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Cours d'expression orale en français

Le cours d'expression orale de l'Université Internationale de Bujumbura, dirigé par Dr Pierre Nduwayo, vise à améliorer la maîtrise de la parole en français, essentielle pour la communication et l'intégration professionnelle. Il aborde des compétences telles que la ponctuation, l'accord du participe passé et les techniques de prise de parole en public. L'objectif est de permettre aux étudiants de s'exprimer avec aisance et précision dans divers contextes académiques et professionnels.

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Cours d'expression orale en français

Le cours d'expression orale de l'Université Internationale de Bujumbura, dirigé par Dr Pierre Nduwayo, vise à améliorer la maîtrise de la parole en français, essentielle pour la communication et l'intégration professionnelle. Il aborde des compétences telles que la ponctuation, l'accord du participe passé et les techniques de prise de parole en public. L'objectif est de permettre aux étudiants de s'exprimer avec aisance et précision dans divers contextes académiques et professionnels.

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BUJUMBURA INTERNATIONAL

UNIVERSITY

COURS D’EXPRESSION ORALE (45H)

CLASSE BST 1

ANNÉE ACADÉMIQUE 2022-2023

Par Dr Pierre NDUWAYO


Introduction
En permanence, chacun se trouve en situation
d’informer, d’expliquer, de défendre ses idées ou de se
faire entendre. Cette communication peut se faire de
différentes manières : oralement, par écrit ou par des
gestes. Parmi ces trois formes, c’est la première qui
nous intéresse le plus. Dès lors, la parole devient un
élément important, sinon incontournable, de la
communication.
D’ailleurs, la Bible ne nous dit-elle pas : « Au
commencement de toutes choses, la parole existait déjà ;
celui qui est la parole était avec Dieu, et il était Dieu.
Il était donc avec Dieu au commencement. Dieu a fait
toutes choses par lui ; rien n’a été fait sans lui ; ce qui
a été fait avait la vie en lui. » (Saint Jean 1 ; 1-4).
La maîtrise de la parole est fondamentale et se
manifeste dans la transmission des idées, la conduite
des activités courantes et la réforme des sociétés.
Pour cela, la tâche de communiquer avec l’intention
de se faire comprendre n’est pas toujours aisée. C’est
ainsi que beaucoup de gens éprouvent des difficultés
particulièrement quand il s’agit de communiquer à
l’oral dans une langue étrangère comme le français.
Cela est un défi majeur, car ne pas réussir à exprimer
sa pensée et à être compris peut être à l’origine du
désagrément et des échecs difficilement remédiables.
Pour comprendre cette réalité, il faut s’imaginer un
étudiant qui échoue lors d’un examen oral parce qu’il
n’a pas compris la question ou qu’il s’est exprimé
maladroitement. Qu’on imagine également un candidat
à un poste qui ne parvient pas à satisfaire son patron
lors d’une séance d’interview conduisant au
recrutement.
Pour l’un et pour l’autre, les faiblesses au niveau de
l’expression auront contribué à son échec.
La maîtrise de l’expression orale s’acquiert avec le
temps tout comme l’appétit vient en mangeant. Il faut
s’exercer à la prise de parole, puis à la prise de parole en
public, d’où la nécessité d’apprendre la technique de
prise de parole en public pour combler toutes les
lacunes évoquées précédemment.
Ainsi, savoir s’exprimer aisément donne de la joie et
renforce la confiance de soi. Ce qui veut dire que
l’expression orale constitue une condition dans la vie et
un facteur d’épanouissement de la personnalité
humaine.
L’expression orale … demeure le « moyen complexe et
multidimensionnel pour servir notre volonté de
convaincre, d’informer, d’emporter l’adhésion, de
rassurer, de mobiliser, de trouver un accord, de séduire,
de réduire un différend, de faire des rencontres, … »
(Lionel BELLENGER).
Mais pourquoi le cours d’expression orale du
français ? Cette question nous amène à réfléchir un peu
sur le statut du français au Burundi. Sans plonger dans
les détails, nous disons seulement que le français au
Burundi est une langue d’enseignement, une langue
enseignée et une langue utilisée dans l’administration.
Les trois éléments suffisent pour justifier pourquoi nous
devons donner une part importante au développement
de cette compétence langagière (l’expression orale)
même à l’université. Les étudiants doivent, en effet,
connaître les techniques d’expression orale en français,
pour pouvoir se servir de cette même langue dans le
cadre académique et pour pouvoir s’intégrer, plus tard,
dans la vie socio-professionnelle.
Il convient de noter que l’expression orale est l’une
des quatre compétences linguistiques fondamentales qui
font l’objet d’enseignement/apprentissage des langues
en général, et du français en particulier ; ces
compétences sont :
la compréhension orale, la compréhension écrite,
l’expression orale et l’expression écrite.
L’expression orale vise à amener les étudiants à
exprimer et à transmettre des idées et des opinions et
même des sentiments de manière correcte, avec aisance
et liberté au niveau du code oral.
On distingue généralement expression orale et
expression écrite. Mais il faut bien se convaincre que
ces deux formes d’expression entretiennent des rapports
étroits. Ainsi, un exposé oral nécessite une préparation
écrite et un texte écrit peut, très souvent, avoir une
finalité orale : le texte de théâtre est par excellence un
texte créé pour être dit mais le dramaturge
n’est-il pas obligé de s’astreindre à la composition de sa
pièce avant de pouvoir la mettre en scène ?
Ce cours, qui aborde divers outils de la langue française,
introduit l’étudiant au champ d’étude que constitue la
grammaire de l’expression en milieu universitaire.
Comme objectifs généraux, le cours vise :
- La connaissance et la maîtrise des moyens offerts par la
langue pour s’exprimer et communiquer oralement avec
aisance et assurance ;
- L’acquisition des compétences pratiques à une langue
correcte et efficace dans la vie courante et professionnelle ;
- L’emploi d’une langue de qualité dans la communication
orale.
Comme objectifs spécifiques, le cours vise :
- Pouvoir, dans certaines circonstances particulières,
s'exprimer oralement en respectant les règles et les
normes en vigueur en la matière ;
- Rédiger des écrits universitaires, administratifs ou
professionnels dans le respect des règles de grammaire
et d'orthographe ;
- Maitriser la langue française et ses subtilités.
Le cours s’articulera sur deux parties : la première
partie traitera de la ponctuation, des règles de l’accord,
des registres de langue et du choix des mots.
La deuxième, quant à elle, traitera des spécificités de la
communication, la lecture à haute voix, les
présentations, les techniques de l’exposé, l’art du débat
et prononcer une allocution.
Quant aux modalités d’évaluation pour la 1 ère session,
nous aurons des travaux dirigés (pratique de l’oral) et
un examen écrit.
Première partie :
Ponctuation, éléments d’orthographe et de
vocabulaire

Chapitre I : La ponctuation
L’ensemble des signes visuels d’organisation et de
présentation accompagnant le texte écrit, intérieurs au
texte et communs au manuscrit et à l’imprimé constitue
la ponctuation. Ces signes marquent les pauses et les
variations d’intonation à l’intérieur du texte. La
ponctuation assure la progression textuelle et facilite la
compréhension. Une utilisation maladroite de la
ponctuation entraîne donc des failles et
dysfonctionnements sur le plan de la cohésion et de la
cohérence textuelle.
Une petite anecdote raconte que la virgule a tué un
homme :
Un jour, un grand chef décideur (certains parlent de
Napoléon) dictait à son secrétaire un message qu’on
devait porter pour disculper un condamné à mort. Mais
une erreur de ponctuation a coûté la vie au malheureux
détenu ; car au lieu d’écrire « Libérez, pas coupable !
», le secrétaire distrait ou peu soucieux du poids réel de
la minuscule griffe, a écrit «Libérez pas, coupable ! ».
Et voilà le pauvre homme, conformément à ce qui avait
été écrit, fut tué (par la place de cette virgule).
Il est donc primordial de souligner le rôle
incontournable de la ponctuation dans le texte.
a) Signes de ponctuation suivis d’une majuscule
Ils servent à délimiter les phrases.
1° Le point : Il se met à la fin de la phrase déclarative et
se marque à l’oral par une pause importante :
Ex : Il faisait très chaud. La savane était silencieuse.
2° Le point d’interrogation : Comme son nom l’indique,
il se met à la fin d’une phrase interrogative directe :
Ex : Les oiseaux trouveront-ils de quoi manger ?
3° Le point d’exclamation : Comme son nom l’indique, il
se met à la fin d’une phrase exclamative :
Ex : Comme la terre est sèche !
On peut le trouver aussi à la fin de certaines phrases
impératives :
Ex : Viens immédiatement !
4° Les points de suspension
 Les points de suspension s’emploient pour
marquer qu’une phrase n’est pas achevée :
Soit parce que le locuteur a été interrompu :
Ex : « - Mais, Monsieur…
- C’est d’une importance considérable,
Madame. » (M. Leblanc)
Soit parce que le narrateur laisse imaginer la
suite.
Ex : « Si Monsieur veut prendre la peine… »
 Ils remplacent un passage omis dans une citation. Dans
ce cas, on place les points de suspension entre crochets :
Ex : Voici le texte de sa lettre : « Je vous demande de
m'accorder un délai [...] et de me permettre de régler la
dette en trois versements. »
 Ils suivent l'initiale d'un nom qu'on ne veut pas citer :
Ex : Il rencontra Monsieur N... qui l'informa de sa
naissance illégitime.
 Ils sont toujours au nombre de trois : jamais quatre, sous
prétexte que le premier est le point final de la phrase,
jamais deux, sous prétexte qu'ils sont précédés d'un point
d'exclamation ou d'interrogation :
Ex : - Mais, alors, il est parti!... (et non : il est parti!..)
On ne met jamais de points de suspension après etc. Il
s'agirait d'un pléonasme.
Ne pas écrire : Les jardins publics, les parcs, etc...
Mais : Les jardins publics, les parcs, etc.
b) Signes de ponctuation non suivis d’une majuscule
Ils servent à isoler des propositions ou des groupes :
1° Le point-virgule : Il sépare des propositions
indépendantes, juxtaposées et étroitement unies par le
sens. Il sépare deux parties d’une phrase : quand elles
sont assez longues ou quand l’une d’elles contient déjà
une virgule. Il est aussi utilisé dans une énumération
verticale. À l’oral, la pause est moins importante que
pour le point.
Ex : - Il faisait très chaud ; la terre était desséchée.
(Deux prop. indépendantes juxtaposées)
- Cette lettre doit partir, car le temps presse ; tout retard
serait fâcheux. (Deux parties d’une phrase)
Exemple d’une énumération verticale :
Vous devez suivre les étapes suivantes :
- faire un résumé de ce qui est dit sur le sujet ;
- donner votre opinion avec précision ;
- expliquer cette opinion à l’aide d’arguments.
2° Les deux points
Ils constituent une pause qui annonce quelque chose ; ils
introduisent :
- une explication :
Ex : Je ne suis pas venu : il était trop tard.
- un terme annoncé précédemment :
Ex : Je n’ai qu’un animal : une chèvre.
- une énumération :
Ex : Il sortit son déjeuner : du pain, des sardines, du piment.
- une citation ou des paroles rapportées au discours direct
(ils s’accompagnent alors de guillemets, et la phrase citée
commence par une majuscule).
Ex : Paul Valéry a dit : « L’art est fait de beaux détails. »
Les deux points marquent aussi un rapport logique très
intéressant :
- Rapport cause-conséquence :
Ex : Il pleut : je ne sors pas.
- Rapport conséquence-cause :
Ex : Je reste à la maison : il pleut.
3° La virgule : Elle isole les groupes mobiles de la
phrase et se traduit à l’oral par une faible pause.
Ex : Hier, vers midi, il faisait du vélo, devant
l’immeuble.
Sa présence ou son absence peut changer le sens de la
phrase.
Comparez par exemple : Le petit garçon mange une
glace au café. / Le petit garçon mange une glace, au
Elle sépare les termes d’une énumération :
Ex : Son trésor se composait de billets, de bijoux, de
chaussures,…
Elle riait, elle sautait, tapait des pieds et des mains.
c) Les guillemets, les parenthèses, les tirets
1° Les guillemets
Le premier guillemet s'appelle guillemet ouvrant et le
deuxième, guillemet fermant. Dans un texte en français,
on doit utiliser les guillemets français, en forme de
chevrons (« »). Si on doit guillemeter un élément à
l'intérieur d'un passage déjà entre guillemets, on utilise
alors les guillemets anglais (" ").
On emploie les guillemets :
pour encadrer une citation :
Ex :- Pierre CORNEILLE a écrit ceci : « Aux âmes bien nées,
la valeur n’attend point le nombre des années.» (Le Cid)
- Il importe, selon elle, de « réexaminer le projet. C’est ce
qu’indique l’étude de faisabilité».
pour mettre en évidence un mot ou un groupe de mots :
Ex : Le terme « tricheur » vexa profondément l’étudiant.
pour mettre en évidence un mot ou un groupe de mots d’une
langue étrangère :
Ex : - Dans le Burundi monarchique, les cérémonies
d’« Umuganuro » étaient présidées par le roi.
- Les poèmes de Ronsard traitent des thèmes épicuriens,
dignes du fameux « carpe diem » (Profite du jour présent) du
poète latin Horace.
pour signaler un écart orthographique ou grammatical,
ou encore pour indiquer qu'on a une réserve quant à
l'emploi d'un mot.
Ex : - Le journaliste avait écrit « aréoport ».
- Il disait que ce mémoire le « tuait ».
2° Les parenthèses
Elles sont utilisées pour intercaler dans la phrase
quelques indications accessoires : mot, expression ou
phrase entière :
Ex : - Les soucis engendrés par la rédaction de ce
mémoire (excès de travail, fatigue, découragement,…)
ont été effacés par un résultat satisfaisant.
- Le lion (il était affamé) s’approcha du troupeau.
3° Les tirets
Les tirets remplissent le même rôle que les
parenthèses :
Ex : Le lion – il était affamé – s’approcha du troupeau.
