INSTITUT
Master II
SUPÉRIEUR
Semestre I
D’APPLICATION
VH: 21 H
DES
Crédit : 4
GÉOSCIENCES
GEOSCIENCES APPLIQUEES
Module : Métallogénie
Proposé par Dr. KOFFI Yao Honoré
Ressources minérales et géotechniques
Docteur de l’Université Ouaga I Pr Joseph Ki-ZERBO
Téléphone : +226 78 98 0077 ou +226 66 38 00 79
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o Objectifs et finalités
o Comprendre le contexte géologique régional et local
des principaux gisements de matières premières
métalliques.
o Etre capable de définir les critères de prospection
minière applicables à chaque ressource minérale.
o Savoir établir un lien explicite entre la typologie des
gisements et leur mode d'exploitation
Généralités
I. Notion de gisement
C’est un ensemble rocheux enfoui dans le sous-sol ou une formation
géologique renfermant des substances utiles en quantité importante
pour justifier une exploitation. Il est tributaire de la conjoncture
économique et technologique. Il renferme le minerai et le stérile.
Un gîte minérale est une concentration minérale anormale par rapport
à l’abondance de l’élément dans la croûte terrestre. On peut classer les
gîtes relativement à la roche mère d’origine. On distingue alors :
- Les gîtes endogènes. Ils sont liés aux roches endogènes, soit volcaniques,
soit plutoniques, soit métamorphiques.
- Les gîtes exogènes. Ils sont liés aux roches exogènes soit détritiques, soit
biochimiques, soit chimique, soit résiduels.
• Minerais: c’est un ensemble de roche renfermant des substances
utiles en quantité suffisante pour justifier une exploitation.
Mathématiquement , Minerai = Substance utile (ex : or) + Gangue
(ex: quartz) = filon de quartz aurifère
• La gangue, c’est la partie non intéressante du minerai.
Définition de ressources minérales
• Les ressources minérales sont des concentrations ou indices
minéralisés d'une substance naturelle solide présente au sein ou sur
de la croûte terrestre, dont la forme, la quantité et la teneur sont
telles qu'elles présentent des perspectives raisonnables d'extraction
rentable.
• Les différents types de ressources sont :
• Ressource Mesurée: c’est la portion d’un gisement dont la masse
(tonnage), la forme, les limites et les teneurs/qualité sont connues
par des levés et une maille d’échantillonnage serrée par rapport
aux dimensions du gisement.
• Ressource Indiquée : c’est la portion d’un gisement dont la
masse (tonnage), la forme, les limites et les teneurs/qualité sont
connues par des levés et une maille d’échantillonnage large.
• Ressources présumées : elles constituent la partie des ressources
minérales dont on peut estimer la quantité et la teneur sur la base
de preuves géologiques dont on peut raisonnablement présumer,
sans toutefois la vérifier.
Tableau 1: Combustibles minéraux (énergétiques)
Combustibles minéraux (énergétiques)
Combustibles fluides Pétrole et Gaz naturel
la tourbe, les charbons,
la lignite, boghead
Combustibles solides origine organique (charbon bitumineux
d’algues lacustres), les
schistes bitumineux.
Uranium
Tableau 2: les substances métalliques
Fe
(Fe + Mn ; Fe + Mg ;
Métaux ferreux
Ferro-alliages Fe + Co ; Cr, V, Ni,
W, Mo, Co.
Leger Al, Mg, Ti
Cu, Zn , Pb, Sn, Hg,
Non ferreux de base
Métaux non ferreux Sb
Précieux Au, Ag, Pt
Rare Be ; Ra
Tableau 3: Substances minérales au sens strict dites non métalliques
Matériaux de construction Sables, graviers, pierres ornementales, les
matériaux à ciment, le calcaire, le gypse
pour les plâtres.
