Université d’ABBES LAGHROUR
Faculté : Sciences de la Nature et de la vie
Département : des sciences agronomiques
Année universitaire : 2019/2020
MÉTHODOLOGIE
DE L’AMÉLIORATION DES
PLANTES
CHAPITRE 2. LES
STRATÉGIES DE
SÉLECTION ET DE
CRÉATION
VARIÉTALES
L’AMÉLIORATION DES
PLANTES
L’amélioration génétique des plantes, encore communément
appelée sélection végétale, est l’ensemble de la démarche
scientifique et technique qui permet de mettre à la disposition de
l’agriculture des variétés de plus en plus performantes. Elle
comporte en fait deux activités différentes mais étroitement
dépendantes l’une de l’autre et dont l’ensemble constitue la filière
du progrès génétique en production végétale :
Sélection créatrice Sélection conservatrice
Les deux composantes de l'amélioration des plantes
Sélection créatrice:
Créer du matériel génétique nouveau (génotype).
Choisir les meilleurs génotypes (variétés)
Méthodes classique (croisement classique) :
Exemple: les hybridations
Méthodes moderne (biotechnologie) :
Exemple : la culture in vitro
Sélection conservatrice:
Reproduire et amplifier les variétés
Multiplication sexuée ou asexuée des
parents
1. Sélection créatrice ou la création variétale
Pourquoi créer de nouvelles variétés ?
Les variétés ne sont jamais créées au hasard, mais pour répondre à
des besoins précis qui intéressent l'agriculteur, le transformateur
(brasseur, semoulier...) ou le consommateur.
Techniques classiques : Création de variétés par
croisements dirigés
Croisements Croisements
intraspécifiques interspécifiques
Croisements intraspécifiques
c’est le croisement entre deux individus de même espèce exp le téosinte
(Euchena mexicana) est l'ancêtre sauvage du maïs cultivé (Zeamays).
Techniques et méthodes croisement : cas des plantes autogames.
1.Emasculation(castration)
: Cette opération consiste à
la suppression des organes
mâles et l’épi (Anthères) à
croiser ; l’épi castré servira
de parent femelle. Dans les
opérations de croisements,
on a gardé la femelle car la
pluparts des gènes
d’adaptation aux milieux
se trouvent dans le
génome féminin.
Croisements intraspécifiques :
c’est le croisement entre deux individus de même espèce exp le téosinte
(Euchena mexicana) est l'ancêtre sauvage du maïs cultivé (Zeamays).
Techniques et méthodes croisement : cas des plantes autogames.
2. Pollinisation : Elle
consiste à ramener du
pollen d’un géniteur (épi
mâle) et à la secouer sur
l’épi castré pour le
féconder soit par
• dissémination d’une
quantité de GP
(gaspillage + utilisée) ;
• méthode de
l’éprouvette ;
• ou grain par grain.
Les méthodes croisement
Croisements simples : C’est un croisement effectué entre une variété ou lignée avancée avec une
autre variété ou lignée avancée avec une autre variété ou lignée avancée.
A X B Le choix des parents est déterminée en fonction des objectifs
que s’est assigné l’améliorateur.
F 1 (AB)
Croisements doubles : C’est un croisement effectué entre deux lignées de première génération.
A X B C X D
F1 X F1 ======> F1 (ABCD)
Les rétrocroisements : C’est un croisement effectué entre deux lignées, l’une de la première
génération et l’autre est l’un des parents.
AXB
F1 X A ou B
Croisements interspécifiques
c’est le croisement entre deux individus d’espèces différentes exp La tomate,
présentant une faible variabilité intraspécifique, est améliorée par géniteurs
interspécifiques, en particulier pour l'introduction des résistances aux
maladies.
Le gène Tm-2 de la résistance à la mosaïque du tabac et des gènes de
résistance aux insectes, ont été introduits chez la tomate cultivée
(Lycopersicum esculentum) à partir des espèces voisines; L. peruvianum et L.
hirsutum, respectivement.