Les tirets sont aussi utilisés pour énumérer des
termes dans une liste (énumération verticale) :
Ex : Pour la rentrée scolaire, il faudra acheter le
matériel suivant :
- deux cahiers à spirales, gros carreaux ;
- des crayons à mine ;
- des stylos de couleurs ;
- une gomme.
Dans un dialogue, ils marquent en outre le changement
d’interlocuteur :
Ex : « - Qui frappe à la porte ?
- C’est votre neveu Jacques.
- Entre mon fils. »
Exercices d’application
Chapitre II : Accord du participe passé
Le participe employé sans auxiliaire
Le participe passé employé sans auxiliaire s’accorde en
genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte.
Ex : Les villas édifiées sur la colline jouissent d’une
vue étendue.
a. Le participe passé employé avec l’auxiliaire être
Le participe passé des verbes passifs et de certains
verbes intransitifs conjugués avec l’auxiliaire « être »
s’accorde en genre et en nombre avec le sujet du verbe.
Ex : L’Amérique a été découverte par Christophe
Colomb.
Verbes pronominaux réfléchis et réciproques
Les participes passés des verbes pronominaux réfléchis
et réciproques, conjugués avec l’auxiliaire être, suivent
la règle générale des participes passés conjugués avec
l’auxiliaire avoir et s’accordent en genre et en nombre
avec le pronom réciproque ou réfléchi (se, me, te, nous,
vous) si celui-ci est cod.
Ex 1 : Elle s’est regardée dans la glace. Elle a regardé
qui ? (elle (se)) dans la glace. S’, pronom réfléchi cod,
donc accord.
Ex 2 : Vous vous êtes battus dans la rue. Vous avez
battu qui ? Vous, pronom réciproque, cod donc accord.
Le participe passé ne s’accorde pas avec le pronom
réfléchi ou réciproque si celui-ci est coi ou complément
d’attribution.
Ex 1 : Ils se sont lavé les mains. Ils ont lavé les mains à
qui ? à eux (se) complément d’attribution.
Ex 2 : Nous nous sommes écrit. Nous avons écrit à qui ?
à nous (les uns, les autres), complément d’attribution,
donc pas d’accord.
Remarque : Si le cod du verbe pronominal réfléchi ou
réciproque est placé avant le participe, ce dernier
s’accorde avec lui.
Ex : Les injures qu’ils se sont adressées. Qu’, mis pour
injures est cod de se sont adressées.
Verbes pronominaux et pronominaux à sens passif
Le participe passé des verbes pronominaux proprement-
dits ou des verbes pronominaux à sens passif, conjugué
avec l’auxiliaire être s’accorde en genre et en nombre
avec le sujet.
Ex 1 : Ils se sont aperçus de leur erreur.
Ex 2 : Les livres se sont vendus.
Le participe passé des verbes subjectifs (le nom est
préfixé ou agglutiné n’est ni objet direct ni objet indirect
mais un simple morphème verbal) s’accorde avec le
sujet.
Ex : S’apercevoir, s’emparer, se connaître (à),
s’évanouir, se pâmer, se douter (de), se jouer (de), se
prévaloir, s’écouler, se moquer (de), se repentir, se
souvenir, se taire, …
Ex : Ils se sont emparés de la ville.
Le participe passé des verbes suivants est
invariable : se mentir, se plaire, s’en vouloir, s’entre-
nuire, se convenir, se nuire, se ressembler, se rire, se
sourire, se succéder, se suffire, se survivre, se
complaire, …
b. Participe passé employé avec l’auxiliaire « avoir »
Participe passé conjugué avec « avoir » précédé du
pronom l’ représentant une proposition
Le participe passé conjugué avec l’auxiliaire « avoir »
qui a pour cod l’ (pronom neutre) représentant toute une
proposition reste invariable.
Ex : La journée fut plus belle qu’on l’avait espéré. L’,
cod de avait espéré représente la proposition la journée
fut plus belle.
Participe passé conjugué avec « avoir » : verbes
intransitifs
Les participes passés couru, coûté, pesé, vécu, valu,
restent invariable quand ils sont employés au sens
propre. Ils sont intransitifs.
Ex : La somme importante qu’a coûté le par-dessus
(sens propre, pas d’accord). Il n’y a pas de cod. * On
ne peut pas dire a coûté quoi ? mais a coûté combien ?
Les vingt minutes que nous avons couru.
Employés au sens figuré, ils sont transitifs et
s’accordent avec le cod qui les précède.
Ex 1 : Les efforts qu’a coûtés l’examen de français.
Ex 2 : Les dangers que nous avons courus (sens
figuré : accord). (Nous avons couru quoi ? les dangers).
Participe passé conjugués avec « avoir » : verbes
impersonnels
Le participe passé des verbes impersonnels ou pris
impersonnellement restent invariables.
Ex 1 : Les deux jours qu’il a neigé.
Ex 2 : Les accidents nombreux qu’il a eu cet été.
Participe passé suivi d’un infinitif
Quand le sujet de l’infinitif est placé avant le participe
passé, celui-ci s’accorde en genre et en nombre avec le
sujet de l’infinitif.
Ex : La cantatrice que j’ai entendue chanter.
Le participe passé est invariable s’il a pour cod
l’infinitif, le pronom est alors cod de l’infinitif et non du
verbe principal.
Ex : Les fruits que j’ai vu cueillir.
Remarque : Les participes passés qui ont pour cod un
infinitif sous-entendu restent toujours invariables.
Ex 1 : Je lui ai rendu tous les services que j’ai pu (sous-
entendu lui rendre).
Ex 2 : Je lui ai chanté tous les morceaux qu’il a voulu
(sous-entendu que je lui chante).
Le participe passé fait suivi de l’infinitif reste
invariable.
Participe passé et le pronom en
Le participe passé précédé de « en» reste invariable.
Cependant, le participe varie si le pronom en est
précédé d’un adverbe de quantité combien, autant, …
Ex : Autant d’ennemis qu’il a attaqué, autant il en a
vaincus.
Si l’adverbe de quantité est placé après le pronom « en »
le participe passé reste invariable.
Ex 1 : Quant aux belles capitales, j’en ai tant visité.
Ex 2 : Les romans, j’en ai beaucoup lu.
Chapitre III : Les registres de langue
On réserve souvent l’appellation de registres de
langue pour désigner les différentes variétés de
pratiques langagières habituelles et préférentielles
utilisées par un locuteur dans certaines situations de
communication pour énoncer un message ou exprimer
une réalité dont le contenu sémantique reste
considérablement le même. Ainsi, l’usage de l’une de
ces pratiques langagières varie en fonction de la
situation de communication dans laquelle se déroule
l’échange conversationnel, de la nature des relations
entre les partenaires de la conversation, de leurs
intentions, de la condition sociale et culturelle des
interlocuteurs, des thèmes abordés.
Par ailleurs, il faut souligner que la variation de ces
pratiques langagières modifie plusieurs aspects de la
langue à l’instar des aspects lexical, syntaxique,
morphologique et phonétique.
L’on peut admettre sans peine qu’il existe une
multitude de registres de langue désignant chacun une
situation spécifique. Mais, parmi toutes les typologies
de registres de langue qui ont été réalisées par des
linguistes de tous horizons géographiques et
scientifiques, la plus répandue et qui fait l’unanimité de
tous, demeure celle qui ne parle que de trois registres de
langue : familier/populaire, courant et soutenu.
1. a. Le registre familier
Considéré comme le registre des contextes
informels et des situations où il y a absence des liens
hiérarchiques, il est l’un des langages les plus utilisés
au cours de l'échange conversationnel quotidien entre
parents, enfants, élèves, étudiants, amis, collègues de
travail, ... Il correspond à un langage qui n’est pas
totalement correct, mais admis sous certaines
conditions.
En choisissant comme canal ce langage, le
locuteur ne se surveille pas, n’a pas le souci de bien
s’exprimer, ce qui lui donne une certaine liberté
d’emploi de la langue. Il se caractérise par :
Une syntaxe simplifiée et souvent approximative : « des
phrases courtes, parfois inachevées, ou au contraire,
interminables; des phrases nominales, souvent
asyntaxiques (anacoluthes, thématisations agrammaticales ;
cf. exemple ci-dessous); une ponctuation équivoque, des
interjections fréquentes; un grand usage de l’ellipse; des
pléonasmes abusifs; l’utilisation de la juxtaposition
paratactique, etc. »
Ex : Au bureau, un de mes collègues, sa femme, elle a eu
un bébé. pour : « La femme d’un collègue du bureau a eu
un bébé. »
 De nombreuses abréviations (non lexicalisées).
Ex : T’es là ? / phone / p’tit dèje / une deuch’… pour : « Tu
es là ? / téléphone / petit déjeuner / une deux chevaux… »
Forme interrogative directe simple et sans inversion du
sujet :
Ex : Tu m’appelles d’où ? pour : « D’où est-ce que tu
m’appelles ? »
Un vocabulaire relâché.
Ex : bouffer / auto pour : « manger / voiture »
 Remplacement de « nous » par le pronom sujet « on »
:
Ex : On viendra pour : « nous viendrons ».
La suppression de « ne » dans les locutions négatives :
Ex : Je comprends pas. pour : « je ne comprends pas ».
 L’utilisation abusive du présent de l’indicatif.
 « une prononciation plus rapide et moins soignée des
mots (notamment par l’abandon de nombreux e muets
causant des rencontres de consonnes alors simplifiées et
modifiées ─ simplification qui s’étend aussi à d’autres
groupes de consonnes, surtout en fin de mots ─, par des
métaplasmes comme la syncope, la métathèse,
l’apocope, l’aphérèse) ».
Ex : P’a, qu’est-ce vous f’rez ç’t aprèm si l’quat’-quat’i’
démarre pas ? – Ch’sais pas, d’mande à M’man. Pour :
« Papa, que ferez-vous cet après-midi si le quatre-quatre
ne démarre pas ? – Je ne sais pas, demande à Maman. »
Consonnes géminés.
Ex : apporter se prononce « aporter ».
Assourdissement des consonnes sonores en contact avec des
consonnes sourdes.
Ex : observer se prononce « opserver ».
L’utilisation fréquente d’expressions idiomatiques.
Ex :
Couper l’herbe sous les pieds de quelqu’un.
Quand les poules auront des dents ?
Avoir un chat dans la gorge.
Le tutoiement
Les répétitions.
Un moins grand nombre de liaisons.
Concordance des temps non réalisée.
Le registre familier est plutôt réservé à la langue orale, il
comprend beaucoup de mots ou expressions employés
oralement que l’on ne peut utiliser dans un texte écrit relevant
de la langue standard. Cependant, et pour des raisons diverses,
on peut rencontrer ce registre dans certains écrits, notamment
les romans dits réalistes.
1. b. Le registre populaire ou relâché
Dans certains cas, le registre familier se transforme à un «
registre populaire » (appelé aussi « relâché ») qui prend une
allure totalement écartée de la langue standard, ce registre est
employé généralement dans les milieux moins scolarisés.
Exemple : Ça boume ?/ Ch’ais pas trop … pour : « Ça va ?/ Je
(ne) sais pas trop … ».
Outre les caractéristiques notées déjà pour le registre familier,
le registre populaire se caractérise par :
Des termes impropres.
Des termes péjoratifs.
Des verbes mal conjugués.
Des mots anglais.
Des mots tronqués.
Des phrases brisées.
Lorsque « le registre populaire » est émaillé de mots et
d’expressions venus de la rue et des milieux de délinquance, il
peut se transformer en registre :
a) Argotique : qui consiste à transformer et créer des mots plus
amusants ou expressifs que les mots normaux. « Le verlan » en
est une variété. Ce dernier, est un jeu de mots qui consiste à dire
les syllabes des mots à l'envers ("verlan" est d'ailleurs le verlan
de "l'envers"!)
Ex : femme devient meuf.
b) Vulgaire : à leur tour, les registres populaire et
argotique peuvent se transformer au « registre vulgaire
» (appelé aussi « trivial » ou « grossier »), ce dernier est
un registre socialement inacceptable, il se caractérise
par l’emploi de mots et d’expressions choquants
(jurons, gros mots, sacres, expressions scatologiques ou
sexuelles, et privilégie les interjections en guise de
structure de phrases).
Ex : Foutez-moi le camp ! Pour : « partez ! » ou bien «
laissez-moi tranquille ».
2. Le registre courant ou standard
Il est qualifié par les puristes de la langue
française comme un langage correct et convenable aux
règles, normes et conventions de la langue et à toutes
sortes de situation de communication. Par exemple, il
reste le registre privilégié dans l’enseignement, le
journalisme et la correspondance dans la vie
professionnelle ou sociale. Considéré comme le langage
le plus neutre du point de vue social, il se caractérise par
:
 Un vocabulaire correspondant à celui des
dictionnaires usuels (des mots compris par tout le
monde et qui paraissent neutre, c’est-à-dire pas trop
recherchés).
 Une syntaxe correcte avec des phrases quelquefois
complexes, les principales règles de grammaire sont
respectées.
Des phrases bien construites, mais sans recherche
stylistique.
Ex : Ma voiture est une perte totale ; je l’ai vendue pour
les pièces.
Le registre courant est le registre le moins marqué
par la situation de communication, il ne retient pas
l’attention et donne le sentiment du français correct.
3. Le registre soutenu ou recherché
Considéré comme le registre des situations
exceptionnelles à l’exemple de grands discours, de
textes de haut niveau scientifique, philosophique ou
religieux, de certains textes littéraires, il correspond à
un langage réfléchi, recherché et élaboré qui jouit
d’une surveillance extrême. Il se caractérise par :
Une syntaxe souvent complexe avec des phrases
pouvant être longues et des tournures élaborées ainsi
qu’une rigoureuse concordance des temps :
Ex 1 : Mon véhicule, mon compagnon de route, un
préposé l’a conduit au cimetière en raison de
l’irréparable outrage du temps.
Ex 2 : Ma seule consolation, quand je montais me
coucher, était que maman viendrait m’embrasser quand
je serais dans mon lit. Mais ce bonsoir durait si peu de
temps, elle redescendait si vite, que le moment où je
l’entendais monter, puis où passait dans le couloir à
double porte le bruit léger de sa robe de jardin en
mousseline bleue, à laquelle pendaient de petits cordons
de paille tressée, était pour moi un moment douloureux.
