BBVVVVCVCCC
BBVVVVCVCCC
d’une gamme
d’emboutissage
par François RONDÉ-OUSTAU
Ingénieur civil des Mines de
Nancy Docteur-Ingénieur
P S A Peugeot-Citroën, unité de
Recherches Matériaux
Technologie
1. Généralités................................................................................................. B 7 -2
540
1.1 Définitions .................................................................................................... — 2
1.2 Caractéristiques du procédé ....................................................................... — 3
1.2.1 Organisation d’une ligne d’emboutissage ....................................... — 3
1.2.2 Cadencement ...................................................................................... — 3
1.2.3 Critères d’acceptation......................................................................... — 3
1.3 Matériaux ..................................................................................................... — 5
1.3.1 Matériaux emboutissables................................................................. — 5
1.3.2 Caractérisation de l’emboutissabilité................................................ — 5
1.3.3 Critères de choix ................................................................................. — 6
2.Étapes de la conception de la gamme ............................................... — 6
2.1 Définition géométrique de la pièce ............................................................ — 6
2.2 Détermination du flan minimum................................................................ — 7
2.3 Établissement des conditions d’emboutissage......................................... — 7
2.3.1 Identification des zones d’allongement, pliage, rétreint ................. — 7
2.3.2 Séparation des zones développables et non développables.......... — 7
2.3.3 Séparation des zones visibles et non visibles.................................. — 7
2.3.4 Recherche de l’enveloppe générale des surfaces d’aspect............. — 7
2.3.5 Équilibrage des lignes d’aspect......................................................... — 8
2.3.6 Évaluation des rayons poinçon/matrice ........................................... — 8
2.3.7 Portées de serre-flan. Joncs et autres artifices ................................ — 8
2.3.8 Opérations complémentaires, finitions ............................................ — 8
3.Outillages ................................................................................................... — 9
3.1 Types d’outils : simples et à coulisseaux................................................... — 9
3.2 Réalisation des outils .................................................................................. — 9
3.3 Mise au point des outils .............................................................................. — 10
4.Paramètres de réglage............................................................................ — 10
5.Suivi de produit/qualité.......................................................................... — 10
6.CAO et simulation numérique.............................................................. — 11
6.1 Intérêt des approches numériques ............................................................ — 11
6.2 Composantes de la simulation numérique ............................................... — 11
6.3 Différents niveaux d’investigation ............................................................. — 11
7.Perspectives d’avenir.............................................................................. — 12
7.1 Évolution des matériaux ............................................................................. — 12
7.2 Procédés concurrents.................................................................................. — 12
8.Variantes du procédé .............................................................................. — 13
8.1 Stretch-draw................................................................................................. — 13
8.2 Formage sur élastomère ............................................................................. — 13
8.3 Formage de flans raboutés ......................................................................... — 13
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. B 7
540
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CONCEPTION ET MISE AU POINT D’UNE GAMME D’EMBOUTISSAGE
Figure 3 – Ligne de presses d’emboutissage avec vue d’un poste d’emboutissage (Citroën
Aulnay)
■ Plis
On appelle plis les ondulations de la tôle résultant d’un
flambe- ment local associé à un champ de contraintes de
compression [2]. Généralement associés à des déformations
en rétreint, ils peuvent apparaître aussi bien dans les
brins libres (zones de la tôle qui momentanément ne sont
en contact ni avec la matrice, ni avec le poinçon) que
sous serre-flan. Ils peuvent résulter aussi bien des
contraintes de formage proprement dites que des
contraintes résiduelles libérées après décharge et extraction
de la pièce hors de l’outil.