Matériaux chimiques Le sel, la fluorine, la pyrite, soufre
Les engrais Les phosphates, la potasse, le nitrate, le talc,
le soufre
Les matériaux céramiques Les argiles, la silice, le feldspath, le talc
Les isolants La magnésite, l’amiante, les micas
Peinture ou support de produits Ocre (argile colorée), kaolinite, barytine, le
chimiques titane.
Les abrasifs pour polissage Les grès, le corindon, le diamant industriel
Définition de réserves
• Les réserves minérales constituent la partie des ressources minérales
qui, après considération de tous les facteurs miniers, donne une
estimation de tonnage et de teneur qui, forme la base d'un projet
économiquement viable après considération des facteurs de
traitement et de commercialisation, ainsi que des facteurs
métallurgiques, économiques, juridiques, environnementaux, socio-
économiques et gouvernementaux pertinents.
• Réserve Prouvée : c’est l’estimation de la masse (tonnage) et de la
teneur de la ressource minérale « mesurée » qui peut être extraite
légalement et à profit, selon le plan minier choisi
• Réserve Probable : c’est l’estimation de la masse (tonnage) et de la
teneur/qualité de la ressource minérale « indiquée », qui pourrait être
extraite selon un plan minier.
Quelques facteurs qui conditionnent l’exploitation d’un gisement
• Les facteurs variables (non modifiables)
• Tonnage : C’est une masse totale de minerais + le stérile dans le
gisement. Il est important de voir sa valeur chiffrée en teneur car un
petit gisement peut avoir des teneurs élevées mais ne pas devenir
une mine. Plus le tonnage est élevé plus la coupure est basse
• La teneur: c’est la concentration de substance utile à valeur ajoutée
exprimée comme proportion de minerai(ou métal) par rapport au
stérile (ou gangue).
• La teneur coupure: c’est la teneur limite en-dessous de laquelle le
minerai c’est d’être rentable
• On appelle tout-venant ou minerai brut la masse de roche extraite
de la mine . Il est constituée de deux parties :
• la paragénèse métallifères (c’est le minerais au sens strict)
• une partie non intéressante (gangue ou stérile). Le tas de
stérile séparé de la substance utile est appelé un Halde
• Les facteurs variables (avec le temps)
• les facteurs scientifiques
• Une masse rocheuse non utile aujourd’hui peut devenir très utile
demain:
• Soit par la présence d’impureté (dont peut enfin se débarrasser)
• Soit parce qu'on a pas encore découvert d’application industrielle)
• Les facteurs techniques
• Il concerne la chaîne de traitement du minerais (extraction ,
concassage , broyage , séparation de la gangue , et hydrométallurgie)
• Les facteurs économiques
• C’est le cours mondiale du minerai et la demande selon le besoin
• Gisement du point de vue géochimique
• Clarke: Teneur moyenne d’un élément dans la croûte terrestre
exprimée en g/t ou en ppm (partie par million) ou en pourcentage
(%).
• Exemple
• Al: 8,13%
• Cu: 0,007% = 70 ppm
• Pb: 0,0016 %= 1,6 ppm
• Mg: 2,13%
• la plupart des éléments qu’on exploitent sont en trace dans la croûte
terrestre.
• Clarke métal: C’est le facteur par lequel, il faut multiplier le Clarke
du métal pour obtenir une concentration minimum exploitable.
Métal Teneur coupure (%)
Al 30
Cu 0,7
Pb 3
Mg 0,13
• Exemple en 1970
• Le Clarke de concentration d’aluminium en 1970 est de :
• Al=30/8,13=4 pour l’ouverture d’une mine
• Pour le plomb Pb=3/0,0016= 2000
• Mg=0,13/2,13= 0,061
• Du point de vue minéralogique et pétrographique
• Les minéraux métallifères sont presque tous opaques. On les étudie
au microscope métallogéniques en sections polies ou lames polies
en lumières réfléchies .