(Marcel Proust, Du côté de chez Swann,).
Un vocabulaire rare, précis et varié.
Ex : Le firmament / les cieux / l’azur pour désigner le
ciel.
Des figures de style recherchées.
Ex : Déjà la nuit en son parc amassait un grand troupeau
d’étoiles vagabondes. (Joachim du Bellay) pour dire :
« Déjà la nuit tombait et on apercevait les premières
étoiles » (Métaphore)
L’emploi de l’imparfait et du plus-que-parfait du
subjonctif aussi bien que le passé simple et le passé
antérieur de l’indicatif.
Ex 1 : Quand son mari eut ouvert et poussé la porte de la
chambre, elle se réveilla brusquement.
Ex 2 : Il partit soldat, devint officier et mourut général.
Ex 3 : Il fallait, à coup sûr, que j’eusse terminé cet ouvrage
avant son retour, pour qu’il ne se fâchât pas.
L’inversion du sujet dans la forme interrogative
directe.
Ex : Quel prénom donneriez-vous à votre enfant ? pour
Quel prénom vous donneriez à votre enfant ?
L’inversion du sujet après certains adverbes (aussi,
ainsi, peut-être, sans doute, etc.).
Ex : Ainsi ai-je dû suspendre le cours de ce matin. pour
« Ainsi, j’ai dû suspendre le cours de ce matin. »
Le vouvoiement.
Le registre soutenu est celui qu’on relève dans la
plupart des situations linguistiques. Dans une
prononciation relativement claire, il prend l’écrit
comme modèle. L’emploi de ce registre dans une
situation où il n’est pas adapté peut le faire apparaître
comme déplacé voire même prétentieux et abusif.

Exercices d’application
Chapitre IV : Choisir le mot juste
1. Les homophones grammaticaux et lexicaux les plus
courants
Par homophones, on entend deux mots qui se
prononcent exactement de la même façon, mais qui ne
partagent pas la même orthographe et le même sens. De ce
fait, on peut souvent les confondre au moment de les écrire
et faire des erreurs d’orthographe dans nos productions
scolaires, universitaires, administratives ou
professionnelles. Leur sens varie selon leur orthographe, et,
la plupart du temps, ils n’occupent pas la même fonction
syntaxique dans la phrase. Il importe donc de les identifier
et de connaître le sens de chacun afin de déterminer leur
orthographe.
Il est aussi indispensable de savoir à quelle classe
grammaticale ils appartiennent et quelle fonction syntaxique
ils peuvent remplir dans une phrase. On distingue les
homophones lexicaux et les homophones grammaticaux. On
parle d’homophones lexicaux lorsque la ressemblance existe
entre des mots qui appartiennent habituellement à la même
catégorie grammaticale. Une bonne connaissance du
vocabulaire permet de les différencier. On parle
d’homophones grammaticaux lorsque la ressemblance existe
entre des mots qui appartiennent à des catégories
grammaticales différentes. La connaissance des règles de
grammaire permet de les discerner. Examinons-les donc un à
un, ces homophones, au moins les plus courants, en les
définissant et en expliquant en quoi ils diffèrent.
1.1. Autour de quelques homophones lexicaux
Aussitôt – aussi tôt
Aussitôt : adverbe qui peut être remplacé par «
immédiatement », « au moment même », « au même
instant », « dès que », « tout de suite ».
Ex : Le dossier a aussitôt été remis au responsable du
projet. Veuillez me le renvoyer aussitôt que possible.
Aussi tôt : locution adverbiale qui fait référence à
l’heure et qui s’oppose à « aussi tard ».
Ex : Il n’est que sept heures. Pourquoi venez-vous aussi
tôt ?
Bientôt – bien tôt
Bientôt : adverbe qui peut être remplacé par « dans peu
de temps », « sous peu », « tantôt », « rapidement ».
Ex : Les étudiants seront bientôt en vacances.
Bien tôt : locution adverbiale qui fait référence à l’heure
et qui s’oppose à « bien tard ». Elle peut être remplacée
par « très tôt ».
Ex : Les cours à l’université commencent bien tôt les
lundis. Notre père est rentré bien tôt du bureau
aujourd’hui.
Plutôt – plus tôt
Plutôt : adverbe qui peut être remplacé par « de
préférence », « au lieu de », « plus », « passablement »,
« assez », « pour être plus précis ».
Ex : Après en avoir discuté, on a plutôt décidé de
reporter l’évaluation. Ils ont préféré passer par ici
plutôt que par là pour se rendre à l’endroit convenu.
Plus tôt : locution adverbiale qui peut être remplacée
par « avant », « plus vite » et s’oppose à « plus tard ».
Ex : Le professeur est venu plus tôt que d’habitude
aujourd’hui. Plus tôt nous commencerons, plus tôt nous
finirons. Elle est arrivée plus tôt que nous l’espérions
Quoique – quoi que
Quoique : conjonction de subordination qui peut être
remplacée par « bien que », « encore que », « même si
».
Ex : Je commence à progresser quoique le français soit
une langue difficile.
Quoi que : conjonction de subordination qui peut être
remplacée par « quelle que soit la chose que », « quelle
que soit la chose qui », « une chose quelconque ».
Ex : Je partirai, quoi que vous en pensiez. (Je partirai,
quelle que soit la chose que vous en pensiez.) Vous a-t-
on demandé quoi que ce soit? (Vous a-t-on demandé une
chose quelconque?) Quoi qu’on fasse, il rouspète
toujours. (Quelle que soit la chose que l’on fasse)
Sinon – si non
Sinon : conjonction de coordination qui peut être
remplacée par « excepté », « à l’exception de », « sauf
», « si ce n’est », « à défaut de », « faute de quoi », «
sans quoi », « autrement », « dans le cas contraire », «
voire », « peut-être même ».
Ex : Je ne sais plus bien ce qui me maintient en vie
sinon l’habitude de vivre. (A. Gide) ; A quoi cette
poésie peut-elle servir, sinon à égarer notre bon sens ?
(V. Hugo) ; Les étudiants ne savent rien de lui, sinon
qu’il enseigne au Département d’études ibériques. Tu
me remettras ton dossier demain, sinon tu ne passeras
pas le concours.
Si non : locution conjonctive qui s’oppose à « si oui ».
Ex : Regarderiez-vous les matchs ce soir? Si oui, quelle
rencontre voulez-vous voir? Si non, que préféreriez-
vous faire?
Sitôt- si tôt
Sitôt : adverbe qui peut être remplacé par « aussi
rapidement », « aussitôt que », « dès que ». Ex : Sitôt
rentrés des cours, les étudiants s’empressent de se
rendre au restaurant. Sitôt que vous le pourrez, mettez-
vous au travail.
Si tôt : locution adverbiale qui fait référence à l’heure et
qui s’oppose à « si tard ». Elle peut être remplacée par «
de si bonne heure ».
Ex : Je me suis couchée si tôt que je n’ai pas dormi tout
de suite. Nos parents sont arrivés si tôt qu’ils ont réveillé
tout le monde.
Amande – amende
Amande : subst. fém. qui désigne le fruit de l'amandier
ou la graine contenue dans un noyau. Ex : Sa raison
secrète pour se déplacer au sud du pays était de se
procurer ce lait d’amande douce que l’on ne trouve qu’à
Mouila.
Amende : subst. fém. qui désigne la sanction pécuniaire.
Il peut être remplacé par « contravention ».
Ex : Ce sportif de haut niveau a été condamné à une forte
amende, car il a omis de payer ses impôts depuis trois
ans.
Cahot – chaos
Cahot : subst. masc. qui désigne la secousse, le saut dû
aux inégalités de la chaussée.
Ex : Les cahots de la route l'ont empêché de s'endormir
tout au long du voyage.
Chaos : subst. masc. qui désigne le désordre, la
confusion, un grand bouleversement.
Ex : La crise politique a mené le pays au bord du chaos.
Cet homme devait mettre un peu d'ordre dans le chaos
de ses idées.
Censé – sensé
Censé : adj. qui peut être remplacé par « supposé ».
Ex : Nul n'est censé ignorer la loi. Les étudiants sont
censés connaître le règlement intérieur de l’université.
Nul n’est censé partir avant d’avoir payé son dû.
Sensé : adj. qui peut être remplacé par « réfléchi », «
raisonnable ».
Ex : Un homme sensé n'aurait pas agi ainsi. Ces paroles
justes et sensées me rassurent. Nulle personne sensée ne
peut ignorer un tel fait.
Cession - Session
Cession : subst. fém. qui désigne l’action de céder un
bien ou un droit.
Ex : La cession des biens lors de l’héritage aura mené à
un autre procès.
Session : subst. fém. qui désigne la période au cours de
laquelle une assemblée, un jury… siège. Les étudiants
ayant échoué à la session de juin seront convoqués à
celle de septembre. La session du parlement a été
interrompue par une manifestation bruyante. Les
enseignants de l’université de Paris-Est Créteil ont été
engagés pour donner des cours à la session de mai.
Exaucer – exhausser
Exaucer : verbe qui signifie « répondre aux prières de
quelqu’un, satisfaire ses demandes ». Il peut être
remplacé par « accomplir ».
Ex : Les prières de cette femme furent exaucées : son fils
guérit de cette terrible maladie. En achetant une maison à
côté d’une rivière, il exauçait le plus cher désir de sa
femme.
Exhausser : verbe qui signifie « élever », aussi bien au
sens concret qu'au sens abstrait.
Ex : L’immeuble a été exhaussé de trois étages au mépris
des règlements régissant la construction. La lecture et la
réflexion exhaussent les esprits.
Martyr(e) – martyre
Martyr : subst. masc. ou fém. qui désigne une personne
ayant subi la torture et la mort pour une cause ou un idéal.
Ex : Les premiers martyrs chrétiens ont été persécutés par
les Romains. Les journaux dénoncent avec véhémence la
souffrance de ces enfants martyrs.
Martyre : subst. masc. Qui désigne le supplice lui-même,
les tourments qu’endure le martyr.
Exemple : Les tortionnaires firent en sorte que le martyre
des condamnés fut long et atroce. Cette maladie incurable
fit de ses derniers jours un long martyre. Je souffre le
martyre lorsque je suis contraint d’attendre un taxi pendant
une demi-heure.
Panser – penser
Panser : verbe qui signifie au sens propre comme au sens
figuré « soigner ».
Ex : Les vétérinaires pansent les animaux malades. Peu à
peu, le temps avait fini par panser les plaies de son coeur.
Penser : verbe qui signifie « réfléchir », « concevoir », «
imaginer».
Ex : Pensez à ce que vous allez dire avant de prendre la
parole. Il pense qu'il faut opter pour cette solution.
Pair – paire
Pair : subst. masc. qui désigne une personne de même
situation sociale, de même titre, de même fonction
qu’une autre personne. Il peut être remplacé par «
collègue ».
Il espère une certaine reconnaissance de ses pairs. Au bureau,
il refuse de collaborer avec ses pairs.
Paire : subst. fém. Il désigne la réunion de deux êtres ou de
deux choses qui se ressemblent. Ex : J’ai perdu ma paire de
lunettes au stade. Paul et Rose forment une belle paire
d’amoureux.
Prémisses – prémices
Prémisses : subst. fém. qui désigne une proposition faite
au début d’un exposé, dont on déduira des conséquences
ou des conclusions.
Ex : Dès le début de son allocution, l’auditoire était en
désaccord avec ses prémisses.
Prémices : subst. fém. qui désigne le début, le
commencement de quelque chose.
Ex : Les prémices du printemps se firent sentir dans la
tiédeur du temps. Ces iniquités constantes annonçaient
les prémices de la fin des temps.
Raisonner – résonner
Raisonner : verbe qui signifie « faire usage de sa raison,
de son jugement ».
Ex : Cette question l’aura forcé à raisonner quelques
instants. Lucie a tenté de raisonner Andrée en lui
expliquant de nouveau la situation.
Résonner : verbe qui signifie « émettre des sons avec
des résonances ».
Exemple : Les cloches de l’église résonnent chaque matin
avant la messe. J’entendais les notes du piano résonner dans
toute la maison.
Satire – satyre
Satire : subst. fém. qui désigne un ouvrage qui vise à
attaquer, critiquer.
Ex : Les Satires de Victor Hugo. Le journaliste, dans sa
satire, s'en prend aux prêtres pédophiles. Les lecteurs
n’ont pas compris que cette oeuvre était une satire de la
vie politique actuelle.
Satyre : subst. masc. qui désigne le nom de la divinité de
la mythologie grecque (un corps d’homme, des cornes et
des pieds de bouc) ou de l'homme qui entreprend les
femmes de façon obscène (un pervers sexuel).
Ex : Elle avait toujours vu en lui un affreux satyre. Ce
vieux satyre harcelait constamment les jeunes femmes du
bureau.
Tache – tâche
Tache : Subst. fém. qui désigne une partie d’une chose
qui est d’une couleur différente du reste, une saleté ou
une souillure morale.
Ex : Des taches de sang avaient mis les enquêteurs sur la
piste. Un tissu sombre avec des taches claires. Cet échec
fait tache dans son parcours jusqu’alors sans faute. Son
visage était beau, mais il avait une tache de rousseur sur
la joue gauche.
Tâche : subst. fém. qui désigne un travail, une besogne à
exécuter.
Ex : Les étudiants ont accompli cette nouvelle tâche avec
beaucoup d'application. Je me suis lancé dans une lourde
tâche : la rédaction de mon mémoire de master. Elle a dû
renoncer à la tâche qu’elle prévoyait exécuter.
2. Autour de quelques homophones grammaticaux
Acquit – acquis
Acquit : subst. masc. qui vient du verbe acquitter, et qui
désigne une reconnaissance écrite d'un paiement reçu.
Ex : Demander, exiger, réclamer un acquit. Mettre son
acquit sur un document.
Acquis : subst. adj. ou part. passé qui vient du verbe
acquérir. Employé comme subst., il désigne le savoir ou
l'expérience que possède un individu, ou encore un
ensemble d’avantages ou de droits obtenus par une action.