On peut faire une distinction à partir de l’ampleur du
phénomène :
—les plis à proprement parler que la faible longueur
d’onde (quelques centimètres) et la hauteur supérieure
au millimètre rendent parfaitement visibles (figure 5) ;
—les ondulations ou déflexions de surface, de faible
amplitude (quelques dixièmes de millimètre) et parfois de
grande longueur d’onde, visibles surtout en lumière rasante
où elles se manifestent par une impression de flou. Elles
Figure 4 – Presse transfert à ventouse (PTV) de 6 000 peuvent parfois se présenter sous forme de creux ou de
t cuvettes de quelques dixièmes de millimètre de profondeur
(Peugeot Mulhouse) se situant au voisinage d’un contre-embouti du type
logement de la poignée de porte. Elles peuvent aussi
La striction, amincissement localisé de la tôle juste avant affecter un panneau tout entier conduisant à un défaut
rupture, constitue également un motif de rebut (cf. article alors désigné par manque de tendu. Une ondulation est
Aptitude à l’embou- tissage des tôles minces [B 7 530]). souvent un pli en voie de résorption en fin de course.
Parfois difficile à déceler, elle s’ac compa gne
généralement d’une granulosité pl us forte en Les pièces présentant des plis ne sont pas forcément à
périphérie. Elle peut aussi apparaître sous l’aspect de pans rebuter, s’il s’agit par exemple de pièces non visibles où
coupés ou chanfreins sur les rayons les plus petits, les défauts de forme obtenus ne présentent aucune
associés à des débuts d’entailles dans la matière. incidence sur le comportement en service (résistance
mécanique, vibrations en par- ticulier). Il convient cependant
Dans tous les cas, une pièce présentant un d’être prudent et de veiller à ce que les plis, si petits soient-
amincissement local de type striction est réputée ils, ne favorisent pas la ruine de la pièce par flambement
ma u va i se car, du point de vue mécanique, la striction dans quelque circonstance d’utilisation. C’est pour- quoi il
représente une faiblesse pouvant se trans- former très est préférable de les maîtriser en les transformant par
rapidement en rupture sous des sollicitations relative- ment exemple en nervures supplémentaires judicieusement
faibles, et, du point de vue aspect, elle constitue un défaut disposées qui renforceront la pièce tout en facilitant son
(parfois de type peau d’orange ) que ne masquent pas formage.
toujours les laques habituellement déposées en couches
minces. ■ Aspect de surface
Compte tenu du fait que, dès son apparition, la L’aspect de surface constitue un critère déterminant pour
localisation des déformations s’intensifie rapidement et de l’accep- tation des pièces de robe de la carrosserie et peut
façon non contrôlable, l’emboutisseur a intérêt à choisir également être pris en compte pour certaines pièces de
des conditions opératoires qui le tiennent suffisamment loin structure partiellement visibles.
de la striction sous peine de se trouver confronté à des Les défauts d’aspect peuvent avoir deux origines
arrêts de ligne fréquents, ou du moins à des rebuts différentes :
importants. —les défauts accidentels (tels que picots, rayures,
marquages divers) liés à des incidents survenus au cours
de la manipulation des pièces comme au cours du formage
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dont la prévention passe
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entretien soignés de l’ensemble des moyens de
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4 production (propreté des outils, manipulateurs et palettes de
stockage adaptés) ;
CONCEPTION ET MISE AU POINT D’UNE GAMME D’EMBOUTISSAGE
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CONCEPTION ET MISE AU POINT D’UNE GAMME D’EMBOUTISSAGE
GH
constituent : gradin, (§ 2.3.7)).
La longueur développée est calculée sur la fibre neutre
supposée à mi-épaisseur dans les parties rectilignes et à 2/5 2.3.2 Séparation des zones
de l’épaisseur côté intérieur dans les parties courbes. développables et non
— Développement des coins : un coin équivaut à un développables
cylindre de hauteur h et de rayon R raccordé au fond par un La géométrie de la tôle lors de l’attaque du poinçon est
rayon r. L’application du théorème de Guldin (cf. article directement issue des déformations imposées par le
Formage à la presse [B 7 510]) permet alors de déterminer serre-flan lors de son serrage. Pour que cette géométrie
le rayon du flan correspondant à la surface équivalente. soit propice à l’emboutissage, il est nécessaire qu’elle soit
exempte de distorsions qui pourraient conduire à des
défauts de formage rédhibitoires. C’est pour cette raison
que les portées du serre-flan sont construites, dans la mesure
du possible, à partir de surfaces développables.
