0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
71 vues30 pages

Ch3 Initiiation CI

Le chapitre présente la théorie des avantages comparatifs de David Ricardo, qui soutient que le libre-échange permet aux pays de se spécialiser dans la production de biens pour lesquels ils ont un avantage comparatif, augmentant ainsi l'efficacité économique. Il critique également les hypothèses du modèle de Ricardo, notamment l'immobilité internationale des facteurs de production et l'absence de dynamique dans le passage de l'autarcie au libre-échange. Enfin, John Stuart Mill complète cette théorie en se concentrant sur la demande, affirmant que les pays doivent se spécialiser dans les biens les plus demandés pour maximiser leurs gains à l'échange.

Transféré par

Yahia Ferrah
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PPTX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
71 vues30 pages

Ch3 Initiiation CI

Le chapitre présente la théorie des avantages comparatifs de David Ricardo, qui soutient que le libre-échange permet aux pays de se spécialiser dans la production de biens pour lesquels ils ont un avantage comparatif, augmentant ainsi l'efficacité économique. Il critique également les hypothèses du modèle de Ricardo, notamment l'immobilité internationale des facteurs de production et l'absence de dynamique dans le passage de l'autarcie au libre-échange. Enfin, John Stuart Mill complète cette théorie en se concentrant sur la demande, affirmant que les pays doivent se spécialiser dans les biens les plus demandés pour maximiser leurs gains à l'échange.

Transféré par

Yahia Ferrah
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PPTX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Chapitre 3: La théorie

des avantages
comparatifs
Module: Initiation au CI
Glossaire
Coût d’opportunité: ce à quoi l’on renonce lorsque l’on produit une unité d’un
bien, en unités d’un autre bien.
Avantage absolu : avantage que possède une personne qui produit le même
produit qu’une autre pour un rendement supérieur.

Avantage relatif : avantage que possède une personne qui enregistre un


faible coût de production par rapport à un pays, une entreprise ou un ménage.

Spécialisation : focalisation sur la production d’un bien au détriment des


autres.

Dotation factorielle : ressources dont dispose un pays.

Marchés : structures d’organisation efficace de l’activité économique où les


ménages et les entreprises choisissent librement d’allouer leurs ressources.

Échange : action ou fait de donner un bien et d’en recevoir un autre en


contrepartie.
David Ricardo (Londres, 1772
– Gatcombe Park, 1823)
David Ricardo (Londres, 1772 – Gatcombe Park, 1823)
 Économiste anglais de l’école classique, il est considéré comme l’un des
premiers grands théoriciens de l’économie.
 Troisième fils d’une famille bourgeoise juive de 17 enfants, il commence à
travailler à 14 ans avec son père, agent de change à la Bourse de Londres. A 21
ans, il se lance à son compte et fait rapidement fortune.
 Entre 1809 et 1811, pendant les guerres napoléoniennes, il publie des articles et
un essai expliquant l’origine de la dépréciation de la devise anglaise.
 Dès 1814, il se consacre à l’étude de la théorie économique. En 1817, il publie la
1ère édition de son ouvrage majeur « Des principes de l’économie politique et de
l’impôt » .
 En 1819, il devient membre du parlement britannique, où il défendra le libre-
échange.
 Il meurt subitement en 1823 dans sa résidence de Gatcombe Park.
Pour David Ricardo,
l’économie tend vers un état
stationnaire,
c’est- à-dire un état sans
croissance économique,
sans dynamisme, où le
niveau du produit national est
simplement reproduit à
l’identique d’une période à
l’autre.

Le commerce extérieur est vu comme un moyen


d’échapper à cet état stationnaire.
Comme Adam Smith, D. Ricardo est favorable au libre- échange
international.

Il améliore la théorie smithienne des avantages absolus et


propose celle des avantages comparatifs (ou avantages relatifs).
Hypothèses du modèle
 Le modèle que propose Ricardo (1817) repose sur les hypothèses
suivantes:
 Hypothèse 1 : Le monde est divisé en deux pays, la Grande
Bretagne et le Portugal.

 Hypothèse 2 : Chaque pays est en mesure de produire deux biens,


le drap et l’huile.

 Hypothèse 3 : Il n’y a qu’un seul facteur de production, pleinement


utilisé : le travail.
Selon cette hypothèse, la valeur d’un bien est déterminée par la
quantité de travail incorporée dans la marchandise (nombre
d’heures de travail). La quantité de travail détermine ainsi le coût
de production du bien considéré.
 Hypothèse 4 : Le facteur de production et le capital financier sont
mobiles au niveau national, mais immobiles au niveau international.

