LES ANTIPALUDIQUES
Dr CAMARA Emmanuel
MCA CAMES à la FSTS/UGANC
OBJECTIFS
1-Définir les concepts : paludisme et antipaludique
2-Classifier les antipaludiques selon leur
mécanisme d’action
3-Énumérer les 4 antipaludéens les plus
couramment utilisés en Guinée
4-Utiliser correctement en fonction de l'âge ou du
poids de l’enfant, l’artésunate, les sels de quinine et
AL en pratique
PLAN
Introduction
1-Classification des antipaludiques
2-Mécanisme d’action
3-Pharmacodynamie des effets utiles en clinique
4-Précaution d’emploi
5-Effets indésirables
6-présentation et posologie des médicaments
7-Traitement du paludisme
Conclusion
INTRODUCTION
DEFINITIONS
Paludisme maladie parasitaire dû au Plasmodium et
se transmet par la piqûre du moustique appelé
anophèle femelle
Antipaludiques sont des médicaments utilisés pour
traiter le paludisme
INTRODUCTION
INTERET
Epidémiologique : fréquence+++, pays en voie de
développement+++
Thérapeutique : gratuit, Résistance chloroquine,
chimiorésistance et évolution rapide dans le temps
rend difficile le choix du traitement : monothérapie
constitue un risque potentiel de résistance
Pronostique : mortalité+++ enfants moins de 5 ans
1-CLASSIFICATION (OMS)
Selon le mode d’action des antipaludiques:
a- Schizonticides (ou schizontocides) :
Plus fréquent+++, action sur les formes
asexuées endo érythrocytaires
Traitement curatif ou prophylaxie suppressive
Antipaludique naturel (quinine) et nombreux
antipaludiques de synthèse : lysosomotropes,
des antimétabolites et des antibiotiques
1-CLASSIFICATION (OMS)
Selon le mode d’action des antipaludiques:
a-1 Schizonticides sanguins : attaquent les
schizontes dans la circulation générale, empêchant
ainsi l’infection des nouveaux globules rouges.
a-2 Schizonticides tissulaires : agissent pendant
la phase hépatique, peuvent être utilisés en
prophylaxie pour prévenir l’invasion sanguine des
parasites
1-CLASSIFICATION (OMS)
Selon le mode d’action des antipaludiques:
b- Gamétocytosides : inhibent la transformation
des gamétocytes, détruisent les formes sexuées et
bloquent la transmission de l’espèce plasmodiale.
Actifs sur les parasites intra-hépatiques.
Ils sont représentés par la seule primaquine dont
la toxicité limite l’utilisation .
1-CLASSIFICATION (OMS)
Selon le mode d’action des antipaludiques:
c- Sporontocides : pas d’effet direct sur les
gamétocytes dans le sang humain mais bloquent
le cycle sporogonique chez le moustique
1-CLASSIFICATION (OMS)
Selon la structure chimique des antipaludiques :
a- Dérivés de la 4-méthanolquinoléïne : (quinine et
méfloquine)
Schizonticides sanguins d’action rapide.
La quinine et ses isomères agissent également sur
les gamétocytes.
1-CLASSIFICATION (OMS)
Selon la structure chimique des antipaludiques :
b- 4-aminoquinoléïnes : (chloroquine, amodiaquine
et hydroxychloroquine) .
Schizonticides sanguins
Aujourd’hui résistances+++ des parasites d’où leur
abandon progressif.
1-CLASSIFICATION (OMS)
Selon la structure chimique des antipaludiques :
c- 8-aminoquinoléïnes : (primaquinine et
tafénoquine)
Schizonticides tissulaires.
Agissent également sur les gamétocytes et
possède une activité sur d’autres étapes du cycle
de vie des parasites.
1-CLASSIFICATION (OMS)
Selon la structure chimique des antipaludiques :
d- Biguanides : (proguanil et chlorproguanil)
Action lente. Schizontocides tissulaires et
sporontocide.
Inhibent la synthèse des folates parasitaires
(nécessaires pour la synthèse des acides
nucléiques).