Solanum peruvianum, la tomate du
Pérou, est une espèce de plante de la
famille des Solanaceae, originaire du
nord-ouest de l'Amérique du Sud.
C'est une sorte de tomate sauvage à
petits fruits verts.
Lors de croisements interspécifiques,
des barrières naturelles empêchent le
développement complet de
l'embryon. Pour remédier à cette
situation, on pratique après
fécondation un prélèvement précoce
des embryons pour les mettre en
culture sur un milieu artificiel nutritif
(culture in vitro). Cette technique de
culture in vitro = sauvetage
d'embryons interspécifiques.
L'hybride obtenu est souvent croisé
par le parent de l'espèce cultivée
(rétrocroisement) et sa descendance
est sélectionnée, pour fixer des
caractères nouveaux et intéressants,
tout en éliminant les caractères
indésirables issus de l'espèce
sauvage.
Méthodes moderne (biotechnologie)
1. Création de variétés par mutagenèse
2. Création de variétés par modifications somatiques
3. Création variétale par fusion de protoplastes
(hybridation somatique)
4. Création variétale par transgénèse
Principaux outils de la biotechnologie moderne
La culture de tissu;
La sélection assistée par
marqueurs (SAM)
Le génie génétique
Principaux outils de la biotechnologie moderne
Micro-propagation ou multiplication clonale
Culture de méristèmes
La culture d’anthères (androgenèse) ou la culture d’ovules
(gynogenèse)
Culture de protoplastes (hybridation somatique )
Principaux outils de la biotechnologie moderne
C’est l’introduction d'un gène
particulier d’un organisme dans un
autre, afin de donner à la plante ou à
l’animal la caractéristique ou le trait
souhaité. Il est, par exemple, possible
d'insérer des gènes d'un poisson
d'eaux froides dans une tomate pour ue
La sélection assistée par t iq
créer une plante résistante au gel, ou né
marqueurs (SAM) é
Sélection assistée par marqueur (SAM): est un outil de développement
g de
encore d'utiliser des gènes de bactérie
la reproduction qui utilise les informations génétiques niemoléculaires dans
pour produire du maïs ou du coton gé précis pendant la
la sélection., son principe de base est de cibler desegènes
tolérant
sélection.aux herbicides. Les résultats L
sont connus sous le nom
d’organismes vivants modifiés
(OVM), produits transgéniques ou
encore organismes génétiquement
modifiés (OGM).
Création de variétés par mutagenèse
1.Mutations géniques ou alléliques (qualitatives): sont les
mutations ponctuelles qui modifient les nucléotides de l'ADN d'un
gène.
2. Mutations chromosomiques (quantitatives):
La structure d'un chromosome : "délétion, duplication
ou la formation d'un iso chromosome, l'insertion,
l'inversion, translocation».
Mutation chromosomique: La structure d'un chromosome
Délétion Duplication Inversion
Translocation Insertion
Mutation chromosomique: Le nombre des chromosomes
"Aneuploidie et polyploidie"
•Polyploїde : Ce terme peut être appliqué à toute cellule qui a plus de
2n chromosomes Les niveaux de ploїdie, supérieurs à la tétraploїdie,
sont rares dans les populations naturelles. Mais de nombreux fruits et
plantes commerciaux sont polyploїdes, comme le froment qui est
hexaploїde (6n), certaines fraises sont octoploїdes (8n), etc.
Aneuploïdies = Anomalies chromosomiques de nombre →Toute
modification du type 2n+1 ou 2n-1 …ou plus 2n-2…. etc est anormale :
Création variétale par transgénèse
La transgénèse (obtention d'OGM) consiste à transférer vers une plante un
gène dont l'expression fait apparaitre un caractère déterminé.
