Université Mohammed V جامعة محمد الخامس
Faculté des Sciences Juridiques,
Economiques et Sociales كلية العلوم القانونية
Agdal - Rabat واالقتصادية واالجتماعية
الربـــــــاط
MACROECONOMIE ET POLITIQUES
ECONOMIQUES
A.MAAROUF
Année 2024-2025
Présentation du cours
Objectifs du cours:
Présenter et analyser les concepts avancés de la théorie
macroéconomique liés à la consommation agrégée,
l’investissement agrégé, aux rigidités des prix….
Pouvoir analyser les principaux déséquilibres qui peuvent
apparaitre entre les agrégats (augmentation des prix,
chômage, déficit des finances publiques, déficit de la balance
des paiements) ou sur les marchés Objet des modèles
macroéconomiques;
Pouvoir étudier les moyens nécessaires pour corriger ces
déséquilibres et atteindre les objectifs fixés (stabilité des prix,
équilibre interne, équilibre externe, …) Objet de la politique
économique.
Contenu
Rappel des principes fondamentaux de la macroéconomie
I- Fondements théoriques de la macroéconomie
II- Les grandeurs et horizons temporels en macroéconomie
III-Les politiques de stabilisation
IV- Synthèse
Thèmes à approfondir
1- Les développements contemporains de la fonction de consommation
2-Revenu national d’équilibre et théorie du multiplicateur d’investissement
3- Modèle IS-LM en économie fermée
4- Modèle de Mundell-Fleming
5-Politiques macroéconomiques en économie ouverte
6-L’équilibre macroéconomique: la synthèse
7- Courbe de Philips augmentée
8- La nouvelle économie classique
9- La nouvelle macroéconomie keynésienne
Références
• Blanchard O. et Cohen D. (2006), «Macroéconomie», Pearson
Education.
• Blanchard Olivier (2000), "What Do We Know about
Macroeconomics that Fisher and Wicksell Did Not?" The Quarterly
Journal of Economics, Vol. 115, No. 4 (Nov., 2000), pp. 1375-1409
• De Vroey M. (2009), «Keynes, Lucas: d’une macroéconomie à
l’autre», Dalloz.
• Descamps Ch. (2012), « Précis de macroéconomie » Ed. ellipses.
• Goux J-F, (2010), «Macroéconomie monétaire et financière»
Economica.
• Lavialle C. (2003), «Macroéconomie approfondie», Bréal.
• Mankiw G.N. (2003), «Macroéconomie» De boek, 3ème édition.
• Mankiw, N. Gregory (2006), "The macroeconomist as a scientist and
engineer", Journal of Economic Perspectives, 20, 4, 29-46
• Romer D. (1996), Advanced Macroeconomics, MCGraw-Hill.
• Védie, H (2008), «Macroéconomie», Dunod, 2ème édition.
Axe 1:
Rappel des principes fondamentaux
de la macroéconomie
Introduction
Toutes les économies sont sujettes à des fluctuations de
l’emploi, des prix, de la production agricole ou industrielle,
du PIB...Ces fluctuations prennent la forme de récessions
ou de booms accompagnés d’accroissement ou de
diminution du chômage..
1)d’où proviennent ces fluctuations ?
2)que peut faire le gouvernement pour stabiliser les
fondamentaux économiques?
On a commencé à se poser ces questions dans les
années 30 durant la grande récession. La théorie
classique promettait un ajustement instantané et
automatique des marchés. La théorie keynésienne,
considérait que l’équilibre est un équilibre de sous emplois,
et prônait pour une intervention de l’Etat pour établir
l’équilibre des différents marchés.
Exemples de modèles macroéconomiques:
• Le modèle IS/LM proposé par John Hicks en 1937 comme une
façon pratique de résumer la Théorie Générale de Keynes parue en
1936.
• Dans les années soixante, Mundell et Fleming l’étendent pour
tenir compte de l’ouverture croissante des économies.
