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La Procedure Penale

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La procédure pénale

Master 2: Droit des affaires


Année Universitaire: 2023-2024
Plan du Cours

 Introduction
- Définition de la procédure pénale
- Rapport entre la procédure pénale et d’autres branche du droit
- Les modèles procéduraux
- Les principes directeurs de la procédure pénale
 Les principes liés à l’organisation judiciaire
A/ Les principes relatifs à la séparation des fonctions judiciaires
B - Le principe du double degré de juridiction
C - Le principe de l’unité des juridictions civiles et pénales
D - Les principes d’indépendance et d’impartialité
 2 Les garanties procédurales pendant le procès pénal
A- L’accès au juge
B - Les droits de la défense, le principe du contradictoire et l’égalité
des armes
C - La célérité de la procédure
D - La publicité de la procédure
 3 La preuve en matière pénale
A - Le principe de la présomption de l’innocence
B - les limites à la présomption de l’innocence
 Titre 1/ Les acteurs du procès pénal
A/ La nature du procès pénal
B/ Les organes de police judiciaire
1/ Les attributions de la police judiciaire
2/ Les pouvoirs de la police judiciaire
C/ Le parquet
D/ Le juge d’instruction
Titre 2/ Les phases du procès pénal
A/ La phase d’enquête et d’instruction
B/ L’action publique
C/ Le jugement
D/ L’exécution des peines
Introduction

 Définition de la procédure pénale


La procédure pénale tend à l’examen des règles relatives à la recherche
des infractions ainsi qu’à la poursuite et au jugement de leurs auteurs.
La procédure pénale constitue le lien entre l’infraction et la condamnation.
Elle a pour but la constatation des infractions, le rassemblement des
preuves, la recherche des auteurs et le jugement des accusés.
Autrement dit, la procédure pénale permet le jugement et la condamnation
des mis en cause, mais également la démonstration de leur innocence.
Rapport entre la procédure pénale et d’autres
branche du droit

 1. Procédure pénale et procédure civile:


- La principale différence entre la procédure pénale et la procédure civile
est que le procès civil oppose deux parties, personnes privées. Dans le
procès pénal, l’Etat est partie au procès par l’intermédiaire du parquet,
demandeur au pénal.
 2. Procédure pénale et droit pénal:
- La procédure pénale est une discipline qui appartient à celle, plus large, du
droit pénal, laquelle comporte trois subdivisions :
 Le droit pénal général qui contient les principes directeurs de la responsabilité
pénale ainsi que le régime juridique de droit commun applicable aux
infractions et aux peines ;
 le droit pénal spécial, qui correspond à la détermination des éléments
constitutifs de l’infraction et les modalités de sa répression. Cf. Livre II du code
pénal intitulé « Droit pénal spécial’’ ;
 la procédure pénale, qui correspond aux règles de forme et de procédure,
régissant la constatation des infractions, le rassemblement des preuves, la
poursuite des auteurs, et leur jugement par la juridiction compétente ainsi
que les recours.
 3. Procédure pénale et libertés publiques.
- En commettant une infraction, le délinquant porte atteinte à l’ordre
social. Il faut donc le sanctionner effectivement afin que la sanction qui
lui est infligé ait son effet intimidant.
- A cet effet, la justice pénale a un rôle inquisiteur: pour rechercher les
preuves, elle va, inévitablement, avoir recours à des procédés de
contrainte. La procédure pénale donne ainsi des pouvoirs de contrainte
aux autorités de poursuite, d’instruction et de jugement.
- La question centrale est alors de savoir jusqu’où les autorités qui
recherchent les preuves pourront aller. En effet, la préservation de
l’ordre social ne doit pas aboutir à la négation des droits de la personne
accusée d’infraction. C’est pourquoi, la procédure pénale donne des
limites à ces pouvoirs de contrainte et sauvegarde ainsi les libertés
publiques. En l’occurrence, celles de la personne poursuivie par le biais
de principes fondamentaux tels, la présomption d’innocence, les droits
de la défense, le droit au respect de la vie privée etc.
Les modèles procéduraux
 Deux modèles procéduraux opposés: le modèle accusatoire et le modèle
inquisitoire, qui permettent de comprendre l’organisation des juridictions
pénales et la place réservée aux différents acteurs de la scène judiciaire.
 Le système accusatoire
- Il accorde un rôle central aux parties. Le procès y est conçu comme un
affrontement contradictoire, public et largement oral entre l’accusation
et la défense. Le juge n’a qu’un rôle d’arbitre: il veille au respect de la
légalité de la procédure.
- Il y a en pratique, une seule phase : le jugement. Le mode de preuve
privilégié est la preuve légale ; l’aveu est par exemple une preuve
irrécusable de la culpabilité.
 Le système inquisitoire
- Il poursuit l’objectif principal de lutter contre la délinquance. Ce qui
explique la prépondérance du juge représentant l’intérêt général et
chargé de diriger l’enquête afin de faire triompher la vérité.
- Le rôle des personnes physiques, victimes comme prévenus, est ainsi
réduit, voire inexistant. Notamment, les parties ne sont pas associées à
la recherche des preuves, lesquelles relèvent essentiellement du
magistrat spécialisé.
- Dans ce système, le juge est un magistrat professionnel doté de
pouvoirs importants destinés à lui permettre de diligenter lui-même
l’enquête, à charge et à décharge.
Les principes directeurs de la
procédure pénale
 Ces principes sont édictés dans le préambule de la loi 01/22 du 3
Octobre 2002, portant code de procédure pénale marocain. Ils se
déclinent comme suit:
 Le principe relatif à la séparation des fonctions répressives:
- Ce principe affirme la séparation des trois fonctions traditionnelles de la
justice répressive à savoir, la fonction de poursuite, celle d’instruction et
enfin la fonction de jugement.
- Il signifie tout d’abord qu’un magistrat ne peut pas occuper
simultanément plusieurs de ces fonctions dans la même juridiction : il
ne peut être à la fois magistrat de jugement et magistrat de poursuite,
magistrat debout et magistrat assis.
- La séparation des fonctions présente en outre, comme conséquence, le
fait qu’un magistrat ne peut pas occuper successivement deux fonctions
dans la même affaire.
 Le principe de séparation répond; donc, à la nécessité de prévenir les
abus et d’assurer un caractère impartial à la justice pénale.
La nature du procès pénal:
1/ L’action publique et l’action civile

