Les Schizophrénies
Introduction - Définition
Définition :
Psychose chronique avec
désorganisation progressive et
importante de la pensée, de
l’affectivité, de la cognition et de la
vie sociale du sujet
Psychose chronique discordante,
délirante et autistique
Épidémiologie
Prévalence au niveau de la population
générale de 0,7 à 0,9 %
Sex-ratio proche de 1
Débute souvent à l’adolescence /
début de l’âge adulte (entre 15 et 35
ans), mais peut survenir à n’importe
quel âge
Clinique
Modes d’entrée en schizophrénie
Syndrome dissociatif de la
schizophrénie
Délire paranoïde
Repli autistique
Modes d’entrée en
schizophrénie
Début insidieux :
Date de début souvent difficile à
préciser
Modification du caractère
Retrait social, désintérêt et
désinvestissement affectif,
apragmatisme, fléchissement de
l’activité intellectuelle
Changement progressif du
comportement et des habitudes
Modes d’entrée en schizophrénie
Bizarrerie,incohérence des propos
Croyances bizarres et engouement
pour des activités ésotériques
Fugues inexpliquées, errance
Plaintes physiques bizarres,
dysmorphophobies
Sentiment d’étrangeté, déréalisation,
dépersonnalisation
Modes d’entrée en
schizophrénie
Expériences hallucinatoires
Angoisse ++ de morcellement
Consommation de drogues
Début pseudo-obsessionnel, pseudo-
phobique ou trouble des conduites
alimentaires
Modes d’entrée en
schizophrénie
Début brutal :
Rupture ++
Bouffée délirante aiguë : délire et
hallucinations d’éclosion brutale ;
délire polymorphe dans ses thèmes et
ses mécanismes
Modes d’entrée en
schizophrénie
Trouble de l’humeur : tableau
d’excitation ou de tristesse
Trouble du comportement auto ou
hétéro-agressif : tentative de suicide
inexpliquée, comportement inadapté,
fugue, acte médico-légal…
Phase d’état
Le syndrome de discordance de la
schizophrénie
Polymorphisme pas de type de
description
Regroupements sémiologiques en formes
cliniques
3 grandes dimensions sémiologiques :
la discordance ou dissociation
le délire
l’autisme
Phase d’état
Le syndrome discordant ou
dissociatif
La dissociation : trouble capital
Perte de cohésion et d’unité de la
personnalité
Touche toutes les secteurs de la vie
psychique et relationnelle :
intellectuel, affectif et
comportemental
La dissociation s’exprime au niveau
clinique par la discordance et la
bizarrerie
Phase d’état
Le syndrome dissociatif
La dépersonnalisation :
Perte du sentiment d’individualité
Sentiment d’étrangeté
Attitudes particulières
Angoisse de morcellement
Phase d’état
Le syndrome dissociatif
La dissociation de la pensée et du langage
:
Désorganisation, relâchement idéique,
voire éclatement de la pensée et
incohérence
Illogisme, rationalisme morbide
Troubles du cours de la pensée : barrages,
fading mental, sauts du coq-à-l’âne
Troubles de la syntaxe (agramatisme) et
de la sémantique (paralogisme,
néologisme) ; à l’extrême schizophasie
Phase d’état
Le syndrome dissociatif
La dissociation de la vie affective :
Indifférence et froideur affective
(athymormie)
Ambivalence
Réactions émotives inappropriés,
paradoxales, imprévisibles
Bizarrerie, impénétrabilité
Phase d’état
Le syndrome dissociatif
La dissociation de la vie
comportementale :
La discordance au niveau
comportemental = catatonie
Catalepsie (maintien des
attitudes)
Négativisme, oppositionnisme
Troubles des conduites: actes
étranges, impulsions agressives
Phase d’état
Le syndrome délirant
Délire paranoïde : polythématique,
polymorphe, mal systématisé sans
lien cohérent entre les thèmes
Thèmes multiples : persécution,
grandeur, mystico-religieux,
possession, influence, filiation…