• Mais ce modèle, qui n’accorde qu’une maigre place aux
comportements des entreprises et à l’offre de biens n’est pas un
outil d’analyse suffisant pour rendre compte par exemple de ce qui
se passe au moment de la brutale hausse des prix du pétrole en
1973. Il n’est alors pas étonnant que ce modèle ait été par la suite
complété pour intégrer des phénomènes liés à l’offre. Le résultat
est le modèle AS-AD.
• Cette évolution a débouché sur des modèles modernes (DSGE),
qui tiennent compte du comportement des agents, considérés
comme des versions améliorées des équations du modèle AS-AD.
I- Fondements théoriques de la macroéconomie
1- Modèle de macroéconomie classique:
Fin des controverses sur les crises de surproduction entre les économistes
classiques (A.Smith, D. Ricardo, J.Mill et J.S.Mill) qui finissent par accepter la Loi
de J.B.Say (formulée en 1803).
Offre = Production Répartition et utilisation de la
production = Demande
Plein emploi des Biens Profits bruts Epargne =
équipements d’équipement Investissement
Plein emploi Biens de Salaires Consommation
des travailleurs consommation bruts finale
Marché des Marché de Marché de
biens travail capitaux
Prix courants Salaire Intérêt
courant courant
B/S
Offre = Revenus = Demande
Hypothèses du modèle classique
Hypothèse n° 2 : Plein emploi des facteurs de
production
Si l'offre de travail des salariés est supérieure à
la demande de travail, le salaire réel va
diminuer, ce qui baisse les coûts de production
et accroît les profits des entreprises. Celles-ci se
trouvent donc incitées à investir, et donc à
embaucher les travailleurs en surnombre. Le
marché revient très rapidement en plein emploi.
Le chômage n'est que transitoire.
Hypothèse n° 3 : Neutralité de la monnaie
MV= PY
Si l'on suppose que :
Le plein emploi des facteurs de production est réalisé, Y
ne peut augmenter et est une constante.
les habitudes de paiements sont stables, V est
également une constante.
La monnaie n'influence pas la production et les
transactions.
On peut donc écrire : P = (V/Y)M. Or (V/Y) est constant.
Donc, toute variation de la quantité de monnaie en
circulation dans l'économie (+k%, par exemple) implique
une variation proportionnelle du niveau général des prix. En
conséquence, la politique de l’Etat doit se limiter à une
politique monétaire de contrôle de la création de la monnaie
de telle façon qu’il n’y ait pas d’inflation.
2- Fondements du modèle Keynésien:
2-1-Principes fondamentaux et hypothèses :
a-Principes
La théorie keynésienne est une théorie de la production
et de l’emploi, et non une théorie de l’ensemble des
phénomènes économiques, contrairement à ce que l’on
peut comprendre du titre complet de l’ouvrage de
Keynes: Théorie générale de l’emploi , de l’intérêt et de la monnaie.
Rejet des mécanismes autorégulateurs du marché pour
atteindre automatiquement le plein emploi.
Substitution de l’analyse intégrée à l’analyse
dichotomique néoclassique, en mettant en relation
l’emploi et les phénomènes monétaires.
b-Hypothèses
Hypothèse n° 1:
Contrairement aux classiques, la cause du chômage résulte d’une insuffisance de
la demande globale attendue par les entreprises et non de la confrontation de
l’OW et de la DW sur le marché de l’emploi: une baisse des salaires une
réduction de la demande globale qui n’encourage pas les entreprises à
produire plus et donc à embaucher plus.
Hypothèse n° 2:
Ajustement des marchés (marché du travail et des biens et services) par les
quantités (d’emploi et des produits) et non par les prix.
Hypothèse n° 3:
L’économie keynésienne est une économie de la demande: c’est la demande que
les entreprises anticipent qui déterminent le niveau de production qu’elles vont
mettre en œuvre et non les fluctuations des prix.