 Hypothèse 5 : Les productivités diffèrent entre les pays.

 Hypothèse 6 : Les rendements d’échelle* sont constants.

 Hypothèse 7 : Le modèle est statique. Il convient simplement de


comparer les situations de deux pays d’abord considérés en régime
autarcique puis en régime de libre-échange.

*Les rendements d'échelle représentent l'accroissement de l'efficience (productivité) à la suite de l'augmentation des facteurs
de production
A partir de ces hypothèses, Ricardo s’appuie sur un exemple chiffré
pour montrer l’intérêt du libre-échange sur la base des avantages
comparatifs.
 Soit deux pays, l’Angleterre et le Portugal, qui produisent deux biens,
l’huile d’olive et le drap.

Portugal Angleterre

1m de drap 90h 100h

1L d’huile 80h 120h

Total d’heures 170h 220h


 Pour produire une unité de drap, il faut 100 heures
de travail en Angleterre, contre seulement 90
heures de travail au Portugal.
 Pour produire une unité d’huile, il faut 120 heures
de travail en Angleterre, contre seulement 80
heures de travail au Portugal.
Selon ces données, le Portugal possède un
Portugal Angleterre avantage absolu dans les deux productions : il
a besoin de moins d’heures de travail pour produire
une unité de drap et une unité d’huile.
1m de
90h 100h
drap Selon ces données, l’Angleterre n’a aucun
avantage absolu : elle a besoin de plus d’heures
1L d’huile 80h 120h de travail que le Portugal pour produire une unité
de drap et pour produire une unité d’huile.
Total
170h 220h
d’heures
Selon le critère smithien des avantages absolus,
l’Angleterre ne peut pas participer au commerce
international, ne peut pas s’insérer dans la division
internationale du travail.
 Pour expliquer la théorie des avantages comparatifs de D.Ricardo,
nous allons voir deux situations :

une situation d’autarcie une situation d’ouverture


internationale
(pas de commerce international) (échange entre les deux pays)
 En autarcie, chaque pays produit une unité des deux biens pour
sa consommation intérieure : la production requiert 220 H en
Angleterre (100 + 120) et 170 H de travail au Portugal (90 + 80),
soit au total 390 H (220 + 170).

 En situation d’ouverture internationale : chaque pays se spécialise dans


la production dans laquelle il détient un avantage comparatif (ou le moindre
désavantage comparatif). Chaque pays produit deux unités du bien dans
lequel il détient un avantage comparatif : une unité pour sa consommation
intérieure, l’autre unité pour l’exporter (et acheter à l’autre pays une unité
du bien qu’il ne produit pas).
Portugal Angleterre
1m de
90h 100h
drap
1L d’huile 80h 120h
Total
170h 220h
d’heures
Répartition de l’heure de travail de drap et
de l’huile
Heure de Portugal Angleterre Ecart de
travail productivité

Drap 90h 100h 100-90=10h

huile 80h 120h 120-80=40h

 L’Angleterre a un avantage comparatif (ou plutôt un moindre


désavantage comparatif) dans la production de drap (100 > 90 :
désavantage de 10 heures de travail) ;
 Le Portugal a un avantage comparatif (ou plutôt l’avantage absolu
le plus important) dans la production d’huile (80 < 120 : avantage
de 40 heures de travail)
En ouverture, chaque pays produit deux unités du bien pour lequel
il possède un avantage comparatif :

La production requiert 200 h

en Angleterre (2 × 100) et 160 h au Portugal (2 × 80), soit


au total 360 h (200 + 160)  au lieu de 390 h.

De ce fait, chaque pays doit se spécialiser dans le bien qu’il sait le


mieux faire, c'est-à-dire qu’il fabrique au moindre coût comparé et
pour lequel il a la meilleure production du travail.

La spécialisation internationale engendre une spécialisation du travail


dans le secteur pour lequel le pays a un avantage comparatif.
Critique du modèle
Le modèle de Ricardo a reçu des critiques, tant au niveau des
hypothèses
qu’à un niveau plus fondamental.

