LE JUGEMENT D’OUVERTURE ET
SES EFFETS
Distinction de l’homme et de l’entreprise
dans le traitement des difficultés.
Cette distinction se traduit par la coexistence
de deux types de mesures:
D’une part les mesures patrimoniales que
sont la liquidation des biens et le
redressement judiciaire qui dépendent de la
situation économique et financière de
l’entreprise;
D’autre part les sanctions qui dépendent du
comportement du débiteur ou des dirigeants
sociaux.
LE JUGEMENT D’OUVERTURE
ET SES EFFETS
Il faut un jugement d’ouverture;
Cette décision produit des effets
considérables.
Elle constitue le point de départ
d’une nouvelle situation.
Elle est soumise à des conditions
très rigoureuses.
I Conditions
Elles sont de deux ordres:
Conditions de fond ;
Conditions de forme.
1.1 Les règles de fond
Il est possible de faire un parallèle
avec le règlement préventif; il y a
des règles liées à la qualité du
débiteur et des règles liées à la
situation économique et
financière.
1.1.1 Règles liées à la
qualité du débiteur
Il faut distinguer selon qu’il s’agit de personne
physique ou de personne morale.
Pour les personnes physiques, la procédure a
conservé son caractère d’institution professionnelle; la
qualité de commerçant doit être constatée.
Dérogations:
-Commerçant ayant cessé toute activité commerciale;
-Commerçant décédé.
1.1.1 Règles liées à la
qualité du débiteur
Pour les groupements de
personnes, la procédure présente
deux particularités:
D’une part en ce qui concerne
son domaine; toutes les
personnes morales de droit privé
sont concernées, de même que
les entreprises publiques ayant la
forme d’une personne morale de
droit privé;
1.1.1 Règles liées à la
qualité du débiteur
D’autre part, en ce qui concerne
les effets: si la procédure est
ouverte contre une personne
morale, elle peut rejaillir sur
d’autres personnes, notamment
les membres et les dirigeants.
1.1.1 Règles liées à la
qualité du débiteur
Pour les membres indéfiniment et
solidairement responsables des
dettes: ouverture d’une
procédure collective.
Pour les dirigeants:
-comblement du passif;
-extension de la procédure.
1.1.2 Les règles liées à la
situation économique et
financière
La situation économique et
financière est prise en compte à
deux points de vue:
D’une pour constater l’état de
cessation des paiements;
D’autre part pour choisir entre le
RJ et la LB.
1.2 Les règles de
forme
Il n’y a plus de faillite de fait; il faut
donc un jugement d’ouverture.
On le désignait, avant la réforme,
sous la dénomination de jugement
déclaratif.
Il est rendu par le tribunal
compétent en matière commerciale
1.2.1 Le tribunal
compétent
Pas de bouleversement des règles
d’organisation judiciaire: renvoi à
la loi nationale.
Dans certains pays, c’est la
juridiction de droit commun.
Dans d’autres ( exemple Mali),
c’est une juridiction d’exception:
le tribunal du commerce.
1.2.1 Le tribunal
compétent
A signaler que ce tribunal peut
être amené à se prononcer sur le
cas d’une personne n’ayant pas la
qualité de commerçant;
Ex: personnes morales de droit
privé non commerçantes.
1.2.1 Le tribunal
compétent
Quelle décision le tribunal doit-il
rendre lorsque la procédure est
dirigée contre une personne
physique n’ayant pas la qualité
de commerçant?
Décision d’incompétence?
Décision sur le fond?
1.2.1 Le tribunal
compétent
Pour la Cour de cassation « La qualité
de commerçant constitue une condition
de fond de l’ouverture d’une procédure
collective à l’encontre d’une personne
physique et non un élément
déterminant de sa compétence
d’attribution » Com. 12 févr. 1985: B.IV
n° 59 ( décision rendue sous l’empire
de la loi de 1967)
1.2.1 Le tribunal
compétent
Dans un souci d’efficacité, constitution
d’un bloc de compétence autour du
tribunal.
Ainsi l’art. 3, al.2 étend la compétence du
tribunal à toutes les contestations nées
de la procédure collective, à celles sur
lesquelles la procédure exerce une
influence juridique ainsi qu’à celles
concernant la faillite personnelle et les
autres sanctions.
1.2.1 Le tribunal
compétent
Les contestations nées de la procédure
sont celles dans lesquelles le juge met en
œuvre une règle propre aux procédures
collectives; ex. contestations des
ordonnances du j.c.; les actions en
inopposabilité de la période suspecte, les
actions en comblement du passif, les
actions en responsabilité contre les tiers,
les actions en nullité ou en résolution du
concordat.
