Partie 2 – La dynamique interne
de la Terre
Chapitre 1 – La structure d u
globe terrestre
Aujourd’hui, les géologues peuvent proposer un
modèle de la Terre révélant à la fois son organisation
en surface mais aussi ses structures profondes.
Comment un tel modèle a-t-il pu être établi, en
particulier pour les enveloppes les plus profondes du
globe terrestre alors même que les forages les plus
profonds n’ont pas atteint 12 km sur les 6378 km que
constitue le rayon terrestre ?
https://www.pedagogie.ac-nice.fr/svt/productions/profil-crustal/
Chapitr
eI.1Le contraste entre domaine
continental et domaine océanique
https://www.pedagogie.ac-nice.fr/svt/productions/profil-crustal/
domaine domaine
océanique continenta
70 % l
surface 30 %
I. Le contraste entre domaine continental et domaine
océanique:
La surface de la Terre est marquée par un contraste géologique
entre les régions océaniques qui représentent environ 70 % de la
surface terrestre et les régions continentales (30 % de la surface
terrestre). Ces caractéristiques reposent essentiellement sur des
observations de surface.
Ce contraste s’explique par l’existence de deux types de croûte
terrestre (croûte : enveloppe la plus superficielle du globe) : la
croûte océanique, présente dans les régions immergées et la
croûte continentale, présente au niveau des continents (la partie
périphérique de la croûte continentale, située sur les bords des
océans, est également immergée).
Chapitr
eI.1Le contraste entre domaine
continental et domaine océanique
Altitude
maxi
+ 8848 m
Profondeur
maxi
- 10971 m
Basalte Granite
Gabbro Gneiss
Densité moyenne : Densité moyenne :
2,9 2,6
T.D. ACTIVITÉ 2 livre pages 144-145
Documents:
Fiche des principales roches
Croûte océanique Croûte continentale
Roches
magmatiques Basalte Gabbro Granite
Densité Environ 3 Environ 2,7
Composition Quartz, feldspath (plagioclases et
minéralogique Pyroxènes et plagioclases orthose), micas (biotite)
Composition
Riches en O, Si, Al, Fe Riches en O, Si, Al, K
chimique
Texture Microlitique Grenue Grenue
Le contraste entre le domaine continental et le
domaine océanique est observable à différents
niveaux:
a. au niveau de l’altitude : l’altitude moyenne des
domaines continentaux est de 840 mètres alors que
celle des domaines océaniques est de -3800 mètres
(pour information : altitude maximale en domaine
continental : Mont Everet 8848 mètres – profondeur
maximale en domaine océanique : Fosse des
Mariannes -10971 mètres).
Le contraste entre le domaine continental et le domaine
océanique est observable à différents niveaux :
b. au niveau des roches :
les roches de la croûte continentale présentent une importante
diversité avec des roches magmatiques (ex : granite), des roches
métamorphiques (ex : gneiss) et des roches sédimentaires (ex :
calcaires, grès …). Malgré cette diversité, la composition moyenne
de la croûte continentale est proche de celle d’un granite tout
comme sa densité qui est de 2,6 environ.
les roches de la croûte océanique présentent une forte
homogénéité : ce sont des roches magmatiques avec en surface
des basaltes (roches magmatiques volcaniques) qui recouvrent des
gabbros (roches magmatiques plutoniques). Cet ensemble est
généralement recouvert d’une couche de sédiments. La densité
des roches de la croûte océanique est d’environ 2,9.
Chapitr
eI.1Le contraste entre domaine
continental et domaine océanique
Le contraste entre le domaine continental et le
domaine océanique est observable à différents
niveaux :
c. au niveau de son âge : l’âge moyen des roches de la
croûte continentale est plus élevé que celui des roches
de la croûte océanique. En effet, on peut trouver des
roches très anciennes dans la croûte continentale
(certaines sont datées de plus de 4 milliards d’années)
alors que les roches de la croûte océanique ne
dépassent pas 200 Ma.
II. La structure profonde de la Terre:
L’étude de la structure profonde du globe repose sur
l’exploitation de différentes données en particulier
les données sismiques.
