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Démocratie Directe Grecque (Correction) 2

Transféré par

Fatima Ben Atia
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Démocratie (du grec demokratía : demos : "peuple" et

kratos : "pouvoir") désigne en Grèce au Ve-IVe av. J.-C. un


régime politique dans lequel l'ensemble des citoyens d'une
cité exerce le pouvoir.
NB : Autrement dit c'est le « gouvernement du peuple, par le
peuple et pour le peuple » (discours de Gettysburg du
président Abraham Lincoln le 19 novembre 1863) expression
reprise dans l'article 2 de la constitution de la Ve République.
Constitution de la Ve République
Titre premier - DE LA SOUVERAINETÉ
ARTICLE 2.

« La langue de la République est le français.


L'emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge.
L'hymne national est « La Marseillaise ».
La devise de la République est « Liberté, Égalité, Fraternité ».
Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le
peuple. »
Cependant "demos" peut renvoyer à l'ensemble des citoyens
constitués en corps civique ou de façon péjorative à la
« foule » c'est-à-dire la partie la plus nombreuse, la plus
populaire, la plus pauvre et la moins éduquée des citoyens.
NB : Ce deuxième sens péjoratif est souvent utilisé par les
philosophes grecs qui critiquent la démocratie athénienne
(Platon…).
Ve siècle av. J.-C. IVe siècle av. J.-C.

Démocratie
Tyrannie des 431-404 av. J.-C. : guerre
Pisistrate du Péloponnèse entre
Oligarchie
Athènes et Sparte

507 av. J.-C. :


…………. 404 403 av. J.-C. :
……… - ……….. 322
……….. av. J.-C. : Après
Clisthène établit la régime oligarchique des la défaite contre les
démocratie à « Trente Tyrans » Macédoniens
Athènes établissement d’un
régime oligarchique
411
……… av. J.-C. :
l’assemblée du peuple
vote l’abolition de la
démocratie
Le mot "citoyen" vient du latin civis, mais la qualité de
citoyen est une invention des cités grecques et désigne ceux
qui ont le droit de cité c’est-à-dire le droit de participer à la
gestion des affaires publiques de la cité (impôts, déclaration
de guerre…).

Le monde
grec aux Ve et
IVe siècles (cf.
manuel p. 38)
L’EXPANSION GRECQUE (VIIIe-VIe siècles) DANS LE MONDE MEDITERRANEEN

mer
Egée

La civilisation grecque a son origine sur le pourtour de la mer


Egée. Pour reprendre une image de Platon (philosophe
grec) « les Grecs se retrouvent autour de la mer Egée
comme des crapauds autour d’une mare ».
L’EXPANSION GRECQUE (VIIIe-VIe siècles) DANS LE MONDE MEDITERRANEEN

(la mer
Noire)

la Grande
Grèce

Ex. : Massalia est une mer


Egée
colonie grecque fondée
en 600 avant notre
ère par des
phocéens.

L’expansion grecque à travers le bassin méditerranéen est un


processus de colonisation par lequel des habitants d’une
« cité mère » (en fr. métropole du grec mêtêr, mère, et
polis, cité) fondent une cité nouvelle appelée « cité fille ».
LA CITE D’ATHENES

Cité (en grec polis) : Etat


indépendant qui est composé
d’un centre urbain principal
Mont Parnès
et du territoire qui l’entoure
ATTIQUE ainsi que des citoyens qui y
(péninsule de 2 650
km²)
habitent.

Le Pirée Athènes
Mer NB : Lorsque l’on parle de la
Egée cité d’Athènes ou de la cité des
Athéniens, on désigne la
communauté politique des
citoyens habitant l’Attique ;
ces citoyens peuvent habiter la
ville d’Athènes, être marins au
Pirée ou être paysans de
l’Attique.
La première limite de la démocratie athénienne réside dans le
nombre de citoyens. En effet, après la réforme de Périclès de
451- 450 av. J.-C., les citoyens à Athènes constituent une petite
minorité représentant 40 000 personnes sur une population
totale de 290 000 habitants.
Trois catégories sont exclues de la citoyenneté selon l’auteur :