• La minéralisation peut être constitué d’une ou de plusieurs
paragénèses (c-a-d les minéraux ne sont pas tous contemporains)
• La paragènèse est le même pour les roches métamorphiques (=
même condition (P,T), même époque). Exemple de paragénèse ;
Blende (ZnS), Pyrite (FeS2), Galène (PbS), chalcopyrite (CuFeS2)
pour simplifier on parle de paragénèse BPGC
• Gisement du point de vue géologique
• La concentration d’un métal se fait suivant des forme et des styles.
Quelques soit ses caractéristiques, ces concentrations sont liées à
une histoire géologique du secteur minier. C’est en fait l’étude de la
sédimentation, la déformation, le métamorphisme ,les
intrusions ,l’épanchements volcaniques , l’érosion.
• Ce sont ces facteurs qui expliquent la genèse de la concentration
métallifère. Le rôle du géologue minier est de découvrir l’origine de
la concentration
• Cette étude en vue d’expliquer la genèse de la concentration
métallifère est appelé la métallogénie
Définition Métallogénie
• C’est une science à la fois fondamentale et appliquée. Elle est basée
sur l’analyse des paragènèses minérales, des successions et
évolutions chronologiques en liaison avec l’histoire géologiques des
régions où se trouvent ces gisements.
• Il s’agit de la distribution spatiale et temporelle des gîtes minéraux.
Il s’y ajoute, l’estimation de leurs intérêts économiques . L’étude
comprend :
- La détermination pétrographique
- Des études stratigraphiques
- Les déterminations minéralogiques
- L’étude de la tectonique
- L’étude économique
- L’établissement de la paragenèse (les temps d’apparition des
minéraux)
• La métallogénie est proche de la gîtologie (science qui décrit les
formes et classe les gisements)
Métallogénie au cœur des sciences de la
terre
Concepts
généraux de
métallogénie
Province métallogénique (domaine géologique caractérisé par un ou
plusieurs types de gîtes).
Province métallique (domaine géologique caractérisé par un métal
ou un assemblage métallique)
Epoques métallogéniques (périodes dans l’histoire d’un domaine
géologique caractérisée par la formation d’un type de gîte)
• Provinces métallogéniques
• On appelle provinces métallogéniques des régions ou des aires
généralement vastes qui renferment plusieurs gisements liés par
leurs caractères génétiques et morphologiques de telle sorte que cela
suggère une origine commune.
• Ce lien génétique développe une certaine ressemblance de l’habitus
et de composition chimiques des minéraux et des teneurs qui sont
comparables.
• Ces caractères qui décrivent les provinces sont appelés les
métallotectes. Un métallotecte est une entité géologique, un trait
caractéristique à qui l’on donne un rôle dans le processus de
formation et de concentration des minéraux métallifères.
• un métallotecte peut désigner un trait structural, stratigraphique,
lithologique ou morphologique tant que ce trait introduit la chose qui
a contribué à la genèse de la minéralisation
• Certaines provinces métallogéniques s’étendent sur plusieurs
domaines tectoniques.
• Exemple la province plombo-zincifère Asturo-Alpin s’étend sur
près de 150 km du N-W de l’Espagne au Nord de la Slovaquie.
L’âge de ces provinces varie de l’ordovien au crétacée 65 Ma.
• Les métallotectes les plus recherchés dans ces gisements sont les
linéaments (l’étude de ces derniers s’est beaucoup amplifier avec
l’apparition de la photogéologie, les photo-aériennnes et de
l’imagerie satellitaire à haute définition).
Epoque métallogénique
• Des études ont montré que les différents styles de minéralisations
peuvent être comparés et regroupés dans les continents et l’océans et
dont des caractéristiques générales peuvent en découlées.
Archéen et paléoprotérozoïque (3,4-2,5 Ga)
• Les ceintures de roches vertes sont des bandes parfois irrégulières de
roches sédimentaires et volcaniques plissées dans les granites et
gneiss.
