MÉTHODES D’ÉVALUATION DE LA
TOXICITÉ
I. Rappels
II. Détermination de la toxicité par administration
unique
III. Détermination de la toxicité par administrations
réitérées
IV. Examen de la fonction de reproduction
V. Toxicité génétique
VI. Essais de cancérogenèse
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I. Rappels
La mise sur le marché des médicaments est
subordonnée à une autorisation après examen d’un
dossier comportant:
• Les résultats des dossiers analytiques,
toxicologiques et cliniques
• Les dossiers des experts qui se prononcent sur
la qualité scientifique du dossier
• L AMM est délivrée si le médicament remplit les
conditions requises d’efficacité et de tolérance et
si les contrôles de fabrication confirment la
qualité du produit
• Deux étapes en dehors du dossier analytique
doivent être franchies avant l utilisation du
médicament: 2
II. Détermination de la toxicité par
administration unique
• La toxicité par administration unique concerne
l’étude qualitative et quantitative des
phénomènes toxiques et leur apparition en
fonction du temps après administration
unique de la substance ou d’une association
• appelée « toxicité aigue »
de substance
• 1ère étude réalisée sur la substance lorsqu’on n’a
aucune notion ou seulement des notions très
théoriques sur la toxicité
• L’épreuve de toxicité aigue la plus utilisée est la
détermination de la dose létale médiane DL50 du
composé
• Expression statistique de la dose qui est 3
Evaluation de la toxicité
La toxicité aiguë
Dose Létale 50 (DL50) :
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Evaluation de la toxicité aigue
La toxicité aiguë
Dans le cadre des essais de toxicité aigue des
médcts ou produits chimiques en vue de leur
AMM on préfère établir la DL50
Dose Létale 50 (DL50) :
Correspond à la dose d’une
substance
pouvant causer la mort de 50%
d’une population animale dans des
conditions précises.
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1. Détermination de la toxicité aiguë
Buts: permet de:
- Calculer dose létale médiane (DL50 ou CL50 si voie
pulmonaire) :
« expression statistique de la dose de produit
supposée tuer 50% des animaux d'un lot
d'expérience »
- Déterminer la nature des effets toxiques aigus
(organes cibles, signes cliniques …)
- Établie une relation dose administrée / intensité des
effets toxiques
- Orienter les essais ultérieurs (gamme doses …)
- Fournir des indications sur les effets probables
d’une exposition massive chez l'homme
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1. La toxicité aiguë
Modalités:
Produits : principe actif (PA) ou association de PA
excipients (si 1ère fois)
Doses : ≥ 3 doses
gamme large toxicité et mortalité
Animaux :
Espèces : ≥ 2 espèces, mammifères
le + svt, rongeurs : rat et souris
parfois : lapin, chien
Sexe : mâles et femelles (nullipares, non-gravides)
Nombre : 5 animaux / sexe / dose
Voies d’administration : voie prévue chez l’homme
+ voie / PA inchangé dans circulation (iv)
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1. La toxicité aiguë
Durée : observation ≥ 14 jours
Examen clinique (≥ 1 / jour) : perte de poids
peau, pelage, muqueuses …
fonctions respiratoire, cardiaque,
digestive
SNC (comportement, mouvements
…)
prise alimentaire …
mortalité en cours : moment
précis ?
congélation évite cannibalisme
Sacrifice : en cours essai / animaux
moribonds 8
fin essai / animaux survivants
termination de la DL50 avec son intervalle de confiance à pa
des différents taux de mortalité
En précisant la méthode de calcul utilisée
Méthodes de calcul les plus courantes:
• Méthode de Litchfield et Wilcoxon (1947)
• Méthode de Miller et Tainter (1944)
• Méthodes de Thomson et Weil (1952)
• Méthode de Kaber
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Courbe de Trevan
Trevan (1927) : courbe mortalité (%) /log dose
décrite par une sigmoïde dite courbe de Trévan
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2- Relation dose / fréquence de mortalité (% morts à 1
dose - % morts à dose inférieure) suit une loi
normale
3- Linéarisation de la relation dose / mortalité (probit)
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Importance de la
pente :
Produits A et B : même
DL50
pentes ¹
A : plus toxique
B : moins toxique
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4- Limites de la DL50 :
Limites : la DL50 n’est pas une constante biologique
Variabilité liée à l’animal :
- espèce, âge, sexe, poids …
- pathologie spontanée
- alimentation
Variabilité liée à l’expérimentation :
- administration (voie, véhicule, concentration …)
- hébergement (lumière, t° …)
- heure détermination
Variabilité inter-laboratoires : -
- phencyclidine / 100 labos / protocole standard
DL50 : 80 à 2400 mg / kg !!!
