CANDIDOSES:
Signes, Diagnostic et
Traitement
Pr Manga NM
Module Maladies Infectieuses
OBJECTIFS
1. Définir les candidoses
2. Citer 05 facteurs intrinsèques et 04
facteurs extrinsèques favorisant la
survenue des candidoses
3. Décrire la forme pseudomembraneuse
de la candidose buccale
OBJECTIFS
4. Enumérer 05 localisations cutanéo-
muqueuses de la candidose
5. Citer les O4 entités clinico-biologiques
des candidoses profondes
6. Proposer un schéma thérapeutique
pour une candidose digestive chez un
patient vivant avec le VIH
PLAN
1. Généralités 3. Diagnostic
1.1. Définition 3.1. Positif
1.2. Intérêts 3.2. Différentiel
1.3. Rappels
4. Traitement
2. Signes 4.1. Curatif
2.1. Candidoses 4.2. Préventif
superficielles
2.2. Candidoses 5. Conclusion
profondes
GENERALITES
DEFINITION
Candidoses ou moniliases
infections localisées ou généralisées,
dues à levures du genre Candida
en particulier Candida albicans plus
pathogène pour l'homme.
DEFINITION
On distingue :
candidoses superficielles: atteinte
muqueuses (digestives et génitales), peau
et ongles.
candidoses profondes: candidémie
associée ou non à atteinte d’organes
profonds.
INTERETS
Affections cosmopolites, fréquentes
et variées
Affections en nette augmentation
Maladies graves: formes profondes
Emergence de souches résistantes
RAPPELS
Germes
Levures anacosporées
Plusieurs espèces dont une dizaine pathogènes
Candida albicans
Autres : C. tropicalis, C. pseudotropicalis, C. glabrata,
C. Krusei, C. parakrusei, C. dublin…
Habitat: environnement mais aussi l’homme
Homme = principal réservoir de C. albicans
FACTEURS FAVORISANTS
Modes de contamination
exogène par contact direct ou indirect
surtout endogène (flore saprophyte)
Facteurs favorisants
locaux : humidité, chaleur, macération,
irritation par contact physique ou
chimique, radiothérapie
généraux : âge, thérapeutiques, états
pathologiques ou physiologiques.
SIGNES
TDD: Candidose buccale dans sa
forme pseudomembraneuse
(muguet)
Terrain: nouveau-né, nourrisson, personnes âgées
et adulte immunodéprimé
Phase de début : 2-3j
sensation de cuisson
goût métallique
stomatite érythémateuse: macules rouges
confluentes, rougeur muqueuse jugale et
gingivale
glossite érythémateuse: langue sèche, lisse,
dépapillée et rouge vif
adénopathies satellites
TDD: Candidose buccale dans sa
forme pseudomembraneuse
(muguet)
Phase d’état
Signes fonctionnels:
douleurs au contact des aliments
Goût acide salive, sécheresse buccale.
Examen physique:
enduit blanchâtre: plaques pseudomembraneuses,
irrégulières parfois jaunâtres, puis brunâtres à
localisation jugale, amygdalienne ou pharyngée
muqueuse sous-jacente inflammatoire, non
ulcérée.
Examen complet: dénutrition, immunodépression ou
affection sous-jacente
TDD: Candidose buccale dans sa
forme pseudomembraneuse
(muguet)
Signes paracliniques
Examen direct des prélèvements oropharyngés :
levures arrondies ou ovalaires
Test de filamentation
Culture sur milieu de Sabouraud et identification
de l’espèce de Candida.