 L’action publique est l’action répressive mise en mouvement et exercée


par «les magistrats ou par les fonctionnaires auxquels elle est confiée
par la loi» (art.3,C.P.P), au nom de la société, contre l’auteur de
l’infraction, et tendant à le faire condamner à une peine(ou à une
mesure de sûreté), ou tout au moins à faire constater son
comportement ( l’auteur des faits incriminés pouvant échapper à la
sanction à raison d’une cause d’irresponsabilité pénale, telle la légitime
défense).
 L’action civile est l’action en dommage-intérêt introduite par «tous ceux
qui ont personnellement souffert du dommage directement causé par
l’infraction» (art. 7 et 8, C.P.P), afin d’obtenir de l’auteur de l’infraction
(ou de ses coparticipants ou des personnes civilement responsables des
uns et des autres) la réparation du préjudice causé par l’infraction.
 Si l’objet du procès pénal est essentiellement l’action publique, l’article
9 du Code de procédure pénale dispose que : « L’action civile et l’action
publique peuvent être exercées en même temps devant la même
juridiction saisie de l’action publique ». Ainsi donc l’action civile peut
constituer l’objet secondaire du procès pénal, et, mieux encore, la partie
lésée par l’infraction peut souvent mettre en mouvement l’action
publique en exerçant l’action civile.
 Cette injonction possible de l’action civile devant la même juridiction
répressive est une particularité de la procédure pénale.
Comparaison entre l’action publique
et l’action civile
 Différences
 Différence de but
- L’action publique tend à la réparation du trouble social, à la sanction de
la violation de la loi;
- L’action civile tend à la réparation du préjudice individuel (dommages-
intérêts, éventuelles restitutions) occasionné «à tous ceux qui ont
personnellement souffert du dommage directement causé par
l’infraction».
 Différence de fondement
- L’action publique repose toujours sur un texte de la loi pénale, celui posant
la norme qui a été enfreinte (principe de la légalité);
- L’action civile est toujours fondée sur l’article. 77 du D.O.C. (responsabilité
du fait personnel).
 Différence de nature
- L’action publique est d’ordre public, il n’est donné à personne d’y renoncer;
- L’action civile est dans le patrimoine de la victime : celle-ci peut y renoncer
ou transiger à son sujet.
 Différence de sanction
- L’action publique a pour sanction, une peine infligée à l’individu,
proportionnée à la faute qu’il a commis (ou un traitement qui lui est imposé
et qui est proportionné à son état dangereux);
- L’action civile a pour aboutissement une réparation proportionnée au
dommage subi (sans considération de la gravité de la faute commise).
 Différence portant sur les parties à l’action
- Dans l’action publique, les demandeurs sont le ministère public et la
victime et le défendeur est uniquement le coupable et ses complices le
cas échéant.
- Dans l’action civile, le demandeur est la victime et les défendeurs
peuvent être, le coupable et ses complices, ses héritiers, et toute
personnes qui peut être déclarée civilement responsable.
Causes d’extinction de l’action
publique et l’action civile
 La prescription
- Selon l’article 14 du CPP: «L’action civile se prescrit selon les règles
admises en matière civile ».
- Toutefois cette action ne peut plus être engagée devant la juridiction
répressive après l’expiration du délai de prescription de l’action publique.
- Le second alinéa du même article dispose que : « Lorsque l’action
publique est prescrite, l’action civile ne peut plus être intentée que devant
la juridiction civile »
- L’action civile peut donc être portée devant la juridiction civile dans un
délai maximum de 3 ans à partir de la prise de connaissance du dommage
et de son auteur. Et en tout cas dans un délai maximum de 15 ans à partir
du dommage (article 106 du DOC).
 L’autorité de la chose jugée
- La décision qui a autorité de la chose jugée au pénal éteint l’action
publique ; désormais aucune poursuite pénale ne peut plus être intentée
à raison des mêmes faits, même sous une qualification différent.
- La décision d’acquittement qui a acquis l’autorité de la chose jugée
éteint l’action civile aussi.
Les causes d’extinctions propres à
chaque type d’action
 Pour l’action publique
 La prescription:
1/ Les délais de prescription de l’action publique:
- Le délai de la prescription de l’action publique est réglé par les articles 5 et
6 du Code de procédure pénale. Ce délai est de 15 ans pour les crimes, 4
ans pour les délits et 1 an pour les contraventions.
2/ Point de départ du délai:
