Le droit pénal
la procédure pénale
JAMAI TAREK
IAE
TUNIS
INTEC
Les infractions
I. La classification des infractions:
L’infraction est :
une contravention, lorsque le fait est punissable
d’une amende n’excédant pas 1 500 € (3 000 € en
cas de récidive) la contravention est du domaine du
règlement ;
un délit, lorsque la peine encourue est une amende
supérieure ou égale à 3 750 € et/ou une peine
d’emprisonnement (10 ans au plus)
le délit est du domaine de la loi ;
un crime, lorsque la peine est la réclusion
criminelle ou la détention criminelle (pour les crimes
politiques) – les crimes sont du domaine de la loi.
II. Les éléments constitutifs de
l’infraction
A-L’ÉLÉMENT LÉGAL DE L’INFRACTION
1- signification:
les règles de droit pénal sont exprimées par la loi.
Ce principe, aujourd’hui formulé le plus souvent par
l’expression selon laquelle « il n’y a ni infraction, ni
peine sans texte ».
Cette garantie des droits individuels exclut
l’arbitraire du pouvoir.
les deux corollaires de ce principe que sont la non-
rétroactivité et l’interprétation stricte de la loi
pénale( deux effets du principe de la légalité).
2-L’application de la loi pénale dans le temps et dans
l’espace:
a. L’application dans le temps
L’application de la loi pénale dans le temps est
soumise au principe de légalité. Sont seuls
punissables les faits constitutifs d’une infraction à
la date à laquelle ils ont été commis.
Le principe de la non-rétroactivité des lois pénales
de fond Pour les « lois pénales de fond », c’est-à-
dire les lois qui définissent l’infraction, lorsque la
loi nouvelle est moins sévère, elle s’applique
immédiatement au jour du jugement quelle que soit
la date de commission des faits.
Le principe de l’application immédiate des lois de
forme ou de procédure:
Les lois pénales de forme réglementent soit la
procédure pénale (compétence, organisation
judiciaire, etc.), soit l’exécution de la peine. Elles
sont applicables immédiatement à la répression des
infractions commises avant leur entrée en vigueur.
b. L’application dans l’espace
Les infractions commises sur le territoire français
Il est d’usage de poser, en principe, l’application
territoriale de la loi pénale. De fait, la loi française
est applicable pour une infraction commise sur le
territoire de la République, quelle que soit la
nationalité de ses auteurs. Le territoire de la
République inclut les espaces maritime et aérien
qui lui sont liés.
la loi française s’applique au complice sur le
territoire français d’un crime ou délit commis à
l’étranger, si le crime ou le délit est puni à la fois
par la loi française et par la loi étrangère et s’il a
été constaté par une décision définitive de la
juridiction étrangère.
Les infractions commises hors du territoire de
la République française:
La loi française s’applique pour tout crime
commis par un Français en dehors du territoire
français. Il en est de même pour les délits à
condition que les faits soient punis par le pays
où les faits ont été commis. Elle est applicable
aussi pour tout crime ou tout délit puni
d’emprisonnement, commis par un Français ou
un étranger hors du territoire français, lorsque
la victime est de nationalité française au
moment de l’infraction.
B. L’ÉLÉMENT MATÉRIEL DE
L’INFRACTION
∙ 1. L’infraction consommée:
L’infraction consommée est celle qui est réalisée.
l’infraction de commission: est une action, un acte
positif. Par exemple, l’abus de confiance, l’abus de
biens sociaux, l’escroquerie, etc.
l’infraction d’omission: est une abstention, un acte
négatif. L’auteur devient coupable d’une infraction
lorsqu’il s’abstient d’une obligation légale. Par
exemple, le fait de ne pas soumettre les comptes à
l’AG annuelle, la non-révélation des faits délictueux
au procureur de la République par le commissaire
aux comptes, la non-assistance à personne en
danger.
∙ 2. L’infraction tentée:
La définition de l’infraction tentée (ou de la
tentative)
La tentative est définie comme la situation d’une
personne qui n’a pas exécuté tous les éléments
constitutifs de l’infraction parce qu’elle en a été
empêchée par un événement extérieur.
