Le fluor : un élément
déterminant dans la
prévention de la carie che
l'enfant
La carie : une pathologie multifactorielle
12
11 1
10 2
Micro flora Host / teeth
9 CARIES 3
8 4
Carbohydrates
7 5
6
La diminution de la prévalence et de l'incidence de la
carie dentaire dans les pays développés au cours
des dernières décennies est largement attribuée à
l'utilisation des fluorures.
Le Fluor :
définition et origine
F- estle premier et le plus électro - négatif des
halogènes
Il ne se trouve jamais à l'état libre dans la
nature, en raison de sa grande réactivité
chimique
Sous forme de fluorure, il se situe au 17ème
rang des constituants terrestres
Masse atomique 18.99
Le Fluor :
définition et origine
• Le fluor dans les sols :
– Roches éruptives / gisements minéraux / roches calcaires,
argileuses / grès :
• fluorure de calcium (fluorine),
• fluoro-aluminate de sodium (cryolite),
• fluoroapatite
Le Fluor :
définition et origine
Le fluor dans l’atmosphère sous forme de particules :
– venant du sol
– venant d’industries polluantes (verre, Al, briqueteries)
– Venant de mines de phosphates
Le Fluor :
définition et origine
Le fluor dans les eaux naturelles
– Chargées en fluorures en
traversant les sols
– Chargées en fluorures
par la pollution ambiante
En France la majorité des
eaux contiennent peu de
Fluor (<0.5 mg/l)
Le fluor :
définition et origine
Le fluor dans les aliments
La concentration en F de l’eau va conditionner la dose présente dans les
aliments d’origine végétale et animale.
Presque tous les aliments présentent des traces de F
• Poissons de mer : 2 mg/100g
• Œufs, légumes, céréales : 0.5 mg/100g
• Thé : 0.5 mg/ tasse
Le fluor des aliments est moins bien absorbé que le fluor de l’eau
Le fluor associé au lait forme du CaF2 difficilement soluble
En France, les apports alimentaires en F sont faibles
Le fluor :
découverte des propriétés
par Dean
• 1936
mesure de la prévalence de la fluorose en fonction du taux de fluor
dans l'eau potable (classification de Dean)
fluorose
Sévère
3,9
Modérée
3,0
Légère
1,8
Très légère
0,9
Douteuse
00
0,1 1,0 10 F (ppm)
Prévalence de la fluorose en fonction du taux de fluor dans l'eau potable
J. AM. Dent. Assoc. 1950;40:436-439
Le Fluor :
découverte des propriétés
par Dean
• 1938-1945
mesure de la corrélation entre la prévalence de la fluorose et la
prévalence de la carie dentaire (Etude des 21 cités)
CAOD fluorose
Sévère
10
3,9
Modérée
8 3,0
Légère
6 1,8
Très légère
0,9
4 Douteuse
00
0
0.1 1,0 10,0 F(ppm)
Corrélation entre la prévalence de la fluorose et la prévalence de la carie
dentaire
J. AM. Dent. Assoc. 1950;40:436-439
• La prévalence de la carie dentaire décroît
lorsque la concentration en fluor dans l’eau
potable augmente,
• Dans les zones où la concentration en fluor est
de 1 ppm on observe la plus faible prévalence du
CAOD pour la plus faible prévalence de fluorose
Métabolisme du Fluor
Fluor plasmatique
en µMol.
25
3 mg de F
10
Diffusion
Absorption
2,5
Excrétion
1
Ingestion
1 2 3 4 5 6 Heures
D'après Ekstrand J. et col.
