Université Hassan II
Faculté des Sciences Juridiques
Economiques et Sociales Ain Sebaa
Cours
Finances Publiques
Semestre 4
Sciences Economiques et Gestion
Pr. ANASS ETTASSOULI
Email :
[email protected] Année universitaire 2021 - 2022
1
Plan de la matière
Introduction générale
Principes et exceptions
Elaboration de la loi de finances
Exécution de la loi de finances
Contrôle de la loi de finances
2
Introduction générale
La gouvernance des finances
publiques constitue l’un des piliers
des systèmes d’intégrité nationale. En
effet, les organisations internationales
lui accordent la priorité, compte tenu
des nouvelles missions qui lui sont
assignées dans le processus de
développement économique et social.
3
Définition : Ensemble des règles et des
opérations gouvernant les finances de l’Etat,
des collectivités territoriales, des
établissements publics et de toutes autres
personnes morales de droit public. Elles sont
constituées par l’ensemble des opérations qui
mobilisent de façon directe les deniers publics.
D’un point de vue économique, la notion des
finances publiques recouvre les opérations
financières des personnes publiques que sont
les opérations de recettes et de dépenses
(opérations budgétaires) ainsi que les
opérations de trésorerie à savoir d’emprunt et
de gestion de la dette. 4
Objectif des finances publiques
Les finances publiques permettent aux
organisations publiques (Etat, collectivités
locales, établissements publics) d’assurer
leurs attributions par des moyens financiers
à un moindre coût. Elles leur appartiennent
donc de préciser les règles et les
mécanismes juridiques et institutionnels qui
assurent la gestion financière des ces
organisations, en déterminant les organes
chargés de l’élaboration, l’exécution et le
contrôle des opérations financières
publiques 5
Notions voisines
- Economie politique : une science à caractère
purement descriptif. Consiste à observer des faits, à
décrire les phénomènes économiques (inflation, la
hausse des prix, la crise de l’énergie…).
- Economie financière : étude de différents aspects
de l’intervention de l’Etat par le biais des transferts
financiers (fiscalité, emprunt, déficit) et
prélèvements (dépenses publiques)
- Comptabilité nationale : Ensemble des
informations chiffrées relatives à la vie économique
du pays. Il s’agit du Système de Comptabilité
Nationale (SCN), adopté par la commission
statistique des Nations Unies, qui fixe les concepts
et définitions, les nomenclatures, les modes de
valorisation ainsi que les comptes à compiler. 6
Notions voisines
- Planification : Organisation selon un plan qui
comporte l’ensemble des orientations et la
perspective globale de développement
économique et social du pays.
- Comptabilité publique : Ensemble des règles
juridiques et techniques qui régissent
l’exécution et le contrôle de l’exécution de la loi
de finances. Le droit de la comptabilité publique
permet d’assurer le respect de l’autorisation
budgétaire et d’empêcher tout gaspillage ou
malversation par les agents chargés de
l’exécution de la loi de finances.
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Principes des finances publiques
1- Annualité du budget :
Ce principe signifie d’une part que l’année
budgétaire correspond à l’année civile "L'année
budgétaire commence le 1er janvier et se termine
le 31 décembre de la même année" (Art.3 de la
LOF N°130-13) et d’autre part que la mise en
œuvre du budget de l’année ne peut se faire
qu’après son approbation par le Parlement
(Antériorité de l’autorisation, Art3. de la LOF
N°130-13).
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- Le budget est voté chaque année
- Le budget est voté pour une année
- Le budget s’exécute en une année
- Pourquoi ?
- Raison politique : la permanence de contrôle
- Raison technique : la précision des prévisions
- Exceptions !
- Autorisation de programmes : lorsqu’un
investissement s’échelonne sur plusieurs années,
le parlement vote le montant global
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2- Unité :
Le principe de l’unité du budget répond à
l’exigence de l’appareil législatif de voir
l’ensemble des recettes et des dépenses de
l’Etat groupées dans un document unique
de façon à lui permettre d’avoir une vision
précise et globale de la situation des
finances publiques.
