DROIT DE LA FAMILLE
Assuré par: Mme SADIK
Professeur de Droit
Suph’Droit - AGADIR
Suph’Droit 2020
INTRODUCTION
Le droit de la famille est l'ensemble des règles qui régissent les relations de
personnes unies par les liens de filiation ou d'alliance au regard des
différentes institutions familiales telles que le mariage, le divorce la filiation
et leurs effets : La représentation légale, la capacité, le testament et les
successions.
INTRODUCTION
Les définitions que l'on trouve de la famille ont pour sources le droit international et les droits
de l'Homme ou la déclaration international de 1996 où l'article 16 définit la famille comme
étant : "Une cellule naturelle de la société qui a droit à la protection de l'État et de la société".
De même le pacte international des droits civils et politiques de 1966 retient la même définition
dans son préambule et y ajoute que c'est "L'environnement naturel pour l'épanouissement et le
développement de l'enfant".
INTRODUCTION
Avant l'adoption du droit de la famille de 2004, il était régi par le code
de statut personnel de 1957/1958. Avant l'adoption de ce code les
relations familiales et les règles les régissant aussi bien au niveau
personnel que patrimonial étaient régies par les dispositions du droit
musulman.
INTRODUCTION
• A l'indépendance du Maroc, ce dernier ne voulait pas rester étranger
au mouvement de codification entrepris dans plusieurs pays (Syrie,
Irak, Égypte...) C'est ainsi que le 19 Aout 1957, une commission
d'oulémas a été instituées par feu le Roi Mohammed V présidé par
feu le Roi Hassan II et rapportée par feu Allal El Fassi. Elle devait
se pencher sur la codification du droit musulman mais a abouti à la
création d'un statut personnel.
INTRODUCTION
Le code de statut personnel marocain était considéré comme le plus
respectueux de la tradition juridique orthodoxe si l'on considère que le
code n'a pas eu d'apports notables il n'en demeure pas moins qu'il a eu le
mérite de consacrer des dispositions pertinentes considérées à l'époque
comme une révolution notamment l'institution d'un âge de majorité
matrimoniale de 15 ans pour les filles et de 18 ans pour les garçons
mettant ainsi fin au mariage des non pubères et aussi le consentement
pour mettre fin au droit de contrainte matrimoniale.
INTRODUCTION
Malgré les apports, le code de statut personnel véhiculait le modèle
d'une famille patriarcale consacrant l'autorité du père mais fragilisée
par la persistance de la répudiation et la polygamie. En ce qui
concerne la polygamie, Allal El Fassi a demandé son abolition mais
n'a pas été suivi par les membres de la commission.
INTRODUCTION
La première réforme du code de statut personnel date du 10 Septembre
1993. Les principales réformes avaient concerné la tutelle matrimoniale qui
a davantage pour objet la protection des intérêts de l'épouse avec un
assouplissement concernant les femmes majeures orphelines de père qui
pouvaient conclure elles-mêmes leurs mariages avec toutefois une
préférence à la représentation.
INTRODUCTION
Toujours en matière de mariage, le consentement de l'épouse est renforcé en
tant qu'élément de fond du mariage. La polygamie est désormais soumise au
contrôle du juge. La garde de l'enfant a connu deux réformes essentielles : La
première concerne les dévolutions du droit de garde en rétablissant le père en
tant que gardien de l'enfant qui vient juste après la mère. La deuxième
concerne la fixation d'un âge de fin de garde malheureusement fixé
différemment pour la fille et le garçon (15 ans et 12 ans).
INTRODUCTION
Le code de la famille est un code qui, tout en restant dans l'observation
des dispositions du droit musulman malikite, a considéré que le
mariage est un pacte légal entre un homme et une femme dont l'objet
est la durabilité en vue de fonder une famille sous la responsabilité des
deux époux.
INTRODUCTION
Le code de la famille a véhiculé des dispositions égalitaires aussi bien
entre les époux qu'entre les sexes. Les époux ont des droits
réciproques, l'âge du mariage est devenu le même pour les hommes et
les femmes, la fin de l'âge de garde est de 15 ans pour les deux
sexes.
INTRODUCTION
La dissolution du mariage est ouverte aux deux époux et ce sous des
conditions... outre l'introduction de nouveaux modes. La polygamie est
devenue soumise à de sérieuses restriction sous contrôle judiciaire. Les droits
de l'enfant ont repris une grande importance dans la mesure où l'intérêt de
l'enfant est expressément mentionné dans plusieurs dispositions.