1-CLASSIFICATION (OMS)
Selon la structure chimique des antipaludiques :
e- Diaminopyrimidines : (pyriméthamine): même
mécanisme d’action que les précédents, elle est
souvent associée à d’autres substances pour une
synergie d’action (ex : sulfadoxine + pyriméthamine)
1-CLASSIFICATION (OMS)
Selon la structure chimique des antipaludiques :
f- Dichlorobenzylidine : (luméfantrine)
Schizontocide sanguin, utilisé en association à
d’autres molécules.
g- Hydroxynaphtoquinones : (atovaquone)
Schizontocide sanguin, utilisé en association avec le
proguanil.
1-CLASSIFICATION (OMS)
Selon la structure chimique des
antipaludiques :
h- 9-phénanthéneméthanols (halofantrine)
Schizontocides sanguins.
i- Sesquiterpènes lactones (artémisinine et
dérivées) Schizontocides sanguins.
1-CLASSIFICATION (OMS)
Selon la structure chimique des
antipaludiques :
j- Sulfonamides (sulfadoxine,sulfamétopyrazine) :
inhibent la synthèse des folates parasitaires.
Schizontocides sanguins ; utilisés en association
avec la pyriméthamine.
1-CLASSIFICATION (OMS)
Selon la structure chimique des
antipaludiques :
Autres antipaludiques : ce sont des antibiotiques
Les cyclines : (doxycycline, tétracycline) sont
des schizontocides sanguins et tissulaires.
La lincosamide : (clindamycine) a une action
semblable aux cyclines.
Les sulfones : (dapsone) d’activité similaire aux
sulfonamides
2-MÉCANISMES D’ACTION DES
DIFFÉRENTES MOLÉCULES
Mécanismes encore imparfaitement élucidés :
A- Amino-4-quinoléines et aminoalcools :
• sont des bases faibles, respectivement di- et mono
protonées qui s’accumulent dans la vacuole digestive
du parasite et diminuent son acidité.
• Résistance de P. falciparum est multigénique et
d’apparition lente.
2-MÉCANISMES D’ACTION DES
DIFFÉRENTES MOLÉCULES
Mécanismes encore imparfaitement élucidés :
B-Dérivés de l’artémisinine :
sont des endopéroxydes qui se lient à l’hème dans la
vacuole digestive du parasite.
Cette interaction provoquerait la libération de radicaux
libres toxiques pour les constituants cellulaires.
2-MÉCANISMES D’ACTION DES
DIFFÉRENTES MOLÉCULES
C- Les antifoliques (sulfamides et sulfones) et les
antifoliniques (pyriméthamine et proguanil) :
Inhibent la voie métabolique de synthèse de l’acide folique
du parasite, qui ne peut pas utiliser l’acide folique de l’hôte.
La résistance de Plasmodium falciparum est d’apparition
rapide et impose l’utilisation de ces médicaments en
association.
2-MÉCANISMES D’ACTION DES
DIFFÉRENTES MOLÉCULES
D- Atovaquone :
Inhibe de la biosynthèse des pyrimidines.
Dans la mitochondrie, il bloque la chaîne de transfert des
électrons au niveau de son enzyme clé, la dihydro-orotate
réductase, ainsi que le complexe cytochrome bc1 en se
substituant à l’ubiquinone.
Le Plasmodium développe rapidement des résistances et
l’atovaquone est utilisée en association synergique avec le
proguanil.
3-PHARMACODYNAMIE DES EFFETS
UTILES EN CLINIQUE
1-La plupart des antimalariques agissent :
• Trophozoïtes âgés ;
• Préviennent ni la séquestration tissulaire des
trophozoïtes jeunes, ni la mérogonie des schizontes
murs et provoquent une ré-augmentation de la
parasitémie 6 à 12 heures après le début du
traitement.
3-PHARMACODYNAMIE DES EFFETS
UTILES EN CLINIQUE
2- Les dérivés de l’artémisinine :
• Actifs sur tous les stades du cycle érythrocytaire et
sur les gamétocytes réduisent rapidement la charge
parasitaire et limitent la transmission de l’espèce
• En présence d’une concentration sanguine efficace
de médicament, la parasitémie diminue par réduction
de la formation de nouveaux parasites, clairance des
formes circulantes et séquestration tissulaire.