- Le délai de la prescription court du moment où l’infraction a été commise.
- Lorsqu’il s’agit d’une infraction continue, le point de départ se situe
seulement au moment où l’état délictueux a cessé.
- En cas de crime commis à l’encontre d’un mineur par un ascendant, ou une
personne ayant sa protection sa garde ou une autorité sur lui, le délai de
prescription ne commence à courir qu’à partir de la majorité de celui-ci (art.
5, C.P.P)
- En matière d’homicide par imprudence, la prescription ne court qu’à partir
de la survenance du décès de la victime.
- 3/ L’Interruption de la prescription.
- La prescription de l’action publique est interrompue par tout acte de
poursuite (citation en justice, réquisitoire afin d’informer) ou tout acte
d’instruction (interrogatoire de l’inculpé, audition de témoins) et à
fortiori toutes les décisions judiciaires sur la poursuite (art. 6, C.P.P).
- Ainsi, un nouveau délai de prescription court à compter du dernier acte
interruptif.
- 4/ La suspension de la prescription.
- La suspension de la prescription a pour effet d’arrêter provisoirement le
cours de la prescription, lequel recommence, lorsque la cause de la
suspension a cessé, au point où il était resté lorsqu’elle est intervenue.
 Le décès du délinquant
- Le décès du délinquant éteint l’action publique, qu’il survienne avant le
déclenchement des poursuites ou après celui-ci, avant la décision
définitive. Par contre, l’action civile peut se poursuivre contre les
héritiers du délinquant.
 Amnistie
- Selon l’article 49 du Code pénal, l’amnistie efface les condamnations
prononcées. L’amnistie a un effet non seulement sur les poursuites mais
également sur les peines qui avaient été prononcées à la suite de celle-
ci.
 Abrogation de la loi pénale
- L’abrogation de la loi pénale produit sensiblement les mêmes effets que
l’amnistie. Cette dernière est une sorte d’abrogation partielle, ne visant
que le passé. Au contraire l’abrogation à un caractère définitif : le fait
n’est plus une infraction ; il n’est plus incriminé pour l’avenir. Il ne l’est
plus également pour le passé en vertu de l’effet immédiat des lois
pénales plus douces, de sorte que les poursuites ne sont plus possibles.
La transaction
 La transaction n’est pas possible, en principe, car l’action publique est d’ordre
public. Dans certaines matières cependant (infractions fiscales, infractions
douanières) la loi dispose qu’une transaction peut mettre fin aux poursuites,
mais c’est qu’ici la répression est fortement mélangée à la réparation du
préjudice pécuniaire causé à l’Etat. L’article 4, alinéa 2 du Code de procédure
pénale a rappelé cette possibilité exceptionnelle
Le retrait de la plainte
 Le retrait de plainte de la victime n’est pas une cause d’extinction de l’action
publique ; il est juridiquement indiffèrent. Toutefois, ainsi qu’en dispose le
dernier alinéa de l’article 4 du Code de procédure pénale, l’action publique peut
s’éteindre en cas de retrait de plainte «lorsque celle-ci est une condition
nécessaire à la poursuite», (exemple : abandon de foyer : (art. 479, C.P),
adultère (art. 491, C.P), il s’agit là de cas exceptionnels.
Pour l’action civile
Causes principales
 L’article 14 du Code de procédure pénale dispose désormais que l’action
civile se prescrit selon les règles admises en matière civile. Il y a donc
lieu d’appliquer à cette prescription le délai du droit commun, sauf dans
le cas où la créance mise en recouvrement serait contractuelle ou
soumise à l’une des courtes prescriptions prévues par le droit civil. Le
délai de prescription de l’action civil obéit aux règles de computation
prévues par le droit civil, ainsi qu’aux règles relatives à l’interruption ou
à la suspension de la prescription.
Autres causes
 Toutes les causes d’extinction des obligations en droit civil peuvent
s’appliquer à l’action civile, sans avoir pour autant d’incidence sur
l’action publique. Il en est ainsi, par exemple, du paiement effectué par
le débiteur, de la transaction intervenue entre celui-ci et le créancier, et
de la renonciation totale ou partielle du créancier à sa créance.
Les parties au procès pénal
 Il y a toujours au minimum deux parties dans le procès pénal : le
ministère public demandeur de l’action publique au nom de la société,
et la personne poursuivie, défenderesse à cette action. Mais il est
possible que d’autres parties soient en cause, notamment si l’action
civile est jointe à l’action publique ; ce sont la victime partie –civile et
les personnes civilement responsables de la personne poursuivie
La personne pénalement poursuivie