Chapitr
eII.
1 La structure profonde
deA.la Terre et les propriétés des
L’origine
ondes sismiques
Modélisation « Ondes sismiques » – Géosciences
http://geosciences3d.univ-lyon1.fr/resources.php#content
A. L’origine et les propriétés des ondes sismiques
Soumises à des contraintes, des roches peuvent se fracturer brutalement : à
cet instant, une grande quantité d’énergie est libérée et se propage, dans
toutes les directions, sous la forme d’ondes sismiques. Le site de la rupture
brutale des roches est appelé foyer sismique.Différents types d’ondes se
propagent, parmi lesquelles :
• les ondes P (ondes premières) : ce sont les plus rapides et sont donc les
1ères à parvenir en surface. Elles se propagent dans tous les milieux,
solides et liquides.
• les ondes S (ondes secondes) : ce sont les 2des à parvenir en surface. Elles
ne se propagent que dans les solides. Elles sont beaucoup plus
destructrices que les ondes P.
Chapitr
eII.
1 La structure profonde
deA.la Terre et les propriétés des
L’origine
ondes sismiques
Des vitesses sismiques qui
varient selon la nature des
ondes
et la densité des
matériaux traversés
La vitesse de propagation des ondes augmente si la densité des matériaux
Animations :
Types d’ondes sismiques- manuel page 146
Vitesse des ondes- manuel page 147
Ondes sismiques-manuel page 147
A. L’origine et les propriétés des ondes sismiques:
La vitesse des ondes augmente avec la densité des matériaux et donc
diminue avec leur température (puisque la densité d’un matériau diminue si
sa température augmente).
Lorsque des ondes parviennent à l’interface de deux milieux différents, une
partie des ondes est réfléchie et l’autre partie est réfractée (les ondes
passent alors dans le second milieu avec une trajectoire généralement
déviée).
Chapitre 1 – La structure d u
globeII. terrestre
La structure profonde
de la Terre
A. L’origine et les propriétés des
ondes sismiques
Comportement des ondes sismiques à l’interface entre deux
milieux diff érents
Chapitr
eII.
1 La structure profonde
deB.la Terre
L’exploitation de la propagation des ondes
sismiques a permis de concevoir un modèle
de la structure du globe
La vitesse de propagation des
ondes sismiques diffère selon les
trajets : la vitesse la plus élevée est
celle entre l’épicentre et la station C .
La trajectoire des ondes sismiques
diffère selon les trajets : la trajectoire la
plus profonde est celle entre l’épicentre
et la station C .
Or, nous savons que la vitesse
augmente avec la densité des
roches traversées.
Chapitr
eII.
1 La structure profonde
deB.la Terre
L’exploitation de la propagation des ondes
sismiques a permis de concevoir un modèle
de la structure du globe
Il existe une surface de discontinuité (Moho) à environ 30 km de
profondeur, indiquant
un changement de composition entre croûte et manteau
Chapitr
eII.
1 La structure profonde
deB.la Terre
L’exploitation de la propagation des ondes
sismiques a permis de concevoir un modèle
de la structure du globe
Il existe une enveloppe plus chaude, la LVZ, située au sommet de
l’asthénosphère,
entre 100 et 200 km de profondeur en moyenne.
Chapitr
eII.
1 La structure profonde
deB.la Terre
L’exploitation de la propagation des ondes
sismiques a permis de concevoir un modèle
de la structure du globe
Il existe une surface de
discontinuité située à 2900 km
de profondeur qui sépare le
manteau solide du noyau
externe liquide.
La présence de cette enveloppe
explique l’existence de la zone
d’ombre
Épicentr Zone Zone
e d’ombre d’ombre
ondes S ondes P et
S
L e s zones d’ombre sismique
Lors d’un séisme, aucune station située à une distance angulaire supérieure à
105° du foyer. n’enregistre d’ondes S . Cette zone constitue la « zone d’ombre S ».
La zone d’ombre des ondes P concerne uniquement les stations situées entre 105° et
142° du foyer.
