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ROMAN ANTIGONE

FA I T PA R AY O U B B E N A L L A L H A S S A N I
C'EST QUOI ANTIGONE
Dans la mythologie grecque, Antigone (en grec ancien
Ἀντιγόνη / Antigónê) est la fille d'Œdipe, roi de Thèbes, et de la
reine Jocaste. Elle est la sœur d'Étéocle, de Polynice, d'Ismène
et de son propre père. Son oncle Créon, frère de Jocaste, est
également le père de son fiancé Hémon. Elle est surtout connue
par deux tragédies de l'auteur athénien Sophocle, conservées
jusqu'à nos jours : Antigone, où Antigone s'oppose jusqu'à la
mort à Créon qui avait interdit d'ensevelir son frère Polynice
pour des raisons politiques, et Œdipe à Colone, où elle apparaît
principalement en tant que guide de son père Œdipe, aveugle
et exilé. Ces deux pièces ont connu une abondante postérité
dans les arts pendant et après l'Antiquité, jusqu'à l'époque
actuelle. Antigone, et en particulier son combat contre Créon,
ont revêtu de nombreuses significations selon les œuvres.
LA
BIOGRAP Dramaturg
Date et
lieu de

HIE DE e (auteur):
Jean
naissance:
il est né le
23 juin
L'AUTEUR Anouilh
1910 à
bordeaux
Date et
lieu Autres
de décès oeuvre: le
(mort): le 3 voyage
octobre sans
1987 à bagage/
lausanne eurydice
(suisse)
PRÉSENTATION
DE L'ŒUVRE Titre: Antigone

Epoque des
actions: Auteur: Jean
l'antiquité Anouilh.
grecque

Lieu de
l'histoire: le Genre: trajedie
palais de thèbes moderne (pièces
dans la cité de de théâtre)
thèbres

Personnage
principal(héroine Dates d'écriture:
): Antigone (une 1942
princesse)

Dates de Dates de 1ère


publication: présentation:
1946 1944
RÉSUMER DE ANTIGONE

• Antigone est l'un des personnages les plus


célèbres du théâtre antique : déjà, en 442
av. J.-C., dans la pièce de Sophocle, elle
incarne l'obéissance à des lois divines et
morales, qui transcendent la justice humaine.
Antigone a ainsi inspiré de nombreux auteurs
dramatiques. En 1944, sous l'occupation
allemande, Jean Anouilh fait d'elle une figure
de la résistance à l'oppression.
Comment parvient-il à renouveler le thème ?
Quels sont les différents procédés dramatiques
mis en œuvre ?
I. LE SUJET
• • Le sujet de la pièce et son déroulement sont fidèles à la
tragédie de Sophocle.
La scène se passe à Thèbes. Les deux fils d'Œdipe, Étéocle et
Polynice, se sont entre-tués sous les murs de la ville. Le roi
Créon a ordonné de n'enterrer qu'Étéocle, laissant sans
sépulture celui qu'il considère comme traître, Polynice (ce
qui, selon les Anciens, condamne son âme à errer
éternellement). Quiconque enfreindra la loi sera puni de
mort. La sœur d'Étéocle et de Polynice, Antigone, ose braver
l'interdit et défier Créon : elle accomplit à deux reprises les
rites funéraires. Découverte, elle est condamnée à mort,
malgré l'intervention de son fiancé, Hémon, fils de Créon.
Elle se pend dans la caverne où elle est emmurée, et Hémon
se suicide sur son corps.c
• 1. Le duel entre morale et politique
• Le thème principal de la pièce est l'opposition entre les
lois de la société, justifiées par l'ordre et le pouvoir, et
une loi non écrite, celle des obligations dues aux morts
et à la famille.

• • L'interdiction formulée par Créon n'est pas


despotique mais politique. Étéocle et Polynice
étaient « deux larrons en foire qui se trompaient l'un
l'autre en nous trompant et qui se sont égorgés comme
deux petits voyous qu'ils étaient, pour un règlement de

II. LES comptes ».


Pour que l'ordre règne dans Thèbes, après cette
révolution manquée, il faut rassembler les esprits.