 Etant une action pour l’application d’une peine, l’action publique ne


peut évidemment être exercée que contre l’auteur de l’infraction
(auteur, coauteur), ou le complice.
 En application du principe de la responsabilité pénale individuelle et
celui de la personnalité des peines, il est interdit de l’intenter contre les
personnes civilement responsables du délinquant (père et mère d’un
mineur).
 De même, l’action publique ne peut, en cas de décès du délinquant, être
exercée contre les héritiers de celui-ci, car ils ne sont tenus que des
réparations et des dettes civiles
Le ministère public
 C’est le ministère public qui est demandeur à l’action publique
(exceptionnellement, dans certaines matières spéciales, le soin de
déclencher l’action publique, et même parfois de la soutenir, peut être
confié aux fonctionnaires de certaines administrations)
Rôle du ministère public
 Alors qu’en matière civile le ministère public intervient rarement comme
partie principale, en matière pénale c’est toujours à ce titre qu’il est
présent dans toutes les affaires répressives.
 Il fait rechercher et constater les infractions par les services mis à sa
disposition à cette fin et qui forment la police judiciaire.
 Après avoir déclenché l’action publique, à moins que celle-ci n’ait été
mise en mouvement par la victime, le ministère public exerce l’action
publique et requiert l’application de la loi (art. 36, C.P.P). Il va soutenir
les intérêts de la société offensée aussi bien à la phase de l’instruction
qu’à la phase du jugement ; c’est pourquoi il est représenté auprès de
toutes les juridictions.
Rôle du ministère public
 En tant que partie demanderesse, il prendra des réquisitions, et
exercera au besoin des voies de recours contre les décisions judiciaires.
 Enfin c’est au ministère public qu’il appartiendra de faire exécuter la
décision (et notamment la condamnation) lorsque celle-ci sera définitive
(art. 37, C.P.P). Il intervient donc dans tous les secteurs de l’activité
répressive.
Composition du ministère public
 Le ministère public est un corps de magistrats professionnels recrutés de la
même façon que les magistrats du siège ;
 ils peuvent, au cours de leur carrière, être affectés dans un poste du
ministère public ou dans un poste de siège car ils ne sont pas spécialisés
de façon durable. L
 Les magistrats qui font partie du ministère public sont parfois appelés
magistrats debout (parce qu’ils se lèvent pour prendre la parole devant le
tribunal) alors que les magistrats du siège sont dits «assis».
 Auprès de chaque Tribunal de première instance, le ministère public est
composé de un ou plusieurs membres chargés de représenter la société de
cette juridiction : le Procureur du Roi, assisté éventuellement d’un ou
plusieurs substituts du Procureur du Roi
 Auprès de chaque Cour d’appel, la société est représentée par un
Procureur général du Roi assisté d’un ou plusieurs substituts généraux du
Procureur général du Roi (dits parfois substituts généraux). L’ensemble,
des uns ou des autres, forme le Parquet Général.
 Auprès de la Cour de cassation, le ministère public est représenté par le
Procureur général du Roi assisté par des avocats généraux
Caractères du ministère public

L’Unité
 Chaque membre du parquet représente valablement et intégralement le
ministère public de son échelon, et les différents membres d’un même
parquet peuvent se remplacer les uns les autres pour remplir la tâche du
ministère public au cours d’une même affaire (au contraire, les
magistrats de la juridiction de jugement doivent avoir assisté à toutes
les audiences de l’affaire qu’ils jugent).
Caractères du ministère public

La hiérarchie
 Les membres du ministère public sont hiérarchisés à l’intérieur d’un
même parquet et doivent se conformer aux ordres de leur chef.
 Le chef du parquet du tribunal de première instance est le Procureur du
Roi, le chef du parquet général est le Procureur général du Roi.
 L’ensemble du parquet du tribunal de première instance, par
l’intermédiaire de son chef, est subordonné au Procureur général du Roi
et à ceux qui agissent en son nom. Le Procureur général du Roi peut
donc donner des ordres aux parquets fonctionnant dans le ressort de la
Cour.
 Dans le but de renforcer l’indépendance de la justice, la loi n°33-17
promulguée par Dahir n°1-17-45 du 30 aout 2017, relative au transfert
des attributions de l’autorité gouvernementale chargée de la justice au
Procureur général du Roi près la Cour de la cassation, en sa qualité du
chef du ministère public, a instauré l’indépendance du parquet vis-à-vis
du Ministre de la justice
 Il en résulte d’une part, que les magistrats du ministère public exercent
leurs missions et leurs attributions, sous l’autorité, la supervision et le
contrôle du Procureur général du Roi près la Cour de cassation en tant
que chef du parquet.
 D’autre part, le Procureur général du Roi près la Cour de cassation est
subrogé au Ministre de la justice dans la supervision de l’activité du
ministère public et le contrôle de celui-ci, dans l’exercice des
prérogatives afférentes à l’action publique et au contrôle de son
déroulement, il veille au bon déroulement des actions et le suivi des
affaires soumises aux juridictions dont le ministère public est partie.
La partie civile

 Aux termes de l’article 7 du Code de procédure pénale. : « L’action


civile en réparation du dommage causé par un crime, un délit ou
une contravention, appartient à tous ceux qui ont
personnellement souffert du dommage corporel, matériel ou
moral, directement causé par l’infraction»
 En Outre, l’article 9 du même code, qui prévoit que cette action «peut
être exercée en même temps que l’action publique et devant la
juridiction répressive», ajoute que cette action «sera recevable
pour tous chefs de dommages, aussi bien matériels que
corporels ou moraux, quelle que soit la personne physique ou
morale responsable du dommage»
 Pour pouvoir se porter partie civile, il faut avoir été lésé par l’infraction
commise. Mais cette lésion ne suffit pas ; il faut que le préjudice subi
(qui peut être corporel, matériel ou moral) soit actuel, personnel et
direct.
 Le préjudice actuel est un préjudice dont l’existence est certaine, par
opposition au préjudice éventuel, qui est possible mais dont on n’est pas
sûre qu’il se réalise. Il peut se placer dans le futur à condition d’être
certain. Il peut aussi consister dans la perte d’une chance.
 Le préjudice est personnel s’il s’agit bien d’un dommage individuel,
nettement distinct du préjudice social, et ressenti personnellement par
celui qui en réclame réparation.
 Le préjudice direct est celui qui est la conséquence immédiate de
l’infraction, c’est-à-dire des agissements incriminés par la loi comme
légalement constitutifs d’une infraction (ce que l’on a appelé le
«dommage pénal»)
La recherche et la constatation des
infractions
 Rechercher les infractions, les constater, en rassembler les preuves, en
identifier les auteurs et appréhender ceux-ci, constitue l’un des rôles
essentiels de la police. En l’occurrence, celle-ci agit en auxiliaire de
l’autorité judiciaire et on lui donne alors le nom de police judiciaire.
Les autorités chargées d’assurer la
police judiciaire
 L’art. 16 du Code de procédure pénale précise que la police judiciaire est
exercée sous la direction du Procureur du Roi ;
 Et l’article 17 ajoute qu’elle est placée, dans chaque ressort de Cour
d’appel, sous la surveillance du Procureur général.
 L’article 19 du Code de procédure pénale énonce que la police judiciaire
comprend, indépendamment du Procureur général du Roi, du Procureur
du Roi, de leurs substituts et du juge d’instruction, officiers supérieurs
de police judiciaire :
- les officiers de police judiciaire ;
- les officiers de police judiciaire chargés de mineurs ;
- Les auxiliaires de la police judiciaire;
- les fonctionnaires et agents auxquels la loi attribue certaines fonctions
de police judiciaire.
 L’art. 20 du Code de procédure pénale donne la liste des personnes
ayant la qualité d’officier de police judiciaire. Il s’agit du :
- directeur général de la sureté nationale, des préfets de police, des
contrôleurs généraux de police, des commissaires de police et des
officiers de police rattachés à cette administration ;
- des officiers et gradés de la Gendarmerie Royale ainsi que les
gendarmes commandant une brigade ou un poste de Gendarmerie
Royale, pendant la durée de ce commandement ;
- les pachas et caïds ;
- Peuvent également se voir conféré la qualité d’officiers de police
judiciaire, les inspecteurs de la police après trois ans d’exercice en cette
qualité, ainsi que les gendarmes ayant trois ans de service.
Les attributions de la police judiciaire:
A/ La constatation des infractions