Chapitr
eII.
1 La structure profonde
deB.la Terre
L’exploitation de la propagation des ondes
sismiques a permis de concevoir un modèle
de la structure du globe
L e s zones d’ombre
sismique
Chapitr
eII.
1 La structure profonde
deB.la Terre
L’exploitation de la propagation des ondes
sismiques a permis de concevoir un modèle
de la structure du globe
La zone d’ombre sismique des
ondes P
Existence d’une surface de discontinuité à 2900 km : limite
manteau - noyau
Chapitr
eII.
1 La structure profonde
deB.la Terre
L’exploitation de la propagation des ondes
sismiques a permis de concevoir un modèle
de la structure du globe
La zone d’ombre sismique des
ondes S
Existence d’une surface de discontinuité à
2900 km : limite manteau solide –
noyau externe liquide
B. L’exploitation de la propagation des ondes sismiques a permis de
concevoir un modèle de la structure du globe
L’analyse des enregistrements des séismes ou sismogrammes permet de
déterminer la vitesse de propagation des ondes sismiques et leur
trajectoire. Grâce à de telles analyses, les géologues ont montré :
• que la densité de la Terre augmentait avec la profondeur,
• qu’il existait, en profondeur, des surface de discontinuités,
matérialisant des limites entre deux enveloppes différentes (exemple :
discontinuité du Moho séparant la croûte du manteau)
• qu’il existait des zones plus chaudes se traduisant par un
ralentissement de la vitesse de propagation des ondes (exemple : la
LVZ)
• qu’il existait une enveloppe liquide empêchant la propagation des
ondes S (exemple : noyau externe)
Chapitr
eII.
1 La structure profonde
deB.la Terre
L’exploitation de la propagation des ondes
sismiques a permis de concevoir un modèle
de la structure du globe
La densité des enveloppes terrestres augmente
avec la profondeur
Il existe une surface de discontinuité (Moho) à environ 30 km
de profondeur, indiquant un changement de composition entre
croûte et manteau
Il existe une enveloppe plus chaude, la LVZ, située au
sommet de l’asthénosphère, entre 100 et 200 km de profondeur
en moyenne.
Il existe une surface de discontinuité située à 2900 km
de profondeur qui sépare le manteau solide du noyau
externe liquide. La présence de cette enveloppe explique
l’existence de la zone d’ombre
Chapitr
eII.
1 La structure profonde
deB.la Terre
L’exploitation de la propagation des ondes
sismiques a permis de concevoir un modèle
de la structure du globe
Modèle P R EM (Preliminary Reference Earth
Model) - 1981
Variations des vitesses des ondes sismiques P et S , et de la densité en
fonction de la profondeur. Entre deux interfaces, les paramètres sont
Chapitr
eII.
1 La structure profonde
deB.la Terre
L’exploitation de la propagation des ondes
sismiques a permis de concevoir un modèle
de la structure du globe
rigid
e
moins
rigide
rigid
e
liquid
e
rigid
e
En utilisant ces différentes données, les géologues ont pu élaborer un modèle de la
structure interne de la Terre, appelé modèle PREM (Preliminary Reference Earth Model)
basé sur les variations de la vitesse de propagation des ondes sismiques. Selon ce
modèle, la Terre est constituée d’une succession d’enveloppes concentriques
hétérogènes, qui se distinguent par leur composition et/ou l’état plus ou moins rigide des
roches qui composent ces enveloppes :
• une croûte : de type continental (épaisseur moyenne de 30 km mais pouvant varier
de 0 à 90 km) ou océanique (épaisseur moyenne de 7 km). Sa limite inférieure est
la discontinuité du Moho correspondant à un changement de roches entre celles de
la croûte et celles du manteau.
