Dépressions
(Diagnostic et conduite à tenir)
QUIZZ 1
Avec un peu de volonté, on
peut sortir de la dépression
seule.
2
Faux
(on a besoin souvent de l’aide)
3
QUIZZ 2
Le seul moyen de guérir la
dépression, c’est l’antidépresseur.
4
Faux
(C’est pas toujours le cas)
5
QUIZZ 3
Il ne faut pas parler du
suicide à un déprimé.
6
Faux
(C’est une question principale dans l’entretien)
7
QUIZZ 4
La durée du traitement
antidépresseur en cas d’épisode
dépressif est de 6 mois.
8
Vrai
(Rémission et prévention)
9
La dépression est une affection:
Fréquente
Potentiellement grave
Curable
Sous-diagnostiquée et sous traitée
La dépression est un trouble fréquent ( prévalence
sur la vie estimée entre 15 et 25%).
Elle est 2 fois plus fréquente chez les femmes que
chez les hommes.
épression : perturbation affective dans
e sens négatif, avec humeur triste pathologiqu
- Durée
- Intensité
- répercussions
La dépression : Définition
La gravité de la dépression réside principalement dans:
La dépression : Définition
La dépression est désormais considérée comme
Un problème majeur de santé publique
Fréquence
Impact sur la qualité de vie
Retentissement socioprofessionnel et
familial
Risque suicidaire élevé
Prévalences Tunisie Occident
Prévalence sur la vie 8.2 % 7.5 % à 18.5 %
Prévalence annuelle 2.5 % 3 à 3.7 %
Prévalence ponctuelle 1.8 % 3.5 % à 6 %
Coût direct Coûts indirects
Angleterre 420 millions £ 3 milliards £
U.S.A 12.4 milliards 23.8 milliards$
$ en baisse de
productivité +
7.5 milliards $
en suicides
Médicale :
20 à 25 % diabète , HTA, AVC, cancer…
Psychiatrique :
• Trouble de la personnalité
• Trouble panique
• TOC
• Trouble alimentaire
• Consommation de substances
Monsieur M âgé de 38 ans responsable dans une
entreprise, marié sans enfants, consulte pour
palpitations avec douleurs épigastriques
Il a parfois un trouble du transit à type de diarrhée
dans un contexte d’asthénie et de perte de
l’appétit
Depuis un an, il n’arrive plus à travailler
correctement
L’examen somatique est normal, TA=14/8, FC=88
ECG normal, Echographie abdominale normale
Il est souvent triste depuis plusieurs mois, et ne regarde
plus les matchs.
matchs Ça fait plusieurs semaines qu’il n’a pas
été avec ses amis.
amis Il sort très peu
Au travail,
travail il dit que c’est l’enfer depuis la nomination du
nouveau patron il y a 14 mois.
mois Il se sent sur ses nerfs,
nerfs il
a peur pour son avenir et pour sa santé
Sur le plan sexuel,
sexuel il prend de la distance vis-à-vis de sa
femme. Il a des difficultés pour s’endormir et se réveille
vers 4h-5h du matin et fume beaucoup
Il vous rapporte avoir des idéations suicidaires, il a déjà
acheté de la mort aux rats
Diagnostic : Épisode Dépressif caractérisé
o Humeur dépressive : tristesse, irritabilité,
perte d’intérêt, perte de plaisir, isolement
o Ralentissement: Asthénie, fatigabilité…
o Troubles instinctuels (appétit, sexualité,
sommeil) , symptômes somatiques
o Conduites suicidaires
Troubles
instinctuels
Humeur dépressive
dépressif
Humeur triste:
- Un sentiment pénible de tristesse qui peut varier de
l’exagération d’un sentiment de tristesse normale à une
profonde douleur morale.
- La tristesse est apparente, persistante et parfois inconsolable.
- Elle peut être remplacée par une Dysphorie qui est une humeur
irritable avec des colères intenses et prolongées
Perte d’intérêt et de plaisir:
- Sentiment de lassitude et de désintérêt généralisé.
- Anhédonie dépressive: une incapacité à ressentir du plaisir
dans les activités habituellement agréables.
- Anesthésie affective
Une vision négative du soi; du monde et de l’avenir:
Les relations avec
l’entourage :négatives
Sentiments d’infériorité, Se réduit aux seules
d’incapacité, d’inutilité. potentialités
pessimistes.