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CONCEPTION ET MISE AU POINT D’UNE GAMME D’EMBOUTISSAGE
2.3.5 Équilibrage des lignes Les rayons de poinçon sont de préférence supérieurs aux
d’aspect rayons d’entrée matrice afin d’éviter les déchirures du métal
Sur les pièces de robe, les lignes d’aspect (dites aussi de à leur droit. Cette règle n’est valable que si les rayons ne
style ou de caractère) exigent une grande netteté de sont pas ceux de la pièce, sinon ce sera le styliste qui
réalisation du fait de leur rôle déterminant dans l’esthétique imposera sa valeur (cas le plus fréquent des risques de
de la carrosserie (figure 9). striction).
Cela suppose en particulier qu’il n’y ait pas glissement de 2.3.7 Portées de serre-flan.
la tôle sur le nez de poinçon dans les zones du Joncs et autres
flan qui leur correspondent. Ce résultat ne peut être
acquis qu’au prix d’un équilibrage soigné des efforts
artifices
exercés de part et d’autre de la ligne par les diverses Les portées de serre-flan ainsi que la forme et la position
parties de l’outillage, ce que le service des Méthodes des joncs sont les derniers éléments sur lesquels le
réalise en opérant les basculements appropriés de l’outil service des Méthodes pourra jouer pour obtenir une pièce
lors de la détermination de la direction d’emboutissage. bonne.
Parfois, ces précautions ne suffisent pas et il faut En règle générale, la portée de serre-flan doit
introduire la notion de serrage différentiel, la géométrie constituer une surface développable afin de prévenir la
n’étant pas régulière d’une extrémité de la pièce à l’autre. formation de plis lors du serrage de la tôle dans l’outil.
On crée un équilibre entre les deux sections les plus Quand la développabilité complète s’avère impossible, on
extrêmes possibles et, au-delà, il faut gérer un compromis s’efforce de l’obtenir par morceaux, en veillant au
où l’équilibre général n’est plus respecté (cas fréquent des raccordement des surfaces adjacentes. Lorsque la
pointes d’ailes avant et arrière). géométrie le permet, il est possible d’utiliser des zones
utiles de la pièce comme portée de serre-flan, de façon à
C’est également le cas lorsqu’il y a plusieurs lignes minimiser l’engage- ment matière.
de style superposées : l’une (voire deux) de ces lignes
2.3.6équilibrée,
sera Évaluationmaisdes rayons
les autres poinçon/matrice
glisseront inévitablement. Le contrôle de l’écoulement est obtenu à l’aide
d’artifices qui freinent la matière, du type jonc de
retenue, gradin ou redan (figure 10), habituellement
Une fois définies les formes annexes et la direction placés sur la matrice hors des zones utiles de la pièce.
d’emboutis- sage, il convient de dimensionner les rayons 2.3.8 Opérations complémentaires,
d’outils de façon à éviter les déchirures intempestives du
métal. En règle générale, plus les rayons d’entrée matrice finitions
sont petits, plus les efforts de formage augmentent et Une fois définie la phase d’emboutissage proprement dite,
plus les gradients locaux de déformation sont il faut répartir sur les presses simple effet les différentes
sévères. En pratique, ils sont compris entre cinq et dix fois opérations complémentaires qui restent à réaliser pour
l’épaisseur de la tôle. Pour des tôles de 0,7 m m obtenir la pièce finie : frappe de calibrage éventuelle,
d’épaisseur (cas courant en carrosserie), des rayons détourage de la pièce, poinçonnages divers, relevés de
d’entrée matrice inférieurs à 5 m m sont à éviter. collets et tombages et relevages bords (§ 1.1).