1.2.1 Le tribunal
compétent
Les contestations sur lesquelles la
procédure une influence juridique
sont celles qui auraient pu exister
sans elle, mais qui se seraient
présentées sous des formes
différentes.
1.2.1 Le tribunal
compétent
En plus de l’art. 3, al. 2, il y a des textes
spécifiques qui donnent compétence au
tribunal pour statuer sur des questions
particulières: articles 126, 139, 140,
170, 173, 178, 183, 184, 187, 189, 190.
Echappent cependant à sa compétence
les contestations qui sont
exclusivement attribuées aux
juridictions adm. pén. et soc.
1.2.1 Le tribunal
compétent
Dans ce bloc, il y a un partage de
compétence entre le tribunal et le
juge-commissaire investi de pouvoirs
juridictionnels propres.
Le juge commissaire peut:
Accorder des autorisations ( art.52,
149, 150);
Prendre des mesures de contrainte
( art. 52, dernier al.)
1.2.1 Le tribunal
compétent
Ordonner certaines mesures en
matière de répartition ( art. 164);
Arrêter l’état des créances;
En plus de ces textes spécifiques, il y
a des dispositions générales qui
donnent au juge-commissaire
compétence générale pour prendre les
actes juridictionnels nécessaires à
l’exécution de sa mission ( art. 40)
1.2.1 Le tribunal
compétent
Compte tenu de ces attributions
importantes qui lui sont dévolues,
le juge-commissaire peut-il être
considéré comme une simple
émanation du tribunal comme le
pensent certains auteurs ou
comme une véritable juridiction
comme le soutiennent d’autres?
1.2.1 Le tribunal
compétent
A signaler que la juridiction
territorialement compétente n’est
pas, comme en droit commun, le
tribunal du domicile du défendeur,
mais le tribunal dans le ressort
duquel le débiteur a son principal
établissement ( personne physique)
ou son siège (personne morale).
1.2.2 La saisine du
tribunal
Trois modes de saisine:
D’abord, saisine par assignation
des créanciers;
Ensuite saisine par déclaration du
débiteur;
Enfin saisine d’office.
1.2.3 Le prononcé du
jugement
Le tribunal statue à la première
audience utile pour rendre le
jugement
Contenu du jugement: choix entre RJ
et LB, fixation de la date de la
cessation des paiements, nomination
des organes de la procédure ( juge-
commissaire et syndic).
Exécution : le jugement est
exécutoire par provision.
II Les suites de la
décision d’ouverture
Le jugement produit des effets
sur la situation de plusieurs
personnes:
Le débiteur;
Les créanciers;
Les titulaires de droit réel;
Le conjoint.
2.1 Le débiteur
Il y a des effets dans le passé;
c’est le problème des
inopposabilités de la période
suspecte;
Il y a aussi les effets pour l’avenir;
les prérogatives du débiteur sur
ses biens sont restreintes.
2.1.1 les
inopposabilités de la
période suspecte
L’Acte uniforme a prévu deux cas
d’inopposabilité:
D’une part les inopposabilités de
droit(actes à titre gratuit, contrats
commutatifs déséquilibrés, paiement
pour dettes non échues, paiement de
dettes échues par un procédé
anormal, constitution de sûretés pour
dettes antérieures, inscription
provisoire d’hypothèque ou de
nantissement judiciaires
conservatoires)
2.1.1 les
inopposabilités de la
période suspecte
D’autre part des inopposabilités
facultatives (acte à titre gratuit
accompli dans les 6 mois qui
précèdent la cessation des
paiements, inscription de sûretés
pour dettes concomitantes, acte à
titre onéreux, paiement de dettes
échues si l’accipiens a eu
connaissance de l’état de
cessation des paiements)
2.1.1 les
inopposabilités de la
période suspecte
Pour la mise en œuvre, c’est le
syndic qui est habilité à saisir le
tribunal;
Les effets dépendent du type
d’acte; on distingue selon que
l’acte déclaré inopposable est un
acte à titre gratuit, une sûreté, un
paiement, un contrat commutatif
ou un acte à titre onéreux.
2.1.2 Les atteintes aux
prérogatives du
débiteur
Le débiteur en LB est sous le
régime du dessaisissement; il est
représenté par le syndic pour les
actes d’administration et de
disposition.
Le débiteur en RJ est sous le
régime de l’assistance.