Etape 1 : Identifier, isoler, intégrer et multiplier un gène d'intérêt
La première étape est l'identification d'un caractère que l'on veut introduire
dans la plante, comme par exemple des caractères de qualité nutritionnelle,
la résistance à certains insectes, à certaines maladies, à des herbicides, etc.
Le gène d'intérêt peut provenir de tout organisme vivant, plante, animal ou
bactérie. Il doit ensuite être isolé de l'organisme donneur.
Il est intégré dans une construction génétique associant souvent un gène
marqueur. Ce gène marqueur permet de sélectionner les cellules qui ont
intégré le gène d'intérêt. La construction est ensuite multipliée (clonée) afin
de disposer d'une quantité suffisante d'ADN pour son introduction dans les
cellules végétales que l'on veut transformer.
Etape 2 : Transférer le gène:
a- La transformation biologique (indirect): Cette technique utilise une
bactérie du sol, Agrobacterium, qui a la propriété de réaliser naturellement
la transformation génétique d'une plante, afin de la parasiter.
b- Le transfert direct: • soit une projection d'ADN dans les cellules de la
plante (biolistique),
• soit l'introduction d'ADN dans des protoplastes, par action d'un agent
chimique ou d'un champ électrique (électroporation).
Etape 3 : Régénérer et évaluer les plantes transformées:
Après sélection des cellules transformées, il faut régénérer les nouvelles
plantes transgéniques. Les cellules transformées se développent d'abord en
cals. Après quelques semaines, on observe le développement de pousses.
Elles sont alors placées dans un nouveau milieu de culture permettant le
développement des racines. Quand les racines sont suffisamment
développées, les plantules sont repiquées en pot et acclimatées en serre. Les
plantes régénérées sont ensuite analysées pour confirmer l'insertion de la
construction génétique dans leur génome. Des analyses moléculaires sont
conduites dans ce sens.
Etape 4 : Incorporer dans une variété commerciale:
Les plantes transformées obtenues sont soumises à des
croisements contrôlés (dirigé) pour étudier les modalités de
transmission du nouveau caractère à la descendance
2. Sélection conservatrice ou conservation des
ressources génétiques
La sélection conservatrice assure la valorisation de la sélection créatrice :
elle a pour objet la production de semences ou des plants qui
permettent aux utilisateurs de bénéficier des progrès génétiques
obtenus par les sélectionneurs. Il s’agit donc d’une activité agricole,
répétée chaque année pour chaque variété, pendant toute la durée de
sa carrière commerciale
Conservation in situ : elle implique le maintien des ressources dans
leurs habitats d'origine (conditions naturelles). Elles sont
conservées en tant que partie intégrante de l'écosystème où elles
continuent à s'adapter et évoluer. C'est une méthode de
conservation plus efficace et moins coûteuse. Les inconvénients de
la conservation in situ reste l'indisponibilité immédiate du matériel,
exposition aux aléas climatiques extrêmes, incendies...
Conservation ex situ : elle est recommandée pour les ressources
dont l'habitat est menacé. Le matériel, ainsi conservé, n'évolue pas
comme dans les conditions naturelles. Les avantages résident dans
un accès facile aux ressources ainsi que dans une meilleure
documentation et protection. Le matériel peut être conservé soit au
froid sous forme de semences ou de tissus in vitro soit au champ,
dans des réserves...
Principes de l’amélioration génétique
Critères de sélection des parents : La sélection de parents est très
essentielle dans la création de nouveaux cultivars qui rassembleraient
beaucoup de caractères désirables. Dans la sélection des parents, il
faut :
Un des parents ou les 2 (impliqués dans le croisement) doivent avoir
un niveau acceptable, pour les traits essentiels.
Un des parents doit être adapté
Les 2 parents doivent être complémentaires.
Procédures inadéquates pour la sélection de parents ou les
croisements pour l’amélioration des rendements :
Sélection basée sur plusieurs objectifs.
Utilisation d’un grand nombre de croisements avec des
parents choisis au hasard.