Phase d’état
Le syndrome délirant
Mécanismes : multiples (polymorphe) :
Hallucinations +++ psycho-
sensorielles surtout auditives et
cénesthésiques, automatisme mental ++
Interprétations
Intuitions
Non systématisé, flou, imprécis
Vécu affectif parfois relatif voire absent
Chronique, avec moments féconds
(poussées)
Phase d’état
Le syndrome autistique
le sujet entre son monde intérieur
Repli, indifférence, impénétrabilité
Hermétisme
Perte de contact avec la réalité,
altération profonde de la notion de
réalité
Le diagnostic
Diagnostic positif
Diagnostic clinique
Parfois difficile dans certaines formes
de début
Important à faire très précocément
Diagnostif définitif : 6 mois d’évolution
Le diagnostic
Diagnostic différentiel
Autres psychoses chroniques :
paranoïa, psychose hallucinatoire
chronique, paraphrénie
Tb psychotiques aigus (BDA), tb
psychotiques induits par des drogues
Tb de l’humeur : manie ou dépression
atypique
Hystérie : pseudo-délire, états seconds
Tb anxieux graves (TOC)
Tb de personnalité (borderline)
Évolution - Pronostic
La schizophrénie n’est plus une
maladie dont le cours est inéluctable
Pronostic transformé par l’avénement
des neuroleptiques
Plusieurs modalités évolutives décrites
Formes intermittentes et périodiques
(poussées / rémissions)
Formes d’évolution continue ou
progressive
Évolution - Pronostic
20 à 25 % : évolution favorable avec
insertion socio-professionnelle à peu
près normale
50 % : symptômes modérés ou accès
récurrents, avec altération variable de
la vie affective, relationnelle et
professionelle
20 à 25 % : forme grave et
handicapante
Taux de mortalité élevé (10 % de décès
par suicide)
Étiologie
Multifactorielle,
étiologie composée
Facteurs génétiques
Facteurs neuro-biologiques
(dopamine)
Facteurs psycho-sociaux
Traitement
Approche bio-psycho-sociale
Le traitement antipsychotique est
au centre du traitement mais non
exclusif : chimiothérapie +
interventions psycho-sociales
Maintien du sujet dans son milieu
environnant, éviter les
hospitalisations prolongées
Traitement
Le traitement pharmacologique
Neuroleptiques ou antipsychotiques :
place centrale, incontournables
Neuroleptiques classiques : Haldol®,
Largactil®
Neuroleptiques atypiques ou
antipsychotiques de nouvelle
génération : moins d’effets
secondaires et plus grande efficacité:
Solian®, Zyprexa® Risperdal®
Traitement
Le traitement pharmacologique
Choix du neuroleptique : en fonction
des symptômes cibles à traiter
Dans les formes productives : NL
incisifs à forte dose (Haldol® , Solian®,
Zyprexa®)
Adjonction de NL sédatifs en cas
d’angoisse importante et / ou
d’agitation (Nozinan®, Largactil®)
Dans les formes déficitaires : préférer
les NL atypiques
Traitement
Le traitement pharmacologique
Préférer la monothérapie ++ et éviter
au maximum les associations de NL
Attendre 4 à 6 semaines à posologie
efficace avant de juger de l’effet
En cas de non réponse : changer de
molécule
La posologie d’entretien doit être la
dose minimale efficace
Le traitement au long cours peut
reposer sur l’utilisation d’un NL à action
prolongée
Traitement
Le traitement pharmacologique
Traitement des comorbidités
Dépression prescription
d’antidépresseurs
Agressivité ou tb thymiques
thymorégulateurs
Traitement d’un toxicomanie associée
Traitement
Les traitements psycho-sociaux
Psychothérapie individuelle : de
soutien, thérapie comportementale
(entraînement aux compétences
sociales)
Psychothérapie institutionnelle ++ par
une équipe multidisciplinaire
Implication de la famille dans la prise
en charge
Centres de réhabilitation sociale