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Détermination DL50 «
approximative »
Détermination DL50 « approximative » 1998)
(OCDE,
Classe DL50 approximative(voie orale – mg/kg)
1 5
2 50
3 300
4 2000
5 5000
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Détermination de la toxicité par administration
réitérée
1- Définition :
" Mettre en évidence des altérations fonctionnelles et/ou
anatomo pathologiques consécutives à l’administration
réitérée de la substance ou d'une association de
substances et établir les conditions d’apparition de ces
altérations en fonction de la posologie "
(directive 75/318/CEE)
2- Buts :
Elle fournra des info sur
- Effets toxiques après exposition répétée de durée limitée
- Effets réversibles ou irréversibles
- Effets cumulatifs, retardés
- Organes cibles
- Choix doses / essais ultérieurs
- Niveau sans effet toxique (NOEL : no observed effect
level) 15
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• Mode d’administration : voie prévue chez
l’homme
• fréquence quotidienne, 7j/7
• Observation : périodique
• Examen clinique général (> 1 fois / j) :
symptômes de mortalité
• Examen clinique détaillé (> 1 fois /sem) :
• comportement
• poids corporel
• alimentation (eau, nourriture) …
• Examen biologique et fonctionnel (début, mi-
parcours et fin) :
bilan biologique : sanguin
biochimique
urinaire
bilan fonctionnel : ECG, ophtalmo … 17
Fin : sacrifice de tous les animaux
Autopsie : complète et détaillée
> 30 tissus & organes prélevés
poids des organes
examen macroscopique
et
examen anatomo-pathologique
Résultats : de chaque animal
+
étude statistique si effet toxique
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IV Etude des fonctions de reproduction
1- Introduction :
Années 60 : Thalidomide=N-phtaloyl glutarimide
(sédatif et hypnotique)
1956 : pas de toxicité / animal (tox. chronique)
/ homme (études cliniques)
mise sur le marché
ttt troubles sommeil et digestif (N,V) pdt
grossesse
1959 à 1961 malformations exceptionnelles /
nouveaux-nés
(6000 cas / monde)
phocomélie : raccourcissement des membres
amélie : absence de membres
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Diéthy lstilbestrol (œstrogène synthétique non
stéroïdien)
1940-1970 : ttt préventif des fausses couches pdt
grossesse
Nécessité(xde40)
développer des modèles
risque cancer vaginal / animaux d’étude
filles de mères
de la toxicité sur les fonctions de reproduction différents
traitées
des modèles de toxicité
chronique
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Animaux : mammifères, fécondité élevée, temps de
gestation court
Doses : 3 doses : dose forte = dose maximale tolérée
(perte poids < 10 %)
dose intermédiaire = toxicité modérée
dose faible = effet thérapeutique / aucune toxicité
+ 1 témoin (véhicule)
Mode d’administration : voie prévue chez l’homme
fréquence quotidienne, 7j/7
Segment 1 et 3 : 1 espèce, utilisée pour étude
administration réitérée
le + svt : rat (gestation 21j)
Segment 2 : 2 espèces, dont 1 non-rongeur
le + svt : rat + lapin (gestation 31j)
Nombre : 16-20 / sexe / dose (rat & lapin)
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Toxicité génétique : Action des toxiques au
niveau de l’ADN
Toxiques : composées étrangers à
l’organisme
créer
• des agressions cellulaires
troubles de l’homéostasie cellulaire
• mort de la cellule (apoptose)
• atteinte du génome (substance génotoxique)
Interférer avec le métabolisme cellulaire
Interférer avec l’ADN : création de mutations
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OCDE proposes
1. Essais relatifs aux mutations géniques
2. Essais relatifs aux aberrations chromosomiques
3. Essais relatifs aux effets sur l’ADN
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