Utilisation d’un germoplasme exotique dans les hybridations.
L’évaluation de l’aptitude à la combinaison et l’analyse génétique
qui l’accompagne.
Utilisation de parents dont la performance est inconnue.
La sélection améliorante des
espèces autogames
Exemples de plantes autogames
Céréales : avoine, blé tendre, blé dur, orge, riz, sorgho
Légumineuses à graines : arachide, haricot, féverole, lentille, pois, soja,
vesce.
Espèces légumières : aubergine, laitue, poivron, tomate.
Espèces industrielles : colza, caféier arabica, coton, lin, tabac
Espèces fruitières : abricotier, pêcher.
Facteurs favorisant l'autofécondation
• Fleurs hermaphrodites (organes mâle et femelle dans la même
fleur)
• Contact ou proximité permanente ou temporaire des étamines
et stigmates
• Synchronisation dans le temps des floraisons mâles et femelles
• Absence de système d’auto-incompatibilité ou de stérilité mâle.
• La fécondation croisée est empêchée par la présence de fleurs
au moins partiellement fermées et peu attractives pour les
insectes (La fécondation peut avoir lieu avant même
• l'ouverture de la fleur (cléistogamie). Ces plantes sont dites
cléistogames.
Principes de Sélection
La Lignée Pure: Le modèle variétal prédominant chez les plants autogames
est la lignée pure. JOHANNSEN définit la LP comme étant la descendance par
autofécondation d’une plante autogame homozygote. Une lignée pure est
un groupe d’individus génétiquement identiques et entièrement
homozygotes.
Les propriétés des lignées pures sont :
Le* taux
L’homogénéité
d’allofécondation : est
Toussouvent
les
individus
non nul (5%sont identiques
blé, 30% sur les
colza) d’où une
plans dégénérescence
certaine morphologique de la variétéetà
terme si la multiplication des semences
physiologique.
n’est
* Lapasstabilité
faite par des
: Enprofessionnels)…
raison de leur
Inconvénient
homozygotie : base génétique
initiale et de de leurla
variété extrêmement étroite qui risque
reproduction par autofécondation,
de permettre la
les variétés lignées pures restent
sélection involontaire de races de
stables au agressives.
pathogène cours des générations.
Solution les
multilignées…
Méthodes de sélection des espèces autogames
A. Sélection dans des populations hétérogènes
1. Sélection massale
2. Sélection Généalogique
B. Sélection après hybridation
1. Sélection par la méthode Pédigrée (sélection généalogique)
2. Sélection par la méthode "Bulk"
3. Sélection par la méthode SSD ("Single-Seed-Descent")
C. Backcross
A. Sélection dans des populations hétérogènes
1. Sélection massale
1-Elle est la base de la domestication de plusieurs espèces végétales.
2-Il suffit de choisir les plantes phénotypiquement supérieures et identiques,
et de mélanger la semence pour former la sélection massale. Cette dernière
est alors semée en vrac.
3- La sélection moderne utilise la sélection massale pour maintenir les
caractéristiques des variétés établies.
Caractéristiques
- La sélection est basée sur le phénotype ;
- Les caractères à sélectionner doivent se prêter à l’identification visuelle ;
- L’efficacité dépend de la capacité du phénotype à refléter le génotype ;
- Elle est efficace pour les caractères à héritabilité élevée ;
- Elle est peu efficace pour les caractères très influencés par
l’environnement.
Généralement, ceci est réalisé par
la récolte de 200 à 300 plantes ou
épis typiques de la variété à
maintenir et leur semis séparé,
chaque plante ou chaque épi dans
une ligne (Lorsqu’on parle de semis
plante par ligne où épi par ligne,
cela veut dire que ce sont les
graines de cette plante ou de cet
épi qui sont semées dans une
ligne.) Les lignées qui présentent
des déviations par rapport à la
variété d’origine sont alors
éliminées, de préférence avant la
floraison. Les lignées restantes sont
récoltées et la semence est
mélange. Ce processus est répété
autant de fois nécessaires pour
préserver les caractéristiques de la
variété en question.