Protérozoïque (2,5- 1,8 Ga)
• Paléoplacers à Au –U (exemple du gisement de Witwaterand en
Afrique du Sud)
Phanérozoïque
les gisements en relations avec les grandes
structures terrestres
• Au niveau des points chauds
• On rencontre des intrusions nourricière basaltes continentaux qui
sont les sièges des sulfures massifs de Cu-Ni- éléments de groupe de
platinoïdes. on rencontre aussi des complexes stratiformes de Cr et
EGP (exemple le complexe de Bushveld)
• Planchers océaniques
• Les minéralisations associées aux planchers océaniques sont
accompagnées par une activité hydrothermale au niveau des dorsales
et le long des zones de fractures. Ce sont le Cu de type chypre et les
chromites podiformes. Ces deux types sont caractéristiques du
milieu océanique. on les rencontre aussi sur le continent
particulièrement dans les zones de collision où la croûte océanique a
été obductée.
• Rift intracontinentaux
• C’est une ouverture qui s’accompagne de formation de fractures
traversant la croûte continentale et qui permettent la remontée de
divers type de magmas et la circulation des fluides
hydrothermaux. Cet environnement instable est caractérisé par
des taux élevés de sédimentation terrigènes peu évoluées.
• on y rencontre des gîtes REE et Nb associés aux intrusions de
carbonatites, le diamant liés aux kimberlites, les cuivres à lits
rouges et les évaporites.
• Bassins intracontinentaux
• Ce sont les bassins intérieurs des cratons. On y rencontre les
placers à Au-U (Exemple de la minéralisation aurifère de
Witwaterand), U de type discordant, U de type plateau Colorado
• Zones de subduction (avec les arcs insulaires ou bassin arrière arc
et bassin avant arc)
• les gîtes associés sont les porphyres et skarns cuprifères à Mo, Au,
W-Sn. Ces gîtes sont associés aux arcs insulaires de toutes sortes et
aux zones de subduction andéennes.on a aussi les gîtes à sulfures
massifs avec Cu-Zn-Pb (par exemple le type Kuroko (Japon)).
• Zones d’obduction
• Les gites associés sont des complexes anorthosiques à Fe-Ti. Les
gîtes titanifères sont liées à des intrusions mafiques. On a aussi des
gîtes à prédominance Mg-Ti qu’on rencontre dans les complexes
gabbroïques
• Plates formes continentales stables
• C’est le développement en bordure d’une marge stable avec des
séquences de sédiments épaisses. On a des dépôts de Fe de type
minette et clinton dans les chenaux de delta, Mn (oxydé) (exemple
de Caucase en Ukraine), Zn, Pb, Cu dans les structures litées (en
RDC) et phosphorite
Genèse et typologie
des gîtes minéraux
INTRODUCTION
Les processus de minéralisation sont le résultat d’un ensemble de
facteurs interagissant les uns avec les autres. Les mécanismes
principaux incluent :
• la déformation tectonique,
• les écoulements de fluides,
• les transports thermiques,
• les réactions chimiques comprenant la dissolution minérale,
• le transport des ions,
• la précipitation.
Typologie des gîtes minéraux
• D’une manière générale, les classifications métallogéniques
sont basées sur deux critères principaux : la morphologie
du gisement et le processus générant la minéralisation
métallifère. Chacun de ces critères dégage des forces et des
insuffisances.
• Les classifications morphologiques sont relativement
claires, mais la terminologie utilisée est le plus souvent
différemment interprétée.
• Ainsi ce que les anglophones appellent porphyre cuprifère
sont de grands gisements faiblement minéralisés liés à des
diorites est appelé gisement d’imprégnation par les
européens.
• La classification génétique doit être basée sur une
connaissance profonde des processus qui ont générés le
gisement sinon elles seront des sources de polémiques.
• C’est pourquoi le gisement de Witwatersrand et les
gisements cuprifères de Zambie avaient été longtemps
classés comme des gisements hydrothermaux alors qu’en
réalité c’était des gisements sédimentaires exogénétiques.