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CONCEPTION ET MISE AU POINT D’UNE GAMME D’EMBOUTISSAGE
Ces opérations sont généralement regroupées en Pour les grosses pièces de carrosserie, les outils sont
opérations combinées de façon à réduire le nombre de le plus souvent réalisés à partir de moulages en fonte.
passes, donc la lon- gueur des lignes et le nombre des Les principales nuances utilisées sont les fontes grises
outils qui pèsent lourdement sur les investissements et le lamellaires de type FGL 240 ou les fontes à graphite
coût du procédé. sphéroïdal F G S 600 ; une trempe superfi- cielle peut être
localement réalisée pour renforcer la tenue à l’usure. Les
pièces fragiles sont réalisées en acier 50 CD 4 ou 35
3. Outillages N C D 16.
Pour les outils à cadence rapide où l’allègement des
masses mo b i l e s est recherché, o n peut parfois utiliser
1. Types d’outils : de s alliages d’aluminium de type Fortal.
simples et à coulisseaux Pour les prototypes ou les très petites séries (quelques
dizaines de pièces), des outillages à base de béton de
Les outillages sont généralement composés d’éléments résine ou d’alliage à bas point de fusion (Cerrotru ) sont
massifs issus de fonderie qui constituent les bâtis inférieur souvent utilisés.
et supérieur, le poinçon, la matrice et le serre-flan. Leur
rigidité constitutionnelle assure la transmission des efforts ■ Principe de réalisation
de formage de la presse vers la tôle. Ils disposent de Si les petits outils sont généralement usinés dans la
goulottes en tôle qui permettent d’évacuer les chutes de masse, les g ro s outils de carrosserie automobile sont
matière vers des trappes à chutes où elles sont collectées obtenus à partir d’ébauches de fonderie dont les
par des convoyeurs souterrains (jusqu’à 40 % de la matière surépaisseurs sont usinées le plus souvent sur des
mise en œuvre). machines à commande numérique.
Des outillages à coulisseaux (figure 11) permettent de Le recours à des techniques d’usinage non
renvoyer l’effort vertical du plongeur dans des directions conventionnelles : électroérosion, électrochimie, peut
horizontales ou obliques pour travailler la pièce dans parfois s’avérer intéressant, l’électroérosion étant plutôt
plusieurs directions à la fois, différentes de la verticale de utilisée pour des petites pièces, l’électro- chimie fournissant
l’outil, autorisant ainsi l’obtention de formes impossibles à en particulier un état de surface très fin.
réaliser avec des outils monoblocs (contre- dépouilles par
D e s traitements thermiques peuvent être nécessaires
exemple). Les cames et les glissières des chariots mobiles
pour renforcer des zones fortement sollicitées. Ces
sont généralement supportées par les bâtis. Lorsque les
opérations sur gros outils sont réalisées localement à l’aide
coulisseaux sont fixés sur des parties mobiles de type serre-
de chauffage par induction ou même au chalumeau.
tôle, on parle d’outils à coulisseaux suspendus.
Des traitements de surface sont parfois utilisés ; les plus
Pour les séries limitées, on utilise préférentiellement des classiques sont le chromage dur et la nitruration. Les
outils constitués de plaques superposées qui limitent techniques de dépôt par v o i e c h i m i q u e ( C V D ) o u
fortement la dimension du laboratoire (volume disponible p h y s i q u e ( P V D ) c o m m e n c e n t à s e développer ; elles
sous presse).
3.2 Réalisation des concernent essentiellement les dépôts de carbures,
nitrures et carbonitrures de titane.
outils Les opérations de polissage, généralement manuelles,
■ Matières des outils constituent habituellement la phase finale de la réalisation
Les outils pour petites pièces de carrosserie sont des outils. Réalisées de façon sélective (rayon d’entrée
habituellement réalisés à partir d’aciers en plaque matrice/poinçon), elles ont pour but bien sûr de préserver la
s’échelonnant du E24 jusqu’au 160 CDV 12, avec ou sans qualité de surface des pièces, mais aussi de faciliter les
traitements thermiques ou de surface. écoulements de métal dans certaines zones (nez de
poinçon, par exemple).