THÈMES
Créon s'en explique ainsi : « il s'est trouvé que j'ai eu
besoin de faire un héros de l'un d'eux […]. J'ai fait
ramasser un des corps, le moins abîmé des deux, pour
mes funérailles nationales, et j'ai donné l'ordre de
laisser pourrir l'autre où il était. » Ainsi, le maintien de
l'ordre implique le calcul, le mensonge et le cynisme.

• • La règle à laquelle obéit Antigone, cependant, est


supérieure au décret pris par le roi. C'est une
obligation intérieure, indépendante des circonstances.
Elle affirme la liberté de la conscience : « Je suis là
pour vous dire non et pour mourir. »
• 2. Le pouvoir
• • Anouilh n'exalte pas la fonction politique. Selon lui, le pouvoir ne relève pas de l'ambition,
c'est un métier : « Ce n'est même pas une aventure, c'est un métier pour tous les jours et pas
toujours drôle, comme tous les métiers. Mais puisque je suis là pour le faire, je vais le faire », dit
Créon à Antigone.

• • Il y faut cependant un certain courage : « Pour dire oui, il faut suer et retrousser ses manches,
empoigner la vie à pleines mains et s'en mettre jusqu'au coude ».
Pragmatique, Créon se contente de joies modestes : « la vie c'est un livre qu'on aime, c'est un
enfant qui joue à vos pieds, un outil qu'on tient bien dans sa main, un banc pour se reposer le
soir devant sa maison ».
• 3. L'intransigeance de la pureté
• • À cette figure d'homme âgé, usé par le pouvoir, s'oppose celle d'une adolescente
intransigeante, qui refuse les compromis et les « bonheurs de cuisinier » auxquels Créon a
consenti en acceptant la couronne : « Quelles pauvretés faudra t-il qu'elle fasse elle aussi, jour
après jour, pour arracher avec ses dents son petit lambeau de bonheur ? »

• Antigone est prête à mourir pour ne pas sacrifier son idéal à la réalité : « Je veux être sûre de
tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite – ou mourir. »
• 4. Le conflit des générations
• • Créon est un adulte lucide, qui assume ses
responsabilités, et qui, en consentant par nécessité
à devenir roi, aliène sa liberté aux exigences du
pouvoir.
Antigone et Hémon sont des adolescents. Antigone
refuse le temps qui use les sentiments et conduit à
accepter des compromis : « Moi, je veux tout, tout
de suite, – et que ce soit entier – ou alors je
refuse ! »
De la même façon, Hémon refuse la leçon de son
père : « Chacun de nous a un jour, plus ou moins
triste, plus ou moins lointain, où il doit accepter
d'être un homme. » Antigone et Hémon tout deux
refusent finalement la vie.
Le petit page qui accompagne Créon représente la
génération suivante, dans son innocence. Créon tire
pour lui la leçon : « Il faudrait ne jamais devenir
grand. »
III. LES PERSONNAGES

• 1. Antigone
• • Antigone n'est pas belle (« la maigre jeune fille noiraude et renfermée que personne ne prenait au sérieux dans la famille »)
mais représente l'intransigeance et la pureté. Elle risque la mort en transgressant la loi pour son frère, qui pourtant ne
l'aimait pas.

• Quand Créon lui révèle les coulisses politiques du drame, elle choisit la mort, non plus pour honorer son frère, mais pour ne
pas pactiser avec la médiocrité : « Vous me dégoûtez tous avec votre bonheur ! ». Elle affronte avec violence le roi, son oncle
(le frère de sa mère Jocaste), et revendique sa liberté : « Moi, je ne suis pas obligée de faire ce que je ne voudrais pas ! » Elle
a l'orgueil d'Œdipe.