Lorsqu'il est adjectif, il qualifie ce qui a été obtenu par
un individu, par opposition à ce qui lui est naturel ou ce
qui lui a été transmis.
Ex : Ce chercheur a un acquis indiscutable dans le
domaine technologique. Personne ne veut mettre en
cause les acquis des enseignants.
Chair – chaire – chère – cher
Chair : subst. fém. qui désigne : 1. les tissus du corps
humain qui sont recouverts par la peau, ou encore
l'aspect de la peau. 2. le corps, par opposition à l'esprit
ou à l'âme. Ce mot peut aussi désigner les désirs et les
besoins du corps, plus particulièrement ceux liés à la
sexualité.
3. la partie comestible d'animaux et de végétaux. Le
nom chair entre dans de nombreuses locutions, avec l'un
ou l'autre de ces sens : en chair et en os, bien en chair,
couleur chair, chair de poule, la chair est faible, chair à
pâté, chair à saucisse, chair à canon, ni chair ni poisson,
etc.
Ex : Sa maladie lui a fait perdre beaucoup de chair; on
dirait qu'il n'a plus que la peau et les os. Les étudiants
avaient la chair de poule tant ils avaient froid. Son statut
de prêtre ne l'empêche pas d'être porté sur les plaisirs de
la chair. La chair de la mangue a une texture bien
spéciale.
Chaire : subst. fém. qui désigne deux types de tribune :
celle à partir de laquelle le prêtre s'adresse à ses fidèles,
et celle à partir de laquelle le professeur s'adresse à ses
élèves. Il désigne aussi une charge dont est titulaire un
professeur dans une université.
Ex : Le prêtre prêchait du haut de sa chaire. Ce
professeur n'utilise jamais la chaire pour s'adresser aux
élèves. Cet éminent professeur est maintenant titulaire
d'une chaire en littérature générale et comparée dans
une université africaine.
Chère : subst. fém. qui désigne généralement,
aujourd'hui, la nourriture. On le trouve dans l'expression
faire bonne chère, qui signifiait autrefois « faire un beau
visage, un bon accueil », et qui signifie aujourd'hui «
manger un bon repas ».
Chère est surtout utilisé dans le registre soutenu.
Ex : Nous avons fait bonne chère à la rentrée solennelle
de l’U.O.B. Cette femme est amatrice de bonne chère.
Cher : adj. qui désigne une personne pour qui l'on
éprouve beaucoup d'affection ou que l'on considère
comme importante, précieuse. On emploie aussi cet
adjectif dans des tournures amicales ou dans des
formules de politesse, notamment dans la
correspondance. Cher peut aussi qualifier ce qui est
coûteux, dispendieux, ou encore un endroit qui vend à
des prix élevés. Comme adverbe, cher se dit de ce qui
exige des sacrifices importants. L’adverbe cher entre
dans quelques expressions, comme ne pas donner cher
de quelque chose, qui signifie qu'une chose est
incertaine, qu'elle ne durera pas;
et ne pas valoir cher, qui signifie « être méprisable ».
Ex : J'ai très hâte de revoir cette chère Chantale. Vous
devriez savoir, cher Monsieur, que je ne peux répondre à
une telle demande. J'aime beaucoup ces lunettes, mais je
les trouve trop chères. L'hôtel que ma mère m'a
recommandé n'est vraiment pas cher. La récente promotion
de Julien lui a coûté cher : son couple est en péril.
Clause – Close
Clause : subst. fém. qui désigne une disposition
particulière faisant partie d’un traité, d’un contrat, d’un
arrêté, d’une loi, ou de tout autre acte public ou particulier.
Ex : Cette règle est inscrite dans cette clause.
Close : adj. fém. désignant une chose fermée.
Ex : Cette porte est close.
Davantage – d’avantage(s)
Davantage : adv. qui signifie « plus », « encore plus », «
autant », « plus longtemps ».
Ex : Je vous en parlerai davantage la prochaine fois. Je ne
vous ferai pas davantage de reproches, mais changez de
comportement. Rien ne lui plaît davantage que de passer
une après-midi tranquille à la bibliothèque.
D’avantage(s) : préposition de (e élidé devant une voyelle)
suivie du nom avantage au singulier ou avantages au
pluriel qui signifie « ce qui est utile ou profitable ». On
peut le remplacer par « bénéfice », « profit », « intérêt ».
Ex : Nous ne voyons pas d'avantage à un tel
changement. La situation actuelle présente plus
d'inconvénients que d'avantages.
Différent- différend – différant
Différent : adj. qui signifie principalement « qui présente
une différence par rapport aux autres » ou « qui est
changé ». Placé devant un nom, différents au pluriel,
précédé ou non de l’article défini, signifie « divers ».
Ex : Sa culture est très différente de la nôtre. Depuis
qu’il a été admis au concours d’entrée à l’ENA, Michel
est différent. Les étudiants aiment différents types de
bières. Vous n’avez pas encore vu les différents
paysages du territoire gabonais.
Différend : subst. masc. qui signifie « conflit, désaccord entre
des personnes ».
Ex : Un malentendu est à l'origine du différend qui oppose
les familles. Nous avons un différend avec le nouveau
directeur.
Différant : participe présent du verbe différer, et qui reste
toujours invariable.
Ex : Les cas différant selon les personnes, nous envisagerons
plusieurs possibilités.
Entretien – entretient
Entretien : subst. masc. formé à partir du verbe « entretenir »
qui signifie « soins, réparations, dépenses qu’exigent le
maintien de quelque chose, action d’échanger des paroles
avec une ou plusieurs personnes, sujet dont on s’entretient ».
Ex : On m’a proposé un entretien.
Entretient : verbe entretenir à l’indicatif présent, 3e
pers. du sing.
Ex : Mon frère prétend qu’il entretient notre mère. Je
suggère que nous cessions cet entretien stérile
Maintien – maintient
Maintien : subst. masc. formé à partir du verbe «
maintenir » qui signifie « manière de se tenir, action de
faire durer, action de soutenir. ».
Ex : Le maintien de l’ordre vise à garantir la paix
civile.
Maintient : verbe maintenir à l’indicatif présent, 3e
pers. du sing.
Ex : Cet homme maintient qu’il a toujours bonne
mémoire.
Peu – peux/peut
Peu : adv. de quantité. Il s’oppose à « beaucoup ».
Ex : Cet homme mange peu. Cette église a peu de fidèles.
Peux/peut : verbe pouvoir à l’indicatif présent, 1ère et 2e
pers. du sing. (peux) et 3e pers. du singulier (peut).
Ex : Elle peut soulever cette valise. Je peux nager comme
toi. Tu peux faire mieux.
Quant – quand
Quant : prép. toujours suivi de « à, au ou aux ». Elle
introduit un complément de phrase et peut être remplacée
par « pour ce qui est de », « en ce qui concerne », « à
l’égard de », « pour », « au sujet de », « relativement à »
Ex : Quant à votre carte, elle n'est pas encore disponible.
Nous avons été satisfaits de l'expérience, mais quant à la
renouveler immédiatement, nous devons y réfléchir.
Quand : 1. adv. (interrogatif) qui introduit une phrase de type
interrogatif.
Ex : Quand ma carte sera-t-elle disponible ? Quand donc
arrêtera-t-elle de pleurer ? 2. conj. (de subordination) qui
introduit une subordonnée complétive interrogative indirecte
ou bien une subordonnée circonstancielle de temps. Elle peut
être remplacée par « lorsque » ou « à quel moment ».
Ex : Nous ne savons pas quand elle arrêtera de pleurer. Nous
sortirons quand elle ne pleurera plus ». Je me demande
quand tu viendras me rendre visite. Je me demande à quel
moment tu viendras me rendre visite.
Sain – saint, sein – seing, ceins-ceint
Sain : adj. qui qualifie un être en bonne santé. Au sens figuré,
il signifie « équilibré », « normal sur le plan psychique ou
moral ». Il désigne également une chose qui est bénéfique
pour la santé.
Ex : Des cheveux sains résultent d’une bonne hygiène. Il
n’est pas sain de ressasser les mêmes souvenirs
constamment. Un esprit sain dans un corps sain : voilà sa
devise. On l’a heureusement retrouvé sain et sauf dans la
voiture accidentée. Manger des fruits et légumes c’est très
sain.
Saint : 1. adj. précédant le nom d’une personne qui a été
canonisée par l’Église.
Ex : Saint Pierre. Il qualifie aussi une personne qui mène une
existence conforme aux lois de la religion ou de la morale.
Ex : Sa façon de vivre fait de lui un vrai saint. Il désigne
enfin une chose qui est digne d’un grand respect, d’une
vénération particulière.
Ex : Pour cet artiste, l’art était saint et sa pratique
menait à une forme d’absolu. 2. subst. qui désigne une
personne qui, selon la décision de l’Église catholique,
est l’objet d’un culte, après sa mort, en raison de sa vie
très vertueuse. Il désigne également une statue
représentant un saint. Ce mot peut enfin qualifier une
personne menant une existence édifiante. Ses enfants
portent les prénoms des saints du calendrier. La dévote
s’assoyait toujours près de son saint à l’église. On dit de
mon grand-père qu’il était un saint.
Sein : subst. masc. qui peut désigner : 1. La partie avant, des
épaules à l’abdomen, du corps humain. 2. La poitrine féminine
ou chacune des mamelles de la femme, de même que cet
organe, peu développé, chez l’homme. Sein désigne dans un
registre plus large, l’utérus, ou encore, la partie intérieure, le
milieu de quelque chose, l’esprit ou le coeur de l’homme.
Ex : Ayant retrouvé son chien, elle le serra contre son sein.
Cette femme a insisté pour nourrir son enfant au sein. Elle
portait dans son sein l’enfant tant attendu. Je me trouve au
sein même de château.
Seing : Nom de quelqu’un écrit par lui-même au bas d’une
lettre ou d’un acte, pour le valider, le confirmer, le certifier.
Subst. masc. Qui désigne la signature apposée par quelqu’un
ou une autorité au bas d’une lettre, d’un acte ou d’un écrit.
Ex : Le locataire a apposé son seing au bas du contrat.
Cette lettre est revêtue de mon seing.
Ceins/ceint : verbe ceindre à l’indicatif présent, aux 1er
et 2e pers. du sing. (ceins), et à la 3e pers. de sing.
Ex : Il se ceint le front d’un foulard pour aller au bal. Le
maire ceint son écharpe. Le roi lui ceint l’épée de
chevalier.
Saut – sceau – seau – sot – sot
Saut : subst. masc. désignant un bond, c’est-à-dire un
mouvement par lequel un être s’élève et quitte le sol. Il
désigne également une chute dans le vide. Au sens
figuré, un saut est un changement brusque, un passage
important.
On utilise enfin ce mot pour désigner une chute, des
rapides. Saut apparaît dans quelques expressions, dont
faire le saut, aller par sauts et par bonds, etc.
Ex : La lionne fit un long saut pour se jeter sur sa proie.
L’historien a fait un brusque saut dans le temps, passant
de l’Antiquité à aujourd’hui. Comme Carine ne pouvait
pas sortir, on a fait un petit saut chez elle.
Sceau : subst. masc. qui désigne un cachet où sont
gravées les effigies ou les armes d’un État, d’un
souverain, d’un organisme quelconque. Il se rapporte
aussi à l’empreinte faite par ce cachet. Dans son sens
figuré, ce mot désigne ce qui confirme. Sceau figure
enfin dans quelques locutions, dont sous le sceau du
secret et garde des sceaux.
Dans un geste hautement symbolique, les conjurés
s’emparèrent du sceau de l’État. Après que le monarque
eut signé, on apposa le sceau royal : la loi était en
vigueur. La présence d’un artiste aussi important aura
mis un sceau de crédibilité sur ce qui s’annonçait
comme un spectacle douteux.
Le président m’a confié sous le sceau du secret qu’il
démissionnerait bientôt.
Seau : subst. masc. désignant un récipient conçu pour
contenir et transporter un liquide ou d’autres matières.
On retrouve seau dans l’expression pleuvoir à seaux.
Ex : L’enfant jouait sur la plage avec un seau et une
petite pelle.
La population de ce petit village a dû transporter de
nombreux seaux d’eau afin d’éteindre l’incendie. Il
pleuvait à seaux durant la rentrée solennelle de
l’université.
Sot : adj. ou subst. qui désigne une personne simple
d’esprit, dénué d’intelligence, de bon sens, sans
jugement. Il peut être remplacé par « idiot, niais ».
Ex : Dans un univers aussi absurde, mieux vaut être sot
que futé. Elle n’a pas accepté qu’on l’ait qualifiée de
sotte. Pourtant, elle oublie toujours tout.
Soutien – soutient
Soutien : subst. masc. formé à partir du verbe soutenir.
Ces élèves ont besoin d’un bon soutien scolaire.
Soutient : verbe soutenir à l’indicatif présent, à la 3e
pers. du sing.
Ex : Depuis qu’il a perdu son travail, sa mère le soutient
financièrement.
2. Les paronymes les plus usités
Les paronymes sont des paires de mots presque
homonymes, qui ne présentent qu'une analogie
approximative de prononciation, de forme ou
d'orthographe, et qui n’ont aucune parenté de sens :
Inculper, inculquer; conjecture, conjoncture; collision,
collusion. Ils sont non seulement à l’origine de
confusions de sens et de lapsus fréquents, mais aussi de
jeux de mots : Qui se ressemble s’assemble.
A mesure que le temps s’enfuit, le souvenir s’enfouit.
Examinons-les donc un à un, ces paronymes, au moins
les plus courants, en les définissant et en expliquant en
quoi ils diffèrent.
Abjurer-Adjurer
Abjurer : abandonner, par une déclaration formelle et
solennelle, une croyance ou une opinion.
Ex : Les Juifs refusèrent d’abjurer leur Dieu. Jean-
Jacques Rousseau abjura le catholicisme en 1754. Le
tribunal de l’Inquisition a contraint Galilée d’abjurer sa
doctrine. Dans un moment de faiblesse, elle accepta
toutefois d’abjurer.