- les esclaves car ils ne sont


pas libres ; Aristote souligne
ainsi l’importance de la liberté
(eleutheria) dans la définition
de la citoyenneté.
Déf. : L’esclave est un
homme, une femme ou un
enfant qui ne sont pas libres ;
ils n’ont aucune existence
juridique et sont considérés
comme des biens mobiliers
appartenant à leur maître.
- les métèques c’est-à-dire les citoyens des autres cités qui
résident à Athènes (cf. déf. du manuel p. 36).
NB : Un métèque peut devenir citoyen par décret. Cependant
cette procédure de naturalisation est très rare et elle est
réservée à des étrangers qui ont rendu des services éminents à la
cité d’Athènes.
Un décret de 451-450 av. J.-C. adopté à l’initiative de Périclès
(cf. bio.), la citoyenneté à Athènes est réservée aux fils nés
d’un père citoyen et d’une mère, fille de citoyen (principe du
droit du sang).
NB : Cette définition, exclut les femmes athéniennes dont le rôle
ne consiste qu’à transmettre la citoyenneté à leurs enfants
(citoyenneté passive).
La population d’Athènes vers 430 av. J.-C.
Nbre %
Communauté politique : les
40 000 13,8%

Communauté
citoyens

civique
Fils mineurs de citoyens 20 000 6,9%

Femmes et filles de citoyens 60 000 20,7%

Métèques 40 000 13,8%

Esclaves 130 000 44,8%

Total 290 000 100,0%

On peut parler de l’ « avarice » (Ph. Gauthier) d’Athènes dans


l’octroi du droit de cité (cf. bio. de Lysias p. 38 du manuel).
Définition des principes politiques au fondement de
Récits la démocratie à Athènes illustrés par chacun de ces
récits
Avant de disparaître, Polycrate, le tyran de Samos, nous dit
Hérodote, avait confié le pouvoir à un de ses fidèles. Ce
dernier, ambitionnant de se montrer « le plus juste » des
hommes, convoque alors une assemblée des citoyens et isonomie
déclare qu'il ne veut pas commander des hommes qui sont
ses « égaux » ; aussi il « met le pouvoir au centre ».
Dans un passage fameux du livre III des Histoires, Hérodote
met en scène, sous la forme d'un débat entre trois mages « la majorité c’est le tout » :
(Otanès, Mégabyse et Darius), la première réflexion sur les
différents régimes politiques et leur succession (pouvoir d'un la décision prise à la majorité
seul, pouvoir de quelques-uns, pouvoir de beaucoup). Si le
mot même de démocratie ne s'y trouve pas, un des des citoyens s’impose à tous
protagonistes vante le « pouvoir du grand nombre ». les citoyens
Dans la pièce de théâtre intitulée l’Orestie, représentée à
Athènes en 458 av. J.-C., Eschyle met en scène l'instauration
par Athéna de la justice. Pour rompre la malédiction d'une
Institution de tribunaux
vengeance sans fin, mettre un terme à la loi du talion, Oreste, constitués de juges tirés
vengeur de son père et meurtrier de sa mère, sera jugé, ainsi
en a décidé Athéna, par un tribunal composé des meilleurs au sort parmi les citoyens
citoyens. Car aux hommes revient de prononcer de «justes
arrêts ». Au terme des débats, Athéna vote en faveur d'Oreste
qui rendent leur jugement
et annonce qu'un partage égal des voix vaudra acquittement. collégialement à la majorité
Le dépouillement du vote donne un nombre égal de votes pour
et de votes contre. Oreste, acte inouï, est c acquitté. des voix
Dans un dialogue de Platon, le sophiste Protagoras cherche à
définir le lien social. Sans ce qu'il nomme « l'art politique », les La décision politique est
communautés humaines ne sauraient se former ni durer. Et
pour expliquer ce qu'il veut dire, il raconte que Zeus, inquiet, prise après un débat
décide de faire don aux hommes de cette aptitude
indispensable à leur survie. Comment ? En partageant, de
contradictoire où chaque
façon égale entre tous, « respect » et « justice », qui sont citoyen peut exposer son
générateurs de « liens d'amitié ».
point de vue et participer
au vote
Le fonctionnement des institutions démocratiques à Athènes
repose sur le principe d’isonomie (du grec isos, « égal » et
nomos, « loi ») c’est-à-dire sur l’égalité de tous les citoyens
devant la loi, quelles que soient leur naissance ou leur
fortune.
L’Héliée c’est-à-dire l’ensemble des tribunaux à Athènes se
compose de 6 000 héliastes (600 par tribu) tirés au sort pour
un an parmi les citoyens volontaires de plus de trente ans.
Les héliastes sont répartis dans différents tribunaux et ils
jugent de nombreuses affaires (procès politiques, procès
privés, procès sur les comptes publics des magistrats…).
un klèrôtèrion
(machine à tirer
au sort)
A Athènes, l’assemblée publique se nomme Ecclésia, c’est
l’assemblée du peuple (démos) qui se réunit quarante fois
par an à Athènes, sur la colline de la Pnyx, et à laquelle tous
