Le Fer Sérique
Mandiou DIAKITE
Objectifs
1- Expliquer l’homéostasie du Fer dans
l’organisme,
2- Connaitre les paramètres biochimiques
d’exploration du fer sérique,
3- Décrire les variations pathologiques du
fer.
Plan
I-Métabolisme du fer
1.1.Répartition dans l’organisme,
[Link] du fer,
[Link] en fer,
[Link],
[Link],
[Link] en fer de l’organisme,
1.7.Régulation du métabolisme du fer.
Plan
II- Exploration du métabolisme du fer
[Link] du fer sérique
[Link]é totale de fixation de la
transferrine(CTF)
[Link]é latente de fixation(CLF)
[Link] de saturation de la transferrine(CS)
[Link] de la transferrine
[Link] de la ferritine sérique
[Link] des récepteurs solubles de la
transferrine
Plan
III. Variations Pathologiques
[Link] martiales
3.2. Surcharges en fer
I-Métabolisme du fer
Le fer (PA = 56) est le plus anciennement
connu des oligoéléments, substances ainsi
baptisées par Gabriel Bertrand en raison
de leur faible concentration dans la
matière vivante et cependant
indispensables au fonctionnement des
organismes vivants.
I-Métabolisme du fer
Le rôle essentiel du fer est d'intervenir
dans l'érythropoïèse (synthèse des
globules rouges)
I-Métabolisme du fer
une carence martiale peut être
responsable:
- d'une sensibilité accrue aux infections,
- d'anomalies des épithéliums ou des
phanères,
- d'une diminution des performances
physiques et intellectuelles.
Répartition
Le fer se retrouve chez l’humain à
l’état ferreux ou ferrique, libre ou
inclus dans des complexes
hétéroprotéiniques.
Chez l’adulte il y a environ 3 g de fer
chez l’homme et 2,5 g chez la femme.
Le fer hémoglobinique représente 65 à
70% du fer, celui de la myoglobine5 à 6%.
les autres sont quantitativement moins
importants : enzymes, cytochromes,
transferrine pour le transport
plasmatique, ferritine et hémosidérine
pour le stockage.
Distribution du Fer dans l’organisme :
Trois Fer (Fe++) Fer (Fe+++) 3à4g Tissus/cellules
compartime héminique non
nts héminique
lié Fonctionne Hémoglobi 65-70% Erythroblastes
l ne 5% GR
Myoglobin Enzymes ** 0,5% Muscle
e
Enzymes *
Transport Transferrine 0,1% Plasma
Réserve Ferritine 15% Macrophages
Hémosidérri 15% (Foie Rate MO)
ne Hépatocytes
Muscles
FNL Plasma
Tissus
* Ex: cytochrome, ** Ex : ribonucléotide réductase
[Link] du fer
Les hématies vieillies sont captées par les
macrophages du système réticulohistiocytaire
(SRH) principalement du foie, de la rate et de la
moelle osseuse.
L'hémoglobine détruite va libérer le fer, dont
une partie est stockée sous forme de ferritine
et d'hémosidérine (Fe+++) et une autre partie
est libérée dans le plasma.
Cycle du fer
Le fer plasmatique est transporté par une
protéine, la transferrine qui est normalement
saturée au tiers de ses capacités de transport.
Le fer plasmatique peut avoir deux destinées :
- la plus importante est son retour au niveau de
la moelle osseuse où il sera incorporé au sein
des érythroblastes, cellules précurseurs des GR.
Cycle du fer
- l'autre voie permet la mise en réserve
sous forme de ferritine et d'hémosidérine
dans les cellules parenchymateuses du foie
(hépatocytes).
Cycle journalier du Fer : Boucle de
l’érythropoïèse
Moelle osseuse
Erythroblaste Sang périphérique
Globules rouges Hémolyse des
Macrophages GR vie = 120 j
25
mg/j
Transferrine
plasmatique
Système Réticulo-Histiocytaire
Rate-Foie-MO
Erythrophagocytose
Macrophages
25 Protéolyse de la globine
mg/j Libération de l’hème Ferritin
Ferroportine e
Fer libéré par Hème oxydase
Fe3+
céruléoplasmin Selon besoin
e
[Link] en fer
Le fer est recyclé dans l'organisme et les besoins
doivent juste compenser les pertes :
- pertes régulières dont la plus importante est la
desquamation des cellules intestinales
épithéliales.
- S'y associent des pertes faibles par la bile, la
peau et l'urine ;
- pertes épisodiques liées aux hémorragies, aux
pertes menstruelles, à la grossesse, à l'allaitement.