Hypothèse n° 4:
La monnaie ne peut exister sans être associée à la production: elle intervient
directement dans la détermination de l’équilibre macroéconomique.
Hypothèse n° 5:
L’économie keynésienne ne s’intéresse qu’aux fluctuations de court terme de
l’emploi et de la production.
2-2-La notion de demande effective
• Pour Keynes, ce n'est pas l'offre qui crée la demande, mais la
«demande effective» qui détermine l'offre.
• La "demande effective" est composée de la consommation et de
l'investissement, qui ne dépendent pas seulement des revenus comme
Chez les classiques.
a) La consommation finale est une fonction décroissante du revenu
disponible brut:
CF = PMC x RDB
Lorsque le revenu augmente, la propension marginale à consommer
diminue et la propension marginale à épargner augmente, ce qui signifie
que la consommation augmente moins vite que le revenu, les besoins
se saturent peu à peu. L'épargne, quand à elle, augmente plus vite que
le revenu.
b) L'investissement ne dépend pas directement des revenus. Il est déterminé
par la comparaison entre :
L'efficacité marginale du capital, c'est à dire le taux de rentabilité, qui mesure le
profit attendu que rapporte un investissement.
Taux de rentabilité = Profits espérés/Capitaux investis x 100
Le taux d'intérêt réel à long terme.
Taux de rentabilité > Taux d’intérêt à long terme => Investissement
Taux de rentabilité < Taux d’intérêt à long terme => Placement
2-2-L'équilibre de sous-emploi
Pour Keynes, ce n'est pas le marché du travail qui fixe le niveau de l'emploi
ni celui des salaires réels mais le niveau de la production qui dépend de
celui de la demande effective.
Niveau de la Niveau de la Niveau de Niveau du
demande production l'emploi chômage
effective (involontaire)
PMC x RDB = CF
Volume Volume Volume
Taux de
DF PIB Emploi
rentabilité
FBCF
Taux
d’intérêt
Chômage
Offre de Demande
monnaie monnaie
II- Les horizons temporels en macroéconomie
Pourquoi les économistes ont-ils besoin de modèles
différents selon l’horizon temporel envisagé? Parce que
le comportement des prix diffère selon le terme:
– LT: prix flexibles, technologie évolue
– CT: technologie donnée, prix rigides
Par exemple: Banque centrale réduit sa masse
monétaire de 5%.
– LT: Aucune conséquence sur la sphère réelle
(production et emploi). Seuls les prix baissent de 5%
– CT: de nombreux prix (du travail et des biens et
services) ne réagissent pas à la baisse de l’offre de
monnaie.
Axe II- L’équilibre macroéconomique et théorie du
multiplicateur d’investissement
Il s’agit au niveau de cet axe de:
D’étudier les conditions d’équilibre du revenu national en
économie fermée, puis en économie ouverte, avec et sans
intervention de l’État.
D’étudier ensuite l’effet des variations des composantes de
la demande globale (C, I, G, T, M, X) sur le revenu national
d’équilibre (le multiplicateur keynésien).
I- Les conditions d’équilibre du revenu national dans
une économie fermée
I-1- Egalité entre OG et DG
OG: production de biens et services, exprimée en monnaie nationale;
Revenu national (Y) regroupe ’ensemble des revenus (salaires , profits et
intérêt), auxquels cette production donne lieu;
En dehors des dépenses publiques, la DG englobant la consommation
(C), l’investissement (I);
En économie fermée, compte non tenu des dépenses publiques:
OG = Y= C + I (optique formation)
DG = Y= C + S (optique utilisation)
Le revenu atteint son niveau d’équilibre Ye lorsque OG = DG
Autrement dit lorsque C+I = C+S I = S
I-2- Débat sur l’égalité I = S
I = S est –elle une identité ou une condition d’équilibre?