Adjurer : s’adresser à Dieu ou à un homme d’une manière
plus ou moins solennelle et toujours pressante, pour le
supplier avec insistance de faire ou dire ce que ce que la
situation commande.
Ex : Je vous adjure, par le Dieu vivant et avec sa permission
sainte, de vous manifester à moi. Je vous adjure, au nom du
fils de Dieu, d’arrêter de fumer. Avant de mourir, cet homme
adjura son frère de lui dire toute la vérité. N’emprisonnez pas
cet homme, je vous en adjure.
Acceptation-Acception
Acceptation : action pour une pers. ou une collectivité
d’accepter qqch.
Ex : Les entrepreneurs ont confirmé l'acceptation de l'offre.
Dès l'annonce de l'acceptation du projet, le calendrier de mise
en oeuvre sera établi. L'acceptation de la mort représente une
étape difficile du deuil.
Acception : sens variable, nuance sémantique d’un mot
suivant ses conditions d’emploi ou d’interprétation.
Ex : Le mot « sentence » est employé ici dans un sens
plus étendu que son acception ordinaire. Cette oeuvre se
révèle un chef d'oeuvre dans toute l'acception du terme.
Accident-Incident
Accident : événement fortuit qui suspend ou modifie le
cours des choses, d’où l’expression par accident, qui
signifie « par hasard ». Le terme signifie aussi « hasard
fâcheux » et, le plus souvent, « événement imprévu et
malheureux, qui survient soudainement et entraîne des
dommages matériels ou corporels ».
Ex : Son incursion dans l’univers de la littérature n’était
qu’un accident dans la carrière de cet homme épris de
science. Ma fille a renversé un verre sur ma veste. Elle ne
l’a pas fait exprès, c’était un accident. Les secouristes sont
partis à la recherche des survivants du terrible accident
d’avion.
Incident : petit événement fortuit et imprévisible, qui
survient et modifie le déroulement attendu et moral des
choses, le cours d’une entreprise, en provoquant une
interruption ressentie le plus souvent comme fâcheuse.
Ex : Les choses en étaient là, lorsqu'un incident imprévu
vint brusquement en changer le cours normal de la soirée. Il
avait dit tout haut que l'incident du vase de fleurs renversé
n'avait aucune importance.
Le serveur a renversé un verre sur ma veste. Malgré cet
incident, la soirée fut fort agréable.
Acclimatation-Acclimatement
Acclimatation : action d’habituer des animaux ou des
plantes à un climat autre que celui du pays d’origine.
Ex : L’acclimatation des éléphants d’Afrique du Sud en
France.
Acclimatement : fait de s’habituer ou d’être habitué à
vivre et à se reproduire dans un milieu qui diffère
notablement de celui où l'on a vécu (son milieu d’origine).
Ex : Mon acclimatement au Gabon y a facilité beaucoup
mes déplacements. L'acclimatement de l'Européen dans
les pays chauds.
Adhérence-Adhésion
Adhérence : état d’une chose qui adhère physiquement à
une autre.
Ex : L’adhérence de la roue sur le rail. L’adhérence
entre deux corps.
Adhésion : approbation réfléchie, action de souscrire à
une idée, une doctrine, etc. » et « action de s’inscrire à
un parti, à une association ».
Ex : Plusieurs Gabonais affirment leur adhésion aux
idées du parti au pouvoir. Ces militants justifient leur
adhésion au parti socialiste. Elle savait aussi mon
adhésion à cette clause.
Affabulation-Fabulation
Affabulation : morale énoncée au début ou plus
généralement à la fin d’une fable ; moralité tirée d’un
événement symbolique ; succession des épisodes d’un
rêve ; organisation méthodique d’un sujet en fable,
c’est-à-dire en intrigue d’une pièce de théâtre, en trame
d’un récit imaginaire.
Ex : Dans Ésope, l'affabulation est toujours à la fin de la
fable; dans La Fontaine, elle se trouve quelquefois au
commencement. En écrivant ce roman, il a inventé une
sorte d’affabulation. Il faut retrouver l’affabulation de
son rêve.
Fabulation : organisation des faits constituant le fond
d’une oeuvre littéraire ; récit imaginaire se rapportant
à l’histoire d’une nation, à la mythologie ; tendance à
présenter des récits imaginaires, de façon plus ou
moins organisée et cohérente, comme étant réels.
Ex : Les fabulations les plus extraordinaires de l'enfer
et du purgatoire se trouvaient naturellement réalisées
(BALZAC, Proscrits, 1831, p. 24). Sans lire le texte,
j'appris bien vite, grâce aux images, les principales
données de la fabulation antique (SAND, Hist. vie, t.
2, 1855, p. 165). Considérée comme normale chez le
jeune enfant, la fabulation est pathologique chez
l'adulte. (Méd. Flamm.1975).
Affleurer-Effleurer
Affleurer : arriver au niveau qu’un autre élément, mettre
au même niveau deux éléments contigus, apparaître à la
surface de quelque chose, émerger, devenir perceptible.
Ex : Les vagues affleurent le quai. Les feuilles de cet arbre
affleurent presque le sol. Au bord de la rivière, on peut
voir quelques rochers qui affleurent. De nombreux
souvenirs affleurent lorsque je regarde mes photographies
de famille.
Effleurer : passer tout près de qqch, raser la surface de
qqch sans l’entamer, toucher légèrement qqch, porter une
légère atteinte à qqch, examiner superficiellement qqch
sans l’approfondir, venir à l’esprit sans s’y arrêter, sans
entraîner de réflexion.
Ex : Cette feuille m’a effleuré le visage. Ma mère avait des
idées religieuses que le doute n'effleura jamais, vu qu'elle ne
les examina jamais. « Sand, 1855 : 166 ». Les étudiant n’ont
qu’effleuré ce sujet susceptible de bien d’autres
développements. Il m’a embrassée en m’effleurant
doucement la joue. Dans cette étude, on a à peine effleuré la
question des jeunes sans-abri. Marc croit que je vais le
quitter; pourtant, cette idée ne m’a même pas effleuré l’esprit.
Affliger-Infliger
Affliger : faire souffrir intensément, « accabler » ou « causer
beaucoup de peine ». La forme passive être affligé et la forme
pronominale s’affliger sont suivies de la préposition de
lorsqu’elles introduisent un verbe à l’infinitif.
La tournure avec de de ce que étant lourde, certains
auteurs recommandent de l’éviter, mais elle demeure
correcte.
Ex : Un tremblement de terre afflige cette ville.
L’abdication du Pape a affligé toute l’Église catholique.
Ses parents s’affligent de tout ce qu’il lui arrive.
Bernadette était affligée d’apprendre que son enfant
allait mourir jeune. Je m’afflige que vous ayez perdu
tout de cet incendie. Cet enseignant de littérature est
affligé de ce que ses étudiants préférés sont devenus.
Infliger : imposer une sanction ou faire subir
quelque chose de pénible. Dans ce dernier sens,
on l’emploie parfois avec une certaine ironie.
On inflige quelque chose à quelqu’un. Le verbe
s’emploie aussi à la forme pronominale, s’infliger.
Ex : Le policier m’a infligé une contravention pour
excès de vitesse. La police lui inflige finalement une
amende de 100.000 f/cfa. Pourquoi cet homme nous
inflige-t-il toujours sa présence? Ils nous ont infligé le
visionnement de leurs photos de mariage. Elle
s’infligera sans doute des reproches toute sa vie.
Agonir-Agoniser
Agonir : accabler qqn d’injures, de reproches, de
malédictions, de sottises, etc.
Ex : Le chauffard a agoni d’injures le pauvre piéton.
Cette femme m’a agoni de reproches.
Agoniser : être dans un état d’extrême souffrance morale,
de très grand abattement spirituel ; arriver aux derniers
instants de sa vie, au terme de son existence ; toucher à sa
fin.
Ex : Mon grand-père se meurt : il agonise. Elle
l’imaginait agonisant dans sa voiture accidentée.
À l’instar de - À L’insu de - À l’issue de
À l’instar de (loc. prép.) : signifie « comme », « tout
comme », « à l’exemple de », « selon le modèle de » « à
l'image de », « à l'imitation de », « à la manière de », « de
même que ».
Ex : Il a transmis son savoir à l’instar de ses
prédécesseurs.
À l’insu de (loc. prép.) : signifie « sans qu’on le sache
», « sans que l’on s’en rende compte », « sans en avoir
conscience ».
Ex : Cet indigent est mort presque à l'insu de tous. Ne
prenez aucune décision à l’insu du chef de famille.
À l’issue de (loc. prép.) : « à la fin de ».
Ex : Une décision devra être prise à la fin de la réunion.
Allocation – Allocution - Élocution
Allocation : fait d’attribuer ou de verser une somme
d’argent, des ressources à des personnes qui doivent
faire face à des dépenses ou à des charges
supplémentaires.
Ex : allocation familiale, allocation de maternité, allocation de
logement, allocation d’études.
Allocution : discours bref à caractère officiel prononcé lors
d’une circonstance particulière.
Ex : Le recteur a prononcé une admirable allocution lors de la
rentrée solennelle. Dans son allocution à la nation, le président
a réitéré son intention de réduire les inégalités sociales.
Elocution : manière d’articuler les sons lorsqu’on parle et, par
extension, manière de choisir et d’arranger les mots par
lesquels on s’exprime ou manière de parler. Syn. diction,
prononciation.
Ex : Cet enseignant a une élocution si rapide qu’il est difficile
de comprendre tout ce qu’il dit. L’élocution de cet homme
politique est toujours aussi nette et savante.
Amener-Emmener
Amener : « conduire un être animé quelque part ou auprès de
quelqu'un ». C'est dans ce sens qu'on le confond le plus
souvent avec le verbe emmener. Le verbe amener met
l'accent sur l'aboutissement, sur le lieu où l'on se dirige.
Cette idée de « direction vers » est une acception du préfixe
a-. Contrairement au verbe emmener, le verbe amener
suppose qu'on quittera la personne conduite lorsqu'on
arrivera à destination. Amener peut aussi avoir d'autres sens :
il peut signifier « diriger vers un but ou une destination », «
avoir pour conséquence, occasionner » et, lorsqu'il est suivi
de la préposition à, « entraîner quelqu'un à accomplir une
action ou atteindre un état ».
Notons que la construction pronominale s’amener, qui
signifie « arriver », est réservée à la langue familière.
Ex : Cette femme amènera sa fille à la garderie avant de
se rendre à son lieu de travail. Cet orateur a amené la
discussion sur un point qui lui tenait vraiment à cœur. Ces
réformes ont amené beaucoup de mécontentement. Une
révélation a amené cet enfant à choisir cette profession.
Emmener : « faire quitter un lieu à un être animé en
l'entraînant avec soi », sens qu'on peut confondre avec le
premier sens du verbe amener. Contrairement au verbe
amener, le verbe emmener met l'accent sur le point de
départ, sur le lieu que l'on quitte et dont on s'éloigne, idée
qu'apporte le préfixe em- lorsqu'il est joint à un verbe de
mouvement. Lorsque le sujet du verbe emmener est une
chose, il peut aussi signifier « conduire, transporter au
loin ».
Ex : Lorsqu'elle fait des promenades, elle emmène
toujours Milou avec elle. Si je pars pour Franceville,
je t'emmène! L'autobus qui nous emmènera à
Libreville appartient à cette compagnie.
Amoral-Immoral
Amoral : « qui est étranger à la morale, n’a pas de
rapport avec elle, n’appartient pas à ce domaine » et
« qui manifeste naturellement une ignorance à
l’égard de la morale, ne la prend pas en
considération ». Le préfixe a- « sans », qui a servi à
former ce mot, marque la privation. Notons que le
terme peut avoir tout autant une valeur positive ou
neutre que négative.
Ex : Descartes a posé comme principe que la science est
par nature amorale. Les enfants aiment les livres qui
finissent bien, pas les histoires banales et amorales !
L’observateur se doit d’être parfaitement amoral et
impartial dans le rapport qu’il transmettra aux médecins.
Immoral : « qui est contraire à la morale ou aux bonnes
mœurs » et « qui agit contrairement à la morale, qui en
viole les principes ». Le préfixe im-, variante de in-« pas
», qui a servi à former ce mot, marque la négation.
Notons que ce terme a toujours une valeur négative.
Ex : Ce roman ne peut être lu par les enfants : on y
raconte des histoires immorales! Cet être profondément
immoral a commis des meurtres d’une brutalité
déconcertante.
Anoblir-Ennoblir
Anoblir : « accorder à quelqu’un le titre et les droits de
la noblesse ». Dans ce contexte, le mot noblesse désigne
la classe sociale qui exerce certaines charges et jouit de
certains privilèges, classe à laquelle on appartient de
naissance ou bien à laquelle on accède par sa fonction ou
par une désignation du pouvoir central. Le verbe anoblir
est formé à partir du préfixe a-, qui sert ici à marquer le
passage d’un état à un autre, et de l’adjectif noble.
Ex : Le compositeur Jean-Philippe Rameau fut à la fin
de sa vie anobli par Louis XIV, honneur qui lui fut rendu
en reconnaissance de sa contribution à la culture
française.
On dit qu’en 1761 Pierre Augustin Caron s'anoblit en
achetant un titre de secrétaire du roi, ce qui lui permit de
porter légalement le nom de Beaumarchais.
Ennoblir : « conférer les qualités morales ou physiques
attribuées à la noblesse ». Dans ce contexte, le mot
noblesse désigne soit un état caractérisé par la dignité
ou l’élévation des idées et des sentiments, soit une
beauté marquée par l’élégance, la pureté ou la grâce. Par
extension, ennoblir signifie aussi « améliorer les
qualités d’un produit », surtout dans la langue
commerciale et publicitaire. Ce verbe est formé à partir
du préfixe en-, qui sert ici à marquer l’acquisition d’une
qualité, et de noble.
Ex : La capacité de savoir garder un secret est une qualité
qui ennoblit l’être humain. Son regard empreint de
compassion ennoblit son doux visage. Le temps ennoblit
les grands vins. Lorsque nous côtoyons les plus démunis,
nos sentiments s’ennoblissent.
