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Addictions

L'addiction est une maladie neurologique complexe, souvent confondue avec la dépendance, qui affecte le comportement et le système de récompense du cerveau. Elle représente un enjeu de santé publique majeur, avec des conséquences économiques et sociales significatives, et peut se manifester à travers des substances légales et illégales ainsi que des comportements compulsifs. La prévention et la sensibilisation sont essentielles pour lutter contre ce problème et aider les individus à éviter les comportements à risque.

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Addictions

L'addiction est une maladie neurologique complexe, souvent confondue avec la dépendance, qui affecte le comportement et le système de récompense du cerveau. Elle représente un enjeu de santé publique majeur, avec des conséquences économiques et sociales significatives, et peut se manifester à travers des substances légales et illégales ainsi que des comportements compulsifs. La prévention et la sensibilisation sont essentielles pour lutter contre ce problème et aider les individus à éviter les comportements à risque.

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Les Addictions

Pr. EH. ADJA- Faculté de Médecine de Bejaia


Campus Aboudaou, 26/02/2025
Contrairement aux idées reçues, l’addiction ne reflète pas une
faiblesse ou un manque de volonté chez l’individu dépendant. Les
substances psychoactives agissent sur le système cérébral,
l’envahissent, modifient son fonctionnement.

Le cerveau subit des perturbations complexes de ses


mécanismes, entraînant une perte totale de contrôle du
comportement chez ces personnes.

Il s’agit donc d’une maladie neurologique qui doit être considérée
et traitée comme telle.
L’addiction, un problème de santé publique
o Toxicomane, alcoolique…, ces expressions sont ancrées dans notre
quotidien, sans être pour autant toujours bien comprises.
o Notre pays est fortement concerné par le problème des addictions
notamment la consommation de médicaments. Véritable enjeu de
santé publique, le problème des addictions n’est pas à prendre à la
légère. Ses répercussions économiques, sociales et financières sont
importantes.
o Il est primordial de s’y intéresser en profondeur, d’en comprendre les
causes pour mieux en gérer les conséquences et proposer des
traitements adaptés aux personnes souffrant d’addiction.
Dépendance ou addiction ?

• On confond souvent dépendance et addiction, or ces deux termes définissent des


comportements différents face à la prise de substances psychoactives ou face à une
activité.

• La dépendance est due à un déséquilibre du fonctionnement neurobiologique à la


suite d’une consommation régulière d’une substance psychoactive. Ce déséquilibre
entraîne l’envie de consommer à nouveau la substance psychoactive, pour ne pas subir les
effets désagréables consécutifs à l’arrêt de sa prise. Il s’agit ici de retrouver son état
normal, et non plus de se sentir mieux.

• L’addiction, quant à elle, définit l’incapacité pour l’individu de s’empêcher de


consommer la substance, bien qu’ayant connaissance des conséquences négatives
qui s’ensuivront. Elle est liée à la vulnérabilité de l’individu face aux signaux de plaisir
envoyés par un neurotransmetteur dans son cerveau. Elle se traduit par des
comportements compulsifs incontrôlés et irraisonnés, qui peuvent donc s’appliquer non
seulement à des produits mais aussi à des activités telles que le jeu, le sexe, l’exercice
physique ou le shopping.
Légales ou illégales : un aperçu des addictions les plus répandues

L’alcool et le tabac, tous deux légaux, sont des substances qui rendent très
rapidement accros. Le cannabis, illégal en Algérie, présente un moindre potentiel
addictif. Les drogues illicites dites ‘dures’, comme la cocaïne, l’héroïne ou
l’ecstasy sont quant à elles extrêmement génératrices d’addiction.

Paradoxalement, ce sont les deux produits légaux que sont l’alcool et le tabac
qui sont les plus meurtriers et qui coûtent le plus cher à la société. On notera
également que depuis quelques années, de nouvelles drogues de synthèse se
répandent à travers le monde : fabriquées de façon « artisanale », par exemple à
partir de produits ménagers en vente libre, elles sont d’autant plus dangereuses que
leurs effets sont puissants, leur coût faible et leur composition mal contrôlée.
Jeux, sexe, shopping : peut-on parler de nouvelles addictions ?

• Les addictions comportementales telles que le jeu pathologique ou


l’hypersexualité font appel aux mêmes stimuli que la prise de substances
psychoactives sur le cerveau de l’individu dépendant : le plaisir et le soulagement
éprouvés lorsque l’activité est pratiquée sont les mêmes que lors de la
consommation de substances. A partir du moment où l’individu n’arrive pas à
maîtriser la pratique de l’activité et souffre quand il fait autre chose que cela,
on est bien dans un cas d’addiction. Alors, la mémorisation et la simple
anticipation mentale de l’expérience, de son contexte, de son environnement ou des
personnes liées à sa pratique stimulent les neurones impliqués dans le système de
récompense.
LE PROCESSUS DE L’ADDICTION

Tout le monde ne devient pas « accro » du jour au lendemain, au premier contact


avec une drogue ou avec un comportement : l’addiction est un processus plus ou
moins rapide, qui voit les individus augmenter progressivement la fréquence et la
quantité de leur consommation.