Notons enfin que, pour des raisons diverses (coût de
réalisation, entretien, caractéristiques locales particulières,
etc.), les outils peuvent parfois être réalisés à partir
d’inserts – éléments rapportés sur une base support – dont
la réalisation et/ou le traitement se trouvent ainsi facilités
par rapport à un outil monobloc.
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CONCEPTION ET MISE AU POINT D’UNE GAMME D’EMBOUTISSAGE
3.3 Mise au point des outils —la stabilité du processus d’emboutissage impose une
bonne répétabilité des conditions de lubrification, en
particulier du gram- mage d’huile déposée ;
La mise au point des outils repose sur l’application de —les pièces devant être peintes ultérieurement, la
toutes les règles théoriques précédentes. Mais rares sont
les cas où il n’y a pas de retouches. dégraissabilité après emboutissage limite le choix du
lubrifiant.
La mise au point commence toujours par un équilibrage
Compte tenu du coût du lubrifiant et des nuisances
et ajus- tage statique pour partir sur une base connue. Cet
ajustage est assez rapide aujourd’hui du fait du mode de engendrées par la manutention de pièces grasses (salissure
reproduction numérique, mais il est ensuite remis en cause des sols), de plus en plus d’ateliers s’abstiennent de rehuiler
par la dynamique des mouvements de la tôle. O n parle et se contentent d’utiliser l’huile de protection comme
alors d’ajustage dynamique. lubrifiant d’emboutissage.
La presse a un rôle important dans le système ■ Pression de serre-flan
presse/outil/tôle et, à chaque fois qu’il y a un changement de C’est en fait le principal paramètre sur lequel l’opérateur
machine, il faut envisager un réajustage dynamique. La agit pour assurer la qualité des pièces. Plus elle est élevée,
rigidité et la vitesse de la presse de mise au point doivent plus les modes de déformation se déplacent vers
être les plus proches possibles de celles de la presse qui l’expansion, mais aussi plus les amincissements et les
sera utilisée en production, sinon on s’expose à de risques de rupture augmentent. On désigne habituellement
longues remises en cause. par latitude de réglage l’amplitude de variation de
Pour sortir sa pièce, le metteur au point peut jouer sur : pression de serre-flan disponible entre la disparition des
— l’ajustage des portées de serre-flan ; plis et l’apparition de la striction (cf. article Tribologie de
— le dimensionnement du flan ; l’emboutissage [B 7 535]).
— les dispositifs de contrôle de déplacement (jonc, gradin, Classiquement uniforme sur toute la portée du serre-
etc.) ; flan et constante tout au long de l’emboutissage, la tendance
—les réglages de serrage de la presse utilisés de façon actuelle serait plutôt de s’orienter vers son pilotage pour
raison- nable (c’est-à-dire pas trop déséquilibrés). moduler les pressions selon les zones et le stade
Cependant, les réglages adoptés ne doivent pas être trop d’emboutissage.
pointus, sous peine de compro- mettre la fiabilité de
■ Joncs de retenue
production ultérieure.
Lorsqu’il a utilisé toute sa panoplie et que sa pièce ne sort Ce sont des artifices ajoutés dans la zone serre-flan dans
toujours pas convenablement, le metteur au point doit le but de freiner les glissements du métal dans les
remettre en cause les surfaces additionnelles (ou habillage) régions où ils sont particulièrement importants. Ces
en premier lieu, puis éven- tuellement la pièce Études. dispositifs viennent en complé- ment des formes déjà
L’attitude la plus pragmatique est de ne pas attendre cette prévues dans cette optique, à savoir les gradins d’entrée
extrémité pour modifier la pièce Études. C’est pourquoi il matrice (figure 10).