les citoyens peuvent participer (cf. déf. du manuel p. 36).
A l’Ecclésia, tous les citoyens disposent de la « faculté de
délibérer sur les affaires de l’Etat ». Cette faculté comporte à la
fois le droit de vote et le droit d’isègoria c’est-à-dire du droit
d’exposer son point de vue à l’assemblée lorsque le héraut
proclame : « Qui désire prendre la parole ? ». Dans la réalité,
seuls les meilleurs orateurs s’expriment devant l’Assemblée.
NB : Comme le souligne le mythe de Protagoras, le débat
contradictoire mise en œuvre au sein de l’Ecclesia doit se
dérouler dans le « respect » et la « justice » afin de garantir
l’affectio societatis c’est-à-dire l’« amitié » nécessaire entre les
citoyens pour sauvegarder la communauté politique et créer la
confiance mutuelle permettant à la décision majoritaire de
s’imposer à tous les citoyens.
A l’Ecclésia, tous les citoyens disposent de la « faculté de
délibérer sur les affaires de l’Etat ». Cette faculté comporte à la
fois le droit de vote et le droit d’isègoria c’est-à-dire du droit
d’exposer son point de vue à l’assemblée lorsque le héraut
proclame : « Qui désire prendre la parole ? ». Dans la réalité,
seuls les meilleurs orateurs s’expriment devant l’Assemblée.
Colline de la Pnyx, lieu de réunion de l’Ecclésia :
A partir du début du Ve siècle av. J.-C., l’Ecclésia
se réunit sur la colline de la Pnyx, à 400 m au sud-
ouest de l’Agora. Réaménagée plusieurs fois
jusqu’au Ive siècle, la Pnyx pouvait accueillir
jusqu’à 10 000 citoyens, mais le nombre de
présents devait rarement excéder 6 000 (15 %
des citoyens). Les vestiges actuels sont
d’époque romaine.
1. Acropole
2. Tribune de l’orateur
3. Emplacement de la clepsydre
4. Assemblée des citoyens
L’Ecclésia vote :
- elle désigne les magistrats des différentes institutions
- la guerre et la paix ;
- les lois et le budget ;
- l’ostracisme (cf. déf.).
NB : C’est la Boulè (conseil composé de 500 citoyens de plus
de trente ans à raison de 50 bouleutes par tribu) qui prépare
les lois et les délibérations de l’Ecclesia (cf. déf. du manuel p.
36.
A Athènes, les magistrats sont les dirigeants de
la cité exerçant une partie du pouvoir exécutif
(cf. déf. du manuel p. 36). Ils sont 700 magistrats
environ regroupés en collèges de 10. Le plus
souvent, ils sont tirés au sort, mais parfois élus
NB : Son surnom de quand leur charge demande des compétences
« tête d'oignon »
particulières. Pour éviter toute tentative d’abus de
était connu de tous.
Il avait, en effet, la pouvoir, ils ne sont désignés que pour un an
tête d'une longueur mais peuvent être renouvelés. Les plus
disproportionnée.
importants sont les stratèges qui sont élus pour
diriger l’armée et jouent un rôle majeur dans la
politique intérieure de la cité (ex. : Périclès ; cf.
bio. p. 37 du manuel).
NB : Les candidatures des magistrats et leurs comptes à la
sortie de charge sont étroitement contrôlés par la Boulè (le
Conseil). L’Héliée (tribunaux à Athènes) juge les magistrats
dont les comptes ont été refusés par la Boulè.
Ostracisme : procédure instaurée en 488-487 av. J.-C. par
laquelle l’Assemblée des citoyens (Ecclésia) décide par un
vote l’exil temporaire (10 ans) et non infamant d’un citoyen
considéré comme un danger pour la démocratie.
Tesson (ou ostrakon, au pl.
ostraka) servant à voter l’exil d’un
citoyen estimé dangereux pour la
démocratie. Ici le tesson porte le
nom d’Aristide fils de Lysimaque
(483-482 av. J.-C.) ; cf. manuel p. 47
et vidéo.
Agora (cf. déf. du manuel p. 36)
La démocratie directe est un régime politique dans lequel les
citoyens exercent directement le pouvoir sans l’intermédiaire
de représentants élus.
NB : La démocratie directe résulte de
l'isonomie comme le souligne Aristote lorsqu’il
affirme « que le bon citoyen doit réunir en lui la
science et la force de l'obéissance et du
commandement, et que sa vertu consiste
précisément à connaître ces deux faces
Aristote,
philosophe opposées du pouvoir qui s'applique aux êtres
grec (384-322 libres » (Aristote, La Politique, III, Ch. 2 §10).
av. J.-C.) Aristote définit ainsi la liberté (eleutheria) du
citoyen comme la capacité d’un individu à
participer activement à la vie politique.
Pour Josiah Ober, le fonctionnement efficace des institutions
démocratiques à Athènes repose sur l’aptitude des hommes
politiques capables de diriger la cité qui appartiennent aux
« élites instruites » (maîtrise de l’art oratoire) et fortunées à
entretenir des formes de négociation avec « la masse
des gens ordinaires qui composaient l’assemblée
[Ecclesia] ». Par ailleurs, les citoyens disposent d’instruments
comme l’ostracisme pour contrôler l’élite politique athénienne.