Classiques: S = I est une identité dans la mesure où tout ce qui est
épargné par les entrepreneurs est investi.
Néoclassiques: à priori pas d’égalité naturelle car les deux actes ne
relèvent pas des mêmes personnes. Leurs ajustement se fait en
permanence grâce aux variations des taux d’intérêts.
Keynes conteste ces interprétations pour les raisons suivantes:
L’existence d’une thésaurisation
Le taux d’intérêt ne participe pas à l’ajustement entre I et S.
On peut investir sans épargne préalable;
I est préalable à S: l’investissement détermine le revenu qu’en fonction du
partage des ménages entre C et S que se détermine le niveau de ce
dernier.
I = S est une condition d’équilibre.
I-3- Représentation graphique de l’équilibre
C+I
C+I
(C+I)e E
C = C0 + cY
F
I
Ye Y
S S
I
Ye Y
II-les variations du revenu et le multiplicateur keynésien
II-1- le multiplicateur d’investissement
Incidence d’une variation de I sur Y:
T1:
Y1= C0 + cY1 + I
Y1 = (C0 + I) / (1 – c)
T2:
Y2= C0 + cY2 + I + I
Y2= (C0 + I + I)/ (1 – c)
II-2- L’équilibre macroéconomique en économie ouverte, avec
intervention de l’État
Condition d’équilibre:
Avec
Incidence des exportations X sur l’activité:
Y = ( C0 + I + X – M ) / (1 – c)
En dérivant cette équation par rapport à X on obtient
d Y / d X = 1 / (1 – c)
Le multiplicateur du commerce extérieur:
Le multiplicateur du commerce extérieur:
Y + M = C0 + cY + I + X
Y + M0 + mY = C0 + cY + I + X
Y (1 – c + m) = C0 + I + X – M0
Y = (C0 + I + X – M0) / (1 – c + m)
dY / dX = 1 / (1 – c + m) = 1 / (s + m)
La prise en compte de l’intervention de l’Etat
Multiplicateur budgétaire
Y=C+I+G
Y = C0 + cY + I + G
Y* = (C0 + I + G) / (1 – c)
dY / dG = 1 / (1 – c)
Multiplicateur fiscal
Y = C + I + G = C0 + c (Y – T) + I + G
Y – cY = C0 + I + G – c T
Y ( 1 – c ) = C0 + I + G – c T
Y = (C0 + I + G – c T) / (1 – c)
dY / dT = -c / (1 – c)
Multiplicateur du budget équilibré
Puisque
III-Les politiques de stabilisation
On appelle politique de stabilisation les mesures
économiques visant à maintenir la production et l’emploi à
leurs taux naturels.
Les économistes appellent chocs sur l’économie les
variations exogènes de l’offre et de la demande:
1. Un choc sur la demande est un choc qui modifie
l’équation quantitative: l’invention des guichets bancaire
électronique augmente la vitesse de circulation de la
monnaie
2. Un choc sur l’offre est un choc qui modifie les coûts de
production, et donc les prix demandés par les
entreprises: Sécheresse, nouvelle législation de
l’environnement imposée au entreprises, hausse des
exigences salariales des syndicats, augmentation des
prix pétroliers….
IV- Synthèse
1. La grande différence entre le LT et le CT est la rigidité des
prix. Ceux-ci sont considérés comme flexibles à long terme et
rigides à court terme.
2. Nous distinguons l’offre agrégée à court terme (OACT) et
l’offre agrégée à LT (OALT).
3. Les politiques économiques n’ont pas le même impact selon
l’horizon temporel considéré.
4. La politique monétaire est un instrument centrale de politique
de stabilisation.
5. Les chocs de la demande et de l’offre suscitent des
fluctuations économiques. Dans la mesure où la banque
centrale est en mesure de déplacer la courbe de demande
agrégée, elle peut s’efforcer d’amortir les chocs pour
maintenir la production et l’emploi à leurs taux naturels.