99 % du fluor total
cavité
Ingestion salive os dents
buccale
cœur
fluides poumon
Absorption estomac plasma foie
tissulaires muscle
graisses
Diffusion
intestin rein
Excrétion
fèces
- de 10%
urines
+ de 90%
Modes d’action des fluorures
• Effet pré-éruptif ou systémique
– Fluor administré par voie orale : eau de boisson, comprimés, sel
– Se fixe dans l’émail dentaire en formation, avant l’éruption des dents
• Effet post-éruptif ou topique
– Appliqué localement sur l’émail : dentifrices, vernis, bains de bouche
– Agit à l'interface émail-salive sur les dents présentes dans la cavité
buccale
• Effet anti-bactérien
– perturbe le métabolisme des bactéries cariogènes
Effet pré - éruptif ou systémique
• Fluor et amélogénèse
• minéralisation :
– Phase sécrétoire : minéralisation
inorganisée de petits cristaux qui peuvent
incorporer du F
– Phase de maturation post-sécrétoire : les
protéines sont remplacée par des cristaux
qui se minéralisent en incorporant du fluor
Effet pré - éruptif ou systémique
• En raison de sa grande affinité pour le calcium, le fluor peut être
incorporé à la structure cristalline de l’émail au cours de sa
formation
10Ca2+ + 6(PO4)3- + CA10 (PO4)6 F2
2F- = fluoroapatite
Effet pré - éruptif ou systémique
• le Fluor peut aussi être incorporé par échange isoionique
Ca10 (PO4)6 (OH)2 + 2F- = CA10 (PO4)6 F2 + 2OH-
Fluoroapatite FAP
Ca10 (PO4)6 (OH)2 + F CA10 (PO4)6 (OH)F + OH-
= Fluorohydroxyapatite FHAP
Effet pré - éruptif ou systémique
• Le fluor est localisé soit à la surface du cristal, soit incorporé
dans la maille cristalline et y reste aussi longtemps que le cristal
existe
• Le fluor favorise la croissance et la fusion des cristaux
• Le fluor modifie la taille du cristal
• Le fluor augmente la stabilité du cristal
• FAP est moins soluble dans les acides que HA
Effet pré - éruptif ou systémique
Naissance
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 ans
1ères Molaires
Incisives Centrales
Incisives Latérales
Canines
1ères Prémolaires
2èmes Prémolaires
2èmes Molaires
Fenêtre d’efficacité de la fluoruration systémique /
minéralisation des germes des dents permanentes
L'effet post - éruptif ou
topique du fluor
L'effet post - éruptif ou topique
du fluor
• L’ ion fluor à l’ interface émail - salive :
• Diminue la vitesse de dissolution de l’hydroxyapatite,
• Se combine aux ions calcium et phosphate en solution pour former
des précipités de CaF2, FAP et de HAPF
• Participe à la "reminéralisation" de l'émail
L'effet anti-bactérien
du fluor
effet antibactérien
• Le fluor provenant de la salive , du fluide gingival, des aliments, des
dentifrices peut s’accumuler dans la plaque où il inhibe le
métabolisme bactérien
• L'effet antibactérien du fluor se concrétise par :
• Une action directe et indirecte sur les processus de transport intra-
bactérien des glucides,
• Une réduction de la production des acides bactériens
• L'inhibition des bactéries acido-tolérantes cariogènes
Commentaires
• Les effets des deux modes d’action du fluor sont
parallèles, complémentaires et cumulatifs
• Aucune donnée actuelle ne permet de démontrer la
prééminence de l'efficacité d'un effet sur l'autre
• L‘action topique du fluor doit être cumulée avec
l’action mécanique du brossage et l’ action des
détergents)
Fluor systémique :
dose efficace / dose toxique
CAOD
10
Fenêtre
de protection
8
0
0.1 1,0 10,0 F ppm
• Dose sans effet iatrogène chez l'homme
0,06 mg / kg / j
IRIS – HEAST