Ralentissement psychomoteur
➢ Ralentissement moteur :
- Bradykinésie qui se traduit par une hypomimie, une
hypogestualité, marche lente, tète basse, dos vouté…
- Le ralentissement moteur peut varier selon les formes
cliniques d’une simple asthénie à la stupeur totale
Ralentissement psychique
- Bradypsychie
- Bradyphémie: diminution du flux verbal.
- Troubles cognitifs avec difficultés de concentration et de
l’attention
Troubles instinctuels
➢ Troubles du sommeil
- Insomnie d’endormissement
- Insomnie matinale.
Hypersomnie est possible mais plus rare
Troubles de l’appétit
- Anorexie est plus fréquente, peut s’accompagner d’une perte du
poids.
- Hyperphagie est plus rare.
➢ Troubles sexuels
- Désintérêt sexuel avec baisse du désir
- Troubles de l’érection chez l’homme et de l’orgasme chez la femme
Troubles
instinctuels
Anxiété
- Souvent présente
- imprime une marque spécifique à la dépression : humeur
dysphorique, instabilité motrice, insomnie d’endormissement
Symptômes somatiques:
-Asthénie
- Algies diverses
- Céphalées
- symptômes digestifs et génito-urinaires
Troubles du caractère : Hostilité, intolérance à l’entourage
Régression et passivité.
Présence pendant une durée d’au moins deux semaines :
Humeur dépressive Et /ou Désintérêt ou perte de
plaisir
Associé à au moins quatre autres symptômes
Perte ou gain de poids significatif.
Insomnie ou hypersomnie presque tous les jours .
Agitation ou ralentissement psychomoteur presque tous les jours .
Sentiment de dévalorisation ou de culpabilité excessive ou inappropriée .
Diminution de l’aptitude à penser ou à se concentrer ou indécision presque tous les
jours.
Fatigue ou perte d’énergie.
Pensées de mort récurrentes, idées suicidaires récurrentes sans plan précis ou tentative
de suicide.
Pendant au
moins 15 Dépression
jours
Échelle d’évaluation psychométrique
Echelle Hamilton de la dépression
Intérêt :
Evaluer la sévérité de l’épisode dépressif
Suivre l’évolution sous traitement
17 items:
- Évaluation des symptômes de la dépression
- Possibilité d’un sous – score anxiété
8 à 17 : dépression légère
18 à 25 : dépression modérée
26 à 52 : dépression sévère
Deuil
Démence
Pathologie organique (endocrinienne: hypothyroïdie,
Parkinson , Maladie d’Addison,Maladie de
Cushing,Symptômes liés à la
ménopause,Prolactinome,Hyperparathyroïdie,Hypopituitar
isme,Diabète sucré. …)
Trouble anxieux (Trouble anxieux généralisé …)……
A- Dépression endogène
B- Dépressions exogènes
- Réactionnelle.
- D’épuisement.
- Névrotique.
C- Dépressions symptomatiques
- Pathologie organique.
- Pathologie psychiatrique.
Les formes cliniques des états dépressifs
oLes formes symptomatiques
Dépression anxieuse
- Ralentissement psychomoteur remplacé par une agitation anxieuse
- Le danger de cette forme: facilitation du passage à l’acte suicidaire
Dépression hostile
-Troubles du caractère au 1er plan.
- Irritabilité et tendance à l’agressivité.
Les formes cliniques des états dépressifs
Dépression inhibée
- Ralentissement psychomoteur marqué parfois même stupeur
mélancolique avec immobilité, prostration, mutisme et refus
alimentaire
Dépression confuse
- Troubles majeurs de la mémoire, de l’orientation et des fonctions
intellectuelles.
- Forme grave: problème diagnostique avec la démence chez le sujet
âgé.
Les formes cliniques des états dépressifs
Dépression délirante
- Dépression sévère avec des idées délirantes souvent congruentes à
l’humeur.
Dépression masquée
Douleurs diverses, asthénie, troubles digestifs, urinaires ou sexuels.
- Evolution: souvent chronique, invalidante.
- Dépression retenue devant le caractère diffus, imprécis et variable
des douleurs symptômes dépressifs mineurs.
o Les formes selon l’âge
Dépression de l’enfant
• Attitudes de régression, de passivité.
• Perturbation du sommeil, de l’alimentation,
• désinvestissement scolaire.
Dépression de l’adolescent
• Fréquente, peut être typique
• Atypique: troubles du comportement, du caractère,
fléchissement scolaire.
• Risque suicidaire particulièrement élevé.