L’article 1 de la LOF N°130-13 précise que
"Les lois de finances prévoient, …, pour
chaque année budgétaire, l'ensemble des
ressources et des charges de l'Etat,...".
10
- Un seul document qui retrace toutes les
opérations liées aux charges et dépenses
- Pourquoi ?
- S’assurer facilement de l’équilibre
budgétaire (équilibre, déficit ou excédent)
- Exceptions !
- Les services de l’Etat gérés d’une manière
autonome (SEGMA)
- Les comptes spéciaux de trésor (CST)
- Les budgets autonomes
11
- SEGMA : sont crées en vertu de l’art 70
de la constitution. L’art 22 de la loi des
finances dispose « le Gouvernement est
autorisé à créer, par décret, des services de
l’Etat gérés de manière autonome pendant
l’année budgétaire 2022 »
ce sont des services rentables et payants. Ils
disposent uniquement d’une autonomie
financière (hôpital militaire, complexe
sportif….)
12
- CST : sont des comptes budgétisés dans la
loi des finances mais dotés d’une
individualité budgétaire. selon l’art 23 de la
LF 2022 «le Gouvernement est autorisé, en
cas d'urgence et de nécessité impérieuse et
imprévue, à créer, par décrets, des comptes
spéciaux du Trésor pendant l’année
budgétaire 2022 »
13
1- comptes d’affectation spéciale (CAS) :
Ils retracent des opérations de dépenses par
nature mais financés au moyen de
ressources particulières (taxes, versement)
par suite d’une disposition de loi de
finances
2- comptes d’adhésion aux organismes
internationaux :
Ils décrivent les versements et les
remboursements, au titre de la participation
du Maroc aux organismes internationaux
(bretton woods, organismes arabes,
institutions multilatérales. 14
3- comptes d’opérations monétaires :
Ils enregistrent les opérations de recettes et
de dépenses à caractère monétaire. Ex : la
différence de change sur ventes et achats de
devises
4- comptes de financement (de prêt) :
Ils décrivent les versements sous forme de
prêts fait par l’Etat sur les ressources du
Trésor et accordés pour des raisons
d’intérêt public. (prêt accordé aux
collectivités locales)
15
5- comptes de dépenses sur dotations :
Ils retracent des opérations relatives à une
catégorie spéciales des dépenses dont le
financement est assuré par des dotations
budgétaires. Ex : Acquisition et réparation
des matériels des Forces Armées Royales,
Dépenses particulières au développement
des provinces sahariennes …
16
- Budgets autonomes : sont autonomes aussi
bien sur le plan financier que sur le plan
administratif. Ex : ONCF (géré par un
conseil d’administration et les cotisations
sont payés à cet organisme et non pas à
l’Etat). Ces budgets ne figurent pas dans la
loi de finances et ne sont pas voté par le
parlement
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3- Spécialité :
Les crédits (les dépenses) sont répartis
selon leur destination en divisant la loi de
finances en chapitres budgétaires
(ventilation)
Ce principe procède du souci du Parlement
de ne pas conférer à l’autorisation de
dépenses consentie au Gouvernement un
caractère absolu, permettant à ce dernier de
disposer des crédits ouverts en toute liberté.
Cette autorisation est liée à l’obligation
d’affecter ces fonds à la couverture de
dépenses déterminées. 18
Exceptions !
- Virements de crédit : le gouvernement
dispose d’une marge de manœuvre dans la
limite de 10 % par chapitre sans autorisation
du parlement. Pour les dépenses de
fonctionnement seule l’autorisation du
ministre des fiances suffit.
- Dépenses imprévues et dotations
provisionnels : un chapitre de
fonctionnement géré par le chef de
gouvernement (n’a pas de destination
précise), il s’agit de l’argent libre pour
couvrir les insuffisances dans les autres
chapitres 19
- Dépenses communes : ce sont des charges
réalisées par plusieurs départements
ministériels (chaque ministère contribue
aux dépenses de ce chapitre)
Ce chapitre est géré par le ministre de
finances sous le contrôle du chef de
gouvernement.