NB : Les citoyens instruits et fortunés utilisent les procès


devant l’Hélié (cf. Démosthène) ou les liturgies c’est-à-dire le
financement d’une réalisation civique (pièce de théâtre,
armement d’un bateau de guerre…) pour s’imposer dans la vie
politique.
Ainsi, certaines magistratures électives (les stratèges…) sont
réservées aux riches familles athéniennes et aux citoyens les
plus instruits comme l’illustre la carrière de Périclès. L’égalité
(isonomie) se combine donc avec la recherche des mérites qui
sont inégaux (principe des deux égalités).
NB : Si l’isonomie établit l’égalité juridique entre les citoyens,
elle ne supprime pas les inégalités économiques et sociales.
Aristote distingue ainsi la justice commutative qui ignore les
différences entre les individus et donne à chacun les mêmes
droits et la justice distributive qui est une justice au mérite,
selon l'effort et les qualités de chacun.
Depuis Hérodote (cf. bio. du travail introductif), les
philosophes grecs comme Platon ou Aristote ont développé les
premières théories des régimes politiques en les classant et
en essayant d'élaborer une théorie de leur évolution :

CLASSIFICATION DES CONSTITUTIONS DANS LE POLITIQUE DE PLATON.

Les régimes (politeia) se succèdent en raison de la


division (stasis) se mettant entre les individus qui
composent la cité.