• Certains groupes de minerais tendent à apparaître dans
certains types de roches, bien que de nombreux minéraux
soient communs à une large gamme de roches. Cela est dû
au fait que les mêmes processus géologiques, dans un
même environnement géologique donné, permettront la
mise en place de mêmes familles de gisements.
• L’ approche ci-dessous a été privilégiée pour classer les
gisements d’un point de vue général.
ENVIRONNEMENT GEOLOGIQUE EXEMPLES
Stillwater Ni-Cu, Cr, PGE & Fe-
Régions stables
Ti-V
Cu-Ni-PGE dans les Rifts
Roches Mafiques Régions instables
Ni-sulfuré dans les Komatites
et Ultramafiques
Ti dans les Anorthosites
Croûte océanique
Cr dans les Ophiolites
Intrusives
P-Fe et PGE dans les Carbonatites
Roches Alcalines Diamant dans les Pipes de
kimberlites
Ignées Fe magmatique, Porphyres à Cu,
Intrusions neutres
Porphyres à Mo, Skarns,
à Felsiques
Pégmatites
Volcanisme sub- Au-Ag épithermal, Au type Carlin
aérien Basaltes – Andésite à Cu
Volcanisme sub- Amas sulfurés volcanogéniques
Extrusives
marin (VHMS), Fe, Hg.
Banded Iron Formation (BIF) et
Ironstone
Mn d’affiliation sédimentaire
Chimiques Phosphates, Evaporites
Clastiques
Roches Zn-Pb type SEDEX, Cuivre type lits
Sédimentaires Epigénétiques rouges, U, Cu-U-Au, Cuivre-Or-Oxydes
de Fer (IOCG), Placers et Paléoplacers
Carbonates (Gold Deposits)
Pb-Zn (Ba-F) MVT
Amas de sidérite
Métamorphisme Au dans zones de cisaillements
Régional et Filons de Quartz aurifères (Low
tectonique sulfidation)
cassantes
Filons à Ag-Pb-Zn
Gisements Filons à Pb-Zn-Ba-F
filoniens Filon type Cobalt
Gisements Ni Latéritique
d’Altérations Bauxites
Météoriques Placer
Gisements d'origine
magmatique
• Deux processus magmatiques principaux sont à
l’origine des minéralisations :
la cristallisation fractionnée,
la ségrégation du liquide immiscible.
PROCESSUS DE CRISTALLISATION FRACTIONNÉE
La cristallisation fractionnée
La cristallisation fractionnée, par
accumulation de cristaux par
différence de densité, produit une
modification de la composition
du magma résiduel.
Ce processus entraîne la formation de magmas très différenciés, et
conduit à des concentrations primaires d’éléments métalliques.
Pendant la cristallisation fractionnée des magmas acide,
basiques et ultrabasiques, on distingue génétiquement quatre stades
de minéralisations liés à l’activité des composants volatils qui sont
les stades :
• orthomagmatique (1500°C - 800°C) ;
• pegmatitique (800°C - 600°C) ;
• pneumatolytique (600°C - 400°C) ;
• hydrothermal (400°C - 100°C).
Le stade orthomagmatique est associé aux roches basiques et
ultrabasiques ; alors que les stades pegmatitique, pneumatolytique et
hydrothermal sont plus liés aux roches acides et neutres.
Processus de cristallisation des gîtes orthomagmatiques et pegmatitiques
Au cours de la cristallisation les minéraux qui cristallisent
les premiers, ont le plus souvent un poids spécifique (poids
volumique) plus élevé que celui du magma et ont de ce fait
tendance à sombrer au fond de la masse magmatique encore
fluide et à s'y déposer.