• Recommandations de l'O.M.S
0,05 mg / kg / j sans dépasser 1mg
OMS/Fluor et Santé, Monographie n°59, Genève 1972
La fluorose
• Définition
– Anomalie dentaire acquise permanente qui s’exprime par des altérations
des tissus durs de l’organe dentaire
– C’est une forme d’hypoplasie de l’émail
– Ce phénomène se produit suite à l’ingestion chronique de fortes doses
de fluor lors des stades de développement et de minéralisation des
germes dentaires
• Etiopathogénie
• synthèse des protéines matricielles ralentie si si excès de F
• Dépend de
• La dose ingérée
• Le moment de l’ingestion
• La durée d’imprégnation*les facteurs individuels de la cinétique
absorption/excrétion
• Dose
– À partir de 1.5 ppm / jour
fluorose
Sévère
3,9
Modérée
3,0
Légère
1,8
Très légère
0,9
Douteuse
00
0,1 1,0 10 F (ppm)
Prévalence de la fluorose en fonction du taux de fluor dans l'eau potable
J. AM. Dent. Assoc. 1950;40:436-439
La fluorose
• Histomorphologie des lésions
– Altérations polymorphes symétriques sur les dents homologues
– Allant de la tâche blanchâtre à la perte de substance
– Zones d’émail poreux le long des stries de Retzius (ME en lumière
polarisée)
– Cristaux de l’émail plus petits et plus larges, espaces intercristallins plus
grands (MET)
• Évolution des lésions
– Lignes blanches étroites et parallèles
– Taches opaques blanchâtres
– Confluence des taches : aspect laiteux généralisé
– Dépressions alignées, sillons
– Effritement des bords incisifs, usure des cuspides des molaires
– Discoloration des lésions
La fluorose CLASSIFICATIONS
Classification de DEAN
• Stade 0 : normal
• émail translucide, surface lisse et brillante, blanc pâle
• Stade 1 : douteux
• Légères imperfections, petits points blancs
• Diagnostic incertain
• Stade 2 : très léger
• Zones blanchâtres opaques sur moins de 25% de la surface
• Stade 3 : léger
• Zones blanchâtres opaques sur 50% de la surface
La fluorose CLASSIFICATIONS
Classification de DEAN
• Stade 4 : modéré
• Hypoplasie très marquée
• Pigmentation brune
• Stade 5 : sévère
• Dépressions affectant la forme générale de la dent
• Colorations brun-noir
La fluorose : diagnostic différentiel
Les sources de fluor
Le sel fluoré
1955 le canton de Zurich autorise le sel à 90 mg/kg
1970 le canton de Vaud commercialise du sel à 250 mg/kg sur les
recommandations de Wespi et Muhlemann
1983 tous les cantons, sauf Bâle, adoptent la fluoruration du sel
domestique et industriel
1985 la France autorise le sel domestique à 250 mg/kg
Puis en 1991 Allemagne
Supplémentation par comprimés
1958
l'American Dental Association recommande l'usage de suppléments dans
les zones où l'eau potable n'est pas fluorurée
1970
la supplémentation est différenciée en fonction du taux de fluor dans l'eau
potable
Plusieurs pays d'Europe adoptent ce type de supplémentation
(France , Allemagne, Suisse puis Australie)
Prescription de la supplémentation fluorée
en fonction de l ’âge et/ou du poids
Recommandations de l’AFSSAPS (2002)
Taux de fluor dans l’eau < à 0.3 mg F- / litre
naissance 3 → 5 kg 0,05mg/kg
5 kg 0,25 mg
18 mois 10 kg
10 kg 0,50 mg
4 ans 15 kg
15 kg 0,75 mg
6 ans 20 kg
20 kg 1 mg
12 ans et +
Les dentifrices fluorurés
1945-1961 : premiers essais de dentifrice fluorurés
1965 : premier dentifrice au fluor à l'efficacité prouvée
1969 : apparition des dentifrices au MFP de sodium
1963 : commercialisation d'un dentifrice contenant des amines
fluorurées
Ingestion en mg / j
Quantité Quantité 500 ppm 1450 ppm
Age