[Link] en fer
Les besoins quotidiens sont d'environ :
- 1 mg chez l'homme,
- 2 mg chez la femme en période d'activité génitale.
La grossesse demande pour la mère un apport
supplémentaire de l'ordre de 3 mg/jour pour les
deux premiers trimestres et de 10 mg/jour pour le
dernier.
Chez l'enfant les besoins sont plus importants
pendant les deux premières années et au moment
de l'adolescence.
[Link] en fer
Le fer est apporté principalement par la
viande, le poisson, les légumes secs, les
fruits, les légumes.
les aliments les plus riches sont les
abats.
Aliments riches en fer et leur absorption.
Taux d’absorption Facteurs « alimentaires » influençant
= 10 % de la ration alimentaire l’absorption
Foie de porc : 19 mg/100 mg
Levure de bière : 17,3 ration alimentaire : X2 (max)
Apport alimentaire : 10-20
Cacao : 12,5
Lentilles : 8,6 Fer héminique = 20%
Soja : 8,4
Jaune d’œuf : 7,2 Fer non héminique = 1-4%
Fruits secs : 4,5
Epinards : 3,1 favorisée par : vit C
Côtes de bœuf : 3,1
Vin : 0,3-0,5 Inhibée par: lait, thé (45-95%)
Lait de vache : 0,04
mg /j
Lait maternel : 0,05
Mécanismes :
Absorption du Fer héminique
Absorption du Fer non héminique
[Link] du fer
Lieu: dans le duodénum et à un degré moindre
dans le jéjunum.
Le taux d'absorption lors d'un régime équilibré
étant d'environ 10 %,
L’apport alimentaire quotidien doit être de 10 mg
chez l'homme et de 20 mg chez la femme.
[Link] du fer
• Le fer héminique (viandes et poissons)
est bien absorbé.
• Le fer non héminique (céréales, légumes
secs, fruits, légumes, produits laitiers)est
moins bien absorbé.
• C'est ainsi que le fer contenu dans le foie
de veau est 20 fois mieux absorbé que
celui se trouvant dans le riz
[Link] du fer
L'acide ascorbique (vitamine C) favorise
l'absorption du fer non héminique alors
que le thé et le café l'inhibent fortement.
Dans tous les cas l'organisme n'absorbe
que la quantité de fer dont il a besoin.
[Link] du fer
une surcharge de l'organisme en fer diminue
son absorption et au contraire, toute
augmentation de l'activité érythropoïétique
(saignement, hémolyse...) augmente
l'absorption du fer.
1.5. Transport du fer dans le plasma
La plus grande partie du fer plasmatique est
transportée par une glycoprotéine, la
transferrine.
Cette molécule est capable de fixer deux
atomes de fer ferrique, un à chaque
extrémité de la protéine.
Globalement la transferrine du plasma est
saturée environ au tiers de sa capacité.
1.5. Transport du fer dans le plasma
La synthèse de la transferrine par l'hépatocyte
est fonction de la quantité de fer dans la
cellule.
Une diminution des réserves est responsable
d'une augmentation de la synthèse de la
transferrine et inversement dans les
surcharges en fer la synthèse est diminuée.
1.5. Transport du fer dans le plasma
Dans les surcharges en fer comme
l'hémochromatose, dans laquelle il existe
une trop grande absorption du métal, la
transferrine est totalement saturée par le
fer, et celui-ci peut être transporté par
d'autres protéines comme l'albumine ou la
lactoferrine.
1.5. Transport du fer dans le plasma
80 % du fer transporté par la transferrine sont
transférés aux érythroblastes de la moelle
osseuse pour la fabrication des hématies.
Les cellules érythroïdes captent le fer de la
transferrine par l'intermédiaire de récepteurs
appelés récepteurs de la transferrine (RTf).
1.5. Transport du fer dans le plasma
Ces RTf membranaires érythroblastiques
donnent naissance à une forme tronquée
capable de passer dans le plasma où l'on
peut la mesurer et que l'on appelle: le
récepteur soluble de la transferrine (RsTf).
Il existe une bonne corrélation entre
l'activité proliférative de la moelle et le
taux sérique des RsTf.
Apport de Fer via la Transferrine aux erythroblastes
médullaires
1-complexe Tf-Fe +++ circulant
2- captation de ce complexe par le
1
récepteur à la transferrine TfR
3- internalisation dans un
endosome 2
4- acidification de l’endosome (entrée
d’H+ induite par une ATPase)
7
5- réduction en Fe++ par la ferriréductase,
libération et sortie du Fer++ (DMT1) 6
5
6- transfert mitochondrial
(transporteurtransmemb = mitoferrine) pour 3
incorporation dans l’hème grâce à
l’hème synthétase
7- retour de l’endosome à la
membrane plasmique et libération 4
de l’Apo-Tf
1.5. Transport du fer dans le plasma
Une toute petite quantité de fer du plasma normal
n'est pas lié à la transferrine.