Avantage
Méthode simple, facile, rapide et très peu couteuse.
Maintenir les caractéristiques des variétés déjà sélectionnées.
Inconvénients
Étant basée sur le phénotype seulement, la sélection massale
présente un certain nombre d’inconvénients.
Elle n’est pas efficace pour les caractères à faibles héritabilités qui sont
influencés par l’environnement.
2. Sélection Généalogique
Cette méthode est également
appelée sélection individuelle ou
sélection par la méthode des
lignées pures. Elle a été
développée sur les bases de la
théorie des lignées pures énoncée
par JOHANNSEN. Elle est utilisée
surtout pour l’amélioration des
plantes autogames. Elle consiste à
choisir les individus non d’après
leur phénotype mais d’après les
caractéristiques de leurs
descendances, La procédure
suivante est généralement
appliquée dans cette sélection.
La première étape : consiste à choisir un nombre important de plantes ou
d’épis au sein d’une population hétérogène. Le nombre dépend de l’espèce
sélectionnée (pour les céréales, plusieurs centaines à quelques milliers de
plantes sont choisies), du terrain et des moyens financiers disponibles.
La deuxième étape : consiste à semer les descendances des plantes choisies
(plante ou épi par ligne) pour une sélection visuelle. Souvent, des épidémies
de maladies sont artificiellement créées pour éliminer les descendances
sensibles. Les lignées défectueuses sont alors écartées et seules les lignées
supérieures sont gardées. Après des autofécondations successives et des
éliminations importantes, on aboutit à une réduction importante du nombre
de lignées.
La troisième étape : commence lorsque le sélectionneur ne peut plus choisir
entre les lignées sur la seule base d’une sélection visuelle. Les lignées
restantes (généralement très peu) sont alors comparées entre elles et avec
une ou plusieurs variétés déjà établies. Les comparaisons se font
généralement pour le rendement et pour d’autres caractères tels que la
résistance aux maladies, la précocité, la hauteur, etc. La durée des essais
dépend de plusieurs facteurs mais, généralement, cette étape dure au moins
trois ans.
B. Sélection après hybridation
La sélection massale et la sélection généalogique sont limitées par la
variabilité déjà existante dans la population initiale. Pour étendre
l’éventail de la variabilité, les sélectionneurs ont recours aux
croisements.
La connaissance des procédures de croisement est extrêmement
importante pour le sélectionneur. Pour les plantes autogames, ces
procédures peuvent être différentes d’une espèce à une autre mais se
basent toutes sur le principe de la castration (élimination des étamines)
de la plante choisie pour être utilisée comme parent femelle et la
pollinisation de la fleur castrée par le pollen de la plante choisie comme
parent mâle.
Si les parents sont homozygotes et différents, la génération F1 sera
hétérozygote mais homogène. A ce stade, la population hybride (F1) ne
présente aucune variabilité génétique.
Aucune sélection n’est possible au niveau de la F1 car toutes les plantes
sont génétiquement identiques.
La ségrégation ne commence qu’en F2. À partir la génération F2, des
nouveaux génotypes sont créés et par conséquent une variabilité
nouvelle est alors disponible pour la sélection.
Différentes méthodes de sélection peuvent être utilisées.
1.Sélection par la méthode Pédigrée (sélection généalogique)
A partir de la F2, les recombinaisons de caractères sont apparentes et un
choix peut être fait, en fonction des critères définis. La descendance de
chaque plante choisie est semée individuellement (figure 13.4). Dans
chacune des parcelles, en F3 et au cours des générations suivantes, des
individus sont choisis pour leurs caractères propres. Les lignées retenues
sont encore multipliées pour vérifier leur stabilité et étudier des caractères
qui demandent un nombre plus important de plantes (productivité, qualité
boulangère, etc.). La séparation des familles en parcelles distinctes réduit les
risques de croisement accidentel entre génotypes différents et facilite donc
le rétablissement rapide de l'homozygotie.