Nombre et qualité des gouvernants

un seul riches peuple

Démocratie
Ces régimes Oui Monarchie Aristocratie
Respect réglée
sont menacés des lois Démocratie
par la écrites Non
Tyrannie Oligarchie déréglée
corruption (= anomie)
(ochlocratie)
On ne connaît la démocratie athénienne pour l’essentiel que par la
littérature athénienne classique « produite par une élite d’intellectuels
très critique à l’égard du « pouvoir du peuple ». Aristophane, l’auteur de
comédies, se moqua des leaders démocrates. [L’historien] Thucydide (cf.
cours d’introduction) soutint que la politique élaborée en écoutant les
discours contradictoires dans les assemblées du peuple était nécessairement
vouée au désastre. [Le philosophe] Platon écrivit des dialogues qui attaquaient
la démocratie et se prononçaient pour une autre société, celle où « les
philosophes seraient rois ». Même [le philosophe] Aristote, qui observa et
discuta beaucoup des forces de la démocratie de style athénien, plaida pour un
gouvernement qui aurait pu exclure les travailleurs de la participation
politique ». (Josiah Ober)
NB : S’il existe beaucoup d’exemples de pratiques de démocratie directe
dans les sociétés dites primitives (quelques douzaines de chasseurs-
cueilleurs), l’Athènes classique du Ve-IVe siècles av. J.-C. est la première
démocratie historiquement documentée à se produire dans une société
« complexe » comptant plusieurs centaines de milliers d’habitants.
C’est à partir de la redécouverte en Europe occidentale de cette littérature
classique grecque à la Renaissance (XVe et XVIe siècles) que la
démocratie directe athénienne apparue comme une alternative au modèle
de la monarchie. Ainsi, l’idée de la loi « par le peuple » joua un rôle significatif
dans les débats politiques du XVIIe siècle pendant les guerres civiles
anglaises. De la même manière, on vit se mettre en place l’ultra-
démocratique « réunion des villes de Nouvelle Angleterre » (meating
town) dans les colonies anglaises d’Amérique au XVIIIe siècle afin de
garantir le consensus social essentiel à la survie des communauté de colons.
Cependant, les philosophes des Lumières (Montesquieu, Diderot,
rousseau…) considèrent que la démocratie directe ne peut être mise en
œuvre que dans les petites républiques (Suisse, Venise) et est
impossible dans des grands Etats de plusieurs millions d’habitants.
Aujourd’hui, les Etats démocratiques
sont des démocraties
représentatives (cf. déf. du manuel)
qui maintiennent parfois des
procédures de démocratie directe.
C’est notamment le cas de la Confédération suisse qui maintient des
procédures de démocratie directe aussi bien au niveau fédéral (la
Suisse dans son ensemble) qu’au niveau cantonal (la confédération
étant divisée en 26 cantons).
Au niveau cantonal, les cantons de Glaris et d'Appenzell Rhodes-
Intérieures (cf. carte ci-dessous) conservent la pratique de la
Landsgemeinde (pl.: Landsgemeinden ; littéralement en allemand : «
assemblée du pays ») qui est une assemblée des citoyens disposant
du pouvoir législatif cantonal.
Une Landsgemeinde à Glaris (ici en
2014). Traditionnellement organisée
entre la fin du mois d'avril et le
début du mois de mai, elle a lieu en
plein air sur une grande place,
généralement celle de la capitale
cantonale. Des estrades sont
montées autour d'une scène
centrale, où le gouvernement prend
place pour diriger l'assemblée. Les
votes sur les différents objets à
l'ordre du jour ont lieu à main levée.
La démocratie à Athènes n’est pas synonyme de paix. En effet ,
la cité d’Athènes mène une politique impérialiste de contrôle
des routes maritimes (thalassocratie) et constitue la ligue de
Délos en 478 av. J.-C. qui regroupe les cités alliés d’Athènes
qui lui versent un tribu en échange de sa protection militaire.
Cette politique impérialiste assure la prospérité d’Athènes mais
elle conduira à l’affrontement avec Sparte au moment de la
guerre du Péloponnèse (431-404 av. J.-C.).
Impérialisme : domination culturelle, économique, militaire,
etc., d'un État ou d'un groupe d'États sur un autre État ou
groupe d'États.
A Athènes, la citoyenneté est étroitement liée à la question
militaire. En effet, l’idéal politique athénien est celui du soldat-
citoyen assurant la défense de la cité. C’est pour cette raison
que seuls les hommes qui avaient fait leur service militaire
(éphébie) entre 18 et 20 ans pouvaient devenir citoyens.
Cependant, jusqu’à la première guerre médique contre les
Perses et la victoire de Marathon (490 av. J.-C.), la défense
de la cité d’Athènes est assurée sur terre par les citoyens des
classes supérieures. Ainsi, les citoyens de conditions
moyennes (zeugites) capables de payer leur équipement
militaire servaient comme hoplite tandis que les nobles
des classes les plus riches (pentacosiomédimnes et
hippeis) servaient comme cavaliers dans l’armée
athénienne.
casque
lance de bois
de 2 m à 2,50
m, terminée bouclier rond (hoplon)
par une pointe d’un mètre de diamètre ;
de fer ou de son armature est en bois
bronze ou en osier et il est
revêtu à l’extérieur de
cuirasse bois ou de bronze. Sur sa
métallique face interne un anneau
central enserre l’avant-
bras au niveau du coude
(porpax) et une courroie
est agrippée par la main
(antilabè)
courte épée à
lame droite ou
jambières
courbe
(cnémides)