2.2 Les créanciers
.Les créanciers sont soumis à
deux types de règles:
Des règles communes
Des règles propres
2.2.1 Sort commun des
créanciers
C’est d’abord la constitution de la
masse.
C’est par ailleurs la modification des
droits individuels; cette modification se
présente sous 3 formes:
En premier lieu, la suspension des
poursuites individuelles;
En deuxième lieu, la déchéance du
terme(en cas de LB);
En troisième lieu, l’arrêt du cours des
intérêts.
2.2.2 Sort particulier
de certains créanciers
Les créanciers ayant plusieurs
coobligés ayant tous cessé leurs
paiements;
Les créanciers munis de sûretés
réelles tels que les créanciers
ayant un privilège (salariés,
Trésor etc.) ,les créanciers nantis,
gagistes ou hypothécaires.
2.3 Les titulaires de
droit réel
Certaines personnes se prétendent
titulaires de droit réel sur un bien
détenu par le débiteur; elles sont
parfois admises à exercer une
action en revendication;
Il y a par ex., les propriétaires de
marchandises consignées.
Il y a aussi le vendeur de meubles.
2.4 Le conjoint
Il y a un risque de fraude lorsque
le débiteur est marié.
Remèdes prévus: articles 99 et
100 sur les reprises et les
avantages matrimoniaux
La gestion de la
procédure
Deux types d’actes sont prévus;
certains se rapportent au passif;
d’autres concernent l’actif.
I Les opérations
relatives au passif
Il faut connaître et vérifier le
passif du débiteur; d’où les deux
opérations suivantes:
La production des créances;
La vérification des créances.
1.1 La production des
créances
Tous les créanciers sont tenus de produire;
même les titulaires de droit réel qui veulent
exercer l’action en revendication.
Modalités: remise d’une déclaration indiquant le
montant de la créance due au jour du jugement,
les sommes à échoir et les dates d’échéance.
Particularité des créances du Trésor, de la
Douane et des organismes de prévoyance
sociale: la production se fait toujours sous
réserve des créances non encore établies, des
redressements ou rappels individuels; ces
créances sont admises par provision si elles
résultent d’une taxation d’office ou d’un
redressement même contesté (art. 81).
1.1 La production des
créances
Le défaut de production entraîne
la forclusion; donc l’exclusion des
dividendes et répartitions.
Il est possible cependant
d’obtenir un relevé de forclusion.
NB il convient de signaler que le
débiteur ou le syndic doit prendre
certaines initiatives pour la
détermination es créances
fiscales ou douanières(v.art 65)
1.2 la vérification des
créances
Trois organes interviennent à ce stade:
D’abord, le syndic qui fait le travail
préparatoire et qui fait des
propositions d’admission ou de rejet;
Ensuite le juge-commissaire qui arrête
l’état des créances; il indique le
montant de l’admission, le caractère
provisoire ou définitif, le caractère
privilégié ou chirographaire.
1.2 la vérification des
créances
Enfin, le tribunal qui tranche les
contestations.
-Saisine: revendiquant ; créancier
porté au bilan; créancier dont la
sûreté est régulièrement publiée;
créancier ayant régulièrement
produit; débiteur.
1.2 la vérification des
créances
-Décision: lorsque l’opposition est
formée deux cas de figure:
-contestation de la compétence
du tribunal renvoi à la
première audience, avec
possibilité d’admission de la
créance à titre provisoire;
1.2 la vérification des
créances
Contestation de la compétence
d’une autre juridiction
décision d’incompétence avec
admission provisoire de la
créance; information de
l’intéressé qui a un mois pour
saisir la juridiction compétente à
peine de forclusion.
II les opérations
relatives à l’actif
Il faut prendre des mesures
conservatoires.
Il faut aussi prendre des mesures
d’administration de l’actif.
2.1 Les mesures
conservatoires
Il y a deux types de mesures de
cette nature:
D’une part, les mesures destinées à
fixer la consistance de l’actif (remise
des livres et de la correspondance,
apposition des scellés, inventaire);
D’autre part, les mesures destinées
à conserver les droits du débiteur ou
des créanciers.
2.1 Les mesures
conservatoires
Accomplissement des actes
nécessaires à la conservation des
droits du débiteur.
Octroi de secours au débiteur.
Incessibilité des droits sociaux
des dirigeants ( à compter du
jugement cession subordonnée à
l’aut. du J.C.).
2.1 Les mesures
conservatoires
Pour ceux qui se sont immiscés
dans la gestion, l’incessibilité
résulte d’une décision du tribunal.
Dépôt des titres des dirigeants
sociaux entre les mains du
syndic.