doit participer à la phase initiale (préparation, maquette, etc.) Fonctionnant selon le même principe de pliage-
où il peut, par son jugement, faire évoluer une pièce dans dépliage, leur sévérité peut être adaptée aux exigences
le bon sens, c’est-à-dire anticiper les problèmes potentiels. locales par diminution de leurs rayons et/ou augmentation de
4. Paramètres de réglage
Dans le futur, les logiciels de simulation numérique (§ 6)
devraient lui permettre de mieux cibler son intervention.
leur hauteur. Des joncs multiples (généralement deux, voire
trois) disposés en rangées parallèles peuvent également
être utilisés pour accroître l’effet de frein dans les zones
U n e fois l’outillage mi s au point, le réglage de fortement sollicitées.
l’opération d ’ e m b o u t i s s a g e re p o s e s u r le c h o i x d’un ■ Forme du flan
petit n o m b re de paramètres.
La géométrie du flan est le paramètre le plus influent sur les
■ Cadence écoule- ments du métal. S o n choix est cependant fortement
Affectant directement le régime thermique de l’outil, la restreint par les considérations de mise matière et de coût
réduction de cadence permet d’améliorer la qualité des
pièces difficiles ; elle se situe habituellement entre 10 et 20
5. Suivi de produit/qualité
d’outillages de découpe. C’est pourquoi les flans sont le plus
souvent de forme rectangulaire ou trapézoïdale
coups/min. correspondant au coût minimal de réalisation et
d’entretien
La qualitédes lames
des de découpe.
pièces embouties est assurée par divers
Soulignons que, dans le cas des presses mécaniques, la
réduction de cadence ne change pas le cycle contrôles :
d’emboutissage, ce dernier étant déterminé par les éléments —tout d’abord, un contrôle visuel quasi unitaire par
cinématiques de la presse (longueur de bielle en particulier). l’opérateur chargé de palettiser les pièces en bout de ligne
Il ne peut donc pas en résulter de changement dans les et dont le regard apprécie l’absence de défauts dans les
vitesses de déformation ou dans les temps de maintien des zones critiques de la pièce ;
efforts de formage. — ensuite, un contrôle statistique réalisé par prélèvement
pério-
■ Lubrification
dique de pièces dont la géométrie est vérifiée sur des
En emboutissage comme dans tous les procédés de mannequins de contrôle et caractérisée par un indice de
formage, la lubrification a une incidence directe sur les qualité géométrique (IQG).
écoulements de métal ; en particulier, en facilitant le
Pour les pièces extérieures, le contrôle est renforcé par un
glissement du métal sur les outils, elle augmente le
palpage des pièces avec une grande fréquence.
déplacement du métal et donc l’usure des outils.
Une pratique qui se fait jour dans ce domaine consiste à
Une lubrification différentielle selon les zones de la pièce
instru- menter les presses et à comparer les signaux
serait la bienvenue pour le pilotage des écoulements, mais sa
effort/course mesurés à une courbe préenregistrée (dite
mise en place n’est pas évidente à réaliser.
signature de l’outil ) correspondant au cycle
Dans le domaine de la lubrification, les règles sont en d’emboutissage d’une pièce bonne. Toute dérive du signal
fait très variables d’un atelier à l’autre pour les raisons relevé hors de l’intervalle d’acceptabilité constitue un
suivantes : indice de risque d’incident et engendre alors un arrêt de
— la présence d’huile de protection anticorrosion sur ligne pour une inter- vention de l’opérateur.
les tôles d’acier doux pose un problème de compatibilité
avec les huiles d’emboutissage. On adopte
Toute reproduction parfois la du
sans autorisation solution
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B 7 540 du
alternative dégrais- sage des flans avant rehuilage pour interdite.