Le fer y circule :
- soit lié à des petites molécules comme le citrate ou
l'acétate
- soit incorpore dans la ferritine plasmatique ;
- soit fixé sur l'haptoglobine s'il est au sein de
l'hémoglobine non globulaire (hémolyse) ;
- soit fixé sur l'hémopexine s'il est au sein de l'hème.
1.6. Réserves en fer de l'organisme
Elles représentent à peu près 35 % du fer total
sous deux formes de stockage,
Ces deux types de réserves se trouvent surtout
au niveau du foie, de la rate et de la moelle
osseuse.
La ferritine représente la forme de stockage
rapidement disponible, alors que dans
l'hémosidérine le fer est plus difficilement
mobilisable.
1.7.Régulation du métabolisme du fer
Cette régulation intervient dans
l'approvisionnement de la cellule en fer
mais aussi dans la protection de celle ci
contre une surcharge potentiellement
toxique de ce métal.
1.7.Régulation du métabolisme du fer
C'est le stock de fer lui même de la cellule qui
régule ces deux versants du métabolisme du fer
par l'intermédiaire d'une protéine cellulaire
appelée IRP (Iron regulatory protein).
Celle ci en cas de stock cellulaire bas :
- empêche la synthèse des sous unités
d'apoferritine
- et permet la synthèse des RTf de la cellule.
Régulation de l’homéostasie du Fer : les
acteurs
Ce sont des facteurs humoraux ou membranaires :
Système IRE/IRP
Transferrine
DMT1
Ferroportine
Héphaestine/
Céruloplasmine Hepcidine
Récepteur à la transferrine
HFE-B2m
Mais restent des questions en suspens……..
II- Exploration du métabolisme du fer
• 2.1. Dosage du fer sérique : sidérémie
A l'état normal ce dosage correspond à la
détermination :
- du fer lié à la transferrine (pour plus de 95 %) ;
- du fer non lié à la transferrine (pour moins de 5 %)
Les valeurs habituelles de référence sont de 12 à 30
micromoles/l.
La sidérémie est sujette à des variations
nycthémérales importantes avec un maximum vers
midi et un minimum vers minuit.
.
II- Exploration du métabolisme du fer
2.2. Capacité totale de fixation de la
transferrine (CTF)
Cet examen consiste à mesurer la quantité
maximale de fer que la transferrine peut
transporter.
Valeurs de référence: 45 à 65 micromoles par
litre/
II- Exploration du métabolisme du fer
2.3. Capacité latente de fixation (CLF)
C'est un calcul qui permet de connaître la
quantité de fer que la transferrine est
capable de transporter en sus de la
sidérémie.
Il correspond à la différence suivante :
CLF = CTF - fer sérique
II- Exploration du métabolisme du fer
2.4. Coefficient de saturation de la
transferrine (CS)
CS= Fer sérique/CTF x 100
Valeurs de référence : de 25 à 35 %
II- Exploration du métabolisme du fer
2.5. Dosage de la transferrine
L'intérêt est double :
- apprécier la capacité de synthèse du foie, en
rapport avec les réserves de fer de l'organisme,
- calculer d'une façon plus correcte la capacité
totale de fixation et le coefficient de
saturation.
Valeurs de référence : de 2 à 4 g/l
II- Exploration du métabolisme du fer
2.6. Dosage de la ferritine plasmatique ou ferritinémie;
La ferritinémie doit être interprétée en fonction de l'âge et
du sexe.
C’est actuellement le meilleur marqueur des carences
martiales.
L'homme présente une ferritinémie plus élevée que la
femme.
En moyenne on peut donner les valeurs de référence
suivantes :
-Homme : 50 à 350µg/l |J/l
-Femme : 30 à 120µg/l
II- Exploration du métabolisme du fer
2.7. Dosage des récepteurs solubles de la
transferrine (RsTf)
- Ce récepteur capte la transferrine transportant le
fer et permet son internalisation cellulaire.
- Le nombre de RTf membranaires est régulé par
la concentration intracellulaire en fer.
-Il existe une bonne corrélation entre l’activité
il
proliférative de la moelle et la concentration
sérique de RsTf.
III. Variations pathologiques
[Link] martiales
Phénomène fréquent qui touche plusieurs centaines
de millions d'êtres humains dans le monde.