Compréhensif-Compréhensible
Compréhensif : se dit d’une personne qui comprend les
autres et les excuse volontiers. L’adjectif peut aussi avoir,
en logique, le sens de « qui embrasse par sa signification
un nombre plus ou moins grand d’êtres ». Cette dernière
définition suppose que moins un concept désigne d’êtres,
plus il est précis et compréhensif. Le suffixe -if, ayant
servi à former cet adjectif, signifie « qui accomplit
l’action exprimée par la base du mot ».
Ex : Un professeur compréhensif a plaidé en faveur de
l’étudiant accusé de méfait. Le concept d’« animal » est
plus compréhensif que le concept d’« être ».
Compréhensible : signifie « qui peut être compris
facilement » ou « que l’on peut expliquer, admettre
facilement ». Le suffixe-ible, ayant servi à former cet
adjectif, exprime la possibilité passive et a donc le sens
de « qui peut être » ou de « que l’on peut ». Il s'emploie
essentiellement pour qualifier des textes, des paroles ou
des attitudes que l'on comprend, que l'on admet sans
difficulté.
Ex : Ce livre est compréhensible par les tout-petits.
Dans l’état où Joseph se trouve, son geste est
compréhensible.
Il est compréhensible qu’après cet échec Élise ne veuille
plus nous voir.
Conjecture-Conjoncture
Conjecture : signifie « supposition fondée sur des
apparences ou des probabilités », ou encore « opinion qui
repose sur une hypothèse non vérifiée ». Ce mot est souvent
entendu dans l’expression se perdre en conjectures, qui
signifie « envisager de nombreuses hypothèses, être
perplexe ». Conjecture est emprunté au latin conjectura,
dérivé de conjicere, qui signifie littéralement « jeter
ensemble ». Ex : Faute d’indices, les enquêteurs en sont
réduits aux conjectures pour expliquer le mobile de ce
meurtre crapuleux. D’abord une conjecture, l’affirmation de
Copernic (« Si la terre est une planète, alors elle tourne
autour du soleil ») est ensuite devenue une loi.
Toutes les explications que vous donnez ne sont que pures
conjectures pour masquer votre ignorance.
Conjoncture : signifie « situation qui résulte d’un ensemble
de circonstances et qui est considérée comme le point de
départ d’une action, d’une évolution » et « ensemble des
éléments qui déterminent la situation économique, sociale,
politique ou démographique à un moment donné ». Il a été
formé d’après le latin conjunctus, qui signifie « conjoint,
concordant ». Ex : Le suicide apparaît comme une réaction à
une conjoncture défavorable quant aux relations
interpersonnelles, à la santé ou à la situation financière. Les
événements du 11 septembre ont transformé les perspectives
de croissance économique dans la plupart des pays
industrialisés, qui ont dû tenir compte de cette conjoncture
imprévisible.
Décade-Décennie
Décade : « période de dix jours », ou « partie d’un ouvrage
ou ouvrage composé de dix livres ou chapitres ». Ce mot a
fait naître l’adjectif décadaire « qui se rapporte aux décades
du calendrier républicain ».
Ex : La moyenne des températures de la première décade de
novembre est de 1 °C. L’oeuvre de Tite-Live est divisée en
décades.
Décennie : « période de dix ans ». Dans ce cas, c’est le
substantif qui a été créé à partir de l’adjectif décennal.
Ex : L’ONU souhaite que la première décennie du
millénaire soit consacrée à la promotion de la paix et de la
non-violence. Au cours de la dernière décennie, le secteur
des communications a connu une véritable mutation.
Décerner-Discerner
Décerner : « décider, décréter ». Ce verbe est
couramment employé au sens d’« accorder
solennellement une distinction à quelqu’un ». On
décerne généralement une récompense, que ce soit un
prix, un titre, une médaille, etc., mais certains ouvrages
de référence attestent aussi décerner un diplôme. En
droit, décerner peut aussi signifier « ordonner par un
acte juridique ». Ex : Cette nouvelle bourse sera
décernée à un étudiant à la maîtrise en informatique.
Elles se sont vu décerner un prix pour leur guide de
rédaction épicène. Le juge d’instruction a décerné un
mandat d’arrêt contre deux suspects dans cette affaire de
vol à main armée.
Discerner : « distinguer, séparer ». Il peut signifier
« percevoir de façon distincte, sans ambiguïté », par la vue
ou un autre sens, en parlant d’une chose ou d’une personne.
Discerner peut aussi avoir le sens de « reconnaître
clairement la nature ou la valeur de quelque chose » ou de
« différencier des choses comparées ».
Ex : Depuis son opération au cerveau, Luc a des difficultés
de discerner les couleurs. J’ai peine à discerner le vrai du
faux dans cette histoire (ou à discerner le vrai d’avec le
faux).
Dédicacer-Dédier
Dédicacer : c'est offrir concrètement et gracieusement sa
signature sur un objet à quelqu'un, parfois avec quelques
mots ou un dessin.
Ex : Dans cette librairie, un auteur célèbre dédicace des
exemplaires de son dernier roman (= il y appose sa
signature).
Dédier : c'est offrir ou adresser une oeuvre, un objet,
une action à quelqu'un en hommage. Une journée dédiée
aux orphelins du Sida. À la radio, pour la Saint-
Valentin, nombreux sont les auditeurs à vouloir dédier
une chanson à leur conjoint (= ils destinent une chanson
à leur conjoint, en guise d'hommage).
Différencier-Différer
Différencier : « établir une différence, faire apparaître
une différence ». Il a pour synonymes distinguer,
séparer.
Ex : Nous devons différencier ces deux espèces bien
qu'elles présentent plusieurs points communs. C'est ce qui
différencie la question A de la question B.
Différer : Quand il est construit avec un complément
d'objet direct, différer, signifie « remettre à plus tard,
reporter dans le temps ».
Ex : Les avocats ont réussi à différer le jugement pour
avoir un délai supplémentaire de réflexion. Quand il est
construit avec un complément d'objet indirect (COI),
introduit par de, différer signifie « être différent de ».
Ex : Mon opinion diffère de la sienne (de la sienne est COI
de diffère).La situation aujourd'hui diffère totalement de
celle d'hier (de celle d'hier est COI de diffère). Ainsi se
différencier et différer de sont synonymes.
Ex : A se différencie de B ou A diffère de B.
Effraction-Infraction
Effraction : c'est le fait de détruire un système de
fermeture, de clôture afin de pénétrer dans un lieu pour
y commettre un délit.
Ex : Aucune effraction n'ayant été constatée,
l'assurance a refusé d'indemniser la victime. Vol avec
effraction. Les cambrioleurs sont entrés dans cette
maison par effraction. Ce criminel a commis plusieurs
vols avec effraction.
Infraction : « violation, transgression d’une règle,
d’une convention d’un engagement, etc. » ou « action,
comportement frappé d’une peine définie par la loi ».
Ex : Le directeur de l’école ne tolérait aucune infraction
à la discipline. Conduire en état d’ébriété constitue une
infraction au code criminel. Quand le policier m’a fait
signe, j’ai compris que j’étais en infraction.
Egaler-Egaliser
Egaler : « être égal à », que ce soit en quantité ou en
qualité (importance, valeur, mérite, etc.). Notons que
dans les énoncés qui décrivent une opération
mathématique, le verbe égaler peut être au singulier, si
l’on considère l’opération comme un tout (ce qui est le
cas le plus fréquent), ou s’accorder avec les deux sujets
et être au pluriel.
Ex : Trois plus trois égale (ou égalent) six. Francis vient
d’égaler le record de Justin. Le nationalisme atteignit au
cours de ces années une frénésie jamais égalée auparavant.
D’après lui, peu de femmes égalent en beauté les Suédoises.
Egaliser : « rendre égal » ou « niveler, aplanir ». Il a donc un
sens plus actif que le verbe égaler et présuppose une activité
volontaire. Dans le domaine du sport, égaliser signifie «
rendre la marque égale ».
Ex : Le syndicat a sensibilisé l'employeur à l'importance
d'égaliser les salaires. Nous devons égaliser le terrain avant
d'installer la piscine. Il est important d'égaliser parfaitement
les pieds des chaises. Les Autrichiens ont marqué un but et
ainsi réussi à égaliser dans les toutes dernières secondes de
la partie.
Eluder-Elucider
Eluder : Éluder signifie « se soustraire adroitement à
quelque chose par quelque artifice ou faux-fuyant;
éviter, escamoter ». Ce verbe est issu du latin eludere,
dont le sens est « se jouer de ». L’adjectif ludique «
relatif au jeu » a une origine semblable.
Ex : Chaque fois qu’on leur demande leur âge, les
femmes coquettes éludent la question. Les personnes
timides éludent souvent les invitations et les situations
où elles doivent parler en public. Certains élèves éludent
dans leurs textes les difficultés que présente l’accord du
participe passé.
Elucider : « expliquer, rendre clair ce qui est
complexe, confus, obscur » et « faire la lumière sur un
fait énigmatique, incompréhensible ». Ce verbe vient
du latin elucidare qui signifiait « éclairer » et « rendre
clair, expliquer ». Ce dernier a été formé à partir du
latin lucidus, qui signifie « lumineux » et qui a aussi
donné l’adjectif lucide et ses dérivés.
Ex : Qui est Dieu? Jusqu’ici, même les plus grands
théologiens se sont montrés incapables d’élucider
cette question. De nombreux astrologues affirment
avoir élucidé les prédictions de Nostradamus. Dans les
romans policiers traditionnels, l’intrigue est souvent
caractérisée par un meurtre qu’il faut élucider.
Eminent-Immanent-Imminent
Eminent : Éminent signifie « qui se distingue par son
caractère remarquable, supérieur ». La valeur de cet
adjectif est emphatique. Dans la même famille, on
trouve le nom éminence, employé au figuré dans
l'expression éminence grise qui signifie « conseiller
influent ».
Ex : La conférence sera donnée par un éminent
paléontologue. Nous reconnaissons le rôle éminent qu'a
joué le général durant la crise.
Dans ses commentaires, le professeur a souligné les
qualités éminentes du travail de ce brillant élève.
Immanent : Immanent appartient le plus souvent au
vocabulaire de la philosophie. Contrairement à éminent
et à imminent, qui viennent tous deux du latin minere
qui signifiait « avancer, surplomber », immanent est issu
du verbe latin manere, qui signifiait « rester ».
Immanent signifie « qui est impliqué ou réside dans la
nature d'un être, qui est intrinsèque ». Il s'oppose à
transcendant, qui signifie plutôt « qui résulte d'une
action extérieure ».
Ex : Certains théologiens affirment que Dieu est en
nous, qu'il est immanent.
Imminent : L'adjectif imminent signifie « qui va bientôt
se produire ». Son sens est donc strictement temporel.
À l'origine, cet adjectif ne pouvait être employé que
lorsqu'on évoquait une menace ou un danger. Depuis
le XIXe siècle, toutefois, cette particularité n'est plus
essentielle.
Ex : De nouveaux signes nous annoncent le
déclenchement imminent du conflit. L'accord entre
ces deux pays au sujet du désarmement est imminent.
Evoquer-Invoquer
Evoquer : Évoquer peut signifier « rappeler à la
mémoire »; « faire apparaître à l'esprit », souvent par
analogie; « aborder »; et « faire apparaître par la
magie ». Ce verbe est issu du verbe latin evocare, qui
signifiait « appeler à soi, attirer ».
Exemples : Nous avons évoqué nos folies de jeunesse
pendant cet agréable souper. La couleur de ce tissu évoque le
vin. Le cas des sans-abri n’a pas été évoqué dans cette étude.
Cet homme prétend évoquer les esprits.
Invoquer : Invoquer signifie « appeler à l'aide par des prières
» et, par extension, « implorer ». Il peut aussi signifier «
faire appel à quelque chose pour se justifier ». Ce verbe est
issu du verbe latin invocare, qui signifiait « appeler, prendre
à témoin ».
Ex : Je ne sais plus quel saint invoquer pour me sortir de ce
pétrin. L'accusé invoque la clémence du jury. Il a invoqué
les raisons les plus saugrenues pour justifier son retard. Le
juge a autorisé la divulgation de renseignements en
invoquant le principe de consentement du cabinet.
Expliquer-Expliciter
Expliquer : « faire comprendre », « rendre plus clair
quelque chose qui est obscur » ou « donner ou
constituer la raison, la cause de quelque chose ». À la
forme pronominale, il peut également signifier « faire
connaître ce qu’on pense ou ce qu’on ressent »; «
comprendre quelque chose »; « être ou devenir clair »;
ou « discuter avec quelqu’un ».
Ex : Peux-tu m’expliquer ce problème? Mon fils devra
m’expliquer le fonctionnement de ce magnétophone.
J’aimerais bien que quelqu’un m’explique ce texte. Son
passé difficile explique son comportement. Mon
conjoint comprend mal ma réaction; je devrai
m’expliquer avec lui.
Paul s’explique mal comment Hélène peut aimer ces
films. La différence entre ces deux ouvrages s’explique
par leur objectif respectif. Lucie et David se sont
expliqués hier.
Expliciter : « formuler nettement, clairement,
formellement » ou « rendre plus clair, plus précis ».
Ainsi, pour expliciter le contenu d'un texte, par exemple,
on peut utiliser des synonymes, avoir recours à des
définitions, reformuler ou vulgariser certains passages
afin de redire de façon plus claire ce que le texte contient.
Ex : L’assureur devrait expliciter les clauses de ce
contrat. Votre argument ne me convainc pas; veuillez
l’expliciter. Je ne suis pas certaine d’avoir bien compris
ce que tu viens de dire : explicite ta pensée.
Infecter-Infester
Infecter : « provoquer une infection par contamination ».
En ce sens, il peut être utilisé à la forme pronominale. Il
peut aussi signifier « diffuser des émanations
nauséabondes ou malsaines » (sens parfois considéré
comme vieilli) et, au figuré, « contaminer, corrompre,
souiller moralement ».
Ex : Atteint de la rougeole, Marc est resté à la maison
afin de ne pas infecter ses camarades. Il faut nettoyer la
plaie avec un antiseptique pour éviter qu’elle ne s’infecte.