 Selon l’article 18 du Code de procédure pénale, la police judiciaire est


«chargée de constater les infractions à la loi pénale, d’en
rassembler les preuves et d’en rechercher les auteurs tant
qu’une information n’est pas ouverte».
 Il en résulte que la police judiciaire a pour mission générale :
- De rechercher les infractions ;
- De les constater ;
- D’en rassembler les preuves ;
- D’en identifier les auteurs ;
- De présenter ceux-ci à la justice.
 Dans la réalisation de ces objectifs, la police judiciaire est soumise à
certaines obligations :
- Recevoir les plaintes et dénonciations (art. 21, C.P.P) ; les plaintes
émanent de la victime ; les dénonciations émanent de tiers.
- Prévenir sans retard le Procureur du Roi des constations faites et des
informations recueillies. L’un des rôles essentiels de police judiciaire est
en effet de porter à la connaissance du Procureur du Roi les infractions
qui paraissent avoir été commises afin de lui permettre de mettre en
mouvement l’action publique.
- Observer le secret de l’enquête (art. 15, C.P.P).
Tant qu’une information n’est pas ouverte, la police judiciaire est exercée
sous la direction du Procureur du Roi (dans la phase de l’enquête
préliminaire ou du flagrant délit). A partir du moment où une information
est ouverte, c’est-à-dire lorsqu’un juge d’instruction a pris l’affaire en main,
c’est lui qui est investi du pouvoir de direction à son endroit dans
l’hypothèse où il lui remet une délégation judiciaire.
B/ L’enquête préliminaire

 La police judiciaire procède à une enquête réglementée par le Code de


procédure pénale dans les articles 78 et suivants sous le nom d’enquête
préliminaire. La police y procède, soit spontanément (lorsque des
renseignements lui sont parvenus, laissant présumer la commission
d’une infraction), soit sur demande du ministère public (qui a pu être
prévenu de la commission d’une infraction par une autre voie.).
 A cette fin, la police judiciaire peut faire les actes suivants:
- L’audition:
Entendre toutes les personnes susceptibles d’apporter des éclaircissement
y compris le plaignant et le suspect. Ces personnes sont tenues de se
présenter sous peine de faire l’objet d’un mandat d’amener.
- Le constat matériel
L’art. 64 du Code de procédure pénale permet à l’officier de police
judiciaire d’avoir recours à toutes «personnes qualifiés», et s’il y a lieu de
procéder à des constatations ou examen techniques ou scientifiques qui ne
peuvent être différés (les personnes ainsi requises prêtent serment
d’apporter leurs concours «en leur honneur et en leur conscience).
- Les perquisitions, visites de domiciles et saisies
Elles sont subordonnées au consentement exprès et écrit de la personne
chez qui elles ont lieu (art. 79, C.P.P).
Peuvent procéder à de telles perquisitions et saisies, non seulement les
officiers de police judiciaire mais encore les agents de police judiciaire de
l’article 20 du Code de procédure pénale, agissant sous le contrôle des
O.P.J.
Les heures légales doivent être respectées de (6h du matin à 21h : art. 62,
C.P.P).
Cependant, l’article. 62, alinéa 2 prévoit des dérogations au droit commun:
Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ou d’atteinte à la sureté de
l’Etat, des perquisitions peuvent avoir lieu en dehors des heures légales
(avant 6h du matin et après 21h) sur autorisation écrite du ministère
public.
De même, les perquisitions peuvent être effectuées en dehors des heures
légales, lorsque la demande émane du chef de maison ou lors d’un appel
venant de l’intérieur, ainsi que des locaux ou s’exerce un travail ou une
activité nocturne d’une manière habituelle.
Enfin, L’article 59, alinéa 3 du Cde de procédure dispose que : «En cas de
perquisitions dans les locaux occupés par des personnes tenues
par la loi au secret professionnel, l’officier de police judiciaire doit
en aviser le ministère public compétent et prendre préalablement
toutes mesures pour que soit garanti le respect du secret
professionnel».
L’article 59, alinéa 4 du même ajoute : «Les perquisitions dans le
cabinet d’un avocat ou à son domicile ne peuvent être effectuées
que par un magistrat du parquet et en présence du bâtonnier ou
de son délégué ou après l’avoir avisé par tous moyens possibles».
- La garde à vue
En cas de crime ou délit puni d’une peine d’emprisonnement, l’article 80 du
Code de procédure permet à l’OPJ, agissant dans le cadre d’une enquête
préliminaire,-sur autorisation du ministère public- de garder à sa
disposition, pour les nécessité de l’enquête préliminaire, la personne « à
l’encontre de laquelle il existe des indices faisant présumer qu’elle a
commis ou tentée de commettre une infraction».
La personne en cause ne peut être retenue plus de quarante -huit heures,
mais le parquet peut, avant l’expiration de ce délai, prolonger la garde à
vue d’un nouveau délai de vingt-quatre heures.
La garde à vue