La première série de critiques s’adressent à certaine hypothèses


jugées irréalistes ce qui pose la question de l’applicabilité du modèle,
d’autres, trop restrictives, peuvent voir leur adaptation conduire à
remettre en cause l’existence d’un gain à l’échange.
 Irréalisme excessif de l’hypothèse4: Mobilité et immobilité
nationales et internationales du travail et du capital.
Le travail et le capital ne sont pas complètement mobiles à
l’intérieur d’un pays ni immobiles à l’international:
a. Le développement considérable des investissements directs à
l’étranger et la montée en puissance des délocalisations sont des
phénomènes qui étaient absents du champ d’observation de Ricardo,
mais aujourd’hui devenus incontournables et dont l’analyse ne peut,
par conséquent être réalisée dans le cadre ricardien.
b. A l’hypothèse désormais irréaliste d’immobilité internationale des
capitaux, s’adjoint celle d’une parfaite mobilité interne du travail qui
permet d’expliquer que la main-d’œuvre libérée par le secteur
abandonné par l’économie nationale se déplace, sans friction
et sans coût, vers le secteur dans lequel elle décide de se spécialiser
(barrières de langue, culture, loi et surtout de compétences techniques).
 Le choix de la statique comparative et l’exclusion de la
dynamique
Faire le choix de comparer une situation initiale à une
situation finale ne permet pas de comprendre le processus à
l’œuvre lors du passage de l’une à l’autre.
Le modèle de Ricardo souffre d’une absence de dynamique, qui,
une fois introduite, peut aussi remettre en cause l’intérêt de la
spécialisation.
Aussi Ricardo affirme que les avantages comparatifs sont
durables. Or l’émergence des Nouveaux Pays Industrialisés a
rapidement démenti ce constat.
Passage de l’autarcie au libre-échange (suite de la critique
hypo 7)
Le passage d’un régime autarcique à un régime libre-échangiste
implique qu’il existe désormais des échanges internationaux et par
conséquent que le pays qui achète un bien à l’étranger doit le faire
voyager jusqu’à son marché. Or, il est impossible de concevoir
que ce transport ne puisse avoir un coût, qui peut être estimé
en heures de travail. Ceci peut remettre dans certains cas le principe
du gain à l’échange.
Un autre point à prendre également en considération est le progrès
technologique (Le modèle ne prévoit pas comment les technologies ou les
compétences d’un pays peuvent évoluer.)
 La critique par le courant protectionniste.
 Dès le XIXe siècle, certains auteurs défendent des mesures
protectionnistes comme Friedrich List qui défend le «
protectionnisme éducateur » pour protéger les industries
naissantes.
 Ricardoaffirme que le libre-échange conduit à l’amélioration
générale du bien-être. et que tous les pays sont gagnants au
développement des échanges. List , au contraire, montre que
certaines spécialisations risquent d’enfermer les pays dans
le sous-développement.
 Ainsi un pays spécialisé dans les activités de base sera dépendant
de l'évolution de la demande mondiale pour ce type de production.
Par conséquent, il subira les fluctuations des prix mondiaux (cas de
l’Algérie avec les hydrocarbures).
1.3. Théorie des valeurs
internationales de John Stuart Mill

John Stuart Mill, né le 20 mai 1806 à


Londres et mort le 8 mai 1873 à Avignon,
est un philosophe, logicien et économiste
britannique. Penseur libéral parmi les plus
influents du xixe siècle.
En économie, il est l'un des derniers
représentants de l'école classique.
Précurseur du féminisme, à la fin de sa vie
John Stuart Mill se tourna vers la théorie
socialiste, pour laquelle il exprimait de
plus en plus de sympathies.
 L’analyse de John Stuart Mill s’inspire de l’analyse classique du
commerce international et complète celle de Ricardo.
 En effet, alors que les théories d’Adam Smith et de David Ricardo
se focalisent sur les déterminants des gains au commerce
extérieur du côté de l’offre (spécialisation et production des biens
pour lesquels on possède un avantage absolu ou comparatif), John
Stuart Mill s’intéresse à la demande.
Le postulat de la théorie de Mill est le suivant:

L’échange le plus favorable est celui qui, tout en restant dans la


fourchette des rapports de coûts comparatifs de chaque
pays, porte sur les marchandises dont la demande étrangère
est la plus forte.
 Il conclut que le pays qui gagnera le plus à l’échange sera celui
qui se spécialise dans les marchandises les plus fortement
demandées parce que ce sont celles dont le prix sera le plus
élevé (l’équation de l’offre et de demande).