Les abattoirs situés dans ce quartier infectent l'air que
respirent les résidents des environs. L'attitude négative de
Samuel a infecté l'esprit de Renée, qui est de plus en plus
morose.
Infester : « foisonner et envahir » lorsqu’on parle
d’animaux ou de plantes nuisibles. Il peut aussi signifier
« ravager un endroit par des actes violents ». En
médecine, infester signifie « entrer dans l'organisme et
l'envahir », lorsqu'on parle de parasites. Ce dernier sens
se rapproche du premier sens du verbe infecter, mais
l'idée de contamination est absente du verbe infester.
Ex : Les pucerons infestent toutes mes plantes. Il y a
plusieurs années, des voleurs infestaient ce quartier. Ce
traitement devrait réduire la quantité de parasites qui
infestent actuellement l'organisme de Gaétane.
Légalité-Légitimité
Légalité : est légal ce qui est autorisé par le droit positif
existant, ce qui est conforme au texte de la loi.
Ex : Respecter la légalité républicaine. Rester dans la
légalité.
Légitimité : est légitime ce qui est et doit être reconnu
comme juste par tous.
Ex : Au Gabon, on ne reconnaît pas la légitimité d’un
mariage homosexuel. Les opposants ont attaqué la
légitimité de la victoire du Président sortant.
Législation-Législature
Législation : ensemble des textes de lois et règlements d’un
pays ou concernant un domaine, une matière déterminée.
Ex : La législation en vigueur. La législation sur
l’enseignement primaire privé.
Législature : durée du mandat d’une assemblée législative.
Mystifier-Mythifier
Mystifier : « berner quelqu'un en abusant de sa crédulité et
en s’amusant à ses dépens » et « tromper en déformant la
réalité », en parlant d’une personne ou d’une collectivité.
Ce verbe, lié au concept de mystification, implique
nécessairement l’idée d’une intention malveillante ou
abusive.
Ex : Cet homme raconte des mensonges avec un ton
tellement sincère qu’il mystifie même son psychiatre.
Lorsqu’il justifie ses actes, ce politicien charismatique
semble mystifier la population.
Mythifier : « transformer en mythe » et « donner une
dimension plus grande que nature », en parlant d’une
personne, d’une chose ou d’une situation. Plus rarement, et
dans la langue littéraire, il peut aussi signifier « instaurer,
créer un mythe »; il est alors employé sans complément. Le
concept ici en jeu est le mythe, nom dont est dérivé le verbe
mythifier, d’où la présence du h dans la graphie.
Ex : Adulé et mythifié par les uns, critiqué et rejeté par les
autres, Freud est sans contredit le personnage le plus célèbre
de l'histoire de la psychologie. Cette exposition présente des
images de l’Égypte moderne et non de l'Égypte mythifiée
des pharaons et des pyramides. Notre société a tendance à
mythifier les gens qui exercent des professions libérales.
Cette histoire est trop romanesque; le conteur semble encore
mythifier.
Officiel-Officieux
Officiel : « qui concerne une charge, une fonction ». On
l’emploie pour qualifier ce qui provient du
gouvernement ou d’une autorité reconnue et
compétente; pour qualifier ce qui est reconnu, certifié,
organisé, consacré ou rendu public par cette autorité;
pour qualifier un bien qui appartient au gouvernement
ou à une collectivité publique; ou, avec une connotation
péjorative, pour qualifier ce qui est donné pour vrai par
l’autorité publique ou une autorité reconnue, mais qui
laisse supposer autre chose.
Ex : Selon un communiqué officiel, le ministre aurait
été admis à l’hôpital pour un malaise cardiaque.
Les langues officielles du Canada sont le français et
l’anglais. Le départ à la retraite du chef de police a été
souligné lors d’une cérémonie officielle. Le président
français sera en visite officielle au Québec le mois
prochain. Des manifestants se sont réunis devant ce
bâtiment officiel pour protester contre la présence
militaire en terre afghane. La raison officielle de ces
congédiements massifs ne nous paraît pas crédible.
L’adjectif officiel peut aussi qualifier une personne qui a
une fonction au sein d’un gouvernement ou qui
représente l’autorité publique, et par extension, ce qui
est associé à des personnages officiels. Comme nom,
officiel signifie « personne qui a une fonction publique
» ou « organisateur d’épreuves sportives, de concours ».
Ex : Le porte-parole officiel de l’organisme fera un point de
presse sur ce sujet épineux. La voiture officielle de la
mairesse a été impliquée dans un accident hier matin. Les
officiels du pays ont promis de réagir avec fermeté et rapidité
à cet attentat-suicide. Selon les analystes, l’officiel de la
partie aurait fermé les yeux sur plusieurs accrochages.
Officieux : « qui rend service ». Ce mot a d’abord été attesté
au sens de « serviable »; cet usage ancien a été conservé dans
la locution mensonge officieux, surtout utilisée dans la langue
littéraire au sens de « qui est dit dans le but de rendre service
ou de faire plaisir, sans nuire à personne ». L’usage moderne
emploie l’adjectif officieux par opposition à officiel, c’est-à-
dire avec le sens de « sans caractère officiel », de «
communiqué par une source autorisée, mais qui n’a pas de
garantie officielle ».
Ex : Raconter ce mensonge officieux lui a permis de
rentrer dans les bonnes grâces de sa patronne. Une
programmation officieuse du festival a été publiée dans
les quotidiens de la région, mais les organisateurs ne
confirmeront pas cette liste d’artistes avant le mois
prochain. Pour le moment, la nouvelle de la démission de
la présidente n’est qu’officieuse.
Oppresser-Opprimer
Oppresser : « gêner quelqu’un dans sa respiration,
comme en lui pressant fortement la poitrine » ou, au sens
figuré, « être la cause d’angoisse, d’un malaise moral ».
Ex : Depuis son infarctus, Édouard est oppressé dès qu’il
monte un escalier ou marche un peu vite. Un terrible
secret de famille oppressait Marguerite.
Opprimer : « soumettre à une autorité excessive et injuste,
persécuter par des mesures de violence », « entraver
l’expression d’un sentiment, d’une idée, etc. », ou dans un
registre littéraire, « accabler sous un poids, un fardeau ».
Ex : Dans nombre de pays, on opprime le peuple en
utilisant les forces armées. Les régimes autoritaires et
totalitaires se caractérisent par la détermination à
opprimer la liberté religieuse. Éliminons la pauvreté et la
faim qui oppriment tant d’êtres humains.
Originaire-Original-Originel
Originaire : qui tire son origine de tel ou tel lieu, de telle
ou telle source.
Ex : Le tabac est une plante originaire d'Amérique.
Original : « qui vient directement de l’auteur, constitue la
source première des reproductions » et « qui semble ne
dériver d’aucun modèle, qui est unique, hors du commun
». Par extension, il peut aussi avoir la valeur péjorative de
« singulier, bizarre, anormal ».
Ex : J’ai préféré la nouvelle version du film Le survenant
à sa version originale. Ma mère offre toujours des
cadeaux originaux. Nos voisins sont très originaux : leur
maison arbore des décorations de Noël même en été!
Originel : « qui date de l’origine » et « qui vient de
l’origine », et, dans un contexte religieux « qui remonte à
la création, au premier homme créé par Dieu », d’où les
expressions péché originel et faute originelle.
Ex. Bien des scientifiques refusent l’idée d’un chaos
originel. Ses recherches étymologiques lui ont permis
de retrouver le sens originel de ces mots. L’histoire du
péché originel a donné lieu à plusieurs interprétations
théologiques.
Personnaliser-Personnifier
Personnaliser : Le verbe personnaliser peut signifier «
donner un caractère personnel à quelque chose » ou
encore « adapter quelque chose à chaque personne »,
notamment dans le domaine de la commercialisation.
Ex : En modifiant plusieurs pièces de sa voiture, Benoît
l'a personnalisée.
Irène a personnalisé son espace de travail : elle y a accroché
des photos de ses enfants et des affiches de films. Richard a
enfin trouvé une compagnie de téléphonie cellulaire qui lui
offre un forfait personnalisé. Nous enverrons plus de 300
lettres personnalisées à d'anciens clients.
Le verbe personnaliser a aussi déjà signifié « donner
l'apparence d'une personne à quelque chose ». Il vaut
toutefois mieux éviter d'employer ce verbe dans ce sens,
aujourd'hui réservé au verbe personnifier.
Personnifier : Le verbe personnifier peut, en effet, signifier
« donner l'apparence ou les caractéristiques d'une personne
à une chose abstraite ou inanimée ». Il a également, en
parlant d'une personne, le sens d'« incarner, représenter de
façon exemplaire un concept abstrait », ce concept étant
souvent une qualité ou un défaut.
Ex : Cette statue personnifie la liberté. L'un des
personnages du film personnifiait la mort. Toujours à
l'heure, Madeleine personnifie la ponctualité. Mon
collègue Donald personnifie le zèle.
L'emploi du verbe personnifier pourrait toutefois être
équivoque dans certains contextes. Lorsqu'on dit qu'une
personne personnifie quelque chose, cela peut vouloir
dire qu'elle donne l'apparence d'une personne à une
chose abstraite, ou bien qu'elle représente de façon
exemplaire un concept abstrait, les deux sens étant
possibles dans ce genre de construction.
Une des façons d’éviter cette équivoque est d’ajouter en
soi après le verbe lorsqu’il signifie « incarner,
représenter de façon exemplaire un concept abstrait ».
Ex : Dumais personnifie l’inspiration. (Il donne à
l’inspiration l’apparence d’une personne.) Dumais
personnifie en soi l’inspiration. (Il représente l’inspiration
de façon exemplaire).
Par ailleurs, on évitera aussi de confondre les noms
personnalisation et personnification.
Ex : La personnalisation du service est très importante.
Aux yeux de Normand, Odile était une personnification
de la bonté.
Prescrire-Proscrire
Prescrire : « ordonner formellement, indiquer précisément
ce qui est exigé ». En médecine, il signifie également «
recommander, conseiller un traitement de façon formelle
». Lorsque le sujet est inanimé, il peut aussi avoir le sens
figuré de « dicter, exiger ».
Ex : Simon a prescrit à son fils de porter un casque
lorsqu’il fait de la bicyclette. Le médecin lui a prescrit
un antibiotique. La bienséance prescrit de taire certaines
vérités.
Proscrire : « exclure ou bannir d’un groupe » lorsqu'on
parle de personnes et, par extension, « rejeter, éliminer »
lorsqu'on parle de choses. Il a aussi le sens de «
interdire, prohiber ». Ex. En France, il fut une époque
où les prêtres étaient proscrits. Marie a proscrit les
produits carnés de son alimentation. Le port de la
casquette est proscrit dans cette école.
Prodige-Prodigue
Prodige : un événement surprenant, qui semble magique
ou surnaturel, d’où la locution tenir du prodige, qui
signifie « être extraordinaire, presque incroyable ».
Le terme désigne aussi un acte extraordinaire, un
exploit et une personne qui se distingue par le
caractère remarquable de ses talents. C’est dans ce
sens que le terme est parfois utilisé, comme un
adjectif, en apposition.
L’adjectif prodigieux et l’adverbe prodigieusement
lui sont apparentés.
Ex : Les aurores boréales illuminaient le ciel et les
enfants ébahis croyaient assister à un prodige.
Travaillant dans des conditions inimaginables, ces
médecins ont accompli des prodiges. Élève prodige,
Arthur Rimbaud accumulait les prix, notamment en
rhétorique.
Prodigue : « qui dépense à l’excès, sans compter ». C’est
aussi un nom qui désigne un dilapidateur. La locution
être prodigue de signifie « distribuer, donner sans
compter ». On trouve notamment dans la même famille
prodiguer et prodigalité.
Ex : On dit d’Alexandre Dumas père qu’il était un
homme prodigue et qu’il connut des faillites aussi
retentissantes que ses succès. Certains prodigues
s’avèrent des joueurs invétérés. Un mentor attentionné
est prodigue de conseils avisés.
Prolifique-Prolixe
Prolifique : productif, foisonnant, abondant. Ex. Un
discours prolifique est riche en idées. Un écrivain
prolifique, c’est-à-dire dont l’oeuvre est abondante.
Prolixe : bavard, trop long, verbeux, redondant. Ce
n'est pas élogieux. s’utilise pour désigner quelqu’un
qui délaye ses paroles ou ses écrits, qui se perd en
développements superflus.
Ex : Un étudiant prolixe.
Rabattre-Rebattre
Rabattre : « rabaisser, consentir une réduction ».
Ex : Veux-tu rabattre le capot de la voiture? Le prix
des vêtements d’hiver a été rabattu de 50 % ; «
ramener par la force dans une certaine direction ». Ex.
Les chasseurs rabattent le gibier vers l’orée du bois. ;
«accepter ou choisir, à défaut d’autre chose ».Ex. En
hiver, je me rabats sur les légumes en conserve.
La locution rabattre le caquet à quelqu’un signifie « le
faire taire, le remettre à sa place ».
Rebattre : « battre de nouveau ».
Ex : J’ai beau rebattre le tapis, rien n’y fait, la poussière
s’y est incrustée! Il faudra bien rebattre les cartes après
cette partie, pour éviter la tricherie. L’expression
rebattre les oreilles (et non rabattre les oreilles) a pour
sens « répéter à l’excès ». Le sens de rebattre est le
même quand on parle d’un sujet rebattu (traité, exploité
à l’excès).
Respectable-Respectueux
Respectable : Qui mérite le respect, la considération, qui
est digne d'être respecté. [En parlant d'une pers.]
Qui est digne du respect d'autrui par son âge, sa position
sociale, sa valeur ou son mérite.
[En parlant de l'aspect, du comportement d'une pers.] Qui
présente les signes extérieurs de la respectabilité, de
l'honorabilité.
Ex : Un homme respectable.
Respectueux : Qui témoigne, qui éprouve du respect, de la
considération pour quelqu'un.
Ex : Un homme respectueux. Des enfants respectueux.
Somptueux-Somptuaire
Somptueux : « coûteux ». Cet adjectif est employé pour
qualifier une chose dont la beauté et le luxe supposent une
grande dépense. Par extension, somptueux se dit aussi de ce qui
est éclatant, en parlant notamment d’un objet, d’une couleur,
d’une œuvre, etc.