INTRODUCTION
Toujours en matière de droit de l'enfant, l'actuel code de la famille a
garanti l'établissement de la filiation des enfants conçus lors des
fiançailles sous certaines conditions. De même le code de la famille,
tout en maintenant le régime de la séparation des biens, a introduit la
possibilité pour les époux de pouvoir convenir d'une gestion commune
des biens acquis lors du mariage.
INTRODUCTION
Enfin, en matière de représentation légale, si la mère ne peut être tutrice de
ses enfants qu'en cas de décès du père, le père comme la mère sont
désormais soumis à des conditions de gestion de tutelle sous le contrôle du
juge. Le code de la famille, contrairement au code de statut personnel, a
introduit de nombreuses dispositions procédurales et le ministère public est
désormais partie principale dans la mise en œuvre du code de la famille.
L’étendu de l’application du droit de la famille
Avec l'actuel code de la famille, non seulement l'étendu de l'application du
code a été fixé, mais on a également introduit des solutions
jurisprudentielles, c'est ainsi que le code de la famille s'applique à tous les
marocains même ceux ayant une autre nationalité, aux étrangers, réfugiés et
apatrides, dans une relation mixte, s'applique également à toute relation
entre deux parties marocaines quand l'une de ces parties est musulmane.
L’étendu de l’application du droit de la famille
De ce qui précède, il apparait que le code de la famille a intégré
certains principes reconnus par la jurisprudence marocaine à différents
degrés, notamment le privilège de la nationalité dans un rapport mixte
et le privilège de la religion mais en le limitant seulement à une relation
entre deux parties marocaines. La communauté israélite reste régie par
son statut personnel hébraïque.
Chapitre 1: Le mariage
Le mariage musulman est un mariage consensuel basé sur l'échange de
consentement et le recueil de ce consentement par des adouls devant
témoins. Malgré l'importance du mariage, il demeure un contrat
dissoluble. Le mariage en droit marocain, s'il garde son caractère
consensuel, devient de plus en plus formel.
Chapitre 1: Le mariage
Ce formalisme a pris l'essence dans l'ancien code de statut personnel en
1957/1958 pour atteindre un degré encore plus important aussi bien en
ce qui concerne la conclusion du mariage que les formalités
administratives nécessaires pour cette conclusion. Le code de la famille
a accordé une assez grande importance à la période précédant le
mariage à savoir les fiançailles..
Section 1 : Les fiançailles
Comme dans la majorité des législations, les fiançailles constituent
une promesse de mariage entre un homme et une femme qui peut
être faite par tout moyen utilisé ou admis par la coutume et les
usages (us) y compris la récitation de la fatiha ou l'échange de
cadeaux et de présents.
Section 1 : Les fiançailles
De ce qui précède, les principales conclusions à tirer sont les suivantes :
Les fiançailles ne sont pas un mariage.
La récitation de la fatiha qui atteste du consentement des deux fiancés n'a pas
valeur de mariage.
Les fiançailles
En effet le code de la famille précise que les deux fiancés restent en période de
fiançailles jusqu'à la conclusion du mariage dûment constaté (l'établissement de
l'acte de mariage). Le code de la famille a repris et maintenu le principe de
liberté de rupture des fiançailles, chacun des fiancés est libre de mettre fin aux
fiançailles, sans que cela ne donne lieu à un certain dédommagement.
Les fiançailles
Toutefois, si la rupture a occasionné un préjudice quelconque, la
partie victime peut demander une sorte de dommage et intérêt en
raison de cette rupture abusive (Ex. Arrêt des études, arrêt du travail,
changement de ville, investissement pour la cérémonie de mariage).
Les fiançailles
• En ce qui concerne les présents et les cadeaux, la loi a prévu le droit de
récupérer ces cadeaux sauf si la rupture vient de la personne qui a
donné ces cadeaux. Par contre, la dot peut être demandée par le fiancé
ou ses héritiers en cas de décès, elle peut être donné en numéraire ou en
équivalant.