3-PHARMACODYNAMIE DES EFFETS
UTILES EN CLINIQUE
3. Le rythme d’administration et la durée du traitement
dépendent de l’activité intrinsèque des molécules et de leurs
caractéristiques pharmacocinétiques :
- L’activité des dérivés de l’artémisinine sur tous les stades du
cycle érythrocytaire explique l’efficacité d’une administration
quotidienne unique malgré une demi-vie très courte
- Les demi-vies courtes des dérivés de l’artémisinine et de la
quinine, imposent des administrations répétées pendant 3 à 4
cycles parasitaires.
3-PHARMACODYNAMIE DES EFFETS
UTILES EN CLINIQUE
4. La réapparition des parasites est due soit à une ré
infestation en zone de transmission, soit à un échec
thérapeutique
• Les médicaments à demi-vie longue sont caractérisés
par des recrudescences parasitaires tardives.
• Avec les médicaments à demi-vie courte, les rechutes
parasitaires sont plus précoces et la pression de
sélection sur les souches plasmodiales est moindre .
4-PRÉCAUTIONS D’EMPLOI
L’administration parentérale de la quinine ou de la
chloroquine doit être réalisée en perfusion lente
(cardiotoxicité).
La tolérance de la méfloquine doit être appréciée en
débutant le traitement prophylactique 10 jours avant
le départ.
La recherche d’antécédents cardiovasculaires et la
réalisation ECG est recommandée avant tout
traitement par l’halofantrine.
4-PRÉCAUTIONS D’EMPLOI
Au cours de la grossesse et de l’allaitement, la
doxycycline et l’amodiaquine sont formellement
contre-indiquées
La méfloquine est contre-indiquée avant 3 ans (<
15kg) en prophylaxie et chez les nourrissons de
moins de 3 mois (< 5kg) en traitement curatif.
Les tétracyclines et la doxycycline sont à proscrire
avant 8 ans.
5-EFFETS INDÉSIRABLES
Chloroquine: céphalées, troubles digestifs, prurit est
fréquente. A doses élevées, des rétinopathies par
accumulation de chloroquine ont été décrites.
.
5-EFFETS INDÉSIRABLES
La quinine : fièvre bilieuse hémoglobinurique, anémie
hémolytique aiguë associée ou non à une
insuffisance rénale. La quinine stimule la sécrétion
pancréatique d'insuline. Elle renforce la sévérité des
hypoglycémies associées au paludisme sévère.
Risque cardiovasculaire avec hypotension et troubles
de la conduction auriculo-ventriculaire.
5-EFFETS INDÉSIRABLES
Méfloquine : troubles digestifs, neuropathies
périphériques sensitivomotrices, crises convulsives.
Halofantrine : troubles gastro-intestinaux, troubles
cutanés. Le problème essentiel est le risque
d’apparition de troubles du rythme ventriculaire
cardiaque (allongement de l'espace QT, arythmies et
torsades de pointes).
5-EFFETS INDÉSIRABLES
l‘Artémesinine : troubles gastro-intestinaux mineurs,
neurotoxicité dont l'incidence augmente en cas de
fortes doses. L'artésunate expose à des anémies
hémolytiques retardées (jusqu'à un mois après la fin
du traitement).
5-EFFETS INDÉSIRABLES
Le risque d’apparition de cytopénies et de graves
allergies cutanées a imposé l’abandon de
l’association sulfadoxine-pyriméthamine en
prophylaxie.
Les troubles digestifs sont fréquemment décrits avec
la doxycycline, ainsi que des effets de
photosensibilisation nécessitant d’éviter l’exposition
solaire.
