L’Espagne
après Franco:
« la movida »
Jamón Jamón de
J.J. Bigas Luna
Franquismo (1959-1975)
“dictablanda” y “aperturismo”
Fin de l’autarcie économique: libéralisation de
l’économie sous les indications de la Banque Mondiale
et le FMI
1961-1973 : grand développement économique : le
tourisme accroît; les investissements de l’étranger
augmentent; l’émigration soulage les différences
sociales
Modernisation de l’agriculture: migrations massives de la
campagne vers la ville
La population urbaine augmente: baisse du taux de
mortalité et hausse du taux de natalité (modernisation du
système de santé);
Le déficit de logement provoque un boom immobilier
L’ouverture à l’Europe (tourisme, investissements,
culture) commence à changer les mœurs; le début de la
société de consommation
Politique: transition vers la
démocratie
20 novembre 1975: Franco meurt
Juan Carlos de Bourbon devient Roi et chef d’état,
selon les vœux de Franco
Avec Adolfo Suárez, nommé président du
gouvernement, JCB commence à ouvrir l’Espagne à
la démocratie
Les organismes franquistes sont dissolus:
les Cortès franquistes, par référendum
le Tribunal de l’Ordre Publique, appareil de répression
franquiste
le Movimiento Nacional, ancien parti unique, dont le même
Suárez est le dirigeant (il formera un nouveau parti, le UCD,
Unión de Centro Democrático)
la censure est abrogée
Retour des institutions démocratiques
1976-1977: le PSOE organise sa première assemblée
depuis la guerre civile; le PCE est légalisé; les syndicats
sont légalisés (1979: le PSOE accepte l’économie du
marché et renonce à son orientation traditionnellement
marxiste)
1976-1977: retour des républicains exilés; une amnistie
est déclarée pour les prisonniers politiques
Juin 1977: premières élections depuis 1936: sort
gagnant le UCD, suivi par le PSOE, le PCE
La constitution de 1978
La Constitution est approuvée par référendum le 6
décembre 1978
La Generalitat de Catalunya est rétablie, et
l’autonomie du Pays Basque (Euskadi) est reconnue
L’Espagne est aujourd’hui une monarchie
constitutionnelle et démocratique (comme le Canada)
Les années 80…
Tentative de putsch en 1981; JCB renvoie les soldats à
leurs casernes; les républicains l’appuient
1981: l’Espagne adhère à l’OTAN
1982: le PSOE arrive au pouvoir, la transition vers la
démocratie est achevée
Déception avec la PSOE: «Contra Franco estábamos
mejor» (« Nous étions mieux contre Franco »)
1986: l’Espagne s’intègre à la Communauté
économique européenne
Modernisation et accroissement:
Une inondation de touristes (l’Espagne est actuellement le 2ème pays au
monde en tourisme, après la France);
Des énormes investissements de l’étranger: présence de produits de
consommation étrangers
La « société du spectacle » arrive à l’Espagne…
Culture: « La movida
madrileña »
Contreculture, « cultura alternativa »; underground;
culture jeunesse
La Sala Rock-Ola : «templo de la movida»
Groupes de musique rock, punk, et alternative (post-
punk, gothique, deathrock,etc.), nacionales: Radio
futuro, Gabinete Caligari, Parálisis permanente; e
internacionales: Iggy Pop, New Order, Nick Cave,
Siouxsie and the Banshees, Depeche Mode
Un nouveau cinéma, un théâtre avant-garde, une
scène artistique fréquentée par les plus célèbres,
dont : Pedro Almodóvar, Fernando Trueba, Carmen
Maura…
« El
destape »
Septembre 1976, la « Revista
Interviu » défie la censure
Sur la page couverture, une
femme au seins-nus
C’est Marisol, la fille-prodige du
cinéma espagnol, qui a joué
dans « Le pouvoir du désir » de
Juan Antonio Bardem (oncle de
Javier Bardem)
Fidel Castro sera présent à son
mariage
Sorties et importation d’autres
magazines « érotiques » : El
Papus, Papillon, Lil, Fotogramas
Culture et identité
La vitesse après la lenteur (comme dans le
film de Carlos Saura: Deprisa, deprisa, 1981)
La perte de mémoire… les personnages
amnésiques dans les films de Julio Medem,
Pedro Almodóvar, Bigas Luna
Consommation: perte de profondeur,
concentration sur les surfaces
Jamón Jamón : recyclage des grands
emblèmes de l’identité
– Franco, un caudillo « con dos cojones »
– La famille
– La tauromachie
– Le jambon (eh oui, le jambon)
– L’histoire glorieuse de l’Espagne
L’identité devenue « spectacle »…
Jamón, jamón
et la société du spectacle
‘Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les
conditions modernes de production s’annonce
comme une immense accumulation de spectacles.
Tout ce qui était directement vécu s’est éloigné dans
une représentation’ (Debord, thèse 1)
‘Le spectacle n’est pas un ensemble d’images, mais
un rapport social entre des personnes, médiatisé par
des images’ (thèse 4)
‘L’aliénation du spectateur au profit de l’objet
contemplé s’exprime ainsi: plus il accepte à se
reconnaître dans les images dominantes du besoin,
moins il comprend sa propre existence et son propre
désir’ (thèse 30)
Jamón, jamón: et la famille… ?
A. Silvia (« La hija de puta », Penelope Cruz)
– B. Sa mère (« La puta madre », Anna Galiena)
– (et son père, chauffeur de camion, toujours absent)
C. José Luis (« El niñato », Jordi Molla)
– D. La mère (« La madre puta », Stefania Sandrelli)
– E. Le père (« El padre », Juan Diego)
F. Raúl (« El chorizo », Javier Bardem)
La confusion des générations; la famille
incestueuse; la famille cannibalisée; bref: la fin
de la famille modèle du franquisme, tel que
vue dans L’esprit de la ruche
Goya (« Duelo » de la Quinta
del sordo, 1820-1823)