• Risque de bipolarité
o Les formes selon l’âge
Dépression du sujet âgé
- Fréquente, souvent méconnue. Risque suicidaire
- Diagnostic difficile.
- Humeur dépressive remplacée par une indifférence affective
- Les plaintes somatiques fréquentes, troubles cognitifs marqués.
- Les manifestations délirantes délire de préjudice
- Les troubles du comportement sont fréquents: passivité, troubles
caractériels(hostilité, agressivité) ou comportement régressif
global(syndrome de glissement).
Défaut d’insight
Stigmatisation
Dépression masquée
Comorbidité somatique
Manque de temps
Formation médicale inadéquate
……………………………………………………
Plus de 90% des patients déprimés
ne consultent pas
Durée spontanée 6 – 9 mois
Sous traitement : rémission en 6- 12 semaines
Si non traitée :
- Risque de rémission incomplète
- Risque de chronicisation
- Risque suicidaire
Complications ?
Handicap
socioprofessionnel
Suicide
Conduites addictives
Seront envoyées
- Dépression grave
délirante ou à fort potentiel suicidaire.
- Dépression résistante.
Le médecin généraliste peut traiter toutes les autres formes.
• Risque suicidaire important ( Evaluation RUD ++++)
• Mélancolie.
• Idées délirantes.
• Anxiété très importante.
• Personnalité pathologique
• Difficulté diagnostique.
• Comorbidité rendant le traitement difficile.
• Pas de réduction de la symptomatologie après 6 semaines
de traitement.
• Etablir une véritable alliance avec le patient
• Informer le patient sur son état et sur les traitements possibles
• Faire adhérer le patient à son traitement
• Informer et associer l’entourage
• Combattre les idées reçues.
Les moyens thérapeutiques
1- Les AD
2-La psychothérapie
3-L’hospitalisation
4-ECT
5-Autres (Anxiolytiques, Thymorégulateurs)
52
Ils favorisent la neurotransmission synaptique et augmentent le
taux de monoamines dans la fente synaptique par :
- Activation de la libération.
- Inhibition de la recapture.
- Inhibition des enzymes de dégradation.
- Stimulation des récepteurs post-synaptiques.
Neurotrans-
metteurs
impliqués:
•Sérotonine
•Noradrénaline
•Dopamine
• Chimiques : Tricycliques, IMAO, non Tricycliques non
IMAO.
• Biologiques ISRS, IRSNA.
• Thérapeutiques : Déshinibiteurs
Intermédiaires
Sédatifs
1- Tricycliques et apparentés
2- ISRS
3- IRSNA
• Tricycliques et apparentés
Amitriptyline Elavil cp à 10 et à 25 mg.
Laroxyl gouttes et cp à 25 et
à 50 mg.
Clomipramine Anafranil cp à 10, 25 et 75 mg
et Ap à 25 mg .
Imipramine Tofranil cp à 10 et à 25 mg.
Tianeptine Stablon cp à 12.5 mg.
Maprotiline Ludiomil cp à 25 et 75 mg.
Après 50 ans
.E.C.G
• IRS
- Paroxétine Deroxat cp
Divarius à 20 mg
Parexat
- Fluoxétine Prozac
Anxetin gélule à 20 mg.
Rosal et solut. buvable
Serotyl
Sertraline Zoloft cp
Zolit à 50 mg
Netral
Solotik
- Escitalopram Seroplex cp à 10 mg.
- Fluvoxamine Floxyfral cp à 100 mg.
- Facilité et sécurité d’emploi : * une seule prise par jour et * peu d’EI
• IRSNA
- Venlafaxine Effexor cp à 25 et à 50 mg.
Effexor LP gélule retard à 37,5 mg et à 75 mg.
Tedema
• Tous les AD ont une efficacité comparable
mais se différencient par leur structure chimique,
leurs actions biochimiques et leur spectre d’activité.
• Le choix de l’AD sera fonction de la sémiologie dominante :
- Anxiété, nervosité, troubles du sommeil: AD sédatif.
- Ralentissement psychomoteur : AD psycho stimulant.
Choix de l’Antidépresseur:
Propriétés collatérales sédatives, ou stimulantes
Comorbidité
Respect des contre-indications.
Monothérapie antidépressive.
Posologie efficace.
Délai d’action 10 à 21 jours.
Surveillance clinique régulière de l’effet
thérapeutique et des effets indésirables
STEPS
• Sécurité d’emploi
• Tolérance
• Efficacité
• Prix
• Simplicité d’emploi
- Posologie adaptée en fonction de :
- âge, réponse, EI, type de l’AD.
