaires : Hépatomégalie, ictère.
- App. Digestif : Crises abdominales.
- App. Respiratoire : Pneumonie.
- App. Cardiovasculaire : Myocardite.
- Système nerveux : Méningite, encéphalite.
- App.urinaire : Néphrite.
Accès pernicieux :
- Dues à la schizogonie du plasmodium
falciparum , qui va se poursuivre dans les capillaires
cérébraux profonds ou elle va entraîner des
accidents œdémateux et de l’anoxie .
- Ces accès se présentent sous deux formes :
Forme comateuse
Forme algide
- Forme comateuse : Dans ce cas le patient entre
d’emblée dans un coma profond accompagné
d’un subictère, une hépatomégalie, une
splénomégalie avec hyperthermie à 40°C.
- Forme algide : Patient pale ou cyanosé avec
hypotension, regard angoissé, extrémités froides
et pouls filant.
La confirmation du diagnostic est BIOLOGIQUE:
Mise en évidence d’hématozoaires dans le sang
par un frottis et une goutte épaisse
Érythrocytes infectés
FALCIPARUM
MALARIAE
OVALE
VIVAX
H. Traitement :
Le traitement de tout cas de paludisme dépisté est
un élément essentiel dans les activités de
surveillance.
Dans ce cadre, les médicaments peuvent être
administrés à 3 fins :
1.Traitement présomptif :
Le traitement consiste à administrer une dose
unique de Nivaquine aux personnes présentent des
signes de fièvre ou d’autres indices cliniques ou
épidémiologiques.
Le médicament est administré immédiatement après
le prélèvement de sang sous le contrôle de
l’infirmier à la dose de 10 mg / Kg de poids.
2. Traitement radical :
Ce traitement vise non seulement à réaliser la
guérison radicale et éviter les rechutes mais aussi à
rendre le sujet traité, immédiatement non infectant
pour le moustique.
Il comprend 5 jours de traitement continu et les
prises doivent être contrôlées par l’Infirmier.
Les doses recommandées sont respectivement :
Nivaquine 10 mg /Kg de poids le 1er et le 2ème jour
5 mg/kg de poids le 3ème jour pour.
Primaquine 0,6 mg /Kg de poids du 1er au 5ème j
En cas d’interruption, le traitement doit être repris dans
sa totalité si plus de 5 jours se sont écoulés entre deux
prises.
3. Traitement de consolidation :
- Il est administré à base de Primaquine à la dose
de 0,6 mg /Kg de poids : au printemps qui suit la
série des 7 contrôles aux cas connus de l’année
précédente
- Il sert à consolider le traitement radical au début de
la période de transmission.
- Il comporte 5 jours de traitement continu et les
prises doivent être contrôlées par l’Infirmier.
L’ENQUÊTE ÉPIDÉMIOLOGIQUE :
Autour du cas du paludisme nouvellement dépisté
dans le but de:
Déterminer l’origine de chaque cas dépisté
Rechercher les facteurs de propagation de la
maladie
Appliquer les mesures correctives qui s’imposent
Le simple dépistage d’un cas de paludisme a peu de
valeur du point de vue épidémiologique tant que l’on
n’en a pas déterminé l’origine
c’est-à-dire,
Ou ,quand et comment l’infection a été contractée.
CAS AUTOCHTONE
Cas de paludisme contracté par le malade
dans la zone ou il habite
CAS IMPORTE
Cas de paludisme dont l’infection a été
contractée hors de la zone ou il a été
découvert.
Cas importé de l’étranger (hors Maroc)
Cas importé d’une autre province
L’ENQUÊTE ENTOMOLOGIQUE
Evaluer l’activité du vecteur et déterminer les possibilités de
transmission qui existent pour prendre les mesures de lutte
qui s’imposent
Le recensement des collections d’eau existantes selon leur
origine(naturelles ou artificielles) et leur caractère (permanent
ou temporaire)
L’identification des gîtes potentiels
La capture de moustiques adultes
L’évaluation des actions biologiques , physiques ou chimiques
PRÉVENTION DU
PALUDISME
MESURES DE CONTRÔLE DU VECTEUR
Il s’agit avant tout de l’assainissement de
l’environnement , qui permet entre autres de
supprimer certains gîtes larvaires potentiels (pots
de conserve vides, pneus de véhicules, ustensiles
usagés, fûts non couverts….
PROTECTION CONTRE LES PIQÛRES
Anophèles femelles piquent entre le coucher
et le lever du soleil
Vêtements couvrants
Moustiquaires ( imprégnées de Perméthrine )
Insecticides
MOUSTIQUAIRE
La lutte contre les moustiques adultes (les imagos)
fait appel aux pulvérisations d’insecticides, soit
dans les habitations (pulvérisations intra
domiciliaires), soit dans des aires géographiques
données.
LUTTE ANTI LARVAIRE :
Action biologique: consiste à introduire dans le
gîte des prédateurs comme le GAMBUSIA (un
poisson larvivore ,vit en bandes nombreuses
introduit dans les points d’eau stagnante)
Action physique : vise à modifier les milieux ou
les larves peuvent se développer
Action chimique: consiste à traiter les
collections d’eau par l’épandage de larvicides.