Armes défensives Armes offensives


La phalange ou Phalanx (en
grec ancien φάλαγξ /
phálanx) est une colonne de
lanciers lourdement armés
conçue pour anéantir
l'infanterie ennemie lors du
choc
L'armée perse, le dos à la mer, était
ravitaillée par sa flotte stationnée dans
la baie. Les Athéniens et les Platéens
descendaient des contreforts du
Pentélique (monts Agriliki et Kotrom),
Le polémarque Callimachos (qui
mourut dans l'action) commandait l'aile
droite, les Platéens formaient l'aile
gauche. Miltiade déploya ses troupes
à une portée de flèches des Perses et
fit donner l'assaut. Au centre, les
Perses eurent d'abord l'avantage,
mais aux deux ailes les Grecs
l'emportèrent rapidement, puis se
retournèrent contre l'ennemi vainqueur
au centre et l'écrasèrent. La plupart
des troupes perses se rembarquèrent
en dépit des efforts faits pour les en
empêcher. C'est alors que le frère
d'Eschyle, Cynégire, eut la main
coupée d'un coup de hache en
essayant de retenir par la poupe un
Avec la deuxième guerre
médique (480-478 av. J.-C.) et
la victoire navale de Salamine
(480 av. J.-C.) la défense et la
puissance d’Athènes reposent
sur sa marine de guerre et sur
les citoyens pauvres qui
servent comme rameurs sur
les trières justifiant leur
participation à la vie politique.

62 thranites

54 zeugites

54 thalamites

Rameurs sur une trière athénienne, Ve siècle av.


J.-C. (Bas-relief. Musée de l’Acropole, Athènes).
Bateau de guerre, la trière a un équipage de 200 hommes et
marche à la rame. La trière peut transporter 30 hoplites ou archers.
Les voiles ne servent qu’occasionnellement et jamais lors des batailles.
Les dimensions d’une trière : de 35 à 38 m de long, de 4 à 6 m de
large. Les 170 rameurs sont classées en trois catégories : les 62
thranites (ceux du rang supérieur), les 54 zeugites (ceux du rang
moyen) et les 54 thalamites (ceux du rang inférieur). Leur rame à de 4
à 4,20 m de long. La trière est construite par la cité. Mais à Athènes,
c’est le triérarque (l’homme qui a la charge de la liturgie appelée
triérarchie) qui équipe le bateau, lui donne son nom, le décore.
Les spécialistes discutent sur l'identification de
l'îlot de Psyttalie que certains placent là où se
trouve l'îlot d'Atalante sur le carton ci-dessus.
La position des deux flottes et celle du trône
de Xerxès ne sont pas non plus déterminées
avec certitude. Selon Hammond, la flotte
grecque occupait la partie nord du détroit de
Salamine et son débouché dans la baie
d'Eleusis. Dans la journée précédant la
bataille, la flotte perse (A) vint fermer le
débouché sud du détroit, près de l'îlot
d'Atalante. Puis elle s'y engagea au cours de
la nuit (E) et se trouva au matin (C) en face de
la flotte grecque qui avançait elle-même dans
Par ailleurs, cette puissance le détroit. La rencontre eut lieu au milieu du
détroit, qui en certains endroits n'a guère plus
navale se traduit en 478 av. J.- de 1 km de large. Des troupes perses
C. par la création de la ligue débarquées dans l'îlot de Psyttalie furent
décimées à coups de flèches, puis
de Délos qui est une alliance massacrées par les hoplites, tandis que les
militaire entre plusieurs cités vaisseaux grecs, plus manœuvriers dans cet
étroit espace, éperonnaient les vaisseaux du
grecques dominée par Athènes. Grand Roi qui se gênaient mutuellement.
En fermant pratiquement l’accès à la citoyenneté, la loi de
Périclès prend le risque de voir le nombre de citoyens se
réduire brutalement en cas de guerre ou d’épidémie.
NB : C’est le cas justement à la fin du Ve siècle lorsqu’Athènes est
confrontée à la fois à la longue guerre du Péloponnèse contre
Sparte et à des épidémies de peste qui voit le nombre de
citoyens passer de 35 à 45 000 en 432 av. J.-C. à 20 à 25 000
vers 400 av. J.-C.

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