Cercosporiose ou Sigatoka
Définition
Maladie cryptogamique du
bananier et d'autres plantes
(arachide, betterave, persil,
céleri, carotte) se traduisant
par des taches sur les
feuilles.
Les cercosporioses du bananier ont
pour origine deux champignons
ascomycètes apparentés :
1. Mycosphaerella fijiensis Morelet,
agent de la maladie des raies noires
(MRN) ou cercosporiose noire.
2. M. musicola Leach ex Mulder,
agent de la maladie de Sigatoka
(MS) ou cercosporiose jaune.
La cercosporiose jaune
La cercosporiose noire
La cercosporiose noire (ou
sigatoka noir) est une maladie
foliaire du bananier causée par
le champignon ascomycète
Mycosphaerella fijiensis
(Morelet). Les plantes ayant
leurs feuilles endommagées par
la maladie peuvent avoir un
rendement atteignant 50 % en
moins de fruits.
SYMPTÔMES DES CERCOSPORIOSES
Elles attaquent les feuilles des
bananiers en entraînant leur
destruction totale en l’absence de
contrôle de la maladie et de lutte
ciblée au niveau de son stade de
développement. La destruction
des feuilles entraîne la
destruction du régime de banane,
ainsi que le mûrissement précoce
des bananes sur le plan.
Méthodes de lutte contre les cercosporioses
• Suppression des feuilles attaquées et
des débris contaminés (technique de
l’effeuillage)
• Utilisation des variétés résistantes
• Utilisation du matériel sain comme
les PIF (plants issus des fragments de
tige).
La cercosporiose noire dont l’agent
pathogène est Mycosphaerella
fijiensis Morelet.
La cercosporiose jaune due
à Mycosphaerella musicola
Biologie de l’agent pathogène
Le transport de ces champignons
est assuré par les eaux de pluies ou
par le vent. Le matériel végétal
infecté assure également le
transport des champignons. La
durée de cycle de la maladie peut
varier entre 3 et 6-7 semaines.
Conséquences
• La cercosporiose noire est plus
virulente que la cercosporiose
jaune. Les symptômes se
manifestent sur les feuilles à un
plus jeune âge et causent
davantage de dégâts au système
foliaire.
Les conséquences économiques et
environnementales sont plus
importantes : pertes de
rendement, diminution de la durée
de vie verte des fruits,
alourdissement des tâches
d’entretien (coupe feuille) et
protection phytosanitaire accrue.
Traitements
I- Méthodes culturales de lutte
Les bonnes pratiques agricoles,
préventives ou curatives, sont
indispensables pour réduire la
pression parasitaire. Les
traitements chimiques n’agissent
en effet que sur les jeunes stades
d’évolution.
IA- Pratiques préventives : limiter la
population de champignons
Coupez toutes les feuilles du pied-
mère lors de la récolte.
Réduisez l’humidité dans vos
parcelles, par une bonne gestion de
l’irrigation et du drainage et un
entretien des lisières, qui permettent
une bonne aération de la parcelle.
Détruisez rapidement les
parcelles mises en jachère afin
de ne pas créer de foyers
d’infestation.
Eliminez tous les bananiers
isolés pouvant se trouver en
bordure des parcelles, dans les
ravines, etc.
IB- Pratiques curatives : éliminer la
population de champignons
Lorsque seule la cercosporiose
jaune est présente, effectuez un
coupe-feuille régulier
(hebdomadaire) et ciblé sur les
parties nécrosées quand elles
représentent moins de 20% de la
surface de la feuille ; au-delà,
supprimez la feuille entière
Pour la cercosporiose noire, il faut
couper entièrement les feuilles
portant des nécroses, quel que soit le
taux d’infestation.
L'objectif est de maintenir 1 feuille
fonctionnelle, sans nécroses, par
main à la récolte avec un minimum
de 6 feuilles. En dessous, le risque de
maturation avancée du régime est
élevé.
II- Lutte chimique
Traitement aérien généralisé
sur avertissement
Traitement au sol avec
atomiseur
II A- Traitement aérien
généralisé sur avertissement
Un programme de traitement
aérien doit-être établi en
fonction de l’évolution de la
maladie, sous surveillance d’un
équipe de traitement généralisé
II B-Traitement au sol des ZITA
Le planteur est responsable
du traitement au sol sur ses
zones d'interdiction du
traitement aérien (ZITA)
Comment procéder?
1. récupérez les produits (fongicide
et/ou huile) auprès de la structure
de traitement généralisé et réalisez
les applications suivant le planning
indiqué par l’équipe technique de la
structure.
2. Effectuez le traitement lorsque la
température est < 28°C (tôt le matin
ou après 16h) pour éviter la dérive
du produit et les phénomènes de
phytotoxicité sur le bananier. Le
vent doit être inférieur à force 3
Beaufort (19km/h).
3)veillez à respecter les doses
(15l de bouillie/ha), les zones
de non traitement, les délais
de réentrée en parcelle et les
délais avant récolte.
II C- Traitement au sol avec
atomiseur
1. réalisez votre coupe-feuille pour
aérer la parcelle et pour que le
produit atteigne plus facilement
les feuilles du haut.
2. engainez vos régimes pour éviter
les traces de bouillie sur les
fruits.
3.attachez vos ficelles de
haubanage de manière à
faciliter le passage de
l’opérateur.
4.Utilisation d’un atomiseur à
dos.
II D- Traitement par canon
Le traitement peut être réalisé
avec un canon porté par un
tracteur, permettant de couvrir
une largeur de 15 à 20 mètres,
avec un passage dans les traces.