2.2 Les mesures
d’administration de
l’actif
1- Il faut gérer les contrats en cours; à ce propos
1- Il faut gérer les contrats en cours; à ce propos
l’Acte uniforme pose le principe selon lequel
l’ouverture de la procédure n’entraîne pas de plein
droit la résolution des contrats en cours, sauf dans les
cas prévus par la loi nationale des États parties et
dans les contrats conclus intuitu personæ.
2- Il faut aussi régler le problème de la continuation de
l’activité.
En cas de redressement judiciaire, il y a continuation
de plein droit sauf décision contraire du juge
commissaire.
En cas de liquidation des biens, il faut une décision du
tribunal.
En cas de continuation, celle-ci peut être directe; elle
peut aussi prendre la forme d’une location-gérance.
1.4 Le dénouement de
la procédure
La procédure peut se terminer
par le redressement.
Elle peut se terminer aussi par la
disparition.
1.4.1 Le redressement
Il peut y avoir redressement par
le vote du concordat.
Il peut y avoir redressement
parce que toutes les dettes sont
payées: clôture pour extinction du
passif.
1.4.1.1 le vote du
concordat
1- le concordat est une convention passée entre le débiteur et les
créanciers sous le contrôle de la justice et permettant d’obtenir des
remises et des délais.
2-La procédure comporte 3 phases:
Le dépôt des offres concordataires; celles-ci sont communiquées aux
créanciers munis de sûretés réelles, lesquels sont informés qu’ils doivent
faire savoir s’ils acceptent les propositions du débiteur ou s’ils acceptent
des remises ou des délais différents et lesquels;
Le vote dans le cadre de l’assemblée concordataire; le concordat est
adopté s’il est voté par une majorité des créanciers détenant au moins la
moitié des créances;
L’homologation du concordat par le tribunal.
3- en cas d’homologation, le concordat devient obligatoire pour tous les
créanciers antérieurs; il n’est pas cependant opposable aux créanciers
munis de sûretés réelles qui ont fait la déclaration de l’article 120 AU/PC.
Lorsque le jugement d’homologation passe en force de chose jugée, le
débiteur retrouve la libre administration et la libre disposition de ses
biens.
4- Le concordat peut être annulé; tout comme il peut faire l’objet d’une
résolution
1.4.1.2 La clôture pour
extinction du passif
Elle intervient lorsque le débiteur paie
toutes ses dettes ou consigne les
sommes nécessaires.
Elle ne peut intervenir qu’après
l’arrêté de l’état des créances.
Elle entraîne la réhabilitation du
débiteur, la dissolution de la masse et
la restauration des prérogatives du
débiteur.
1.4.2 La disparition de
l’entreprise
Elle se produit en cas d’union.
Elle se produit également en cas
de clôture pour insuffisance
d’actif.
1.4.2.1 L’union
1-En cas de liquidation des biens , les
créanciers sont automatiquement en
état d’union.
2-Il est procédé à la réalisation de
l’actif et au règlement du passif.
La réalisation peut concerner des
biens isolés; dans ce cas, le syndic
procède seul à la vente des
marchandises et des meubles ainsi
qu’au recouvrement des créances.
L’union
Les deniers provenant des ventes
et recouvrement sont déposés
dans un compte ouvert dans un
établissement bancaire ou postal
ou au trésor après déduction
d’une déduction d’une somme
arbitrée par le JC pour les dépens
et frais.
L’union
Pour les immeubles, il est procédé à
la vente selon les règles de la saisie
immobilière .
Toutefois le JC peut autoriser la vente
sur adjudication amiable sur la mise à
prix qu’il fixe ou la vente de gré à gré
aux prix et conditions qu’il détermine.
il faut cependant ,pour une
adjudication amiable, tenir compte de
la consistance des biens, de leur
situation et des offres reçues.
L’union
La réalisation de l’actif peut prendre
la forme d’une cession globale.
La décision est prise par le syndic
qui suscite des offres et fixe des
délais pour leur dépôt.
Les offres sont déposées au greffe .
Le syndic consulte le débiteur et les
contrôleurs s’il y en a.
L’union
Il choisit l’offre qui lui paraît la plus
sérieuse et la soumet au J C seul
habilité à ordonner la cession.
Le J C affecte une quote-part du prix
à chaque bien pour permettre la
répartition du prix et l’exercice des
droits de préférence.
L’union
Après la réalisation de l’actif, il
faut procéder au règlement du
passif.