20
4- Universalité du budget :
Ce principe, ayant pour objectif commun avec le
principe de l’unité de regrouper l’ensemble des
charges et ressources dans un seul document,
porte sur le contenu de l’autorisation
parlementaire. Il s’appuie sur l’article 8 de la LOF
N°130-13 et stipule d’une part que les charges et
ressources doivent être comptabilisées chacune de
son côté de façon à ce qu’il n’y ait pas de
compensation entre les recettes et les dépenses
(règle de la non compensation ou la non
contraction) et d’autre part qu’il est interdit
d’effectuer toute affectation d’une recette à une
dépense particulière (règle de la non affectation
des recettes aux dépenses). 21
5- Sincérité :
Nouvellement consacré par la LOF N°130-13, ce
principe porte à la fois sur les comptes de l’Etat
(sincérité comptable) et sur les lois de finances
(sincérité budgétaire).
Sincérité budgétaire : L’article 10 de la LOF N°130-13
précise que les lois de finances présentent de façon
sincère l'ensemble des ressources et des charges de
l'État. La sincérité des ressources et des charges
s'apprécie compte tenu des informations disponibles au
moment de leur établissement et des prévisions qui
peuvent en découler.
Sincérité comptable : L’article 31 de la LOF N°130-13
prévoit que les comptes de l'État doivent être réguliers,
sincères et donner une image fidèle de son patrimoine
et de sa situation financière. 22
L’élaboration de la loi des finances
Loi des finances de l’année : Loi prévoyant, évaluant,
énonçant et autorisant, pour chaque année budgétaire,
l’ensemble des ressources et des charges de l’Etat. La loi
de finances de l'année comprend deux parties :
- La première partie arrête les données générales de
l'équilibre financier ;
- La deuxième partie arrête pour chaque ministère ou
institution :
◦ par chapitre, les dépenses du budget général;
◦ par service, les dépenses des services de l'Etat gérés de
manière autonome rattachés au ministère ou institution
concerné;
◦ et par compte, les dépenses des comptes spéciaux
rattachés au ministère ou institution concerné.
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Loi rectificative : Loi de finances pouvant
exclusivement modifier en cours d’exercice
les dispositions de la loi de finances de
l’année (art. 4 de la LOF N°130-13). Les
lois de finances rectificatives sont
présentées dans les mêmes formes que la loi
de finances de l'année (art. 57 de la LOF
N°130-13). Le projet de loi de finances
rectificative est voté par le Parlement dans
un délai n’excédant pas 15 jours après son
dépôt par le Gouvernement sur le bureau de
la Chambre des Représentants (art. 51 de la
LOF N°130-13).
24
Loi de règlement : Loi de finances (art. 64 de la LOF
N°130-13) qui a pour objet de constater et arrêter le
montant définitif des recettes encaissées, des
dépenses dont les ordonnances sont visées, se
rapportant à une même année budgétaire, d’approuver
le compte de résultat de l’année et d’affecter au bilan
le résultat comptable de l’exercice. Le cas échéant, la
loi de règlement de la loi de finances :
- ratifie les crédits supplémentaires;
- constate et autorise à titre de régularisation les
dépassements des crédits ouverts et ouvre les crédits
nécessaires pour les régulariser tout en donnant les
justificatifs nécessaires;
- et constate l'annulation des crédits n'ayant pas été
consommés.