 Des régimes de garde à vue dérogatoires au droit commun ont été


instaurés par le législateur :
- En matière d’atteinte à la sureté intérieure ou extérieure de l’Etat, la
durée de la garde à vue est de 96h renouvelable une seule fois sur
autorisation écrite du ministère public.
- En matière d’infraction de terrorisme, les auteurs peuvent être gardés à
vue pour une durée de 96h susceptible de prolongation deux fois pour
une durée de 96h sur autorisation écrite du ministère public (art. 66. al.
5, C.P.P)
La garde à vue

 Les droits de la personne placée en garde à vue font l’objet d’une


réglementation prévue aux articles 66 et 67 du Code de procédure
pénale. On peut les résumer comme suit :
1. Le gardé à vue a le droit de demander de faire prévenir un proche
parent.
2. L’intéressé peut à tout moment demander à être examiné par un
médecin (désigné par le parquet ou par l’O.P.J) ; cet examen est de droit
si un membre de la famille de l’intéressé le demande.
3. La personne gardée à vue peut désigner un avocat ou demander la
désignation d’un avocat commis d’office dans le cadre de l’aide
juridictionnelle.
La poursuite des infractions
 La poursuite se matérialise par le déclenchement de l’action publique à
l’encontre des auteurs et complices présumés des infractions
découvertes. Le soin de l’exercer est confié en principe au ministère
public, corps de magistrats spécialisé dans la fonction de poursuite.
C’est le Procureur du Roi qui est normalement appelé à prendre la
décision nécessaire. Cependant dans certains cas l’action publique peut
être mise en mouvement à l’initiative d’autres personnes.
La poursuite des infractions
 Les autorités chargées du déclenchement de l’action publique
La poursuite se matérialise par le déclenchement de l’action publique à
l’encontre des auteurs et complices présumés des infractions découvertes.
Le soin de l’exercer est confié en principe au ministère public, corps de
magistrats spécialisé dans la fonction de poursuite.
C’est le Procureur du Roi qui est normalement appelé à prendre la décision
nécessaire. Cependant dans certains cas l’action publique peut être mise
en mouvement à l’initiative d’autres personnes.
Autorité qui prend les décisions relatives à
la poursuite

 Le soin de prendre une décision relative à la poursuite incombe en


principe au Procureur du Roi.
 Pour qu’il puisse prendre une décision, il faut qu’il ait été informé de la
découverte de l’infraction et des circonstances qui ont entouré celle-ci.
C’est pourquoi tous les renseignements concernant des faits qui
paraissent contraires à la loi pénale doivent être dirigés vers le
Procureur du Roi dans la circonscription duquel ils ont été recueillis.
 La transmission à cette autorité doit se faire à bref délai.
 Le Procureur du Roi ainsi avisé examine l’affaire ou dirige le dossier vers
le collègue territorialement compétent, ou, s’il s’agit d’une infraction de
la compétence d’une juridiction d’exception, vers le ministère public
auprès de cette juridiction (par exemple juridiction des mineurs).
 Il faut souligner que le ministère public n’est pas toujours seul à pouvoir
prendre une décision de poursuite et déclencher l’action publique. Cette
décision peut être prise également par la partie lésée.
 En effet, si cette dernière porte son action civile en réparation devant le
juge répressif alors que le ministère public s’était abstenu d’intenter
l’action publique, celle-ci se trouve automatiquement mise en
mouvement et le juge répressif s’en trouve saisi en même temps que
l’action civile.
 En matière d’infraction militaire, le Procureur du Roi ne met en
mouvement l’action publique (sauf en cas de flagrant délit) que sur la
dénonciation des faits par l’autorité militaire. Dans certains cas
exceptionnels, le Procureur du Roi ne peut exercer des poursuites que
sur plainte de la victime ou dénonciation ou «autorisation» de certaines
administrations
Les conditions dans lesquelles sont prises
les décisions relatives à la poursuite

 Le plus souvent le Procureur du Roi ne se contentera pas de la plainte ou


dénonciation reçue ; souvent même le rapport ou le procès-verbal lui
paraitra insuffisant. Il demandera alors à la police judiciaire de lui faire
parvenir des renseignements supplémentaires (la victime, moins bien
placée, ne dispose pas d’une telle possibilité).
 Une fois éclairé suffisamment, il pourra apprécier si une poursuite est
légalement possible. Il appréciera également si elle parait opportune. Il
se décide en principe à la suite de cette double appréciation avec une
entière liberté, mais cette liberté comporte cependant certaines limites
et certaines exceptions.
Appréciation de la légalité de la poursuite

 Cette appréciation doit porter sur deux points.