Les usages dits « récréatifs »


Il s’agit des consommations ponctuelles, éventuellement festives et à des doses restreintes : un
verre de vin pendant le repas, une cigarette pendant une pause café, un joint occasionnel… De plus en
plus, ces usages concernent aussi des substances telles que la cocaïne ou l’ecstasy. S’ils ne dérivent
pas systématiquement vers l’addiction, ces comportements ne sont cependant pas sans risque :
sécurité routière, comportements sociaux à risque, violence, accident de santé…
Les usages excessifs

Ce sont les consommations fréquentes d’une quantité non négligeable d’alcool ou de drogues. Ces
usages entraînent des modifications au niveau du système cérébral qui, envahi par ces substances,
devra retrouver un équilibre pour fonctionner normalement. En cas d’usage de drogues stimulantes
comme la cocaïne ou les amphétamines, une sensation désagréable appelée communément « le manque
» se fait alors sentir de façon plus ou moins forte selon la substance ingérée. Pour retrouver son état
normal l’individu devra renouveler sa consommation. Ces comportements ont une incidence sur la santé
physique et mentale de la personne : atteintes au foie, aux poumons, anxiété, dépression, risque
suicidaire…

Les usages pathologiques

Ils se caractérisent quant à eux par l’incapacité de l’individu à résister à son envie de consommation,
bien qu’il soit averti des conséquences néfastes qu’elle aura sur lui et son environnement personnel et
professionnel. Les personnes accros sont plus vulnérables aux « messages » de bien-être transmis par la
substance à leur cerveau. Ils ne contrôlent plus leur comportement face au produit ou à l’activité à laquelle
ils sont accros, la partie de leur cerveau gérant le libre-arbitre étant affectée. Maladies, exclusion,
paupérisation et, dans le pire des cas, la mort, sont autant de dangers qui menacent les addicts.
Quel est le rôle du cerveau dans l’addiction ?

Grâce aux progrès des neurosciences, on connaît de mieux en mieux


les mécanismes neurobiologiques de l’addiction. Ceux-ci sont étroitement liés
au « système de récompense », un circuit du cerveau responsable des
sensations de plaisir ressenties après certaines actions. Présent dans le cerveau
de l’homme comme dans celui de nombreux animaux, c’est grâce à lui que nous
répétons volontiers les comportements indispensables à notre survie et à celle de
notre espèce : manger, boire, avoir des rapports sexuels, procréer… Dans les
troubles addictifs, ce mécanisme fondamental du vivant est perturbé, tantôt par
la prise d’une substance (alcool, drogues…) qui démultiplie la sensation de plaisir,
tantôt par un dysfonctionnement initial du cerveau, qui ne régule pas
correctement son système de récompense. Lorsque ces deux dimensions sont
réunies, on aboutit à la maladie addictive.


Sommes-nous tous égaux devant l’addiction ?

L’addiction est une maladie du système nerveux face à laquelle nous ne sommes pas tous égaux. En
effet, certains d’entre nous sont plus vulnérables face à la consommation de substances
psychoactives ou à certains comportements du fait de leurs gènes mais aussi de l’environnement
dans lequel ils évoluent. Le cerveau de la personne dépendante associe au moins deux faiblesses :

Un système de récompense hypertrophié, et donc une augmentation de la motivation

La DA est le neurotransmetteur impliqué dans le système de récompense. Lorsque le cerveau reçoit une
récompense qu’il n’attendait pas à la suite d’un comportement particulier, il « grave » la conséquence
positive de ce comportement, encourageant son renouvellement. Cela va se traduire par le fait qu’un
individu accro ne saura pas résister à la consommation de la substance qui lui a procuré du plaisir lorsqu’il
sera en contact avec elle. Cela vaut également pour les addictions sans substance.

Un déficit de plasticité synaptique

Chez certaines personnes, la capacité des synapses à diminuer leur activité sous l’effet de certaines
stimulations pourrait être altérée, ce qui ne permettrait plus de développer de nouvelles traces mnésiques
et expliquerait le glissement de comportements sous le contrôle de décisions conscientes vers des
comportements automatisés et compulsifs.
Peut-on éviter les pièges de l’addiction ?

S’il existe des traitements qui marchent, le risque de rechute reste élevé pour
une personne accro : même des années après l’arrêt de la consommation,
le cerveau se souvient des sensations positives, de la récompense qu’il a
reçue – ce qui rend la personne accro fragile.

Aussi la prévention joue-t-elle un rôle primordial. Elle permet de sensibiliser le


grand public afin d’éviter l’exposition aux comportements les plus à risques. Elle
apporte des connaissances plus approfondies sur cette véritable maladie
neurologique, et à terme, une prise de conscience de ses conséquences
parfois dramatiques.
Les conduites addictives qu’est-ce-que c’est ?
• Les conduites addictives peuvent prendre plusieurs formes :
dépendance à l’alcool, au tabac, au cannabis et aux autres drogues
illicites, aux médicaments, aux jeux…

• Dans tous les cas, elles témoignent d’une maladie car elles sont
révélatrices d’un dysfonctionnement neurophysiologique (maladie du
cerveau) et/ou d’un comportement inadapté (pathologies
psychopathologique et cognitive). En fait, c’est le système
neurophysiologique de récompense (ou plaisir immédiat) qui est
impliqué.

• C’est une pathologie neuropsychiatrique aux conséquences


potentiellement graves aussi bien sur l’état de santé du patient
qu’au plan social.
Elles font suite à une rencontre entre :
 un individu: son matériel génétique, son histoire de vie, en
particulier si elle a été traumatique et abusive, ses échecs,
ses contraintes, son tempérament qu’il soit introverti,
dépressif ou au contraire impulsif et avide de sensation,
 un produit : un psychotrope procurant un effet « plaisant » ou
soulageant rapidement un mal-être,
 un environnement où la substance est incitée à être
consommée.

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