• un manteau, constitué essentiellement d’une roche, la péridotite. Cette couche est
subdivisée en plusieurs enveloppes :
a. le manteau lithosphérique, rigide et constituant l’enveloppe profonde de la
lithosphère. La limite inférieure de la lithosphère est définie par la température
de 1300°C (on parle d’isotherme 1300°C pour qualifier cette discontinuité). La
lithosphère a une épaisseur moyenne de 100 km.
b. l’asthénosphère, dont la couche supérieure est appelée LVZ, se caractérise par
une structure davantage visqueuse et déformable, donc moins cassante que la
lithosphère.
c. le manteau inférieur
• un noyau, subdivisé en un noyau externe liquide et un noyau interne (ou graine)
solide.
Chapitr
eII.
1 La structure profonde
deC .la Terre
Le modèle thermique de la
Terre
La Terre produisant de la chaleur, la température interne de la Terre croît avec la profondeur. Cette
augmentation est appelée gradient géothermique et a une valeur d’environ 30°C / km. Toutefois, il
n’est pas possible d’établir un profil régulier de l’évolution de la température interne car il existe deux
modes différents de transfert d’énergie :
40°
– transfert par conduction : il y a transfert d’énergie sans mouvement de0°matière,
C ce qui en fait un
C
mécanisme de transfert d’énergie peu efficace.
– transfert par convection : il y a transfert d’énergie avec mouvement de matière, ce qui est un
mécanisme très efficace
0° C pour transférer de l’énergie.
Chapitr
eII.
1 La structure profonde
deC .la
LeTerre
modèle thermique de
la Terre
Modes de transferts d’énergie
- dans la lithosphère : conduction. Transfert peu efficace donc forte différence de
température entre la base et le sommet de la lithosphère.
- dans le manteau et le noyau : convection. Transfert efficace donc faible différence
de température entre la base et le sommet du manteau ou du noyau.
Selon les enveloppes terrestres et les mouvements de matière qui peuvent ou non les affecter, les
modes de transfert d’énergie sont différents :
– dans la lithosphère, le transfert d’énergie se réalise essentiellement par conduction car c’est
une enveloppe très rigide dans laquelle il n’y a pas de déplacement de matière. Ainsi, la chaleur
est peu transférée de la base de la lithosphère (chaude) au sommet de la lithosphère : cela se
traduit donc par une différence importante de température entre la base de la lithosphère et le
sommet.
– dans le manteau et le noyau externe, le transfert d’énergie se réalise essentiellement par
convection car ce sont des enveloppes déformables dans laquelle il peut y avoir déplacement de
matière. Ainsi, la chaleur est facilement transférée de la base de l’enveloppe (chaude) au sommet
de cette même enveloppe: cela se traduit donc par une plus faible différence de température entre
la base et le sommet du manteau ou du noyau.
Chapitr
eII.
1 La structure profonde
deC .la
LeTerre
modèle thermique de
la Terre
Des anomalies locales du transfert
d’énergie
Anomalie Anomalie
négative de positive de
vitesse des vitesse des
ondes ondes
sismiques sismiques
Présence de
Présence de matière Présence de
matière chaude – matière
chaude – magmatisme
froide –
magmatisme (volcan de phénomène
(dorsale) subduction)
de
subduction
Le modèle thermique de la Terre confirme donc le modèle de la structure interne du globe établi à
partir des données sismiques (modèle PREM).
Le modèle thermique de la Terre présente quelques situations locales particulières et non conformes
avec le modèle général, en particulier quelques phénomènes de convection dans la lithosphère. Ces
situations sont révélées par des anomalies de la vitesse de propagation des ondes sismiques :
– dans les zones de magmatisme (dorsales, points chauds, volcanisme de subduction), il existe un flux
de chaleur particulièrement élevé correspondant à la présence de magma chaud associé à un
courant ascendant de matière chaude. Ce phénomène de convection est révélé par une vitesse de
propagation des ondes sismiques anormalement basse (une faible vitesse de propagation des ondes
sismiques s’explique par une densité plus faible des roches, pouvant s’expliquer par une température
des roches plus élevée).
– dans les zones de subduction, il existe une anomalie thermique négative, révélée par une vitesse
des propagation des ondes sismiques anormalement élevée, correspondant à l’enfoncement de la
lithosphère froide (car âgée, donc refroidie) dans le manteau.