6-POSOLOGIE ET PRÉSENTATION DES
MÉDICAMENTS
1- Les schizonticides
a. Schizonticides naturels
La Quinine : 1er antipaludique naturel
Alcaloïde extrait du quinquina
Présentation : 600 mg inj
Posologie : 20 mg/kg puis 10 mg/kg de quinine base
6-POSOLOGIE ET PRÉSENTATION DES
MÉDICAMENTS
1- Les schizonticides
b. Schizonticides de synthèse
Amino 4 quinoléines
Absorption rapide, élimination lente, ½ vie de 6 à 10 j
Présentation :
Chloroquine n’est plus recommandé dans le
traitement du paludisme
Posologie: 15 mg/kg J1 et 10 mg/kg J1-J3 en 2
prises
6-POSOLOGIE ET PRÉSENTATION DES
MÉDICAMENTS
1- Les schizonticides
b. Schizonticides de synthèse
Amino-alcoolsa
Méfloquine (Lariam®)
½ vie longue, variable d’un individu à l’autre (7-30 j)
Présentation : Cp de 250 mg et 500 mg
Posologie : 25mg/kg 2 à 3 fois dans les 24 h
Halofantrine
demi- vie courte (1 à 2 jours)
Posologie : 24 mg/kg en 3 prises espacées de 6 h
6-POSOLOGIE ET PRÉSENTATION DES
MÉDICAMENTS
1- Les schizonticides
b. Schizonticides de synthèse
Antifoliques
Sulfones : cp de 100 mg
Sulfamides : Sulfadoxine, Sulfaméthopyrazine
Inhibent la transformation de l’acide para-aminoben-zoïque
dont l’hématozoaire a besoin pour sa croissance
sulfamides et sulfones ne sont pas utilisés seuls mais
en association aux antifoliniques
6-POSOLOGIE ET PRÉSENTATION DES
MÉDICAMENTS
1- Les schizonticides
b. Schizonticides de synthèse
Antifoliniques
• biguanides : chlorhydrate de proguanil
• Diamino-pyrimidines : pyriméthamine utilisés en association
aux antifoliques
Antibiotiques :
• Cyclines (Doxypalu®: 50 mg/kg)
• Macrolides
6-POSOLOGIE ET PRÉSENTATION DES
MÉDICAMENTS
1- Les schizonticides
c- Associations schizonticides
soit en associations fixes:
Arthéméter + luméfantrine (Lufanter®)
soit en associtions libres ( 2 sortes de cp)
Artésunate + méfloquine
Artésunate (2-3mg/kg) + amodiaquine (7,5-15 mg/kg) (ACT)
Artésunate + SP
6-POSOLOGIE ET PRÉSENTATION DES
MÉDICAMENTS
1- Les schizonticides
c- Associations schizonticides
Sulfadoxine + Pyriméthamine (fansidar)
− Cp 500mg de sulfadoxine + 25mg de pyriméthamine,
indiqué à titre curatif en dose unique
− Amp. inj à 400mg de sulfadoxine + 20mg de pyriméthamine
en IM unique
− Utiliser en prévention au cours de la grossesse
sulfone + pyriméthamine : chloroquine + proguanil,
méfloquine + sulfamide +
7-TRAITEMENT DU PALUDISME
PALUDISME GRAVE
Artésunate en IVL
3mg/Kg à H0, H12, H24 puis une fois par 24h si poids <
20 kg
2,4 mg/Kg à H0, H12, H24 puis une fois par 24h si poids
≥ 20 kg
Arthémeter en IM : 3,2 mg/kg le 1er jour puis 1,6 mg/kg/j
7-TRAITEMENT DU PALUDISME
PALUDISME GRAVE
Quinine: 20 mg/kg et 10 mg/kg en 2 perfusions / j dans
2-5 ml/kg de SG10%, à défaut à 5% 5-10 ml/kg: durée
de la perf est de 3-4 h et la durée du traitement par la
quinine 5 à 7 j
Relais per os dès que l’état du malade le permet
(Arthémether- luméfantrine possible avec 3 jours de
traitement )
7-TRAITEMENT DU PALUDISME
PALUDISME SIMPLE
les CTA en première intention
L’OMS : CTA Associant 2 principes actifs qui ont des
modes d’action différents, les CTA sont les
antipaludiques les plus efficaces dont on dispose
aujourd’hui.
• Artéméther +luméfantrine : Coartem, cofantrine,
lufanter, artiz
• Artésunate + amodiaquine
CONCLUSION
Le paludisme est une maladie courante et
potentiellement mortelle dans de nombreux pays.
Les dérivés de l’ artémisinine, en particulier
l’artésunate et l’artéméther, sont efficaces abordables
et favorisent l’observance du traitement .
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