utilisée ingérée
1x/j 2x/j 1x/j 2x/j
2–3 0,58 g 48 % 0,14 0,28 0,40 0,80
4 0,56 g 42 % 0,12 0,24 0,33 0,66
5 0,50 g 34 % 0,08 0,16 0,24 0,48
6–7 0,66 g 25 % 0,07 0,14 0,23 0,46
8 – 10 1,07 g 12 % 0,06 0,12 0,17 0,34
11 – 13 1,10 g 6% 0,03 0,6 0,08 0,16
13 - 35 1,50 g 3% 0,02 0,04 0,06 0,12
Dose de fluor ingérée en fonction de l'âge et du
nombre de brossages quotidiens
D’après Richards A. et Banting D.W. Fluoride in Dentistry 1996
Recommandations de l'OMS
En 1994
En se basant sur toute l'expérience acquise, fixer la
niveau optimal des concentrations en fluor dans les eaux
de distribution (rapport technique n°846)
apport moyen de 0,05 mg/kg/j
Recommandations
L'OMS : parce qu'elle définit une conduite générale de
santé publique au niveau international
L'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits
de Santé (AFSSAPS)
Soutenues par le Comité de Nutrition de la Société
Française de Pédiatrie (CNSFP)
Nourrisson, enfant en bas âge
0 à 2 ans
Quand le nourrisson est au sein ou reçoit un lait adapté
normalement régénéré avec une eau conseillée ( 0,3
mg/l de fluor),
Prescription systématique de gouttes ou comprimés
Enfants de 2 à 6 ans
Prescription de comprimés
Ou
Sel fluoré
Ou
eau
Dentifrice avant 6 ans
- 500 PPM (50 mg/100 g)
- un “pois“ de dentifrice
Apprendre à l’enfant à bien se rincer la bouche et à
recracher le dentifrice
Bien surveiller le brossage
Enfants de 6 à 12 ans
Fluor éventuellement apporté par eau minérale fluorée et par sel
fluoré
Enfants peuvent utiliser dentifrices à 1000 – 1500 ppm
A cet âge, risque de fluorose à peu près nul
Après 12 ans
La minéralisation des dents étant terminée, seule l’utilisation
de dentifrices fluorés est recommandée
La supplémentation par voie systémique n’est plus utile
Plaque bactérienne
• Accumulation hétérogène de bactéries aérobies et
anaérobies au sein d’une matrice intercellulaire muco
protéique
• Développement en
quelques heures en
l’absence de
brossage
Écosystème buccal
• Bouche = site anatomique septique
• 108 à 109 bactéries/ mg de plaque
• 220 à 250 espèces bactériennes
• Entre 10 et 50 mg de plaque ds cav. buccale
•
Plus de bactéries que de ¢ (10 13
) dans le corps humain !!!
• Écosystème en équilibre
Écosystème buccal
Rôle du pH sur la plaque
pH par production
d’acides organiques
Exposition de
la plaque Pouvoir tampon de
bactérienne aux la salive débordé
sucres
fermentescibles
Déminéralisation de
l’émail par passage de
Ca et phosphates en
solution
Prévention de la carie
• Hygiène + + +
• Consultation odontologique ts les
6 mois (prévention + +)
• Bilan individuel de cariosusceptibilité
• Scellements des sillons (sealants)
• Éducation collective et individuelle +
+
• Bon équilibre
Vaccin alimentaire
contre la carie : prob ++
• Génie génétique : équipe Suédoise
modifie le génome d’une bactérie
(lactobacillus) gène capable de tuer
Steptococcus Mutans (Nature
Le fluor = agent carioprophylactique
Sel fluoré = méthode communautaire offerte à tous ,
utilisable dès la diversification de l’alimentation de l’enfant
Ne pas utiliser si eau de boisson contient plus de 0,3mg de F/ l
(DRASS)
Cp ou gouttes non prescrits si :
• Eau de boisson teneur en F 0,3 mg/l
• Enfant consomme du sel fluoré
• Enfant avec brossage régulier avec dentifrice fluoré
Enfant 3 ans : pas de dentifrice fluoré car ingestion
Enfant de 3 à 6 ans : dentifrice fluoré faiblement dosé en F
( 250 à 600 ppm)
Enfant 6 ans : dentifrice familial ( F : 1000 à 15OO ppm)