C’est le J C qui ordonne s’il y a
lieu la répartition et fixe la quotité
en veillant à ce que tous soient
avertis.
La répartition implique plusieurs
opérations.
L’union
Il est d’abord procédé à la distraction
des frais.
Ensuite le reliquat est distribué aux
créanciers dont la créance est vérifiée
et admise.
La part correspondant aux créances
sur l’admission des quelles il n’a pas
encore été définitivement statué est
mise en réserve.
Le syndic adresse à chaque créancier
un chèque tiré sur le compte ouvert.
L’union
A la fin des opérations, le syndic
rend ses comptes; ensuite le
juge-commissaire constate par p-
v la fin des opérations; enfin le
tribunal rend un jugement de
clôture .
Avec la décision de clôture,
l’union est dissoute et les
créanciers peuvent reprendre leur
droit de poursuite individuelle.
L’union
Ils peuvent réclamer au débiteur
la différence entre le montant de
leurs créances et les dividendes
perçus et saisir les biens
nouveaux.
Pour cela, ils peuvent se faire
délivrer par le tribunal un titre
exécutoire.
1.4.2.2 La clôture pour
insuffisance d’actif
C’est une solution provisoire qui
intervient lorsque les fonds
manquent à un point tel qu’il ne
soit pas possible de commencer
ou de terminer les opérations.
Le jugement peut être rapporté;
dans ce cas, la procédure reprend
au stade où elle s’était arrêtée.
2 les sanctions
Pas de sanction attachée
automatiquement à l’ouverture de la
procédure.
Pas d’absolution non plus parce que le
tribunal a prononcé le redressement
judiciaire.
Mais en cas de faute, le débiteur
encourt des sanctions qui peuvent être
civiles et/ou pénales.
2.1 La sanction civile
C’est la faillite personnelle qui ne peut
être prononcée que contre des
personnes physiques: commerçants
personnes physiques, dirigeants de
personnes morales assujetties aux
procédures collectives et personnes
physiques ayant le statut de
représentant permanent de personnes
morales dirigeant d’autres personnes
morales.
2.1.1Cas de faillite
personnelle
Il y a les cas de faillite
personnelle obligatoire (art. 196).
Il y a également les cas de faillite
personnelle facultative.
2.1.2 Les effets de la
faillite personnelle
Il y a les effets communs à toutes
les faillites personnelles; ce sont les
déchéances.
Il y a aussi un effet propre à la
faillite personnelle prononcée
contre un dirigeant; c’est la
privation du droit de vote dans les
assemblées de la personne morale.
2.1.3 La réhabilitation
Le failli qui se comporte bien peut
et même doit dans certains cas
être déchargé de ses déchéances
et rétabli dans ses droits. C’est la
réhabilitation.
La réhabilitation est de plein droit
dans certains cas.
Elle est facultative dans d’autres.
2.2 Les sanctions
pénales
L’acte uniforme a prévu des
incriminations et une procédure
spécifique.
2.2.1 Les
incriminations
1 Certaines concernent le débiteur et les dirigeants
sociaux; ce sont les banqueroutes et délits assimilés.
2- D’autres concernent les tiers;il y a dans cette
catégorie:
Les délits de recel et de dissimulation;
Les infractions qui ne peuvent être commises que
par les proches;
Les infractions qui ne peuvent être commises que
par le syndic;
Les infractions qui ne peuvent être commises que
par les créanciers;
NB L’Acte uniforme fixe les incriminations,
mais ne détermine pas les sanctions qu’il
renvoie à la loi nationale.
2.2.2 La procédure
La procédure présente quelques particularités.
Ainsi même en cas de relaxe, le tribunal peut prononcer des
dommages et intérêts et ordonner la réintégration (infractions de
recel ou de dissimulation ou infractions commises par les proches).
Le tribunal peut annuler des actes (infractions commises par les
créanciers).
Pour les poursuites, l’initiative appartient au ministère public, au
syndic et aux créanciers.
Pour les poursuites intentées par le ministère public, les frais sont
supportés par le Trésor en cas de relaxe et par le débiteur en cas
de condamnation, mais c’est le Trésor qui en fait l’avance sans
pouvoir poursuivre le recouvrement avant la clôture des
opérations.
Pour les poursuites du syndic, en cas de relaxe c’est la masse et en
cas de condamnation, le Trésor qui pourra exercer un recours
contre le débiteur.
Pour les poursuites déclenchées par les créanciers, en cas de
relaxe ils supportent eux-mêmes et en cas de condamnation, c’est
le Trésor qui pourra se retourner contre le débiteur.