Etiologies
Saignements chroniques
-Chez l'homme et la femme ménopausée on doit
rechercher en priorité une perte digestive.
-Chez la femme en période d'activité génitale on
recherchera d'abord une perte génitale.
III. Variations pathologiques
Utilisation intensive du fer
- femme au cours du dernier trimestre de la
grossesse ou ayant présenté des grossesses
répétées.
- Au cours de la première année de la vie
pendant que les réserves sont faibles et
l'alimentation lactée pauvre en fer.
III. Variations pathologiques
- Don du sang régulier. Des dons répétés
(supérieurs à trois par an) peuvent petit à
petit épuiser les réserves d'un organisme.
- Hémodialysés. Certains insuffisants rénaux
peuvent développer une carence martiale
(pertes au moment des dialyses, examens
biologiques fréquents...)
III. Variations pathologiques
Biologie
La carence s'installe progressivement et passe
par trois phases :
- carence latente ;
- carence installée ;
- anémie.
Le terme ultime de la carence est en effet une
anémie microcytaire hypochrome
III. Variations pathologiques
• Anémie : Diminution de la quantité
d'hémoglobine circulante.
• Microcytaire :Les GR ont un volume
globulaire moyen (VGM) inférieur à la
normale
• Hypochrome : La teneur globulaire moyenne
en Hb (TGMH) est inférieure à la normale.
III. Variations pathologiques
Cas particulier des « anémies inflammatoires »
Fréquemment chez des sujets présentant un
syndrome infectieux sévère, un syndrome
inflammatoire ou une néoplasie, une anémie se
développe.
• Celle-ci est au début normochrome
normocytaire mais évolue bientôt vers une
anémie hypochrome microcytaire faisant
intervenir une carence martiale.
III. Variations pathologiques
3.2. Surcharges en fer
II convient de distinguer:
- l'hémochromatose génétique
- les surcharges tissulaires secondaires.
III. Variations pathologiques
Hémochromatose génétique
-C'est une maladie héréditaire transmise
sur le mode récessif.
-Qui se traduit par une surcharge en fer
due à une augmentation de l'absorption
sans lien avec les besoins de l'organisme.
III. Variations pathologiques
Clinique
Le tableau clinique complet associe :
- un dépôt de fer dans la peau entraînant
une mélanodermie (aspect bronzé de la
peau), et sur les muqueuses, en particulier
dans la bouche
- une hépatomégalie (augmentation du
volume du foie) qui peut être très
importante.
III. Variations pathologiques
- L'évolution se fait vers la cirrhose par
sidéronécrose d'où le nom donné à cette
maladie de « cirrhose bronzée »
- des troubles du métabolisme des glucides
avec diabète (atteinte du pancréas et du
foie) ;
III. Variations pathologiques
- des signes endocriniens dominés par une
insuffisance gonadique d'origine
hypophysaire ;
- des manifestations cardiaques avec des
troubles du rythme et parfois une
insuffisance cardiaque ;
-des manifestations osseuses et articulaires
(déminéralisation, ostéophytose
III. Variations pathologiques
Biologie
Le fer s'accumule d'abord beaucoup plus dans le
foie que dans les macrophages du SRH ce qui
permet d'expliquer le tableau biologique :
- le fer sérique est très augmenté ;
- le CS de la transferrine est très élevé ;
- la transferrine est diminuée ;
- la ferritine plasmatique n'est augmentée que
dans les stades évolués de la maladie,
III. Variations pathologiques
Génétique
-Depuis 1996 on dispose d'un test
génétique direct permettant, à partir d'un
prélèvement sanguin, d'établir le
diagnostic d'hémochromatose génétique.
III. Variations pathologiques
-Il consiste en la recherche de la mutation
C282Y portée par le gène HFE situé sur le
chromosome 6 (remplacement de la
cystéine 282 par une tyrosine).
- Si C282Y est retrouvé à l'état homozygote, le
diagnostic d'hémochromatose génétique est
porté.
III. Variations pathologiques
Surcharges secondaires enfer
Ces surcharges peuvent être secondaires à
certaines anémies, à une insuffisance
rénale, à une maladie métabolique, à une
maladie hépatique.
III. Variations pathologiques(fin).
Elles peuvent entraîner une surcharge en fer par
deux mécanismes :
- des transfusions qui tentent de corriger
l'anémie ;
- un avortement de la maturation des GR et
leur destruction précoce qui sont responsables
d'une érythropoïèse accrue mais inefficace,
laquelle entraîne une augmentation de
l'absorption du fer.
Merci pour votre attention