 Ainsi, les petits pays (avec un faible pouvoir d’achat) vont gagner
plus que les grands pays (ceux ayant un grand pouvoir d’achat)
au commerce extérieur s’ils se spécialisent dans les biens qui
sont fortement demandé par l’extérieur.
Illustration de la théorie
 Reprenons un exemple proposé par RICARDO et adapté aux besoins de
notre démonstration, et voyons l’interprétation qu’en aurait donné John
STUART MILL :
Drap (mètre) Huile (litre)

Angleterre 5 m /h 20 L /h

Portugal 10m /h 50L /h

Rapport productivité 10/5 = 2 50/20 = 2.5


Portugal
Rapport productivité 5/10 = 0.5 20/50 = 0.4
Anglerterre
 L’Angleterre a intérêt à exporter du
Drap Huile
(mètre) (litre) drap et à acheter de l’huile dès lors
que 5 mètres de drap lui permettent
Angleterre 5 m /h 20 L /h
d’obtenir au Portugal plus de 20
litres d’huile, ou 25 litres au
Portugal 10m /h 50L /h maximum, car au-delà de cette
limite (mettons 5 mètres de drap
Rapport 10/5 = 2 50/20 = contre 26 litres d’huile), l’Anglais ne
productivité 2.5 trouvera pas de Portugais pour
Portugal acheter le drap ; en effet, le Portugais
Rapport 5/10 = 0.5 20/50 = pourrait trouver sur son marché
productivité 0.4 intérieur 5 mètres de drap contre 25
Anglerterre
litres d’huile et, à 5 mètres contre 26
litres, il se remettrait à produire de
l’huile.
Drap Huile De même, le Portugal a intérêt à
(mètre) (litre) exporter de l’huile dès que 50 litres
d’huile lui permettent d’acheter plus
Angleterre 5 m /h 20 L /h
de 10 mètres de tissus, 11, 12, 12,5
mètres, mais au-delà (mettons 50
Portugal 10m /h 50L /h litres contre 13 mètres de drap), le
Portugais ne trouvera pas d’Anglais
Rapport 10/5 = 2 50/20 = pour commercer, puisque sur le
productivité 2.5 marché intérieur anglais, 50 litres
Portugal d’huile équivalent à 12,5 de drap et, à
Rapport 5/10 = 0.5 20/50 = 50 litres contre 13 mètres, l’Anglais se
productivité 0.4 remettrait à fabriquer de l’huile.
Anglerterre
 L’échange s’établira donc entre certaines limites définies
en fonction des coûts relatifs de l’échange, comme on peut
le constater dans le schéma ci-dessous.
 Supposons que le marchand anglais se procure contre 5 mètres de
tissus, 22 litres d’huile. Son bénéfice est de 2 litres (22 l – 20 l). Le
producteur d’huile portugais, de son côté, devrait fournir sur son
marché intérieur 25 litres d’huile contre 5 mètres de drap. À 22 litres
contre 5 mètres, il gagne 3 litres (25 l – 22 l).
 Le bénéfice de l’échange est, dans ce cas, plus grand pour le Portugal.
 La question qui va se poser est de savoir quels sont les
déterminants des rapports d’échange qui expliquent l’intensité
relative des bénéfices des échanges.
 Rappelons que le rapport d’échange est mesuré grâce aux termes de
l’échange, rapport entre le prix des exportations et le prix des
importations.
 La réponse de John STUART MILL est d’affirmer que
c’est l’intensité de la demande intérieure de l’huile en
Angleterre et de drap au Portugal qui explique les
rapports d’échange.
 John STUART MILL introduit la notion d’élasticité de la
demande étrangère d’importation par rapport aux prix. Si la
demande d’huile en Angleterre est faible ou qu’elle réagit peu
à l’évolution de la division internationale du travail, les
possibilités d’échange pour le Portugal se réduisent, et
inversement, si la demande de drap au Portugal est déprimée,
les possibilités d’échange se dégradent pour l’Angleterre.
Critique de la théorie
Bien que cette théorie ait apporté des idées importantes à
l'économie internationale, elle a également été critiquée pour les
même raisons que celle de Ricardo.

Malgré ces critiques, la théorie de John Stuart Mill a contribué à


jeter les bases de la réflexion sur les échanges internationaux et
a inspiré d'autres économistes à développer des modèles plus
sophistiqués et réalistes pour expliquer les motifs du commerce
international.

Vous aimerez peut-être aussi