Les démarches pour l’évaluation
Le rôle de l’enseignant est de planifier
quotidiennement les activités de classe en fonction
d’objectifs déterminés à l’avance, reposant sur les
besoins des apprenants.
L’évaluation des apprentissages est une
démarche qui consiste d’abord à:
1)Recueillir des informations (résultats de mesures,
appréciations, observations, etc.) et les rendre
signifiantes;
2)Porter des jugements sur les données recueillies;
3)prendre des décisions quand à l’action de
formation à entreprendre compte tenu de
l’intention d’évaluer de départ.
D. Lussier retient quatre étapes en
interrelation:
1-L’intention d’évaluation: ce point renvoie
aux questions « pourquoi évaluer? », « quand
évaluer? ». Elle nous ramène aux différents
types d’évaluation et à leurs fonctions.
La mesure: elle consiste à recueillir des
informations et des données à la fois
qualitatives et quantitatives afin d’éclairer
le jugement et la prise de décisions..
Le jugement: c’est donner un avis sur la progression
ou sur l’état de réalisation des apprentissages à la
lumière des différentes informations recueillies. Cette
étape suppose une prise de distance de la part de
l’enseignant- évaluateur car le jugement doit être le
plus objectif possible. Le jugement concerne la
qualité des apprentissages mais également les
démarches d’enseignement/apprentissage.
La décision: cela signifie choisir entre différentes
possibilités quant aux actions à entreprendre
relatives à la progression des apprentissages et à la
reconnaissance de ceux qui sont maitrisés à la fin
d’un programme d’étude.
Le critère d’évaluation
Un critère, c’est :
une qualité
ce qui sert de base à une appréciation
un point de vue sur lequel on se place pour évaluer,
pour prendre une décision
Formuler un critère
Préciser la qualité :
soit en utilisant un substantif qui est lui-même connoté
positivement (adéquation, cohérence, précision,
originalité,...);
soit en utilisant un substantif auquel on ajoute
un complément lui-même connoté
positivement (emploi pertinent, interprétation
correcte, production personnelle,...)
soit en utilisant une question (La synthèse
est-elle complète ? L’élève a-t-il travaillé
proprement ?)
Les principaux critères en langue
Critères généralement présents
C1. Adéquation de la production (pertinence)
C2. Correction de la langue (syntaxe et/ou orthographe
et/ou choix du vocabulaire…)
C3. Cohérence sémantique( c-à-d qu’il s’agit d’un
rapport étroit des idées qui s'accordent entre elles)
Autres critères pouvant apparaître (à différencier entre
l’oral et l’écrit)
• Volume ( éviter la monotonie)
• Originalité
• Correction de la prononciation
• ...
Qu’est ce qu’un indicateur d’évaluation?
Un indicateur, c’est :
L’opérationnalisation d’un critère ( processus de concrétisation du
critère)
Un indice observable
Exemples d’indicateurs
Exemple 1
Critère : présentation correcte de la copie
Indicateurs
Absence de taches
Absence de ratures
Titres soulignés
Formuler un indicateur:
Un indicateur doit pouvoir être relevé de la même
façon par deux correcteurs différents.
Pour cela, il doit être formulé:
De façon concrète et vérifiable (« absence de
taches » plutôt que « propreté »)
Si possible, de façon quantifiable (« 3/4 des
mots orthographiés correctement » plutôt que
«orthographe»)
De façon simple, même si toutes les nuances ne
sont pas exprimées
La notion de grille de correction
Une grille de correction est un outil
d’appréciation de la maîtrise des critères
par l’élève (à travers sa production complexe).
On a toujours intérêt à développer des grilles de
correction opérationnelles, c’est-à-dire des
grilles qui, situation par situation, indiquent
clairement quand l’indicateur est déclaré
réussi.