- Délai d’action : 15 jours.
- Durée du traitement 6 mois.
- Arrêt du traitement progressif.
• Electro convulsivothérapie : ECT
• Stimulation magnétique trans-crânienne : TMS
INDICATIONS
Urgence thérapeutique: risque suicidaire, AEG
Résistance ou intolérance aux autres traitements
Sévérité de la pathologie
ATCD de réponse favorable à l’ECT
Attention aux effets secondaires notamment chez la personne âgée
Cardiovasculaire, myalgies, fractures, céphalées, dysmnésie antérograde et
rétrograde, décès ( 1/10000)
FDR de résistance : ATCD psychiatriques familiaux de troubles non thymiques
(alcoolisme, sociopathie surtout)
• TECHNIQUE :
stimulation magnétique ciblée du SNC, non invasive par
voie transcrânienne, indolore, sans anesthésie
pulsations électriques brèves et au contact du cuir
chevelu via bobine : champ magnétique proportionnel
dirigé perpendiculairement au cortex cérébral
Selon la fréquence, effet différent sur l’activité corticale:
Fréquences élevées (5-20 Hz) effet facilitateur
Fréquences basses (<1 Hz) hypoexcitabilité
Site d’action: cortex préfrontal dorso-latéral
• Les anxiolytiques
-BZD
-Sédatifs
• Les thymorégulateurs
*Lithium
*Dépakine
*Carbamazépine
• Antipsychotiques
Quelles sont les différentes formes de psychothérapies ?
Psychothérapie de soutien (accompagnement psychologique)
Psychothérapies analytiques et les P.I.P
Psychothérapies cognitivo-comportementales
Les thérapie interpersonnelles (T.I.P.)
Les psychothérapies familiales et de couple.
Indications
L’existence de troubles de la personnalité
L’existence d’une comorbidité psychiatrique
Les dépressions récurrentes.
• Place fondamentale dans le traitement des dépressions:
Potentialisent l’efficacité des antidépresseurs
Alternative au traitement antidépresseur : dépression légère
Augmentent l’observance au traitement
Répondent à des attentes du patient
Moyen de prévention des rechutes dépressives.
En quoi consiste l’accompagnement psychologique du déprimé (1)
?
Etablir une bonne alliance thérapeutique
Donner des informations sur la dépression
Se montrer disponible, avoir du temps à consacrer au
dialogue et à l’écoute
Tenir un discours raisonnablement optimiste, restaurer et
entretenir l’espoir
(2) Conseils comportementaux
Reprise progressive d’activités routinières.
Développement d’activités gratifiantes.
Planifier la résolution de problèmes.
(3) Conseils cognitifs
Le déprimé a des pensées négatives sur sa personne,
le monde et l’avenir.
Identifier les pensées négatives.
Changer ses attitudes et sa façon de penser.
Identifier les secteurs positifs dans sa vie.
Indications
81
Indications
En cas d’épisode dépressif modéré a sévère:
• Toutes les recommandations internationales préconisent
l’association antidépresseurs-psychothérapie
• Si l’indication de l’hospitalisation n’est pas posée, une
surveillance vigilante est indispensable pendant environ
deux semaines, le patient bénéficie d’un suivi rapproché
par son médecin avec réévaluation des symptômes
dépressifs
82
En cas de dépression récurrente
-AD+Psychothérapie
-Anxiolytique au début du ttt
-TR si sup à 3 épisodes
-ECT+-
83
En cas de dépression bipolaire
De première intention TR
AD si épisode d’intensité sévère
84
CONCLUSION
Rôle majeur du médecin généraliste dans la prise en charge
de la dépression.
Dépression : problème de santé
publique aux multiples
conséquences.
Le diagnostic peut être difficile
Nécessité de formation régulière.
Traitement simple :
Monothérapie antidépressive à posologie efficace durant 6
mois.
Psychothérapie de soutien.
Conclusion
Devant un EDC, il faut évaluer 5 éléments :
- Les antécédents personnels et familiaux psy
- Le potentiel suicidaire
- Le support familial
- Les facteurs de stress
- Le cadre diagnostique et nosographique
86
« La dépression est de vivre dans
un corps qui se bat pour
survivre avec un esprit qui
cherche à mourir ».
« Donnez à vos malades déprimés
l’espoir de sortir de ce cercle
vicieux ».
87
Merci de votre attention