- Le Procureur du Roi doit s’assurer de ce que les éléments constitutifs
d’une infraction déterminée paraissent effectivement réunis. C’est le
problème du bien-fondé apparent de l’action publique. Pour ce faire, le
Procureur doit trouver la qualification pénale adéquate; vérifier que les
éléments matériels et psychologiques requis par cette qualification
existent bien en l’espèce, examiner si aucune cause d’impunité ne se
présente (fait justificatif, cause de non-imputabilité, immunité), et
déterminer quelles sont les personnes à poursuivre (et à quel titre)
parmi celles qui paraissent compromises dans cette infraction.
- Le Procureur doit également s’assurer qu’aucun obstacle de forme ne
s’oppose au déclenchement de la poursuite. C’est le problème de la
recevabilité de l’action publique (les conditions de la recevabilité n’étant
pas les mêmes selon la qualification retenue, il est nécessaire
d’examiner en premier lieu le problème du bien-fondé apparent). La
recevabilité suppose la vérification de la compétence de la juridiction
d’instruction ou de jugement saisi (compétence d’attribution et
compétence territoriale) en fonction de la qualification retenue, et la
recherche des causes d’extinction possibles de l’action publique, telles
que la prescription, le décès de certains des participants (qui éteint
l’action à leur égard seulement), l’amnistie, l’autorité de la chose jugée,
etc…
- Le Procureur examinera également s’il ne s’agit pas d’une de ces
infractions pour lesquelles la poursuite ne peut avoir lieu –
exceptionnellement-que sur plainte de la victime ou dénonciation ou
«autorisation» d’une administration, auquel cas il devra vérifier si ce
document figure d’ores et déjà au dossier.
Appréciation de l’opportunité de la
poursuite
 A première vue, il est étonnant que le ministère public ait à se
demander s’il va ou non poursuivre l’infraction, une fois qu’il parait
probable que celle-ci est constituée. Pourtant, si le préjudice social est
peu important, si l’objet de l’infraction est insignifiant, si le coupable a
été mû par des mobiles particulièrement excusables, etc., il arrive que le
ministère public estime que la poursuite est inopportune.
 L’article 40 du Code de procédure pénale dispose que : «Le Procureur
du Roi reçoit les plaintes et dénonciations et apprécie la suite à
leur donner». Ce pouvoir ainsi reconnu au Procureur du Roi a parfois
été critiqué à raison du risque d’arbitraire ou de partialité qu’il
comporte.
 Cependant, il faut noter que d’une part la décision du Procureur du Roi
est soumise au contrôle hiérarchique de ses chefs (que les intéressées
peuvent, au besoin, provoquer) et que d’autre part la victime peut
mettre elle-même l’action publique en mouvement si elle l’estime utile
en se constituant partie civile.
La liberté de décision du Procureur du Roi
et ses limites

 Principes
En principe, le Procureur du Roi prend sa décision relative à la poursuite
avec une entière liberté.
Un tempérament résulte cependant de la subordination hiérarchique. Le
Procureur doit exécuter les ordres reçus, mais s’il ne le fait pas, ses
supérieurs ne peuvent se substituer à lui et agir à sa place.
 Exceptions
Dans certains cas, le Procureur du Roi ne peut intenter motu proprio une
poursuite qu’il estime souhaitable. Il en est ainsi :
- 1. Lorsque la loi subordonne la recevabilité des poursuites à une plainte
ou une dénonciation préalable. Dans certains cas, il s’agit d’une plainte
de la victime (plainte de l’époux offensé en matière d’adultère, ou
d’abandon de famille), dans d’autres il s’agit d’une plainte de certaines
administrations (contribution directe, enregistrement, sécurité sociale).
- 2. Lorsque la loi subordonne la recevabilité des poursuites à une
autorisation préalable. Tel était le cas de l’immunité parlementaire,
consacrée par l’art. 61 de la Constitution de 201.
Le contenu et l’exécution des décisions
prises sur la poursuite