Les éléments constitutifs de la tentative: Toutes les
tentatives ne sont pas punissables, parce que le
souci de protection des libertés individuelles
justifie que l’on exige la présence de l’élément
matériel pour punir, et non une simple intention
criminelle, qui serait bien difficile à prouver. Aussi,
la tentative, infraction inachevée, est punissable,
sous réserve que l’on puisse relever à l’encontre de
son auteur un commencement d’exécution et une
interruption involontaire (en raison de
circonstances indépendantes de la volonté de son
auteur).
c. Les sanctions de la tentative:
Le droit français est très strict, car la peine qu’il
prévoit est identique pour l’infraction consommée
et la tentative d’infraction.
Cette sévérité n’est admise que pour les
infractions les plus graves : la tentative n’est pas
incriminée en matière de contravention, mais elle
l’est toujours en matière de crime. Une tentative
de délit n’est punissable que si le texte qui
incrimine le délit le prévoit.
C. L’ÉLÉMENT MORAL DE L’INFRACTION
Il faut que l’auteur de l’infraction ait eu la volonté
d’enfreindre les prescriptions de la loi.
Art. 121-3 du Code pénal « Il n’y a point de crime
ou de délit sans intention de le commettre.
Ce texte pose un principe
un principe fondamental : toute infraction est
constituée d’un élément moral ou psychologique
La loi précise, pour chaque infraction,
si l’intention est un élément
constitutif :
en matière de crime, le principe absolu est
l’intention ;
en matière de délit, le principe est l’infraction
intentionnelle, avec comme exception, si elle est
prévue par les textes, l’infraction non intentionnelle
caractérisée par l’imprudence, la négligence ou la
mise en danger délibérée ;
en matière de contravention, le principe posé est
l’absence d’intention. Ce qui ne veut pas dire que la
contravention est dépourvue d’élément moral…
1. La faute pénale punissable
A- La faute intentionnelle
Dans une infraction intentionnelle, l’élément moral
est l’intention de commettre l’infraction. C’est faire
de son plein gré ce que la loi pénale interdit:
Le dol général:
Le dol général est la conscience de l’illicéité de
l’acte projeté, et la volonté de l’accomplir. La
personne passe volontairement outre l’interdit de
la loi.
suppose d’abord la conscience de l’élément
légal
suppose ensuite la conscience de l’élément
matériel
Le dol spécial:
Parfois la loi exige, en plus de la conscience de
commettre une infraction et de la volonté de passer
outre, la volonté d’obtenir un résultat précis.
Exemple:
Le délit de présentation de comptes infidèles
nécessite un dol général, la connaissance de
l’inexactitude des comptes annuels, mais aussi un
dol spécial consistant en la volonté de dissimuler la
véritable situation de la société.
B- La faute non intentionnelle:
cette faute non intentionnelle est en effet plus
exactement une faute d’imprévoyance car la personne
avait un comportement volontaire, mais les
conséquences de ce comportement ont été
involontaires.
Le texte ne vise que les personnes physiques qui n’ont
pas causé directement le dommage
Il faut distinguer
Premier cas : en cas de lien direct entre une faute et
un dommage S’il existe un lien direct entre une faute
et un dommage, la personne physique peut être
poursuivie.
Second cas :
lorsque la faute est la cause indirecte du dommage:
Si les personnes physiques n’ont pas causé
directement le dommage mais ont « créé ou
contribué à créer la situation qui a permis la
réalisation du dommage » ou « n’ont pas pris les
mesures permettant de l’éviter », les possibilités de
poursuite seront plus restreintes.
c. La mise en danger délibérée d’autrui:
Cette faute est une faute intermédiaire entre la faute
intentionnelle et la faute non intentionnelle.
une personne prend délibérément un risque qui a pour
conséquence d’exposer directement autrui à un
risque immédiat de mort ou de blessures.
Cette incrimination a pour terrain naturel les
accidents de la circulation et les accidents du
travail.