• • En même temps, elle reste enfant : elle est affectueuse et tendre (envers sa sœur Ismène et sa nourrice). Au moment de
mourir, elle est prise par la peur : « je ne sais plus pourquoi je meurs ».

• 2. Créon
• • « C'est le roi. Il a des rides, il est fatigué. Il joue au jeu difficile de conduire les hommes. » Il assume le pouvoir, après la mort
d'Œdipe et de ses deux fils, avec courage, et sans illusions.
Il tente de sauver Antigone : pour cela, il lui révèle les coulisses sordides du drame. Il comprend cependant que ses efforts
sont vains ; les exigences du pouvoir l'emportant même sur le désespoir de son fils : « Je suis le maître avant la loi. Plus
après. ».
Il finit complètement seul, son fils puis sa femme, Eurydice, s'étant suicidés. Il poursuit néanmoins son ouvrage : « Ils disent
que c'est une sale besogne, mais si on ne la fait pas, qui la fera ? »
• 3. Les autres personnages
• • Ismène « est bien plus belle qu'Antigone » : elle
est « éblouissante ». Elle se dit elle-même « plus
pondérée » qu'Antigone. Elle réfléchit. Quelle que soit son
affection pour son frère, elle ne se sent pas le courage de
braver l'interdiction. Elle accepte sa faiblesse de femme et
s'incline devant le pouvoir de Créon.

• • Hémon a préféré Antigone à la belle Ismène, vers qui tout le


portait. Il l'aime et veut la sauver, en intercédant auprès de
son père, et sans connaître les vraies raisons du choix
d'Antigone. Il partage son sort par désespoir d'amour : « Crois-
tu que je pourrai vivre, moi, sans elle ? »

• • Antigone prend congé de la nourrice comme elle se sépare


d'Hémon et d'Ismène, avant d'affronter Créon. En disant adieu
à la nourrice, Antigone perd sa dernière protection et le
dernier lien avec son enfance : « Je tiens ta douce main
rugueuse qui sauve de tout… Peut-être qu'elle va me sauver
encore. »

• • Les gardes sont étrangers à l'univers de la tragédie : « Eux,


tout ça, cela leur est égal ; c'est pas leurs oignons. Ils
continuent à jouer aux cartes. » Ils représentent la force
aveugle et la bêtise.
IV. LES PROCÉDÉS
DRAMATIQUES
• 1. La structure de la pièce

• • La pièce se déroule de façon continue, sans interruption : elle n'est pas divisée en actes, ce qui
maintient la tension dramatique.
Elle est encadrée par deux interventions du chœur (joué par un seul personnage), qui, dans le prologue,
présente les personnages et annonce le drame, puis qui commente le dénouement.
Le chœur tente également de sauver Antigone et annonce à Créon la mort de sa femme, Eurydice. Il joue
donc un rôle d'intermédiaire entre les spectateurs et les personnages. Il renseigne et commente.

• 2. La transposition

• • Jean Anouilh a conservé tous les éléments de la tragédie grecque : drame, lieux, personnages, mais l'a
transposée à notre époque.

• Il a ainsi modernisé les fonctions et le mode de vie : les gardes ont des grades et des statuts comparables
à ceux des soldats d'aujourd'hui ; la reine tricote pour les pauvres ; les princes ont des voitures et une vie
mondaine ; la nourrice prépare du café et des tartines grillées, etc.

• • Anouilh mêle le tragique et le familier. Ce contraste est particulièrement sensible dans les conversations
d'Antigone et de sa nourrice : « Allons, ma vieille bonne pomme rouge. Tu sais quand je te frottais pour
que tu brilles ? »

• • Dans la tragédie antique, le destin, supérieur aux dieux eux-mêmes, frappe les hommes. Chez Sophocle,
Créon, qui s'obstine dans sa décision, est coupable de démesure et se retrouve seul. Jean
Anouilh supprime le caractère sacré de la tragédie. Antigone incarne la jeunesse et son intransigeance et
montre que l'homme reste libre de se révolter contre l'injustice, de lui résister.

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