Vers la fin de la cristallisation du pluton les cristaux
constituants habituels du granite (quartz, feldspath, mica),
qui se forment dans sa périphérie à partir de magma résiduel
riche en bore, phosphore, lithium, sont énormes (on parle
de pegmatites) et associés à des cristaux inhabituels,
généralement recherchés par les minéralogistes: tourmaline,
béryl, topaze etc..
Les gîtes orthomagmatiques
Ces gîtes sont caractérisés
par une cristallisation lente à haute température des principaux
minéraux de la roche magmatique.
Une partie de l’eau peut se combiner aux silicates (sous forme
d’hydroxyle OH) en formant des amphiboles et des micas.
Cependant, les composants gazeux se concentrent dans le
liquide résiduel, ce qui provoque, l’augmentation progressive
de la tension vapeur (la pression exercée sur le système par les
phases gazeuses) du système .
A ce stade sont liés les gîtes orthomagmatiques de ségrégation
magmatique (magnétite, sulfure de nickel…)
Les gîtes pegmatitiques
La tension de vapeur atteint une valeur maximum dans le système résiduel
au stade pegmatitique.
La cristallisation fractionnée extrême du magma granitique génère un
magma enrichi en éléments volatiles minéralisateurs (eau, fluor, bore,
chlore). L’injection de ce matériel dans les fractures est suivie d’une
cristallisation rapide à basse température et donne les pegmatites filoniennes.
Elles se rencontrent soit dans les granitoïdes, soit à leurs bordures, soit en
filons injectés dans les terrains encaissants. Ses principaux constituants sont
ceux du granite (quartz, feldspaths, micas).
Les cristaux géants des pegmatites peuvent concentrer des terres rares,
l’uranium, le thorium, le niobium, le lithium, le béryllium, le bore utilisé
s en haute technologie. Les gros cristaux très purs peuvent être exploités. Par
exemple, le quartz est utilisé en optique ; les feldspaths et les micas sont
utilisés comme isolants électriques.
Le stade hydrothermal
Après la fin de la cristallisation, persistent,
toujours à la périphérie du pluton, des poches
d'eau à haute température (de l'ordre de 500°, ce
qui donne à l'eau un fort pouvoir de dissolution)
dans lesquelles sont dissous en grande quantité des
ions métalliques qui n'ont pas trouvé place dans
les cristaux du granite.
Cette solution aqueuse, sous l'effet d'une pression
élevée, monte dans les fissures ou failles qui
parcourent le pluton et le terrain encaissant.
Le stade hydrothermal
Lors de cette "circulation hydrothermale" ascendante,
l'eau, s'éloignant du pluton et se rapprochant de la surface,
se refroidit et perd son pouvoir de dissolution. Les ions
métalliques précipitent et se concentrent (souvent sous
forme de sulfures, de carbonates ou d'oxydes) dans les
fissures.
C'est ainsi que se constituent, à plus ou moins grande
distance au-dessus des plutons granitiques, les gisements
(ou filons) métallifères qui affleurent en surface des
millions d'années plus tard, quand l'érosion a fait disparaître
les roches qui les surmontent, et qui intéressent maintenant
les industriels quand la concentration des métaux est
suffisante dans la roche stérile (la gangue) qui les contient.
Les gîtes hydrothermaux
A ce stade, la cristallisation des phases résiduelles est lente et se fait
à basse température, ce qui permet à l’eau de se condenser.
Dans ces solutions hydrothermales, se retrouvent les
métaux précieux (Au, Ag) et des sulfures de Cuivre, Plomb, Zinc et
Fer.
Drainées par un réseau de fractures, les solutions déposent des gîtes
filoniens, par exemple, le groupe des BPG (Blende-Pyrite-Galène).
Les granitoïdes localisées essentiellement au niveau des
zones de chevauchement de plaques, peuvent générer des
porphyres de natures diverses qui sont :
1. les porphyres à Cuivre –Molybdène ;
2. Porphyres à Cuivre – Or ;
3. Porphyres à molybdènes ;
4. Porphyres à étain-tungstène.