 La décision prise du Procureur du Roi peut être une décision de classement ou un décision de
poursuite.
1/ La décision de classement sans suite
Le Procureur du Roi décidera de classer l’affaire sans suite s’il pense que les poursuites sont
irrecevables (par exemple, parce que l’action publique est éteinte.).
Il en sera de même s’il pense que l’action publique serait mal fondée, tous les éléments de
l’infraction n’étant pas réunis, ou la charge de la preuve apparaissant trop difficile, ou l’auteur de
l’infraction semblant impossible à identifier (encore que, dans ce cas, l’action publique pourra être
mise en mouvement par une information ouverte contre X).
Il en sera ainsi lorsque le Procureur du Roi estimera simplement que les poursuites sont
inopportunes. En exécution de cette décision et comme son nom l’indique, le dossier est classé
dans les archives, il ne lui est pas donné d’autre suite, au moins dans l’immédiat. Le classement
sans suite n’est pas un jugement, mais une décision administrative, il n’est pas susceptible d’un
recours juridictionnel.
D’autre part, cette décision n’a pas l’autorité de la chose jugée, il est toujours possible de revenir
sur cette décision tant que la prescription n’est pas acquise.
2/ La décision de poursuite
Si le Procureur du Roi estime que toutes les conditions de recevabilité de l’action
publique sont réunies, qu’elle parait bien fondée et qu’elle est opportune, il va
décider d’engager la poursuite.
Dès que l’exécution de cette décision aura commencé, elle deviendra irrévocable
(à la différence de la décision de classement).
En effet, la mise en mouvement de l’action publique présente un caractère
irréversible, le Procureur du Roi (ni personne d’autre) ne peut alors arrêter le
mécanisme de la répression.
Lorsqu’il a pris la décision de poursuivre, le Procureur du Roi dispose, pour mettre
en mouvement l’action publique, de divers moyens techniques, il peut soit saisir le
juge d’instruction par un réquisitoire afin d’informer, soit user de la citation directe
(ou simple avertissement) saisissant directement la juridiction de jugement.
a/ Le procédé de l’information
Le procédé de l’information s’impose pour les crimes, lorsque la peine prévue
est la mort, la réclusion perpétuelle ou lorsque la peine maximale prévue est de
30 ans de réclusion, pour les crimes commis par les mineurs et pour les délits en
vertu d’une disposition spéciale de la loi (art. 83, C.P.P).
Le procédé de l’information a pour effet de saisir le juge d’instruction, lequel
constitue la juridiction d’instruction du premier degré ; il sera appelé à se
prononcer sur la suffisance des charges après s’être livré à une enquête qui
constitue précisément «l’information» qui donne son nom au procédé.
S’il veut utiliser ce procédé, le Procureur du Roi établit un réquisitoire afin
d’informer (dit également réquisitoire introductif d’instance) qu’il adresse au
juge d’instruction.
b/ La citation directe
La citation directe consiste, comme son nom l’indique, à saisir directement
(sans passer par la phase de l’instruction préparatoire) la juridiction de
jugement.
Elle peut se faire par le procureur sous forme d’un réquisitoire ou par la
victime.
Le jugement

 La phase du jugement suit normalement celle de l’instruction, mais il est


possible aussi qu’elle soit abordée directement, si l’affaire ne paraissait
pas exiger des investigations particulières pour connaitre la vérité, et si
la loi n’imposait pas en l’occurrence le procédé de l’information, le
Procureur du Roi ou la partie civile ont pu saisir directement la juridiction
de jugement
La saisine de la juridiction du
jugement
Caractères généraux de la procédure à l’audience
La procédure devant la juridiction de jugement est une procédure du type
accusatoire ; elle est publique, orale et contradictoire.
a/ La publicité des débats
La publicité des débats est un principe fondamental. Il ne peut y être dérogé que
si ces débats présentent un danger pour les mœurs ou pour la sécurité, auquel
cas la juridiction ordonne que les débats auront lieu à huis clos (arts. 300, 302,
C.P.P).
Les débats des juridictions de mineurs ont lieu avec une publicité restreinte.
Seuls sont admis à assister aux débats, les témoins de l’affaire, les proches
parents, le tuteur, le Kafil, le représentant légal du mineur, l’institution
s’occupant de sa protection, les membres de l’ordre du barreau, les délégués à
la liberté surveillée, les magistrats et la partie civile qui se serait constituées à
l’audience ; il est même possible d’écarter le mineur de tout ou partie des
débats, il est alors remplacé par son conseil (art. 479, C.P.P).
b/ L’oralité des débats
Les débats ont lieu oralement : la lecture de pièces écrites est
exceptionnelle ; elle est admise dans certains cas en vertu du pouvoir
discrétionnaire dont est investi le président. Le greffier se contente de
noter sommairement le déroulement régulier de l’audience à moins que le
président ne lui donne l’ordre de noter textuellement certains propos.
c/ le principe du contradictoire
Les débats sont contradictoires, c’est-à-dire que les parties discutent sur un pied d’égalité,
sous le contrôle du président de la juridiction à qui sont confiées la direction des débats et
la police de l’audience (article 298, C.P.P).
La contradiction sera d’autant mieux assurée que le prévenu sera présent devant la
juridiction, il doit en principe comparaître en personne. Cependant il peut solliciter par
lettre du président de la juridiction d’être jugé en son absence (article.314, C.P.P) ou si son
état de santé l’empêche de comparaître (auquel cas on le fera tout au moins entendre sur
place par un magistrat commis. (art. 312, C.P.P); en ces cas son défenseur peut prendre la
parole en son nom et le jugement est réputé contradictoire.
Dans les autres cas, s’il est absent, le prévenu sera jugé par défaut et son défenseur
ne pourra être entendu (par contre, la voie de recours de l’opposition lui sera
ouverte).
Pour éviter des abus et manœuvres dilatoires, l’article 134 prévoit cependant que le
jugement sera réputé contradictoire malgré l’absence du prévenu (et bien que son
défenseur n’ait pas pu prendre la parole) si la citation adressée à lui avait été
délivrée à sa personne ou s’il est établit qu’il en avait eu connaissance.
Le déroulement des débats
a/L’instruction définitive
Qu’il y ait eu ou non une instruction préparatoire, les débats à l’audience comportent une
instruction dite définitive, c’est-à-dire un examen et un affrontement des preuves :
l’accusé ou le prévenu est interrogé au besoin avec l’aide d’un interprète ; les témoins et
experts sont entendus, les pièces à conviction sont examinées ; etc. Devant toute
juridiction, les témoins sont écartés de l’audience jusqu’à ce qu’ils aient été entendus.
La juridiction de jugement peut, au cours de l’instruction définitive, ordonner des
mesures d’instruction nouvelles, par exemple, faire citer un témoin pour une
audience ultérieure, ordonner l’apport de certaines pièces ou prescrire une expertise.
S’il est nécessaire de procéder à une série d’opérations complexes (par exemple
perquisitions, constatation hors du ressort, etc.), la juridiction de jugement décide
qu’il sera procédé à un supplément d’information.

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