Section 2 : Les conditions du mariage
et sanctions de leur absence
Conditions de fond:
La capacité matrimoniale : Première condition de fond du
mariage est constituée de deux éléments à savoir l'atteinte de 18 ans
grégorienne révolue, aussi bien pour l'homme et la femme, et la
jouissance des facultés mentales.
Conditions de fond:
Le code de la famille a prévu une dispense d'âge pour le garçon comme pour
la fille mineure qui souhaitent conclure mariage.
- Le juge statuera sur la demande en s'assurant que le demandeur
d'autorisation ne fait pas l'objet d'une contrainte et que ce mariage est accepté
par le tuteur qui appose sa signature ainsi que celle du demandeur sur la
demande d'autorisation.
Conditions de fond:
Le juge doit justifier sa décision d'autorisation ou de refus dans l'intérêt du demandeur. Pour
ce faire, le juge peut faire recours à une expertise médicale ainsi qu'à une enquête sociale.
L'autorisation du juge n'est pas susceptible de recours. Si le tuteur légal refuse d'autoriser le
mariage du mineur, ce dernier peut saisir le juge qui statuera dans les mêmes conditions.
Conditions de fond:
Le mariage autorisé avant l'âge de la majorité matrimoniale émancipe le
mineur pour tout ce qui est conséquence et effet du mariage.
Conditions de fond:
Ce mariage ne peut être conclut si l'autre partie souffre d'un handicap
mental. Le deuxième élément de la condition à savoir la jouissance
des capacités mentales connaît des exceptions aussi.
Conditions de fond:
Le juge peut autoriser le mariage de handicapé mental sur la
base d'un ou de plusieurs rapports d'expertise, l'autre partie du
mariage doit être majeure, saine d'esprit et doit consentir à ce mariage
en connaissance de causes.
Conditions de fond:
La non-suppression de la dot: L'absence d'accord sur la
suppression de la dot signifie que pour la validité du mariage, les
futurs époux ne doivent pas insérer une clause dans laquelle ils se
mettent d'accord quant à la suppression de la dot.
Conditions de fond:
Contrairement à l'ancien code de statut personnel où la dot faisait l'objet d'une
disposition expresse dans l'acte du mariage en précisant sa nature, sa valeur, si
elle doit être rendue devant les témoins ou s'ils en ont seulement pris
connaissance.
Conditions de fond:
L'avantage avec le nouveau code de la famille c'est de citer certaines
situations embarrassantes quand il s'agit de conclure le mariage dans
certains pays qui ignorent l'institution de la dot. Elle est purement
symbolique, il n'y a pas de somme maximale ni minimale à la dot, tout ce
qui peut faire l'objet d'une obligation est valable comme dot.
Conditions de fond:
La tutelle matrimoniale ( le cas échéant): La tutelle
matrimoniale dans le code de la famille n'est plus une obligation à
défaut de laquelle le mariage sera vicié. C'est désormais un droit
de la femme qu'elle utilise dans son intérêt et selon son choix. Elle
est facultative dans le cas de la femme majeure saine d'esprit.
Conditions de fond:
En effet, le mariage des mineurs et des handicapés mentaux est
soumis à la tutelle matrimoniale obligatoire ; La plupart des pays du
Maghreb conçoivent de plus en plus ce choix sauf la Mauritanie.
L'avantage de la nouvelle formulation est d'avoir mis fin à la liste
de personnes pouvant jouer le rôle de tuteurs matrimoniaux (Père,
frère, oncle, grand-père, fils...).
Conditions de fond:
Le mariage musulman est consensuel et exige pour sa formation
l'échange de consentement. Si ce dernier a toujours été promu par
plusieurs hadiths, il n'en demeure pas moins qu'il se heurtait à la
puissance et à la survivance de l'institution de la contrainte
matrimoniale.
Conditions de fond:
En effet, l'offre et l'acceptation doivent être exprimées par des mots
consacrés par la langue ou la tradition et la coutume. L'offre et
l'acceptation doivent signifier le consentement du mariage. Si les
candidats au mariage ne peuvent s'exprimer verbalement ou par
écrit, ils peuvent le faire par des signes intelligibles
compréhensibles pour l'autre partie et les témoins.
Conditions de fond:
L'offre et l'acceptation doivent signifier la même chose, être définitifs
et non soumises à un délai ou une condition. (Ex. Trouver un travail,
toucher un héritage...) Ces conditions sont contre les buts et les
objectifs du mariage.