Antibiogramme fongique
Biologie moléculaire : PCR en temps réel le
prélèvement (intérêt épidémiologique)
TDD: Candidose buccale dans sa
forme pseudomembraneuse
(muguet)
Evolution
Eléments de surveillance
Clinique : constantes, examen cavité buccale et
clinique complet (autres localisations, état
nutritionnel)
Para clinique : examen mycologique
Modalités évolutives
Traitée : guérison, mais risque de récidive si
persistance des facteurs favorisants
Non traitée : guérison spontanée possible, mais
risque de passage à la chronicité, avec
dissémination
Formes cliniques
2.2.1. Formes symptomatiques
Forme érythémateuse : stomatite candidosique
atrophique
Forme hyperplasique ou leucoplasique:
muguet chronique
Langue noire villeuse: hypertrophie des
papilles avec coloration noire ou brune de la
langue
Perlèche candidosique ou chéilite angulaire
Candidome ou granulome candidosique
Candidoses muqueuses
Langue noire villeuse Forme érythémateuse
Perlèches candidosiques
Candidome chez PvVIH
Archives MI/Fann
Formes topographiques
Autres localisations digestives
candidose oesophagienne (muguet
oesophagien): immunodéprimé + dysphagie
douloureuse, des douleurs rétro-sternales,
des épigastralgies parfois un hoquet et une
anorexie.
candidose gastro-intestinale : diarrhée
aqueuse +douleurs abdominales
candidose anale et périanale: brûlures,
prurit anal
Formes topographiques
Localisations génitales
vulvite ou vulvo-vaginite: leucorrhées
épaisses, abondantes, grumeleuses,
blanchâtres et d’aspect caillebotté.
balanite, balanoposthite et urétrite:
prurit, brûlures mictionnelles et écoulement
urétral abondant. Gland recouvert de
plaques rouges, lisses et suintantes, parfois
recouvertes d’un enduit blanc-jaunâtre.
Formes topographiques
Localisations cutanèes
Intertrigos candidosiques
Terrains: obèses, ménagères.
Facteurs locaux +++
Siége: grands plis et petits plis
Début au fond du pli et extension symétrique
Aspect rouge vernissé, suintant.
Candidose génito-fessière du
nourisson
Granulome candidosique cutané
Intertrigos candidosiques
Intertrigos
candidosiques
<< Pied d’athlète >>
Candidose génito-fessière du NRS
Formes topographiques
Onyxis et le périonyxis à Candida
Localisation: doigts et rarement les orteils
Début: formation d’un bourrelet
inflammatoire péri-unguéal (périonyxis)
Atteinte de l’ongle: épais, friable, décollé et
tâcheté
Formes topographiques
Onyxis et le périonyxis à Candida
Candidoses profondes
04 entités clinico-biologiques :
candidémie isolée sans localisation profonde
(hémoculture positive)
candidose disséminée aiguë : atteinte≥02
viscères + localisations cutanées diffuses +/-
hémoculture positive
candidose disséminée chronique:
candidose hépatosplénique +/- hémoculture
positive
candidose monoviscérale: atteinte osseuse,
méningée, péritonéale +/- hémoculture
positive
Candidoses profondes
Gravité: létalité 50% des cas.
Contamination : endogène (foyer
digestif) ou exogène (cathéter, chirurgie
avec traumatisme vasculaire).
Situations à risque multiples
- séjours prolongés en soins intensifs,
- suites d’interventions chirurgicales,
- hémodialyse, nutrition parentérale,
- diarrhée, cathéters veineux……..
Candidoses profondes
► Les candidémies
- symptomatologie pauvre et traînante,
ne cédant pas aux antibiotiques,
- contexte d’altération de l'état général
- splénomégalie inconstante.