L'observation continue des descendances donne au sélectionneur une
bonne connaissance de son matériel, facilite l'identification des caractères
à forte héritabilité et l'isolement des lignées uniformes requises par
l'agriculture moderne.
La méthode pédigrée permet d’isoler rapidement des caractéristiques
désirables dans le cas de caractères à hérédité qualitative tels que la
résistance aux maladies, la couleur de la graine, la précocité, etc. Les
caractères à hérédité quantitative, en particulier le rendement, sont plus
difficiles à évaluer au cours de premières générations (F2 et F3) sur la
base d’une plante individuelle. Du fait du haut niveau d’hétérozygotie
durant les premières générations, l’hétérosis peut affecter la
performance des plantes surtout lorsqu’elles sont espacées. Cependant,
les sélectionneurs tendent à choisir les plantes qui apparaissent les plus
productives.
2. Sélection par la méthode "Bulk"
Cette méthode est également appelée sélection généalogique différée
car dans laquelle la sélection a lieu après fixation des lignées. Le
principe est simple : pendant plusieurs générations, les semences sont
récoltées sans sélection précise et semées en mélange. Pendant cette
période, les populations sont soumises à la sélection naturelle, qui
favorise l'adaptation aux conditions locales (tolérance au froid, à la
sécheresse ...). Pour certains caractères (sensibilité aux maladies, taille
de la plante) il est utile de compléter l'action de l'environnement par
élimination sélective des individus qui ne conviennent pas. Après
quelques générations, l'homozygotie s'est progressivement rétablie et
de nouvelles lignées peuvent être sélectionnées dans la population. La
méthode Bulk est simple et peu coûteuse. Peu d’efforts sont
généralement engagés durant les premières générations. Cependant, la
taille de la population doit être assez importante surtout lorsque les
plantes sont individualisées durant la sélection.
3. Sélection par la méthode SSD ("Single-Seed-Descent")
Cette méthode est également appelée sélection simple grain ou
encore sélection par filiation unipare. Dans la procédure décrite ici,
chaque plante F2 contribue par une seule graine à la génération F3,
chaque plante F3 contribue par une seule graine à la génération F4 et
ainsi de suite. Le but est d’obtenir des lignées à partir d’un maximum
de plantes F2. Ceci permet de réduire les risques de perte des
génotypes supérieurs par sélection (artificielle ou naturelle) surtout
pour les caractères à faibles héritabilités tels que le rendement.
Cependant, cette procédure oblige à conserver une grande proportion
de génotypes non désirables et ne permet pas la sélection des
meilleurs génotypes parmi les familles issues des F2 et des générations
suivantes. La méthode est simple et peu coûteuse. Il suffit seulement
de récolter une graine par plante et de semer l’ensemble à la
génération suivante.
Comparaison des trois méthodes de sélection
C. Backcross
Le Backcross, également appelé rétro croisement ou croisement en
retour, est une forme d’hybridation récurrente, il est utilisé lorsqu’une
variété adaptée et productive présente une faiblesse (sensibilité à une
maladie donnée) qui peut être corrigé par l’introduction d’un ou de
quelques gènes. Elle consiste à introduire un gène responsable d’un
caractère intéressant d’un parent dit le donneur dans le génotype d’une
variété de bonne valeur agronomique dite le parent récurrent ou
receveuse.
Pour cela on fait le croisement entre le parent récurrent et le parent
donneur puis on fait le Backcross de la descendance sur la variété
adaptée (le parent récurrents) pendant plusieurs générations (1 à 5 BC).
L’objectif du Backcross est de restituer au parent récurrent tous ses gènes,
sauf le ou les gènes qui contrôle(nt) la caractéristique à transférer.