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CONCEPTION ET MISE AU POINT D’UNE GAMME D’EMBOUTISSAGE
■ Approches 2D
Ces approches bidimensionnelles permettent d’obtenir
7. Perspectives d’avenir
rapide- ment des informations raisonnables en travaillant
sur des sections de la pièce. Cette approche, qui se justifie 1. Évolution des matériaux
principalement sur des pièces longues à section peu
évolutive ou sur des pièces à géométrie proche de la Le lecteur se reportera utilement à l’article Tôles pour
symétrie de révolution, permet de déterminer en par- ticulier mise en forme [B 7 520] dans ce traité.
les rayons d’entrée matrice.
L’évolution conjointe des connaissances en métallurgie
■ Approches inverses et des procédés d’élaboration des aciers a conduit, au
Partant de la pièce finie, cette approche permet d’estimer cours des vingt dernières années, à des tôles à propriétés
les épais- seurs résiduelles attendues localement s a ns améliorées du point de vue déformabilité ou
avoir à prendre en compte les surfaces annexes qui caractéristiques de service.
seront ajoutées à sa géométrie pour la réaliser. Aujourd’hui se font jour des aciers présentant
Reposant sur des techniques de projection et de simultanément ces deux types d’avantages au travers de
minimisation énergétique, ces logiciels simplifiés peuvent nuances à déformabilité élevée et dont les caractéristiques
d’usage se développent au cours de leur mise en œuvre soit
soit se limiter à une approche strictement géométrique,
par l’écrouissage proprement dit, soit par des effets de
soit au contraire prendre en compte des éléments de
température sur structure écrouie pendant la phase de
plasticité et de frottement, affinant ainsi les informations
cuisson des peintures (aciers dits à bake hardening), soit
locales obtenues dans les zones à forts gradients de
par trans- formation métallurgique induite par la
déformation.
déformation plastique (TRIP steel ).
■ Approches 3D Du point de vue de l’emboutisseur, l’arrivée massive
Ces approches tridimensionnelles assurent une des tôles prérevêtues de zinc (galvanisées ou
simulation complète du processus d’emboutissage (figure électrozinguées) constitue sans doute l’évolution majeure de
12). Les logiciels correspondants reposent sur des modèles ces dernières années tant les réper- cussions ont été
de type coques minces en grandes déformations sensibles au niveau du procédé, qu’il s’agisse de la
élastoplastiques prenant en compte la plas- ticité anisotrope modification des conditions de frottement tôle/outils comme
du matériau et les interactions pièce/outillage. des nouveaux défauts d’aspect liés à la nature même du
Malgré leur degré de sophistication, ces logiciels ne revêtement.
répondent pas à toutes les questions que se pose le D e s revêtements équivalents au zinc pourraient voir
préparateur en embou- tissage. En particulier, la prévision le jour prochainement (PVD en particulier) nécessitant
des retours élastiques s’avère délicate en raison même du vraisemblablement un réajustement des procédures de
choix des éléments coques pour la description du modèle transformation.
qui ne donnent pas une description suffi- samment fine D u côté des non-ferreux et dans la conception actuelle
des gradients de contraintes dans l’épaisseur de la tôle. des véhi- cules en structure monocoque, seul l’aluminium
appraît comme un concurrent potentiel de l’acier pour la
réalisation des carrosseries par emboutissage. Cependant,
même si ce matériau a déjà été utilisé au cours des années
cinquante dans le domaine de la carrosserie automobile
(Dyna Z de Panhard en 1953), son utilisation en construc-
tion automobile reste difficile aujourd’hui du fait de son prix,
d’une part, et du fait de l’inadaptation des moyens de
fabrication existants, d’autre part. En effet, malgré des
caractéristiques particulièrement intéressantes (densité,
résistance mécanique), les alliages d’alumi- ni um
requièrent l’utilisation de g a m m e s d’emboutissage
plus longues et le développement de nouvelles techniques
d’assemblage. Le passage de l’acier à l’aluminium
nécessiterait des investissements dont la lourdeur explique
en partie la lenteur des évolutions dans ce sens.