25
Les intervenants dans l’élaboration
- Le gouvernement : l’initiative de la
préparation du projet de la LF relève du
monopole du gouvernement. Le droit
budgétaire marocain donne compétence
exclusive au gouvernement pour préparer le
projet de la LF :
- dans la mesure où il dispose des experts qui
doivent tenir compte des objectifs
économiques à long terme
- La LF est la traduction chiffrée de la
politique gouvernementale
26
- Le parlement : les parlementaires
disposent d’un rôle mineur. Cependant,
il a été renforcé par la LOLF dans l’art
47 qui prévoit la possibilité d’instaurer
un débat d’orientation budgétaire sur
les grandes lignes du budget projeté
l’année suivante permettant ainsi aux
députés et conseillers de s’exprimer de
manière éclairée. Ce procédé répond au
principe du droit à l’information
financière et évite le monopole de la
part du gouvernement 27
Le calendrier de l’élaboration du PLF
Avant le 15
Avant le 15 avril
mars
Avant le 15
Avant le 15 mai
juillet
Avant le 31 Septembre-
juillet début octobre
Au plus tard le
Début octobre
20 octobre
Les 30 jours Les 22 jours
suivants le suivants le vote
dépôt du projet du projet
Les 6 jours
suivants le vote Le 31 décembre
du projet
28
Processus de préparation du PLF
le Chef du gouvernement invite
par circulaire, les ordonnateurs à
Avant le 15 établir leurs propositions de
mars programmations budgétaires
triennales assorties d'objectifs et
d'indicateurs de performance;
les départements ministériels et
institutions transmettent, au
ministère chargé des finances, les
propositions de programmations
budgétaires triennales se
Avant le 15
rapportant à leurs budgets, aux
avril
budgets des services de l'Etat
gérés de manière autonome qui
leur sont rattachés et aux
comptes d'affectation spéciale 29
lesdites propositions sont
Avant le 15 examinées en commissions de
mai programmation et de
performance;
le ministre chargé des finances
expose, en Conseil du
gouvernement, l'état
d'avancement de l'exécution de la
Avant le 15 loi de finances en cours et
juillet présente la programmation
triennale des ressources et des
charges de l'Etat ainsi que les
grandes lignes du projet de loi de
finances de l'année suivante; 30
expose devant les commissions
des finances du Parlement, le
cadre général de préparation du
projet de loi de finances de
l'année suivante. Cet exposé
Avant le 31 comporte aussi l'évolution de
juillet l'économie nationale, l'état
d'avancement de l'exécution de la
loi de finances en cours à la date
du 30 juin, les données relatives à
la politique économique et
financière et la programmation
budgétaire triennale globale.
Invitation, par circulaire du Chef
du gouvernement, des
ordonnateurs à établir leurs
propositions de recettes et de
dépenses pour l'année budgétaire
suivante; 31
Centralisation et examen des
propositions des départements
ministériels en particulier en ce
qui concerne les recettes, les
Septembre- dépenses, les projets de
début performance dans le cadre des
octobre commissions budgétaires et
montage du projet de loi de
finances et des documents qui
l'accompagnent;
Suivi de l'adoption des
Début orientations générales du projet
octobre de loi de finances de l'année au
conseil des ministres et ensuite au
conseil du gouvernement ;
32
Au plus dépôt du projet de loi de finances
tard le 20 de l'année au bureau de la
octobre chambre des représentants ;
Les 30 La Chambre des représentants se
jours prononce sur le projet de loi de
suivants le finances de l'année ;
dépôt du
projet
33
Les 22 jours
suivants le vote
le Gouvernement saisit la
du projet par la
Chambre des conseillers
chambre des
qui se prononce sur le
représentants
projet ;
ou l'expiration
du délai imparti
Les 6 jours
Adoption finale du projet
suivants le vote
de loi de finances par la
du projet par la
chambre des
chambre des
représentants dans le
conseillers ou
cadre de la deuxième
l'expiration du
lecture.
délai imparti
34
Si au 31 décembre, la loi de finances de l'année
n'est pas votée ou n'est pas promulguée, le
gouvernement ouvre, par décret, les crédits
nécessaires à la marche des services publics et à
l'exercice de leur mission, en fonction des
propositions budgétaires soumises à
approbation. Dans ce cas, les recettes continuent
à être perçues conformément aux dispositions
législatives et réglementaires en vigueur les
concernant à l'exception, toutefois, des recettes
dont la suppression est proposée dans le projet
de loi de finances. Quant à celles pour lesquelles
ledit projet prévoit une diminution de taux, elles
seront perçues au nouveau taux proposé.
35
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