Il faut distinguer deux types de gestion
des critères et indicateurs :
1-une gestion qualitative des critères, où ce
qui compte est de porter un regard pluriel
sur une production d’élève, et de déterminer
les critères maîtrisés, sans le souci de la
note
2-une gestion quantitative des critères,
dans laquelle on attribue une note chiffrée
(situation 2 des paliers 3 et 4).
Les critères d’évaluation
Dans un souci de cohérence et de
transparence, le formateur doit donner des
critères pour évaluer de façon équitable et
rigoureuse la performance des apprenants
en fonction du seuil de performance
attendu.
L’objectif final étant d’atteindre un certain
degré de compétence de communication.. Il
faut établir des échelles d’appréciation
lisibles et interprétables pour les intéressés.
L’évaluation doit être un reflet fidèle des
apprentissages; elle doit donc intégrer un
certain nombre de caractéristiques dans un souci
de rigueur et de respect des apprenants évalués.
Le souci de transparence dans les modalités
et les attentes établit entre l’enseignant-
formateur et les apprenants, une relation de
confiance propice à un travail collectif dans une
ambiance sereine.
Cela aide à dédramatiser les étapes de
l’évaluation qui n’est plus alors synonyme de
sanction mettant l’accent sur ce qui n’est pas
maitrisé ou en voie d’acquisition.
L’évaluation devient un processus de
prise de conscience sur l’acquis, le
non-acquis et ce qui est en cours
d’acquisition.
Enseignants et apprenants peuvent
également réfléchir ensemble sur les
meilleures stratégies à mettre en œuvre
pour la suite de l’apprentissage.
Les caractéristiques de l’évaluation
Un ensemble de variables entrent en ligne de compte au
moment même de l’évaluation, comme :
les besoins des apprenants,
les exigences de l’institution,
le type d’évaluation, etc.
Depuis les origines des recherches sur les modes d’évaluation,
trois critères semblent être fondamentaux: l’objectivité, la
fiabilité, la validité.
La mise en œuvre du critère de fiabilité « fidélité » est
complexe. En effet, s’il s’agit de corriger des QCM, la réponse
est juste ou fausse.
Mais, lorsqu’il s’agit d’apprécier des écrits et des oraux dont les
réponses ne sont pas totalement prévisibles, pour optimiser
la fidélité des tests, il importe d’élaborer des grilles de
correction communes à tous les correcteurs, et ce dans le
but de bien centrer l’intention sur les objectifs pour limiter la
Notons que plus les exercices font appel à la
créativité des apprenants et à une expression
authentique, plus il est complexe d’établir une
grille d’évaluation selon des critères exhaustifs (=
complets).
Si besoin est, la grille d’évaluation peut être
accompagnée du barème de notation dont la
fonction est de renseigner l’apprenant,
l’enseignant et l’institution (ou les parents) en
termes chiffrés.
Les grilles d’évaluation et les barèmes de
notation doivent être portés à la connaissance de
l’apprenant pour qu’il sache exactement ce qu’on
attend de lui afin de concevoir la passation de son
L’utilisation de grilles d’évaluation nous
permettra de rendre notre évaluation plus
transparente, tant pour les élèves que pour leurs
parents.
Critères invariants pour l’expression Critères invariants pour l’expression
orale écrite
1-La pertinence du contenu (respect 1)La pertinence du contenu (respect
des consignes, temps de parole, type des consignes, longueur, type de
de production, adéquation des production, adéquation des
stratégies à la situation de stratégies à la situation de
communication…). communication…).
2-La cohérence de la production 2)La cohérence du contenu (logique
(adéquation avec les répliques du interne du texte et logique des idées
partenaire, prise de exprimées). 3)L’exactitude et la
participation/d’initiative dans richesse lexicale. 4)L’exactitude et la
l’échange…). richesse grammaticale.
3-La qualité de la prononciation et de
l’intonation, la mélodie de la phrase.
4-Le débit de parole.
5-L’exactitude grammaticale.
Exemple d’une grille d’évaluation: production
écrite
Grille d’évaluation: production écrite