Notons enfin l’apparition récente de matériaux de type
sandwich constitués de deux feuilles de métal (acier
principalement) séparées par un film de polymère. Leur
intérêt principal réside dans leurs propriétés acoustiques qui
permettent de réduire le niveau sonore à l’intérieur de
7.2 Procédés concurrents
l’habitacle. La mise en forme de tels produits est limi tée
pa r le d é l a m i n a g e ( o u d é c o l l e m e n t d e s c o u c h e s
La réalisation
constituantes) dansdes les structures
régions à forte monocoques
courbure. est Les
Figure 12 – Exemple d’une doublure de couvercle de essentiellement du ressort de
techniques de déformation surl’emboutissage.
élastomère (§ Les 8.2)variantes
semblent
coffre (demi-pièce) calculé en 3D : isoépaisseurs (doc. que l’on adaptées
les mieux pourrait àimaginer ne sont pas réellement
leur transformation.
PSA/CREPI) concurrentes mais plutôt dérivées de ce procédé ; c’est
pourquoi nous avons choisi d’évoquer les principales
d’entre elles dans le paragraphe 8.
En revanche, une conception différente du véhicule
dans sa définition et ses matériaux constituants peut
conduire à d’autres choix. C’est le cas en particulier des
structures cage pour la réalisa- tion desquelles on peut faire
appel à des éléments de base profilés (aluminium, acier), sur
lesquels seraient accrochés des panneaux de fermeture
(aluminium, plastique, composite).
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CONCEPTION ET MISE AU POINT D’UNE GAMME D’EMBOUTISSAGE
Encore une fois, cette conception se heurte à la —la possibilité de disposer localement d’un matériau plus
nécessité de repenser et de réinvestir en totalité les moyens épais ou plus résistant mieux adapté aux charges locales
de production et n’est pas de ce fait envisageable dans que la pièce aura à subir en service ;
l’immédiat pour la grande série, d’autant plus que la —la réduction de l’engagement matière qui constitue un
rentabilité économique de tels choix technolo- giques n’est facteur coût important pour le prix de revient des pièces
pas évidente à apprécier a priori. embouties ;
—la diminution des investissements en outils et ferrage
(assem- blage de la carrosserie) par réduction du nombre
8. Variantes du procédé de pièces.
Cette technique de réalisation des flans est
Différents procédés dérivant directement de particulièrement bien indiquée pour la fabrication de
l’emboutissage sont parfois utilisés pour le travail des pièces présentant un ajourage important, du type
tôles. Ce s techniques étant développées par ailleurs [4], panneaux de côté de caisse, ou nécessitant des
nous nous limiterons à rappeler succinc- tement le principe renforcements locaux (planchers, doublures de portes).
de trois d’entre elles dont l’utilisation est actuelle- ment en
voie d’extension.
8.1 Stretch-draw
Le procédé consiste à emboutir la tôle après l’avoir
mise en précontrainte de traction (figure 13). Cette façon
de procéder présente l’avantage de réduire les gradients
de contrainte dans la pièce, contribuant ainsi à diminuer la
propension au plissement et à réduire le retour élastique.
En contrepartie, les déformations locales dans la pièce s’en
trouvent sensiblement augmentées, ce qui impose
généralement de recourir à des matériaux à ductilité élevée.
Mais l’inconvénient majeur est surtout économique et
réside dans un engagement de matière plus important lié à
la prise de mors des dispositifs de mise en précontrainte.
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B 7 540 interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique
14
P
O
U
Conception et mise au point R
d’une gamme
d’emboutissage E
N
par François RONDÉ-OUSTAU
Ingénieur civil des Mines de
Nancy Docteur-Ingénieur S
A
P S A Peugeot-Citroën, unité de
Recherches Matériaux
Technologie
Références V
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l’emboutissage et problèmes posés. Chap.
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Logiciels et leurs distributeurs S
(liste non exhaustive)