Ex : La cuisine somptueuse de cette villa a été conçue
par un cuisinier québécois. On leur a organisé une fête
somptueuse pour souligner leur 25e anniversaire de
mariage. Lors de cette réception, la majorité des invités
étaient habillés de vêtements somptueux dignes des
vedettes hollywoodiennes. Les tons de jaune et de rouge
de cette toile automnale sont somptueux. Ces retraités
mènent une vie somptueuse depuis qu’ils ont vendu leur
commerce à profit.
Somptuaire : « qui concerne la dépense ». Il a d’abord
été employé dans ce sens, notamment dans l’expression
loi somptuaire qui était utilisée dans l’Antiquité
romaine pour parler d’une loi qui réglait les dépenses.
Comme ce sens concernait surtout les dépenses de luxe,
et par confusion avec le sens de somptueux, l’adjectif
somptuaire s’emploie aujourd’hui dans le sens de « qui
est luxueux ». On trouve surtout cette extension dans
l’expression arts somptuaires« arts décoratifs de luxe
non utilitaires », et dans dépenses somptuaires, qui
s’emploie couramment pour désigner de grandes
dépenses, notamment par de grands écrivains, mais dont
le sens dit pléonastique est parfois critiqué. Ainsi, selon
le contexte, on pourra privilégier des expressions
synonymes telles que dépenses exagérées, excessives,
de prestige, d’apparat.
Ex. Louise est passionnée par les arts somptuaires, et surtout
par l’orfèvrerie et la mosaïque. Dorénavant, les gestionnaires
devront faire approuver les dépenses somptuaires qu’ils
prévoiront. (ou : les dépenses excessives) La population
devrait pouvoir donner son opinion sur les dépenses
somptuaires faites par la municipalité pour ce projet auquel
personne ne croit. (ou : les dépenses exagérées).
Sujétion-Suggestion
Sujétion : État de celui/ce qui est assujetti à quelqu'un ou à
quelque chose. État de dépendance (par rapport à quelqu'un),
d'assujettissement (à quelqu'un). Ex. La population
maudissait souvent cette sujétion où les opposants de ce
temps-là vivaient à l'égard des dirigeants au pouvoir.
S’affranchir d’une sujétion. Subir une sujétion.
Suggestion : Action de suggérer; art de faire naître une
idée, un sentiment sans l'exposer ouvertement.
Proposition qui laisse la liberté d'accepter ou de refuser.
Ex. Formuler, présenter une suggestion.
Temporaire-Temporel
Temporaire : Qui ne dure que pendant un temps limité ;
qui ne dure qu’un temps. Synon. court, éphémère,
momentané, passager, provisoire.
Ex : Concession, domicile, fermeture, gouvernement,
pouvoir, suppression temporaire.
Temporel : Qui concerne le temps, qui est marqué par le
temps qui passe ; ce qui a rapport avec le temps.
Ex : déroulement temporel d’un événement.
Vénéneux-Venimeux
Vénéneux : L’adjectif vénéneux qualifie essentiellement
les végétaux et les substances minérales qui contiennent
un poison toxique à l’ingestion. Il vient du mot latin
venenosus qui voulait dire « qui empoisonne », lui-
même dérivé de venenum, qui signifiait « poison ». Au
sens figuré, vénéneux peut également être employé,
dans un style littéraire, avec le sens de « qui a des effets
néfastes pour autrui, qui peut faire du mal ».
Ex : Ces champignons sont comestibles, mais ceux-ci
sont vénéreux. La belladone est une plante vénéreuse
utilisée en pharmacologie. Cet homme honnête a
souvent des idées méchantes, voire vénéreuses.
Venimeux : L’adjectif venimeux qualifie pour sa part les
animaux qui produisent du venin ou les organes qui le
sécrètent. Il a été formé à partir du mot venin. Au figuré,
venimeux peut également signifier « empreint de
méchanceté, de haine » en parlant d'une personne ou
d'un comportement. Ex. Les serpents et les araignées
sont des animaux venimeux. Lors d’une expédition dans
la jungle, ce guide a été piqué par un dard venimeux.
Pierre était si fâché qu’il lançait des regards venimeux à
quiconque osait lui parler.
Vérité-Véracité
Vérité : connaissance reconnue comme juste, comme
conforme à son objet et possédant à ce titre une valeur
absolue, ultime ;
norme, principe de rectitude, de sagesse considéré
comme un idéal dans l’ordre de la pensée ou de l’action.
Ex. La vérité scientifique est que la Terre tourne autour
du Soleil. La recherche de la vérité doit être le but de
notre activité; c'est la seule fin qui soit digne d'elle (H.
POINCARE, 1905 : 1).
Véracité : qualité morale d’une personne qui ne trompe
pas ou qui n’en a pas l’intention ; qualité d’une
personne qui se garde de l’erreur et s’emploie à l’éviter
dans ses paroles ou dans ses écrits ; caractère de ce qui
est conforme à la vérité, à la réalité ; souci, recherche de
l’exactitude, de la fidélité au réel, notamment dans la
création artistique et littéraire.
Ex : La véracité, la sincérité envers soi-même, ce qu'il y
a de plus contraire à la politique, voilà aujourd'hui notre
pierre de touche pour reconnaître un véritable écrivain
(MAURIAC, Journal occup., 1941, p. 317).Il s’agit
d’une information dont la véracité pose problème. Le
juge émet des doutes sur la véracité du témoignage de
l’accusé.

Exercices d’application
Chapitre V : Les spécificités de la communication orale
Dans la communication orale, les paroles seules ne suffisent
pas. Pour une compréhension effective, la communication
orale combine le verbal (les paroles), le paraverbal (le
vocal qui comprend le rythme, l’accentuation, l’articulation,
la voix, le ton) et le visuel (les gestes, le regard, le sourire).
Des chercheurs dans le domaine du langage affirment
d’ailleurs que le paraverbal et le visuel occupent 90% tandis
que le verbal occuperait les 10% qui restent.
Le volume de la voix
Pour se faire écouter, il faut d’abord se faire entendre : une
voix trop faible exige de l’auditoire un effort d’attention tel
que peu à peu il finit par ne plus écouter. De la même façon,
une voix trop forte qui provoque peut-être au début de son
intervention un effet de surprise en vient à fatiguer
l’auditoire.
Le débit
C’est la vitesse à laquelle l’orateur parle. Un débit lent,
calme confère de la gravité aux propos. Un débit
précipité signifie agitation, nervosité. La régularité trop
respectée du débit engendre la monotonie.
Il faut donc varier le débit en vue de stimuler l’intérêt de
l’auditeur.
Les pauses
Les pauses et les silences sont des arrêts plus ou moins
longs. Ils constituent une sorte de ponctuation orale. Ce
sont des moyens efficaces, quand ils sont maîtrisés,
pour retenir ou attirer une attention défaillante.
- Il y a arrêt sur un point important : l’auditoire comprend
que le point est essentiel.
- Il y a arrêt après une question : l’auditoire comprend que
quelqu’un doit prendre la parole et répondre.
- Il y a arrêt au milieu d’une phrase : l’auditoire regarde et
cherche à comprendre ce qui se passe.
L’accentuation
Accentuer, c’est insister sur une syllabe ou sur un mot ; ces
derniers se font entendre davantage.
Ex : Cette question est très pertinente.
Manteau ; fromage ; une cigale.
Les syllabes non accentuées sont dites atones (= sans
accent tonique).
L’articulation
Elle est souvent confondue avec la prononciation. Elle
concerne plus précisément le détachement et
l’enchaînement correct des sons de la langue organisés
autour des consonnes.
L’articulation doit faire l’objet d’une attention
particulière parce qu’elle est souvent relâchée,
déficiente ; beaucoup de gens « mangent » les mots,
escamotent les syllabes internes et, surtout, ils oublient
les syllabes finales. Articuler, c’est desserrer les
mâchoires, ouvrir la bouche, rendre les lèvres plus
mobiles et prendre conscience du rôle essentiel de la
langue dans son rôle créateur du bruit (juste pour les
consonnes).
Pour s’exercer à l’articulation, l’orateur peut essayer de
répéter certaines phrases comme celles-ci :
- Didon dîna, dit-on, du dos dodu d’un dodu dindon !
- Un chasseur sachant chasser sans son chien sait
chasser.
- Le fisc a fixé exprès à Aix une taxe fixe excessive.
- Ce chasseur si cher se sèche ce soir à son séchoir mais
son cher chien sage se sèche et chasse seul.
- Je veux et j’exige ceci aussi.
- Qui crut croquer une crevette crue croqua une
croquette croquante.
- Tonton tu t’enrhumes trop tout le temps, tu tousses
tout le temps, pourquoi tu tousses tant ?
- Josette sans souci chaussa ses chaussures sur son sofa
soyeux.
- Natacha n’attacha pas son chat Pacha qui s’échappa.
- La grenouille gredine grondait auprès du grenadier de
Grenade.
- Le fêtard fêta le feu d’artifice à force de fulminer
fortement dans le faisceau fantastique de cette fiesta
formidable.
- Qu’avez-vous donc cassé que vous cachez si bien ?
- Trois gros rats ronds gris griffonnent des grigris.
- La soupe aux choux que sa chère Suzanne achète chaque
samedi près de Passis lui chuchote près des chenets des
chansons chuintantes.
- Chez ce cher Serge se cherche sans cesse le souvenir de
sauvages soirées saugrenues.
Il faut les lire lentement d’abord, puis plus vite et
plusieurs fois pour arriver à les prononcer avec
conviction. Cela aura comme impact de bien articuler
lors de la communication réelle, c’est-à-dire au moment
où l’orateur, par exemple, sera devant le public.
Le regard
Le regard mobilise l’attention du public car les gens
deviennent plus attentifs chaque fois qu’ils se sentent
regardés. L’orateur doit donc veiller à ce qu’il y ait
échange de regard entre lui et le public. Quand il s’agit
d’un petit groupe, le regard peut concerner tout le
monde. Quand il s’agit d’une grande assemblée, le
regard concernera essentiellement certaines personnes.
Le regard crée la communication dans la mesure où les
participants à une réunion, par exemple, se sentent présents
dans la parole de l’orateur. Même ceux qui sont opposants
peuvent devenir des auditeurs attentifs pourvu que l’orateur
adopte un regard bienveillant et chaleureux. Le public peut
inspirer à l’orateur qui connaît un trou de mémoire la suite
de son discours quand il maintient le regard.
Le regard offre une image de soi, car regarder quelqu’un en
face est signe de franchise et d’honnêteté. L’auditoire se sent
insulté s’il n’est pas regardé. Le regard assuré entraîne donc
l’adhésion du groupe.
Le sourire
Le sourire conduit vers une attitude positive. Le sourire
détend non seulement l’orateur mais aussi le public qui sera
dans le même état d’esprit.
Les gestes
La communication orale est inséparable des gestes. Les
gestes renforcent le discours et participent à la
compréhension de ce dernier. Voici quelques fonctions
des gestes :
- Répéter l’information : Quand on indique une
direction par exemple, la parole peut s’accompagner du
geste de la main ;
- Appuyer le discours : C’est l’exemple des gestes de
persuasion lors de l’argumentation ou lors d’une
discussion ;
- Traduire des émotions : Il y a des gestes qui
traduisent l’étonnement, le malaise, la peur, la joie,… ;
- Exprimer des attitudes ou des états intérieurs : la
réflexion, la concentration,…
Ex : La bouche vient s’appuyer contre les mains
jointes : c’est la réflexion.
S’il y a des gestes qui renforcent la communication
orale, il y en a d’autres qui se présentent comme des
éléments perturbateurs de la communication orale :
lever les yeux en l’air, le regard baissé, le jeu des
lunettes,… Il faut donc les éviter.
Chapitre VI : La lecture à haute voix
En maintes circonstances, on peut être amené à lire à
haute voix. Pour en avoir été parfois l’auditeur, vous
savez que cet exercice présente certains dangers : le
lecteur ânonne, trébuche, se reprend, ou bien, même si
sa lecture est correcte, le ton et le débit sont si
monotones qu’on « perd le fil » au bout de quelques
minutes.
Pour éviter ces difficultés, voici trois impératifs : être
audible, clair et vivant.
VI. 1. Être audible
a) Articulez
La lecture doit parvenir à l’auditoire sans qu’il en perde
un mot ni une syllabe.
Ne parlez pas entre vos dents ; ouvrez assez la bouche pour
qu’on entende parfaitement vos voyelles ; sans asperger de
postillons les malheureux du premier rang, faites sentir
nettement vos consonnes.
b) Regardez l’auditoire
Si vous tenez les yeux obstinément fixés sur ce que vous
lisez, d’abord vous perdez le contact avec vos assistants ;
ensuite, votre voix ne s’adresse qu’au plancher. Obligez-
vous à lever la tête, et pour cela tenez à la main le papier ou
le livre que vous avez à lire ; vous n’avez d’ailleurs pas
besoin d’avoir constamment le texte sous les yeux : comme
l’œil va plus vite que la voix, habituez-vous à retenir un
ensemble de mots et à le dire tout en regardant votre
auditoire. (Il est évidemment préférable, quand cela est
possible, d’avoir pris connaissance auparavant de ce qu’on
aura à lire).
VI. 2. Être clair
a) Les groupements de mots
Sous peine de devenir inintelligible, groupez, dans votre
lecture, les mots qui, pour le sens et la construction, constituent
des sous-ensembles de la phrase.
Ex (le double trait marque une pause plus importante) :
Le gouvernement japonais a annoncé, // mardi 17 mars, // des
mesures de stimulation de l’activité et de stabilisation des prix.
//Celles-ci portent, / principalement, / sur une baisse du taux
d’escompte/ qui revient de 2,25 à 1,25%, // l’octroi anticipé de
contrats de travaux publics, // une relance de la construction
dans le secteur privé, // des mesures d’assistance financière aux
petites et moyennes entreprises/ très touchées depuis des
mois, // comme le montrent les nombreuses faillites/ qui se
sont produites parmi elles.

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