- sepsis sévère avec choc septique
- FO: choriorétinite (nodules cotonneux)
- Echocoeur: grosses végétations
Candidoses profondes
► Localisations viscérales : multiples
et variées
- digestives : gastroentérite, abcès
hépatospléniques etc…
- oculaires : choriorétinite
- cardiaques : endocardites subaiguës
- ostéo-articulaires: spondylodiscite++
+
Candidoses profondes
► Localisations viscérales
Candidoses profondes
- musculaires : myalgies
- respiratoires : bronchopneumopathies
- urinaires: cystite, abcès rénale
- cutanées : lésions érythémateuses
diffuses, maculopapuleuses ou
nodulaires
- neurologiques : méningites ou
méningo-encéphalites du nouveau-né
DIAGNOSTIC
DIAGNOSTIC POSITIF
► Diagnostic mycologique
- Produits pathologiques
- Examen mycologique : examen direct et
mise en culture
- Identification : étude de la filamentation
(test de blastèse) et culture milieu PCB
- Inoculation à l’animal et diagnostic
histologique
DIAGNOSTIC POSITIF
► Diagnostic immunologique
Recherche d’ac anti-Candida : détection
mannane candida + ac antimannane
Techniques habituelles (IFI, immuno-
électrophorèse, l’ectrosynérèse,
hémagglutination indirecte)
Intérêt: candidoses profondes
Problèmes: spécificité et
immunodépression
DIAGNOSTIC
DIFFERENTIEL
► Intertrigo ou onyxis:
dermatophyties
► Dysphagie
oesophagite herpétique ou à CMV
kaposi ou Kc digestif
ulcère gastro-duodénal
► Septicémie : autres septicémies
TRAITEMENT
Traitement curatif
4.1.1. Buts
► Eliminer la levure
►Eviter les complications
► Traiter les complications
Traitement curatif
4.1.2. Moyens
► Antifongiques
→ Nystatine (Mycostatine*)
→ Dérivés imidazolés: Kétoconazole , Econazole
(Pevaryl*), Isoconazole (Fazol*), Miconazole
(Daktarin*), Fluconazole (triflucan*)
→ Amphotéricine B (Fungizone*)
Traitement curatif
→ Amphotéricine B (Fungizone*)
→ Terbinafine (Lamisil*)
→ 5 Flucytosine (Ancotil*)
→ Voriconazole (Vfend*)
→ Caspofongine (Cancidas*)
Traitement curatif
► Adjuvants
→ Anesthésiques locaux (xylocaïne gel)
→ Ablation de corps étranger : prothèse
dentaire ou cardiaque, cathéter
→ Chirurgie d’exérèse (valvulaire)
Traitement curatif
4.1.3. Indications
► Candidoses superficielles
→ Candidose digestive du sujet vivant avec le
VIH:
*candidose buccale :
- Nystatine ou amphotéricine B suspension
buvable, miconazole gel buccal: 7-10j
- Fluconazole (50 à 100 mg/j) ou
kétoconazole (400 mg/j): 10-14j si formes
rebelles ou récidivantes
*candidose oesophagienne : Fluconazole :
100 à 200mg/j pdt 3- 4 semaines
Traitement curatif
► Candidoses superficielles
→Candidoses génitales
- Nystatine cp gynécologiques, imidazolés topiques:
3-14j
- Fluconazole 150mg PU ou kétoconazole 400 mg/j
en 7-10j si échec traitement local
- Conseils hygiéno-vestimentaires
→ Onyxis et périonyxis
- Nystatine ou amphotéricine B lotion ou azolés
crème pendant 14j si périonyxis isolé
- Fluconazole : 100 mg/j per os pendant 1-2mois si
onyxis +périonyxis
Traitement curatif
► Candidoses profondes
→ Patients non immunodéprimés : fluconazole
800mg/j à j1 puis 400mg/j (ou caspofungine si
suspicion de résistance+/-flucytosine
→ Patients immunodéprimés : ampho B +/-flucytosine
en IV ou fluconazole
→ Patients neutropéniques: ampho B liposomale ou
caspofungine
Durée: 2 semaines après négativation hémocultures
ou 6 mois
Traitement préventif
► Suppression des facteurs favorisant
► Bonne hygiène bucco-dentaire
► Asepsie rigoureuse en milieu de soin
CONCLUSION
Affections fréquentes et bénignes dans
localisations superficielles
Augmentation de la fréquence des cas
Formes profondes et graves sur terrain
immunodéprimé (VIH/Sida, chimiothérapie),
gestes invasifs
Problèmes: récidives et résistance aux
antifongiques usuels